Malinké (peuple)

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Malinkés

Populations significatives par région
Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 6,852,620.25 (27.5%)
Drapeau de la Guinée Guinée 4,064,875.6 (30%)
Drapeau du Mali Mali 7,638 988 (50%) (et assimilés)
Drapeau de la Guinée-Bissau Guinée-Bissau 285,763.737 (14.7%)
Drapeau de Sierra Leone Sierra Leone 2,018,410.4(10.2%)
Drapeau du Sénégal Sénégal 2,414,154.59 (14.5%)
Drapeau du Libéria Liberia 366,420.842 (7.4%)
Population totale 20 000 000 (est.)
Autres
Langues Malinké
Religions Islam, Religion traditionnelle
Ethnies liées Bamanan, Bambaras, Soussous

Les Malinkés ou Mandingues, Mandinkas, Mandingos, Mandés, Maninkas, sont un peuple d’Afrique de l'Ouest présent principalement en Guinée et au Mali et de façon minoritaire au Sénégal (environ 4 %), en Gambie, en Guinée-Bissau, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire (Nord-Ouest autour d'Odienné) et région de Kong, à bondoukou, souvent en îlot en au sein des zones Senoufo... Les Malinkés sont présents en petit groupe au nord de la Sierra Leone et du Liberia. On estime leur nombre à plus de 4 millions.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sabre Malinké - Collection Galliéni MHNT
Village malinké au Haut-Niger.

Originaires du Mandé, les Malinkés (littéralement « la bonne chance » en Peul) sont à l'origine de la formation de tous les groupes Mandingues : ethnies Bambara, Jalonkés, Soussous, Diakhankés, Dioulas. Ils ont également influencé les cultures songhaï, dogon, sénoufo, mossi et bwa.

Les Malinkés sont très proches culturellement des Bambaras et le bambara fait partie du groupe des langues mandingues, Malinkés et Bambaras partagent la même origine : leur séparation remonte au XVIIe siècle, les Bambaras rejetant alors l'islamisation, mais leurs sociétés sont restés très proches. Malgré leur forte parenté, Malinkés et Bambaras ont parfois entretenu des rapports conflictuels.

À partir de la fin du XIIe siècle, les Malinkés commencent à établir leur domination, notamment avec le personnage de Soumaoro Kanté, qui bâtit avec son armée le grand royaume de Sosso, sur les ruines de l'empire du Ghana, fondé par leurs cousins soninkés.

Les Malinkés étaient l’ethnie dominante de l’empire du Mali. Le fondateur de l'empire mandingue, Soundiata Keita, était un Malinké. C'est à la bataille de Kirina, vers 1235, que celui-ci, renverse Soumaoro Kanté, pour fonder cet empire. Dès lors, Soundiata inaugure la charte du Manden ou du Kouroukanfouga, l'une des premières déclarations universelles des droits de l'homme, qui comportait des lois anti-esclavagistes, sur l'éducation, l'écologie, le respect de chaque vie…, cette charte était transmise uniquement par voie orale, par les griots Dyeli. Les Malinkés sont aussi à l'origine de la création du royaume du Kaabu au sud du Sénégal et en Guinée au XIIIe siècle, des États du Niani et Wouli, le Bambouk, des États qui durent jusqu'à la fin du XIXe siècle, où ils sont conquis par les colons européens.

Entre le XIIIe et XIVe siècles, les Mandingues dominent toute l'Afrique de l'Ouest.

Religion[modifier | modifier le code]

Guerrier et chasseur malinké du Haut-Niger (gravure de 1890)

Au début du XXIe siècle, les Malinkés sont essentiellement musulmans. Quelques autres sont restés fidèles à leur religion traditionnelle.

Dans le passé, seule la noblesse malinké était partiellement islamisée, ils n'ont jamais pratiqué le prosélytisme religieux au sein de leur communauté. Contrairement aux peulhs, ils n'ont jamais imposé l'islam dans leurs États. La plus grande partie des Malinkés suivaient leur religion traditionnelle. Ils pratiquaient leur religion, très marqués par le "culte des ancêtres", le totémisme, le matriarcat, et étaient divisés en sociétés secrètes, religieuses et purement ésotériques, comme celle du Komo au Mali. C'était en fonction des classes d'âge que l'on était initié aux différentes sociétés. Les Malinkés musulmans ont donné naissance à une communauté mandingue : les Diakhankés, un groupe de marabouts mandingues voyageurs. Voir (Confréries de chasseurs en Afrique).

