Louis Marie de Narbonne-Lara

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Louis-Marie de Narbonne-Lara
Louis-Marie-Jacques-Amalric, comte de Narbonne-Lara (1755-1813) par Herminie Déhérain née Lerminier (1798-1839)
Louis-Marie-Jacques-Amalric, comte de Narbonne-Lara (1755-1813) par Herminie Déhérain née Lerminier (1798-1839)

Naissance
Colorno (Duché de Parme)
Décès (à 58 ans)
Torgau (Drapeau du Land de Saxe Saxe)
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Artillerie
Cavalerie
Grade Général de division
Années de service ?-1813
Distinctions Officier de la Légion d'honneur
Comte d'Empire
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 11e colonne "NARBONNE"
Autres fonctions Ministre de la Guerre

Louis-Marie-Jacques-Almaric de Narbonne-Lara, né à Colorno le , mort à Torgau le , est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Il est né à Colorno dans le duché de Parme, dans une famille distinguée. Il serait, soit le fils naturel du duc Philippe Ier, soit celui d'un noble espagnol, soit celui du beau-père du duc, le roi Louis XV de France. En effet, sa mère, Françoise de Châlus (1734-1821), duchesse de Narbonne-Lara, dame d'honneur de Madame Adélaïde, fille du roi de France, fut notamment une des maîtresses de Louis XV.

Il est le frère cadet de Philippe de Narbonne-Lara.

Il fait ses études chez les Oratoriens au collège de Juilly. Il entre ensuite dans l'armée, d'abord dans l'artillerie puis chez les dragons. Il y brûle les étapes, devenant capitaine à 18 ans puis colonel à 28. Le ministre des Affaires étrangères Vergennes le repére alors et en fait un de ses secrétaires. À la mort du ministre, il reprend du service et devient en 1789 colonel du régiment de Piémont.

Sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Au début de la Révolution, il embrasse les idées nouvelles et se lie à des nobles libéraux tels que le duc d'Aiguillon. En 1790, alors qu'il se trouve en garnison à Besançon, il parvient à maintenir l'ordre malgré des troubles et est nommé commandant en chef de la garde nationale du Doubs. Il revient toutefois à Paris, où il devient célèbre en étant l'amant de Madame de Staël. En 1791, Narbonne accompagne à Rome les tantes de Louis XVI : Mesdames Adélaïde et Victoire, ses supposées demi-sœurs.

Nommé le 4 septembre 1791, par le roi, Maréchal de camp, il devient ministre de la guerre le 6 décembre 1791. Ni Louis XVI ni Marie-Antoinette ne l'apprécient, mais sa nomination doit barrer la route à La Fayette que la famille royale déteste. En vue de la guerre prochaine, Narbonne visite les frontières du royaume pendant son ministère, et fait, à la suite de ce voyage, un brillant rapport à l’Assemblée législative sur les ressources militaires de la France ; il organise trois armées sous les ordres des généraux Rochambeau, Luckner et La Fayette. Cependant, il ne cesse d'être attaqué par les brissotins et les députés cordeliers comme Chabot. Au sein du ministère, il est la cible des royalistes comme Bertrand de Molleville. Celui-ci obtient son renvoi le 9 mars 1792.

Le comte rejoint alors l'Armée de l'est puis l'état-major de Luckner à Strasbourg. Il est promu lieutenant général le 22 mai 1792. Au cours de l'été 1792, il intrigue auprès du roi pour retrouver son ministère. Il revient pour cela à Paris et assiste au Journée du 10 août 1792 aux côtés de Louis XVI. Décrété d’accusation le 14 août 1792, il émigre à Londres avec l'aide de Madame de Staël. De là il écrit à la Convention pour lui demander un sauf-conduit afin de venir assumer sa part de responsabilité dans les actes du gouvernement de Louis XVI. Cette dangereuse faveur lui est refusée. L'Angleterre étant entrée en guerre contre la France, il passe en Suisse puis en Allemagne, à Hambourg.

En 1797, il tente de faire rayer son nom de la liste des émigrés avec l'aide de ses amis comme Mathieu Dumas, mais le Coup d'État du 18 fructidor an V lui ôte tout espoir. Le sénat de Hambourg ordonne même son expulsion.

Sous le Premier Empire[modifier | modifier le code]

Enfin rayé de la liste des émigrés après le 18 brumaire, il rentre en France en 1801. Napoléon Ier le réintégre dans l'armée le 24 juin 1809, avec le grade de général de division. Narbonne obtient les postes de gouverneur de Trieste puis d'ambassadeur à Munich. Il est élevé à la dignité de comte d'Empire le 23 décembre 1810, puis reçoit la croix d' officier de la Légion d'honneur le 30 juin 1811. Il fait la campagne de Russie en qualité d’aide-de-camp de l'empereur. En 1813, il est envoyé comme ambassadeur à Vienne. Il s'arrête à Prague en compagnie de Fouché afin de mener des négociations avec Metternich.

L'échec de la conférence entraîne son rappel par Napoléon qui lui confie le commandement de la place de Torgau, en Saxe.

C'est là qu'il meurt le 17 novembre 1813, des suites d'une chute de cheval.

Postérité[modifier | modifier le code]

Il épouse à Paris le 16 avril 1782, Marie-Adélaïde de Montholon[1], dont il a deux enfants:

Il a également deux enfants naturels:

Il est également vraisemblable qu'il soit le père des deux fils de la baronne Germaine de Staël

  • Louis-Auguste de Stael (1790-1826) sans postérité
  • Albert de Stael (1792-1813) sans postérité

Anecdote[modifier | modifier le code]

Une ressemblance physique frappante avec Louis XV de France et les faveurs dont ce dernier comblait le jeune Louis Marie de Narbonne-Lara avaient tendance à faire dire qu'il était le fils naturel du vieux roi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]