Laëtitia Atlani-Duault

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Laetitia Atlani-Duault)

Laëtitia Atlani-Duault, née le , est une anthropologue française, présidente de l'Institut Covid-19 Ad Memoriam de l'université de Paris[1],[2], directrice du WHO Collaborating Centre for Research on Health and Humanitarian Policies and Practices de l'IRD[3], et directrice de recherche en anthropologie au CEPED de l'université de Paris et l'Institut de recherche pour le développement.

Elle est également professeur affiliée à Sciences Po Paris et à la Mailman School of Public Health, université Columbia à New York. Elle est récipiendaire de la Médaille de bronze du CNRS en 2008 et a été nommée chevalière de l'ordre des Palmes académiques par le ministère de l'Éducation et de l'Énseignement supérieur en 2018. Elle est régulièrement invitée à l'étranger comme professeur invité en anthropologie et santé publique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Laëtitia Atlani-Duault est titulaire d'un doctorat en anthropologie[4] de l'université Paris-Nanterre portant sur l'éthnographie des politiques internationales de prévention du VIH en Asie centrale et en Transcaucasie post-soviétiques (1994-2001) et d'une habilitation à diriger des recherches.

Dans les années 1990 et début 2000, elle travaille pour le programme des Nations unies pour le développement au siège à New York, dans les pays de l'ex URSS, en Europe de l'Est, en Afrique et en Asie.

En 2003, elle rentre en France et intègre l'université Lyon II en tant que maîtresse de conférence en anthropologie[5]. En 2008, elle quitte Lyon pour intégrer l'université Paris 10-Nanterre comme maitresse de conférences en anthropologie et membre du Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie comparative.

Elle devient directrice de recherche en anthropologie à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) en 2011.

De 2012 à 2015, elle est nommée conseillère senior aux affaires humanitaires auprès du Secrétariat général des Nations unies (UN-CEB) à New York.

Elle conserve des attaches aux États-Unis en étant visiting professor au département d’anthropologie du collège Hunter (CUNY-HUNter), puis intervient sur les droits de l'homme au Roosevelt Public Policy Institute (2012-2014) ainsi qu'en tant que Visiting Professor à l'École Mailman de Santé publique (en) de l’université Columbia, à New York, de 2015 à 2017. Elle était également représentante scientifique de l’IRD auprès des Nations unies de 2015 à 2017.

Elle a été nommée directrice du Collège d'études mondiales en janvier 2018 puis directrice scientifique de la Fondation Maison des Sciences de l'homme[6] en octobre 2019. A ce titre, elle a dirigé le Pôle recherche, qui rassemble l’ensemble des programmes, projets, chaires, et plateformes de recherche de la Fondation Maison des sciences de l’homme.

Le 27 avril 2018, elle a été nommée chevalier de l'ordre des Palmes académiques[7] par le ministère de lʼEnseignement supérieur, de la Recherche et de lʼInnovation.

Elle est par ailleurs l'un des membres fondateurs du conseil scientifique de REACTing (INSERM/AVIESAN) chargé de préparer et coordonner la recherche pour faire face aux crises sanitaires liées aux maladies infectieuses émergentes[8].

Elle est membre de la Commission indépendante d’enquête sur les abus sexuels dans l’Église de France[9],[10] et membre de l’UMR Centre Population et Développement (CEPED), un laboratoire IRD / INSERM / Université de Paris basé dans l’Ecole de médecine de la rue des Saint Pères. Elle est également membre du Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative. Elle est également professeur affilié à la Mailman School of Public Health de université Columbia, et professeur affilié à Science Po – École d’Affaires publiques et conseiller scientifique du SDGs Certificate de Sciences Po.

Elle a été chargée de mission scientifique pour l’anthropologie du Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (HCERES).

Elle est co-rédactrice en chef avec Michel Wieviorka de la revue Socio et dirige, avec Jean-Pierre Dozon, la plate-forme scientifique L’humanitaire dans la globalisation ainsi que la collection Le (bien) commun aux Éditions de la Maison des sciences de l’Homme.

En 2020, lors de la pandémie de maladie à coronavirus, elle fait partie du Conseil scientifique Covid-19[11],[12] présidé par le rofesseur Jean-François Delfraissy et du Comité analyse recherche et expertise (CARE) présidé par la prix Nobel Françoise Barré-Sinoussi, réunissant 12 scientifiques et médecins pour conseiller le gouvernement sur les traitements et les tests contre le SARS-CoV-2[13].

En avril 2020, l'Organisation mondiale de la santé labellise un nouveau WHO Collaborating Center for Research on Health and Humanitarian Policies and Practices de l'IRD qu'elle dirige[3].

Elle est la fondatrice et préside l’Institut COVID19 Ad Memoriam (Université de Paris), créé en juin 2020 comme une plateforme de recherche réunissant des mondes multiples, venant tant de la recherche, de la santé, du droit et de la justice, de l’économie que des associations de victimes et représentants de la société civile, des cultes et grands courants de pensées, ou encore des arts et de la culture[14],[1].

Elle est membre de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église présidée par Jean-Marc Sauvé, mise en place par la Conférence des évêques de France (CEF) et la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref) en février 2019 et qui rend son rapport en octobre 2021[15].

Travaux de recherche[modifier | modifier le code]

Les travaux de recherche de Laëtitia Atlani-Duault portent sur la fabrique de l’aide humanitaire. Via une double ethnographie développée dans Au bonheur des autres, elle analyse de l’intérieur une agence chargée de la réponse aux crises humanitaires, et les réactions des populations ‘bénéficiaires[16].

