Alevin

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Jeune alevin (larve) de saumon avec son sac vitellin
Alevins dans l'Aven (fleuve), à Pont-Aven (Bretagne, France) en aout 2016

L'alevin (ou collectivement : fretin, nourrain) désigne tout poisson subadulte.

Les alevins ont fait l'objet de nombreuses études scientifiques, mais les espèces étudiées sont presque toujours quelques espèces d'intérêt commercial et d'élevage (saumon, truites, brochets[1],[2], etc.). Les alevins sont généralement peu colorés voire presque transparents.

Taux de survie[modifier | modifier le code]

Il est très variable selon les espèces, et parfois selon les années (en zone aride notamment).

De nombreux poissons pondent chaque année un grand nombre d’œufs (jusqu'à plus d'un million par femelle chez certaines espèces), mais un grand nombre d'alevins n'atteindront jamais l'âge de la reproduction.

Quelques espèces pondent moins d’œufs mais protègent leurs alevins.

Les larves et alevins sont particulièrement vulnérables à la qualité de leur environnement (fonds notamment, de gravier, sable non colmaté[3],[4], à la qualité et disponibilité de la nourriture[5],[6], et à certains polluants (dont les métaux[7], métalloïdes et métaux lourds[8], perturbateurs endocriniens, ou insecticides par exemple). Ils peuvent aussi être parasités par des champignons, bactéries, virus[9] ou microsporidies[10]. Même dans un environnement apparemment sauvage et éloigné des sources ce pollution ils peuvent souffrir des effets conjoints du dérèglement climatique, de l'eutrophisation et/ou de l'acidification des eaux ou d'une augmentation anormale de la turbidité.

Ils sont enfin une nourriture appréciée de nombreux prédateurs (chabot, perches et jeunes brochets par exemple) qui contribuent lors de cette prédation à la sélection naturelle[11].

Sous-catégories[modifier | modifier le code]

On distingue généralement ou principalement deux stades chez beaucoup d'espèces de poissons :

  1. la larve, qui suit l'éclosion et précède le stade juvénile -- elle dépend de son sac vitellin pour sa nourriture ;
  2. le juvénile, qui suit l'état larvaire et précède l'état adulte.

Ce n'est que pour différencier le stade lécithotrophe de l'autonomie trophique qu'on distingue larves (parfois considérées comme "alevins vrais"[12]) et juvéniles.

Identification[modifier | modifier le code]

La forme, les couleurs et le comportement des alevins sont généralement très différent de ceux de leurs parents, ce qui rend leur identification parfois délicate. Il existe quelques guides destinés à l'identification des alevins d'espèces commercialement intéressantes que l'on peut chercher à capturer en pleine eau pour les introduire ensuite dans des élevages, ou que l'on a besoin d'identifier pour les inventaires de biodiversité subaquatique.

Ethologie[modifier | modifier le code]

Les alevins ont souvent un comportement grégaires.

Selon leur espèce, ils sont plutôt lucifuges ou photophiles (et dans les deux cas potentiellement sensible à la pollution lumineuse[13]).

Les alevins de certaines espèces ont l'instinct de se laisser porter par le courant (sur de très longues distances parfois), ou au contraire de lui résister voire de le remonter[14] ou encore après un certain temps passé en plein eau, de gagner un récif, des herbiers, etc. Ces comportement sont encore mal connus. Pour faciliter le travail du chercheur, ils sont parfois étudiés en aquarium ou écotrons (rivières artificielles).

Une minorité d'espèces de poissons prend soin de ses alevins, dont en les nourrissant sur eux dans le cas des Discus ou en les abritant dans leur bouche chez certaines espèces.

Recherche, évaluation[modifier | modifier le code]

Observer la santé des alevins permet (avec d'autres facteurs) d'évaluer leurs chances de survie.

