Laisse de mer

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Partout dans le monde, les laisses de mer contiennent de plus en plus de macro et micro-déchets peu dégradables et/ou polluants. Elles peuvent aussi être polluées par des résidus de pesticides, des dioxines, PCB, etc.
Selon les lieux et les courants, le contenu des laisses de mer change. Ici, sur la côte arctique boisée de l'Alaska, il s'agit essentiellement de bois flotté.

La laisse de mer est l'accumulation par la mer de débris naturels (coquillages, algues, bois mort, os de seiche, etc.) ou d'origine anthropique, drossés à la limite supérieure du flot. Parmi ces derniers, on peut évoquer les galettes de pétrole issues des marées noires ou dégazage en mer, les déchets jetés ou perdus en mer par les navires, les engins de pêche perdus par les pêcheurs ou d'autres types de déchets apportés en mer par le vent ou les cours d'eau avant d'être rejetés sur la plage par les marées.

Dans de nombreux pays, la laisse de basse mer ou de haute mer est utilisée pour cartographier la limite entre la terre et la mer.

Rôle écologique[modifier | modifier le code]

Fait assez inhabituel sur la façade atlantique, cette laisse de mer est principalement constituée de feuilles de zostères.

Les laisses de mer, lorsqu'elles ne sont pas polluées, ont un rôle écologique important. Grâce aux mucilages et mucus qu'elles contiennent, les algues échouées, vivantes ou mortes, même en plein soleil, conservent sous les laisses de mer un micro-climat frais et protégé des ultra-violets solaires, y abritant et nourrissant de nombreuses espèces qui vivent dans le sable (micro-organismes et crustacés essentiellement).

Une fois dégradées et minéralisées, elles deviennent une des sources de nutriments des plantes terrestres du haut de l'estran et des plantes (zostères, posidonies) et algues marines. Ainsi les organismes qu'elles nourrissent et abritent contribuent doublement à fixer les plages, les sables et sédiments dans les baies ou estuaires et le pied des premières dunes.

Elles sont aussi la base d'une chaîne alimentaire tout à fait particulière où s'alimentent notamment les oiseaux, mais qui profitent aussi aux alevins, crabes, etc. Sur le littoral, les hirondelles et de nombreuses autres espèces d'oiseaux utilisent des algues récupérées sur les laisses de mer pour fabriquer leur nid.

Sur cet écotone, on trouve outre des invertébrés typiquement terrestres (insectes essentiellement), des espèces tout à fait marines, et des espèces typique de ces milieux, avec par exemple des Talitridae, dont Talitrus saltator qui est une nourriture très appréciée du gravelot. La nuit, les sangliers ne dédaignent pas venir fouiller les laisses de mer aux époques où ils peuvent y trouver des cadavres de poissons ou d'oiseaux. Peut-être trouvaient-ils autrefois là une nourriture intéressante pour sa richesse en iode, ils risquent aujourd'hui d'y consommer des produits plus toxiques.

Une étude[1] menée en 2006 sur les plages de la Côte d'Azur a par ailleurs montré l'importance capitale de la laisse de mer pour certains coleoptères qui y trouvent soit un gîte, soit de la nourriture, soit les deux. L'étude montre que parmi dix plages étudiées, les deux seules non soumises au ramassage de la laisse de mer (car inaccessibles aux engins) étaient les seules sur lesquelles une espèce de coléoptères (Phaleria bimaculata) de la famille des Ténébrionidés, se nourrissant dans la laisse, était présente. Le ramassage sur les autres plages, en éliminant la source de nourriture, avait par conséquent provoqué la disparition de cette espèce.

Le choix du nettoyage en zone touristique[modifier | modifier le code]

Différentes techniques de nettoyage mécaniques ont été développées pour l'agrément des touristes
Plage de Cala Millor, Son Servera, Mallorca (Espagne)

Il existe une forte pression des communes littorales pour nettoyer mécaniquement les laisses de mer afin de présenter aux touristes des plages « propres ».

Cela semble utile là où des pullulations anormales d'algues vertes se produisent en raison d'une eutrophisation ou dystrophisation induite par les apports à la mer des excès de nitrates et phosphates agricoles ou émis par les stations d'épuration. Une autre source de risque peut être constituée localement par des nitrates issus de munitions immergées, lesquelles peuvent également perdre des toxiques de combat de type ypérite, chloropicrine, etc. (L'ypérite a la consistance et l'apparence de petites galettes de pétrole lorsqu'elle fuit d'obus percés par la corrosion et qu'elle est apportée sur l'estran par les courants.)

Le 9 décembre 1993, le cargo français "Sherbro" perd dans une tempête, au large du Cotentin, 91 conteneurs avec de la nitrocellulose et des pesticides : des dizaines de milliers de sachets de pesticides se répandent sur le littoral du Pas-de-Calais et de la Manche, mais aussi sur les plages allemandes et néerlandaises[2]. Le 19 décembre 1999, 20. 000 détonateurs sont perdus par le cargo chypriote "Mary-H" et rendent impraticables des centaines de kilomètres de côtes du Finistère aux Pyrénées Atlantiques[3]. Ces objets se retrouvent dans les laisses de mer qu'il convient donc de surveiller. Il est également nécessaire de nettoyer les déchets anthropiques habituels : bois traité, filets de nylon, qui peuvent encore piéger des oiseaux, divers produits dangereux pour l'environnement ou pour ceux qui fréquentent les plages.

Du point de vue du développement durable, il convient cependant de préserver la partie naturelle des laisses de mer, tout particulièrement aux pieds des dunes qu'elles contribuent à fixer.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Le ramassage mécanique de la laisse de mer doit cependant être rationalisé : - intervention minimale dans le temps (plages horaires restreintes, que certains jours de la semaine) des engins mécaniques sur la zone naturelle que constitue la plage - respect du voisinage quant à la pollution sonore due aux engins mécaniques - privilégier le ramassage manuel au ramassage mécanique : tout doit être mis en œuvre pour éviter le ramassage mécanique - intervention non systématique : pas de ramassage hors période touristique ou à fort coefficient de marée - idéalement les déchets collectés doivent être ramassés et mis en décharge (et non déposés à quelques centaines de mètres) - uniquement et strictement les zones de baignade doivent être concernées - sensibiliser la population et les élus de l'utilité de la laisse de mer

La laisse de mer ramassée contient des éléments naturels provenant de la mer (algues, etc.) mais aussi des déchets flottants d'origines diverses (bateaux...) et des déchets déposés sur la plage par les vacanciers. Si on ne peut pas facilement agir sur ce qui vient de la mer, il faut impérativement sensibiliser les vacanciers à ne pas jeter d'ordures sur la plage. Il faut aussi prévoir des poubelles. Ces déchets, souvent des emballages plastiques ou canettes métalliques, seront en moins à ramasser mécaniquement.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Impact of anthropogenic disturbances on beetle communities of French Mediterranean coastal dunes
  2. Le cargo français "Sherbro" perd dans une tempête 91 conteneurs avec de la nitrocellulose et des pesticides.
  3. 20.000 détonateurs sont perdus par le cargo chypriote "Mary-H"