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

L’organisation sociale repose sur la famille élargie, à tendance matrilinéaire, mais devenu patrilinéaire.

La polygamie est une pratique courante, en particulier chez les nobles. La société est hiérarchisée en trois groupes (ou castes) :

  • la noblesse, issue entre autres de la famille des Keïta et des Konaté, empereurs du Mali, dont les membres portent le nom de Tontigui, et certains sont des hommes libres vivant de l'agriculture.
  • les gens de castes (forgerons, cordonniers, tisserands, les griots appelés Dyeli), qui portent le nom de Niamakhala.

Les forgerons, sont les principaux détenteurs du savoir religieux, ils sont les grands initiés de la société Malinkée.

  • Auparavant captifs, ils portent le nom de Dyon. Ils ont été affranchis au début du XXe siècle.

Dans les villages malinkés, il existe des sociétés secrètes. Les chasseurs, qui portent un boubou, sur lequel sont fixés différents grigris (cauris, morceau de miroir, griffes et dents de fauves), se regroupent dans les confréries de chasseurs.

Langue[modifier | modifier le code]

Les Malinkés parlent la langue malinké qui fait partie des langues mandingues[1].

Activités économiques[modifier | modifier le code]

Ce sont avant tout des paysans. Les Malinkés sont de grands agriculteurs, ils confient leur troupeau aux Peuls. Les artisans malinkés castés, cultivent aussi la terre. Les forgerons et les bijoutiers sont les Numu, leurs femmes sont potières. Les tisserands sont d'origine ethnique étrangères. ce sont des hommes de castes peuls, les Maboulé, les femmes maboulé, sont teinturières. Les Koulé travaillent le bois, les Garanké travaillent le cuir. Les Malinkés pratiquent l'artisanat en fonction des saisons. Beaucoup sont commerçants (Dioulas).

Culture[modifier | modifier le code]

Masque de la société d'initiation du Konden (Musée du quai Branly)
Xylophone, bálá. Culture Malinké. Afrique de l'Ouest. Bois, coton, courges, fibres végétales, papier, peau, résine. Muséum de Toulouse

La littérature orale, à travers les contes, est très développée. Il ne faut pas confondre avec les mythes, transmis par les griots dont le plus connu est l’épopée de Soundiata inspirée de la vie de Soundiata Keïta, le fondateur de l’Empire du Mali. Les griots ont un rôle important. Attachés à une famille ou de nos jours indépendants, les griots ont comme mission de conserver la mémoire du clan et de la retransmettre au cours des cérémonies. Ils servent aussi d’intermédiaires pour les mariages.

Traditionnellement, les hommes malinkés s'habillent en boubou, le Baraké Doloki, de couleur blanche ou jaune. Les couvre-chefs sont nombreux : il y a le chapeau conique le Gaban et le Bama Dah un bonnet ouvert sur les côtés, en forme de gueule de crocodile. Certains hommes se rasent la tête, d'autres continuent de se faire tresser les cheveux. Comme porte-bonheur ils se font percer l'oreille gauche et y mettent un petit anneau en or. Les femmes portent le boubou et le pagne. Leurs coiffures sont très complexes et ressemblent à celles des femmes peuls, en particulier le cimier, et les tresses le long de tempes, parfois attachés sous le menton. Elles mettent à leurs cheveux, des cauris, ou des pièces d'argent. Les bracelets sont en cuivre, elles les portent aux poignets et autour des bras; autour des reins se trouvent plusieurs rangées de collier de perles, ainsi qu'au cou.

Le xylophone bálá est communément nommé balafon en France. Ce terme provient de la déformation du mot báláfólá qui signifie « joueur de bálá » en langue malinké. Selon les régions, le nombre de lames et leur longueur peut varier. Elles sont toujours attachées à un cadre de bois. Des calebasses, placées sous les lames, servent de résonateurs. Chacune est percée, vidée, séchée et munie de mirlitons en cocon d’insectes, ce qui permet d’enrichir le timbre de l’instrument[2]. Les xylophones africains ont une fonction sociale et symbolique. Ils interviennent durant les fêtes et rythment les principales étapes de la vie ; ils ont le pouvoir de « parler », comme les tambours[3].

