Archipel des Ébihens

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Archipel des Ébihens
Archipel des Hébihens
L'archipel vu depuis la pointe du Chevet à mi-marée
L'archipel vu depuis la pointe du Chevet à mi-marée
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localisation Manche
Coordonnées 48° 37′ 23″ N, 2° 11′ 25″ O
Île(s) principale(s) Ébihens, La Nellière
Administration
Statut Dépend de la commune de Saint-Jacut-de-la-Mer

Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Autres informations
Fuseau horaire UTC+1

Géolocalisation sur la carte : Bretagne

(Voir situation sur carte : Bretagne)
Archipel des Ébihens
Archipel des Ébihens

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Archipel des Ébihens
Archipel des Ébihens

L'archipel des Ébihens ou des Hébihens est un petit archipel français, prolongeant la presqu'île de Saint-Jacut-de-la-Mer. Le rocher principal, d'une superficie de 20 hectares dont le sommet culmine à 17 mètres est une des quelques îles privées de Bretagne, occupée principalement en été.

Légende et histoire[modifier | modifier le code]

La légende veut que son isolement date du raz-de-marée qui aurait détruit la forêt de Scissy, forêt mythique située dans la baie du mont Saint-Michel, en 709 et que les plages qui l'entourent étaient alors recouvertes d'arbres et d'herbus. Pour les historiens et les scientifiques, la montée des eaux date, non pas de 709, mais de plus de 10 000 ans, à la fin de la dernière glaciation.

Des fouilles entreprises ont mis au jour des vestiges attestant d'une occupation gallo-romaine de l'archipel dès avant notre ère. Un petit village coriosolite y fut érigé. Coriosolite signifiant « de Corseul » ; alors la capitale gauloise locale.

C'est à la Loge, massif rocheux menant à un plateau dunaire couvert à marée haute et menant lui-même à l'île principale, que des fouilles archéologiques permirent de découvrir les traces d'un atelier dont l'activité était la fabrication de pains de sel. Son utilisation a permis à nos ancêtres celtiques de transformer une matière abondante, l'eau de mer, en un produit fini obtenu par évaporation forcée. Les hommes qui vécurent là étaient de véritables « bouilleurs d'eau de mer ».

Utilisant des fours circulaires pour l'évaporation forcée, l'artisan saunier versait dans des récipients une saumure concentrée qu'il faisait bouillir au-dessus de la braise de façon à récupérer les cristaux de sel et en faire des pains. L'atelier des Ébihens produisait des pains pesant jusqu'à 3 kg.

C'est à l'extrémité nord de l'archipel que vécurent quelques familles coriosolites. Là, une série d'îlots, Les Haches, prolongent l'île principale. C'est le plus important d'entre ceux-ci qui abrita un hameau formé de quelques habitations. En ce temps-là, ces rochers désormais battus par les vagues étaient accessibles à pied. la transgression marine les a définitivement coupé du continent.

Il est probable que cette petite communauté pouvait retirer de la mer, toute proche, l'essentiel de ses besoins en nourriture, complétée sans doute par une culture maraîchère sur des herbus aujourd'hui devenus plages sablonneuses.

On se souvient que c'est à la charnière des IVe et Ve siècles, que fut fondée l'abbaye de la presqu'île qui allait devenir Saint-Jacut. Son extension inclut naturellement l'Enez Bihen (« la petite île » en Breton) : les Ébihens.

Vauban ordonna l'édification d'une tour sur l'îlot principal qui fut construite de 1694 à 1696 par le comte Louis de Pontbriand qui était capitaine garde-côte du littoral de Saint-Malo et propriétaire de l'îlot. Cette tour fut notamment financée par un impôt perçu sur les prises de maquereaux réalisées lors de certains jours de fêtes chômés[réf. souhaitée]. Elle est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 15 juillet 2010[1].

La chapelle de l'« Ange gardien », construite en 1699, fut un lieu de culte fréquenté par les divers habitants qui se succédèrent sur l'îlot. Elle fut construite pour l'usage des ouvriers de la tour et vint remplacer la petite chapelle très ancienne et effondrée qui donna à la plage sud son nom de « plage de la Chapelle ».

À la Révolution, l'abbaye alors en déshérence, fut saccagée et pillée. Lors de la dispersion des biens du clergé, les Ébihens furent vendus à Jean-Georges Michel, l'un des capitaines de course de Robert Surcouf, pour une somme dérisoire.

Au fil du temps, ce bien sans valeur et à l'époque fort peu considéré, fut transmis à Pierre-Henri Gauttier, père de Pierre-Henry Gauttier Du Parc. Ce n'est qu'au début du XXe siècle que l'ile commença à être boisée par la famille Peynaud. Elle était jusqu'alors une lande battue par les embruns, mais néanmoins suffisamment fertile pour y abriter une ferme.

Aujourd'hui, cette propriété privée est partagée entre 5 propriétaires, majoritairement descendants directement ou non de Jean-Georges Michel. Ils veillent avec patience et énergie à ce que ce site naturellement protégé par son insularité, perdure pour les générations futures.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Plage sud des Ébihens

Une partie de l'archipel est accessible à pied à la basse mer avec les risques que cela comporte en cas de retour tardif[2].

L'île principale est entièrement privée. Néanmoins, ses habitants laissent volontiers un accès de visite par le chemin central allant du sud au nord de l'île. On ne peut que recommander aux visiteurs, qui prendraient la liberté de monter sur l'île, de ne pas déborder de ce chemin central afin de préserver la faune et la flore variées et les dunes, tout autant que la quiétude de ce lieu très préservé, qui par choix, n'est pas à ce jour, clôturé.

L'îlot de la Colombière est une réserve ornithologique dont l'accès est réglementé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ministère de la Culture, liste des objets immobiliers protégés au titre des monuments historiques en 2010, Journal officiel de la République française du 4 mai 2011
  2. Par exemple, un groupe de 55 personnes s'est trouvé piégé à l'île des Ébihens le 18 août 2009, incident nécessitant plusieurs navettes de la vedette de sauvetage en mer de Lancieux. Source : Ouest-France du lendemain.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]