Comprendre les comportements alimentaire et de réaction aux UV solaires[15] et/ou à la lumière solaire ou lunaire (cf mise en place de la rétinotopie[16]), de réaction aux prédateurs ou de dérive dans les courants et contre-courants est important pour protéger les conditions de vie de ces espèces[17]. On étudie le rythme de dérive de certains alevins en rivière ou fleuve[18], mais on ignore encore dans quelle mesure certains alevins sont capables ou non de suivre la dérive des invertébrés aquatiques. Dans un affluent du Danube (rivière Morava) on a par exemple montré que les alevins de six espèces de poissons dont la bouvière (Rhodeus sericeus) et le gardon Rutilus rutilus, qui constituaient là respectivement 88,9 et 9,1% de la biomasse en alevin) ont des comportements et déplacements différents[17]. L'abondance des alevins dérivants a connu un pic durant la seconde moitié de juin (843/100 m3) et nettement diminué début août (8/100 m3). Le gardon entame sa dérive vers l'aval plus tôt (tout en pouvant aussi remonter le courant parfois) avec dans cette région un maximum de mobilité fin mai, suivie par la bouvière dont les alevins circulent le plus fin de juin[17]. Les larves et alevins migrent de ces espèces migrent presque exclusivement de nuit (plus de 100 fois plus la nuit, avec un rapport jour-pénombre-nuit dans ce cas de 1,0: 0,5: 110,3 alors que l'eau de cette rivière est turbide. La dérive se montre plus abondante près de la surface (intensité maximale entre 23h et 3h du matin)[17]. Les jeunes gardons dérivants étaient significativement plus grands début juin que fin mai. Et les alevins dérivants de bouvière avait tendance à être plus grandes en juin que celles dérivant plus tard. Les auteurs n'ont pas constaté d'effet de la taille de l'alevin sur sa distribution selon la profondeur[17].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dorier, A. (1938). A propos de l'œuf et de l'alevin de brochet. Bulletin Français de Pisciculture, (110), 61-73.
  2. Luquet, P., & Luquet, J. F. (1984). Appréciation du niveau d'ingestion et de la vitesse du transit alimentaire chez l'alevin de brochet nourri avec un aliment composé. Le brochet: Gestion dans le milieu naturel et élevage, 235.
  3. Louhi, P., Ovaska, M., Mäki-Petäys, A., Erkinaro, J., & Muotka, T. (2011). Does fine sediment constrain salmonid alevin development and survival?. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences, 68(10), 1819-1826.
  4. Witzel, L. D., & MacCrimmon, H. R. (1981). Role of gravel substrate on ova survival and alevin emergence of rainbow trout, Salmo gairdneri. Canadian Journal of Zoology, 59(4), 629-636.
  5. Rollin, X. (1999). Étude critique des besoins en acides aminés indispensables de l’alevin de saumon atlantique (Salmo salar L.)(Critical study of the indispensable amino acids requirements in Atlantic salmon (Salmo salar L.) fry) (Doctoral dissertation, PhD thesis, Université catholique de Louvain).
  6. Langar, H. (1992). Effets physiologiques et métaboliques de la qualité nutritionnelle des protéines chez le jeune alevin de bar(Dicentrarchus labrax) (Doctoral dissertation).
  7. Atland, A., & Barlaup, B. T. (1996). Avoidance behaviour of Atlantic salmon (Salmo salar L.) fry in waters of low pH and elevated aluminum concentration: Laboratory experiments. Canadian journal of fisheries and aquatic sciences, 53(8), 1827-1834.
  8. Hickie, B. E., Hutchinson, N. J., Dixon, D. G., & Hodson, P. V. (1993). Toxicity of trace metal mixtures to alevin rainbow trout (Oncorhynchus mykiss) and larval fathead minnow (Pimephales promelas) in soft, acidic water. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences, 50(7), 1348-1355.
  9. ex : HATTENBERGER-BAUDOUY, A. M., Danton, M., & Merle, G. (1987). Infection expérimentale de l'alevin de carpe (Cyprinus carpio L.) par le virus de la virémie printanière de la carpe (VPC) en eau chaude. Bulletin Français de la Pêche et de la Pisciculture, (307), 89-90.
  10. Loubès, C., Maurand, J., & Walzer, C. (1981). Dévelopment d’une microsporidie Glugea truttae n. sp. dans le sac vitellin de l’alevin de la truite Salmo faria trutta L.: étude ultrastructurale. Protistologica, 17, 177-184.
  11. Gaudin P (1985) Prédation exercée par le chabot (Cottus Gobio L.) sur l'alevin de truite commune (Salmo trutta L.): taille maximale de capture des alevins par les chabots. Hydrobiologia, 122(3), 267-270.)
  12. [1]
  13. Bardonnet A & Gaudin P (1990) http://www.kmae-journal.org/articles/kmae/pdf/1990/02/kmae199031701.pdf Influence de la lumière au cours de l'ontogenèse sur l'expression du rythme d'émergence de l'alevin d'ombre commun, Thymallus thymallus, (L. 1758)]. Bulletin Français de la Pêche et de la Pisciculture, (317), 35-49.
  14. Heland, M. (1978). Observations sur l'établissement du comportement de nage face au courant chez l'alevin de truite, Salmo trutta L., en ruisseau artificiel. In Annales de Limnologie (Vol. 14, No. 3, pp. 273-280). Station Biologique du lac d'Orédon.
  15. Ghanizadeh Kazerouni†, E., & Khodabandeh, S. (2010). Effects of ultraviolet radiation on skin structure and ultrastructure in Caspian Sea Salmon, Salmo trutta caspius, during alevin stage. Toxicological & Environ Chemistry, 92(5), 903-914.
  16. Pinganaud G (1987) Mise en place de la rétinotopie au cours du développement de l'alevin de truite Salmo gairdneri Rich. Journal für Hirnforschung, 28(1), 71-89.
  17. a, b, c, d et e Jurajda P (1998) Drift of larval and juvenile fishes, especially Rhodeus sericeus and Rutilus rutilus, in the River Morava (Danube basin). Archiv für Hydrobiologie, 141(2), 231-241.
  18. Olivier J.M (1992) Rhytmes de dérive des alevin en milieu fluvial. Diplôme de doctorat, Université Claude Bernard, Lyon I: p, 127.

Bibliographie[modifier | modifier le code]


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