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Fernand Labori

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Fernand Labori
Fernand Labori en 1914.
Fonctions
Bâtonnier
Ordre des avocats de Paris
-
Député français
Seine-et-Marne
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 56 ans)
Paris
Sépulture
Nom de naissance
Fernand-Gustave-Gaston LaboriVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint
Marguerite Labori (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Archives conservées par

Fernand Gustave Gaston Labori, né à Reims le et mort à Paris le , est un avocat et homme politique français.

Avocat renommé

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Tentative d'assassinat de Fernand Labori en 1899, première page du Petit Journal du 27 août 1899.

Fils d’un inspecteur des chemins de fer de l’Est, il devint l'un des avocats les plus talentueux du barreau de Paris[2]. Il fut conseiller général, député de Seine-et-Marne en 1906-1910[3].

Avocat au barreau de Paris à partir du 11 novembre 1884, il fut élu deuxième secrétaire de la Conférence du stage (1887-1888), membre du Conseil de l'Ordre (1905-1909 et 1910-1917), puis bâtonnier du barreau de Paris[3] (1911-1913).

Il fut le défenseur d'Alfred Dreyfus devant le conseil de guerre, au procès de Rennes[3] en 1899. C'est Louis Leblois qui le convainc, en , de venir défendre Lucie puis Alfred Dreyfus. Durant ce procès, le 14 août, il fut victime d’une tentative d’assassinat – une balle tirée dans le dos – après avoir marché seul sur le quai de Richemont à Rennes. Il s'apprêtait à rejoindre Edmond Gast et Marie-Georges Picquart qu'il venait d'apercevoir, lorsque le coup de feu l'atteint[3],[4].

Après Rennes, et dans le sillage de Picquart, il se sépare bruyamment des Dreyfus, coupables à ses yeux de se satisfaire de la grâce et de travailler d'accord avec le gouvernement à imposer l'amnistie. Sa rancœur lui fait alors écrire des pages terribles dans lesquelles il célèbre Drumont et s'en prend aux juifs avec des mots que n'auraient pas reniés ses adversaires de 1898-1899[5].

Juriste autant qu’orateur, Labori collabora activement à La Gazette du Palais, dont il fut le rédacteur en chef (1892-1895), puis fonda en 1897 et dirigea la Revue du Palais, qui devint plus tard la Grande Revue. Il (co)défendit Guillaume Apollinaire au moment de son incarcération en septembre 1911.

Son talent oratoire, difficilement transposable à l'écrit, a été souligné par René Benjamin dans des longues pages de son ouvrage sur les gens de justice[6].

Procès célèbres auxquels participa Fernand Labori

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Fernand Labori fut le défenseur :

Il mourut le en son domicile dans le 9e arrondissement[8], et est inhumé au cimetière du Montparnasse (29e division)[9].

Dans le film J'accuse (2019) de Roman Polanski, son rôle est joué par Melvil Poupaud.

Notes et références

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  1. « https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/POG/FRAN_POG_05/p-4ob8rudyj-povxebrfgvcu »
  2. « La grande éloquence tempétueuse, la défense pied à pied, l'offensive impétueuse, le débattement acharné. » in Charles Péguy, Œuvres en prose : Hommage à Bernard Lazare, vol. 1, Paris, Pléiade, p. 1211.
  3. a b c d e f g et h « Fernand Labori (1860 - 1917) », sur dreyfus.culture.fr (consulté le ).
  4. « Odieux attentat - Labori grièvement blessé », L'Aurore,‎ (lire en ligne)
  5. Philippe Oriol, L'Histoire de l'affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, Paris, Les Belles Lettres, , p. 937-972. Voir aussi : Philippe Oriol, « Un nouveau Picquart par Christian Vigouroux, blog de la SihaD
  6. René Benjamin, Le palais et ses gens de justice, Paris, Fayard, , 378 p., p. 318 - 378
  7. Frédéric Chauvaud, « Les millions et les picaillons de la « Grande Thérèse » (1878-1903) », dans Impossibles victimes, impossibles coupables : Les femmes devant la justice (xixe-xxe siècles), Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », (ISBN 978-2-7535-6671-2, lire en ligne), p. 213–228.
  8. Archives de Paris, Décès du 9e arrondissement, année 1917, cote 9D 127, acte no 432, page 4/31.
  9. Registre journalier d'inhumation de Paris Montparnasse de 1917, en date du 17 mars (page 18/31).

Bibliographie

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Liens externes

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