Lucie Robert-Diessel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Lucie Robert-Diessel
Nom de naissance Lucie Robert
Naissance
Rennes
Décès (à 82 ans)
Paris
Activité principale Pianiste, compositrice
Activités annexes Pédagogue
Formation Conservatoire de Rennes, Conservatoire de Paris
Maîtres Lazare-Lévy, Aline van Barentzen, Tony Aubin
Enseignement Conservatoire de Paris
Récompenses Premier prix de Rome (1965)

Lucie Robert-Diessel est une pianiste, compositrice et pédagogue française née le à Rennes et morte le à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucie Robert naît le à Rennes[1],[2].

Elle commence ses études musicales au Conservatoire de sa ville natale et obtient un premier prix de piano à l'âge de douze ans[3]. Elle est admise ensuite au Conservatoire de Paris, obtenant entre 1954 et 1959 sept premiers prix[3], dans les classes d'harmonie d'Henri Challan, de piano de Lazare-Lévy puis Aline van Barentzen, de musique de chambre de Capet, de contrepoint puis de fugue de Noël Gallon, d’accompagnement au piano d'Henriette Puig-Roget[2]. Elle achève sa scolarité en 1963 en étant couronnée d'un premier prix dans la classe de composition de Tony Aubin[3]. Dans l'établissement, elle travaille également l'orgue auprès de Rolande Falcinelli[2].

En 1965, elle est lauréate du premier Grand prix de Rome[3], avec sa cantate La Prophétie de Cassandre sur un livret extrait d'Agamemnon d'Eschyle[4], et devient pensionnaire à la Villa Médicis jusqu'en 1968[5].

À son retour en France, Lucie Robert mène une carrière d'interprète et de compositrice[3]. En piano, elle est lauréate du Concours international de Barcelone, et en composition, du concours de Mannheim. Elle est soliste à Radio France et enseigne au Conservatoire de Paris entre 1972 et 2001[3].

En 1981, elle épouse le pianiste et compositeur Karl Diessel (1919-2018)[2], avec qui elle donne régulièrement en France et à l'étranger des concerts à deux pianos[3].

En tant que compositrice, la formation instrumentale du duo de pianos lui inspire plusieurs œuvres, une sonate pour deux pianos, une suite pour piano à quatre mains. Pour instrument seul, elle compose pour le piano une sonate, deux sonatines et trois préludes[3]. Côté musique de chambre, on lui doit des sonates pour violon et piano, flûte et piano, ainsi que des pièces pour violoncelle, contrebasse, hautbois, avec accompagnement de piano, des quatuors à cordes et des quintettes[6].

À partir de 1974 et de la création à Rome par Georges Gourdet de Cadenza pour saxophone et piano, Lucie Robert-Diessel reçoit de nombreuses commandes destinées au saxophone et consacre environ vingt-cinq numéros d'opus à l'instrument, dont des pièces en solo ou pour ensemble de saxophones, avec d'autres instruments ou non[7]. En compagnie de Cadenza, Magheïa pour piano et quatuor de saxophones, donné en première audition en 1976, ou Messanuets, pour quatorze saxophones, sont à cet égard des partitions emblématiques[7].

Son intérêt pour la voix est prononcé et l'amène à écrire plusieurs cycles de mélodies, à l'instar des Ombres de Tübingen, sur un poème d'Alain Suied, une œuvre créée le lors d'un concert du Triptyque[7],[8].

Esthétiquement, Lucie Robert-Diessel écrit « sans se soucier d'aucune mode et sans s'enfermer dans aucun système[7] », recherchant avant tout « l'expression la plus directe et la plus sensible, attachant une grande importance à une composition thématique et à la ligne mélodique en général[7] ».

Elle meurt à Paris dans le 20e arrondissement, en son domicile de la rue Orfila, le [2],[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Parmi ses compositions, qui constituent au total un catalogue de plus de cent opus[2], figurent notamment[9] :

Œuvres symphoniques[modifier | modifier le code]

Œuvres vocales[modifier | modifier le code]

Œuvres pour chœurs[modifier | modifier le code]

  • Fiat voluntas tua, pour chœur, récitant et orgue, 1974
  • Tantum ergo, pour chœur, 2 orgues, trompettes, trombones et timbales, 1979

Œuvres scéniques[modifier | modifier le code]

  • L'épouse injustement soupçonnée, mini-opéra pour soprano, mezzo-soprano, ténor, baryton et orchestre, 1963
  • Arc-en-ciel (histoire de Noé), musique pour un spectacle, pour synthétiseur, orgue, 2 flûtes, 2 récitants, 1989
  • Le Misanthrope de toujours, musique de scène, pour synthétiseur, 1989

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis-Claude Thirion, « Lucie Robert-Diessel », dans Association Femmes et Musique, Compositrices françaises au XXe siècle, vol. II, Sampzon, Delatour, (ISBN 978-2-7521-0240-9, présentation en ligne), p. 133-135.
  • Carole Bertho-Woolliams, Les femmes lauréates du Premier Prix de Rome de composition musicale : 1913-1966, Paris, L'Harmattan, coll. « Univers musical », , 286 p. (ISBN 978-2-343-15697-2, présentation en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Robert Lucie », sur deces.matchid.io (consulté le )
  2. a b c d e et f Jean-Christophe Sangouard, « Lucie Robert-Diessel », sur www.musimem.com, (consulté le )
  3. a b c d e f g et h Thirion 2014, p. 133.
  4. Bertho-Woolliams 2019, p. 240.
  5. « ROBERT-DIESSEL, Lucie », sur acad-artlas.huma-num.fr, (consulté le )
  6. Thirion 2014, p. 133-134.
  7. a b c d et e Thirion 2014, p. 134.
  8. « Fonds Le Triptyque », sur archivesetmanuscrits.bnf.fr (consulté le )
  9. Thirion 2014, p. 135.

Liens externes[modifier | modifier le code]