Anthropologue du politique, elle s’intéresse en particulier à l’impact sociétal des crises sanitaires et humanitaires et à la fabrique et la gouvernance des réponses, tant gouvernementales que non gouvernementales, qui leur sont apportées.

Elle a notamment mené des recherches et publié sur : la mémoire de la violence sexuelle chez les boat people vietnamiens[17] ; les politiques de l’assistance humanitaire dans les camps aux réfugiés victimes de violences sexuelles organisées ; les ressorts sociaux de l’épidémie de sida en Asie centrale et Transcaucasie et les politiques onusiennes de la souffrance sociale ; la fabrique de l’humanitaire onusien dans l’ancien Second Monde ; les ONG du Sud dans la promotion de la « bonne gouvernance » ; Les théories et les méthodes de l’anthropologie de l’aide humanitaire ; les reconfigurations de l’aide médicale humanitaire internationale ; la judiciarisation de la recherche en sciences sociales ; les rumeurs en temps d’épidémie, les lieux de mémoire sonore et la musique, les sons et le silence en contexte de violence organisée, ou encore la gouvernance ces crises humanitaires et sanitaires.

Ses livres sont traduits en plusieurs langues et les articles et les numéros de revue qu'elle a dirigé sont publiés dans des revues internationales telles que The Lancet; Social Science and Medicine; The Lancet Public Health; The Lancet Infectious Diseases; Culture, Medicine and Psychiatry; Transcultural Psychiatry; Medical Anthropology; Public Understanding of Science; Ethnologie Française, etc.

Publications[modifier | modifier le code]

Livres et numéros spéciaux de revues dirigés[modifier | modifier le code]

Articles (dans des revues avec comités de lecture)[modifier | modifier le code]

On-line database[modifier | modifier le code]

Chapitres d'ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Velasco-Pufleau L. & Atlani-Duault L., 2021, Lieux de mémoire sonore. Des sons pour survivre, des sons pour tuer, In Velasco-Pufleau L. & Atlani-Duault L., Lieux de mémoires sonores. Editions de la Maison des Sciences de l’Homme.
  • Atlani-Duault L. et al., 2016, Les rumeurs du blâme en temps d’épidemie. In M. Wieviorka (ed), Mensonges et vérités, Auxerre : Editions Sciences Humaines, pp. 231-246.
  • Atlani-Duault L., 2009, Homosexual Repression and AIDS in Post-Soviet Central Asia, In C. Pope, R. White and R. Malow (eds), HIV/AIDS: Global Frontiers in Prevention and Intervention, London: Routledge, pp.51-77.  
  • Atlani-Duault L., 2009, Anthropologie de l’aide humanitaire et du développement. Histoire, enjeux contemporains et perspectives, in L. Atlani-Duault and L. Vidal (eds), Anthropologie de l’aide humanitaire et du développement. Paris, Armand Colin, p. 17-40.
  • Atlani-Duault L., 2007, Revolutions clothed in the colors of spring. Exporting democracy to the East, In M. Feher (ed), Non-Govermental Politics, New York: Zone Books, pp. 586-592.
  • Atlani-Duault L., 2006, Entre mémoire et oubli : la construction institutionnelle de la souffrance sociale. Essai d’anthropologie politique de l’aide au développement, in J.F. Baré (ed). Paroles d’experts. Etudes sur la pensée institutionnelle du développement, Paris : Karthala, pp. 239-288.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « L’Institut Covid-19 Ad Memoriam commence ses travaux », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. « Création de l’institut Covid-19 Ad Memoriam », sur Université de Paris, (consulté le )
  3. a et b « L'IRD labellisé Centre collaborateur OMS en sciences sociales et santé publique | Site Web IRD », sur www.ird.fr (consulté le )
  4. « Laetitia Atlani-Duault », sur lesc-cnrs.fr
  5. « Une anthropologue chez les humanitaires », sur cnrs.fr
  6. « LAËTITIA ATLANI-DUAULT Directrice scientifique de la FMSH », sur fmsh.fr
  7. « Laëtitia Atlani-Duault nommée chevalier de l'Ordre des Palmes Académiques | FMSH », sur www.fmsh.fr (consulté le )
  8. « How we work », sur Reacting, (consulté le )
  9. « Composition », sur Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise (consulté le )
  10. « Abus sexuels dans l’Eglise : comment la commission Sauvé a-t-elle travaillé ? », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. « Qui compose le conseil scientifique Covid-19, créé pour aider le gouvernement face à la crise ? », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. « Coronavirus : deux membres du conseil scientifique expliquent leur mission face à des “enjeux écrasants” », sur Télérama (consulté le )
  13. « Covid-19 : qu'est-ce que le Care, ce nouveau comité de scientifiques qui conseille Macron? », sur L'express, (consulté le )
  14. « Coronavirus : un institut de recherche se penche sur les impacts sociétaux de la pandémie », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. Composition de la commission sur le site de la Ciase
  16. Laurent Vidal, « « Laëtitia Atlani-Duault, Au bonheur des autres : anthropologie de l’aide humanitaire » », L’Homme, no 180,‎ , p. 203-206 (lire en ligne)
  17. Atlani-Duault, Laëtitia, « Assistance aux victimes de violences sexuelles dans les camps de réfugiés. Lecture ethnologique des recommandations des agences internationales en matière de soutien psycho-social », Psychopathologie africaine, vol. 28, no 1,‎ , p. 25-53 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]