Patronymes[modifier | modifier le code]

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Les quelques patronymes malinkés les plus courants : Konaté, Keita, Traoré, Camara, Koné, Diarra, Sissoko ou Cissoko, Bagayogo ou Bakayoko, Dansokho, Fofana, Sawané ou Savané, Souané, Touré, Tounkara, Dagnon, Berthé, Fadiga, Fakoly, Doumbouya, Doumbia, Bayo, Kamissoko, Diaouné, Kanouté, Kaba, Kourouma, Condé, Kouyaté, Soumahoro, Kanté, Faty, Oualy, Dioubaté, Diabagaté ou Diabaté, Nabé, Gbané, Timité, Magassouba, Ouattara, Kamagaté, Kanate, Kamaté, Konte, Konde, Méité, Sylla, Camara, Dosso, Cisse. Tous ces patronymes se retrouvent, plus ou moins concentrés, dans les régions mandingues de l'ouest de l'Afrique, en milieu anglophone, francophone ou lusophone.

La cohabitation durant des siècles avec d'autres peuple tels que les Peuls, Diolas, Wolofs, fait que certaines familles malinkés portent des noms étrangers : Diallo, Sidibé, Diakhité, Sangaré, Diaby, Mané, Sané, Sonko, par exemple.

Les Oualy, qui viennent des Keita après la dislocation de l'empire du Mali, se trouvent en Guinée-Bissau, en Gambie et au Sénégal, dans le département de Tambacounda ; le dernier roi du Wouly s'appelait Mansa Kaly Oualy.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. K. Tera, Ila, « Attitudes envers le dioula et pratiques en Côte d'Ivoire », CNRS,‎ , p. 13 (lire en ligne)
  2. Éduthèque de la Philharmonie de Paris
  3. Notice du Muséum de Toulouse.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude Arnaud, Dabadougou Mafelini : village Malinké, Université d'Abidjan, s.d.
  • Sory Camara, Gens de la parole : Essai sur la condition et le rôle des griots dans la société malinké, Paris, Karthala, 1992, 375 p. (ISBN 2865373541)
  • Youssouf Tata Cissé, , « Notes sur les sociétés de chasseurs Malinké », in Journal de la Société des Africanistes, tome XXXIV, fascicule II, 1964, p. 175-226.
  • Youssouf Tata Cissé, La confrérie des chasseurs Malinké et Bambara. Mythes, rites et récits initiatiques, Paris, Nouvelles du Sud, Arsan, 1994, 390 p.
  • Gabriel Cuello, Les Malinké du Konkodugu, L'Harmattan, 2005
  • Tamba Doumbia, Groupes d'âge et éducation chez les Malinké du sud du Mali, L'Harmattan, 2001, 256 p. (ISBN 2-7475-0873-0)
  • Étienne Gérard, L'école déclassée : une étude anthropo-sociologique de la scolarisation au Mali : cas des sociétés malinkés, Montpellier, Université Paul Valéry, 1992, 725 p. (thèse)
  • Henri-Célestin Girard, Notes anthropométriques sur quelques Soudanais occidentaux : Malinkés, Bambaras, Foulahs, Soninkés, etc., s.d.
  • Sébastien Larrue, « L'homme et l'arbre chez les Malinké du Sénégal oriental », Géographie et cultures, 2005, no 56, p. 23-38
  • Gérard Meyer, Proverbes malinké : à l'ombre des grands fromagers, Paris, Conseil international de la langue française, Edicef, 1985, 172 p.
  • Gérard Meyer, Contes du pays malinké : Gambie, Guinée, Mali, Paris, Karthala, 2000 (réédition), 238 p. (ISBN 2845860927)
  • Paul Marie Molin, Recueil de proverbes bambaras et malinkés, Impr. Saint-Paul, 1960 ?
  • Fily-Dabo Sissoko, Sagesse noire : (sentences et proverbes malinkés), Éditions de la Tour du guet, 1955

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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