Louis Jean Nicolas Abbé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Louis Jean Nicolas Abbé
Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 35e et 36e colonnes.
Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 35e et 36e colonnes.

Naissance
Trépail
Décès (à 69 ans)
Châlons-sur-Marne
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1784-1816
1830 - 1832
Commandement 23e Demi-brigade d’Infanterie Légère
Distinctions Baron de l'Empire
Commandeur de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Arc de triomphe de l'Étoile, 36e colonne.

Baron Louis Jean Nicolas Abbé, né le à Trépail (Marne) et mort le à Châlons-sur-Marne, est un général de division du Premier Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Nicolas Abbé et de Jeanne Sergent.

Il entre au service le 14 avril 1784, dans le régiment de Barrois. Sergent-major le 29 avril 1792, il fait la campagne de cette année à l'armée des Alpes. Envoyé à l'armée d'Italie, il y fait les guerres de 1793. Sous-lieutenant en septembre 1793, il se distingue à l'affaire de Limone, où il est blessé ; lieutenant en l'an IV, il se signale de nouveau au passage du Mincio le 20 thermidor, à la prise de Governolo, au combat de Castellaro où il est encore blessé.

Le 5 décembre 1798, il surprend la ville de Novare, en Piémont, par un coup de main que lui-même a proposé au général en chef Joseph Antoine René Joubert. Avec quelques grenadiers cachés dans deux voitures, et placé lui-même dans la première, il se fait ouvrir la porte comme envoyé extraordinaire auprès du roi par le général en chef. Arrivé en face du corps de garde, il se précipite sur le poste à la tête de ses grenadiers, s'empare des faisceaux d'armes et fait 25 prisonniers. Le général Victor, qui le suit de près avec des troupes, arrive immédiatement, s'empare de la ville et fait mettre bas les armes à une garnison de 1 200 hommes.

Le Directoire exécutif nomme le 23 de ce mois, Abbé, capitaine au 8e Dragons. Envoyé à Paris pour présenter au gouvernement les drapeaux pris sur l'ennemi, il est nommé chef d'escadron et reçoit un sabre et des pistolets d'honneur. Devenu aide de camp du général Leclerc, il le suit à l'armée du Rhin en l'an VII, à celle du Midi en l'an IX et à l'expédition de Saint-Domingue où il exerce les fonctions de chef de brigade.

De retour en France, il est confirmé dans ce grade et commande en Corse la 23e demi-brigade d’infanterie légère. Membre de la Légion d'honneur, il fait en Italie les campagnes de l'an XIV à 1809. Le 4 juillet 1806, à la bataille de Sainte-Euphémie (Calabre), il soutient et protége la retraite de l'armée. L'Empereur Napoléon Ier récompense sa bravoure et ses talents militaires par le grade de général de brigade le 1er mars 1807. Le 27 du même mois, le général Abbé bat complètement les Anglo-Siciliens à Mileto ; il concourt à la prise du fort de Scylla et est nommé commandant de la Légion d'honneur le 23 octobre 1808.

En 1809, il se signale surtout aux batailles de Sacile et de la Piave, au combat de Tarvis, au passage du pont de Karako qu'il emporte de vive force. Envoyé en Espagne en 1810 et employé au 3e corps sous les ordres de Louis Gabriel Suchet, il coopérae à la prise de Lérida. Le 8 juillet, à la tête de 1 800 hommes, il bat complètement 3 000 Espagnols commandés par O'Donnell. Après s'être signalé dans toutes les occasions et notamment au siège de Tortose en décembre 1810. Il est créé baron de l'Empire le 30 octobre 1810. De 1810 à 1812, il commande la 1re brigade de la 3e division de l’armée d’Aragon, en Espagne. Au siège de Sarragosse ; il se couvre de gloire au dernier assaut, enlève de vive force le Montserrat, est élevé au grade de général de division le 31 juillet 1811 et va commander en Navarre sous les ordres du général comte Reille. Au 25 juin 1812, il commande la 1re, basée à Pampelune. En août 1812, il fait perdre dans une rencontre plus de 800 hommes à Mina, et pendant près d'un an qu'il combat ce chef, il lui fait éprouver dés pertes considérables.

Rentré en France à la suite de la bataille de Vitoria, il commande la 3e division sous les ordres du duc de Dalmatie, fait des prodiges de valeur à la bataille de Saint-Pierre d'Irube le 13 décembre 1813. Affecté à Bayonne avec sa division pour participer à la défense de la ville pendant le blocus imposé par les Anglais, il se distingue notamment lors de la sortie décidée le 14 avril 1814, par le Général de division Baron Thouvenot, commandant en chef et gouverneur de la place. Avec les unités du Général Maucomble, il met hors de combat environ un millier d'Anglais.

Après l'abdication, il envoie son adhésion au nouveau gouvernement. Louis XVIII le nomme chevalier de Saint-Louis le 19 juillet, et lui confie le 15 janvier 1815, le commandement de la 2e subdivision de la 8e division militaire à Toulon. Informé le 2 mars du débarquement de l'Empereur, il communique cette nouvelle au maréchal prince d'Essling, gouverneur de la 8e division qui se trouve à Marseille et prend, de concert avec les autres autorités, toutes les mesures commandées par la circonstance. Le duc d'Angoulême, arrivé à Toulon, approuve ce qu'a fait le général Abbé pour l'ordre et la discipline. Le 4 avril, arrivé à Cannes avec un seul aide-de-camp, il est arrêté par la population en armes. Mis en liberté peu de jours après, il apprend à Toulon le changement de gouvernement.

Le 23 avril, il reçoit ordre de l'empereur d'aller prendre à Belfort le commandement de la 18e division militaire, sous les ordres du général Lecourbe. Le 26 juin, avec une division de 2 600 hommes, il repousse les Autrichiens sur tous les points ; mais se reconnaissant trop inférieur en nombre, il fait une retraite habile et tient constamment les Autrichiens en échec, défendant chaque position, chaque défilé et leur tuant beaucoup de monde.

Le général Abbé, licencié le 2 septembre 1815, est mis à la retraite le 1er janvier 1816. Rentré dans la vie civile, il vécut de sa modique pension à Châlons-sur-Marne.

En août 1830, il a le commandement de la garde nationale de Châlons, mais ses infirmités le forcent a y renoncer. Placé dans le cadre de réserve de l'état-major général en février 1831, il est de nouveau admis à la retraite le 1er mai 1832, et meurt à Châlons-sur-Marne le où il est enterré, au cimetière de l'Ouest.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext baron de l'Empire ComLH.svg
Blason famille fr Louis Jean Nicolas Abbé (baron).svg
Armes du baron Abbé et de l'Empire, décrèt du 30 octobre 1810, confirmé par lettres patentes du 3 février 1815.

Écartelé : au 1, d'or, à une tête de Maure de sable, tortillée d'argent ; au 2, des barons militaires de l'Empire ; au 3, de gueules, au château d'argent, flanqué de deux tours du même ; au 4, d'or, à la licorne furieuse de sable.[1],[2],[3],[4]

La référence 2 (Armorial du Premier Empire) donne pour le 4 : d'argent, à la licorne furieuse de sable.

French heraldic crowns - Baron.svg
Escutcheon to draw-fr.svg
Armes sous la Restauration

Ecartelé : au 1er d'or, à une tête de Maure de sable, tortillée d'argent ; au 2e de gueules, à l'épée haute en pal d'argent ; au 3e de gueules, au château flanqué de deux tours d'argent ; au 4e d'or, à la licorne furieuse de sable.[4]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

« Louis Jean Nicolas Abbé », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, [détail de l’édition]