La Source (Courbet)

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Ne doit pas être confondu avec La Source de la Loue (Gustave Courbet).
La Source
Gustave Courbet - The Source - WGA05506.jpg
Artiste
Date
Type
nu
Technique
Dimensions (H × L)
128 × 97 cm
Collection
N° d’inventaire
RF 2240
Localisation

La Source est un tableau peint en 1868 par Gustave Courbet, exposé au musée d'Orsay.

Description[modifier | modifier le code]

Sur la droite du tableau, une femme nue vue de dos et aux cheveux ramenés en chignon, est appuyée sur un rocher couvert de mousse et tend la main sous un filet d'eau. Ses pieds sont en partie dans l'eau qui s'accumule en un bassin. Le tout est entouré d’arbustes et de feuillus, exprimés en des couleurs sombres.

Le peintre a inscrit en bas à droite et en rouge « Courbet, Gustave 68 ».

Histoire du tableau[modifier | modifier le code]

Cette huile sur toile de moyen format, construite à la verticale, est l'un des derniers grands nus du peintre, une forme d'aboutissement qui conclut avec ce tableau plus de dix années consacrées à ce genre, que le public du Salon avait découvert sous son pinceau avec Les Baigneuses en 1853, non sans scandale. Cependant, Courbet produira encore La Dame de Munich en 1870 (toile non localisée)[1].

Courbet apparaît cependant aux yeux du public de 1868 comme un peintre presque classique : c'est ce que remarque le critique Théophile Gautier, écrivant que « le chef, le héros du réalisme est maintenant M. Manet »[1]. C'est d'ailleurs à ce moment-là que Manet et Courbet se brouillent définitivement, le premier ayant depuis quelques années critiqué les formes rondes de ses femmes, en réponse au deuxième qui moqua la raideur de son Olympia. Pour autant, cette toile n'a pas été présentée au Salon officiel de Paris, mais dans l'espace privé que Courbet s'était fait construire en 1867 place de l'Alma. Le contexte est aussi pour le peintre celui d'un combat épuisant contre la censure qui a frappé sa toile Le Rêve. Vénus et Psyché (1867, non localisée), laquelle avait d'abord séduite la maison de l'Empereur, qui s'était ensuite rétractée sous la pression de ligue de vertu catholique[2].

Par ailleurs, 1868 est aussi l'année où le peintre produit La Femme à la vague.

Provenance[modifier | modifier le code]

Le tableau appartient à sa fille Juliette Courbet, qui le rachète lors de la 3e vente de l'atelier du peintre après le 28 juin 1882, et demeure dans sa collection jusqu'à sa mort en 1915. Le tableau est légué à mesdames de Tastes et Lapierre jusqu'en 1919. Il est mis en vente au numéro 19 par la galerie Georges Petit le 9 juillet 1919, année à laquelle il est acquis par les musées nationaux, et entre dans les collections du musée du Louvre. En 1986, il est affecté aux collections du musée d'Orsay (inventaire RF 2240)[3],[4].

Analyse[modifier | modifier le code]

S'il représente un archétype à la fois immémoriel, aliant représentation féminine et source[5] et classique, l'on ne peut s'empêcher d'en référer à Ingres mort en 1867, et en particulier à la Source, plus épurée, peinte en 1856, mais plus curieusement à La Baigneuse Valpinçon de 1808 (musée du Louvre) dont le modelé est très proche de celui de la toile de Courbet[4]. Le peintre reprend dans la pose de la femme celle du personnage central de ses Baigneuses, qu'il rend ici plus aimable avec une arrière pensée sans doute commerciale, répondant presque au goût du temps pour le nu, tout en continuant à travailler cette ligne de l'« allégorie réelle » qui lui est chère[1].

Ce n'est pas la première fois que Courbet met en scène ce thème classique : avec La Femme à la source (1862, Metropolitan Museum of Art), il confronte une femme également vue de dos mais plein cadre, avec le jaillissement de l'eau, dans une texture ingresque beaucoup plus prononcée[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « Le Nu, la tradition transgressée », in Gustave Courbet, Paris, RMN, 2007, pp. 337-387.
  2. Petra Ten-Doeschate Chu, Correspondance de Courbet, Paris, Flammarion, 1996, pp. 272-273.
  3. Notice du tableau, musée d'Orsay
  4. a et b Gustave Courbet, Exposition Paris, New York, Montpellier 2007, p. 386
  5. Voir par exemple le mythe de Byblis.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Le Nu, la tradition transgressée », in Laurence des Cars (conservateur au musée d'Orsay), Dominique de Font-Réauls (conservateur au musée d'Orsay), Gary Tinterow (directeur du département d'art moderne et contemporain du Metropolitan Museum of Art) et Michel Hilaire (directeur du musée Fabre), Gustave Courbet : Exposition Paris, New York, Montpellier 2007-2008, Réunion des musées nationaux, (ISBN 978-2-7118-5297-0).

Liens externes[modifier | modifier le code]