Pierre Dupont (chansonnier)

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Pierre Dupont
Description de cette image, également commentée ci-après

portrait par Carjat

Informations générales
Nom de naissance Pierre Antoine Dupont
Naissance
Lyon
Décès (à 49 ans)
Lyon
Activité principale Chansonnier, écrivain
Genre musical chanson française
Pierre Dupont jeune.
Buste de Pierre Dupont, érigé en 1899, à Lyon (Suchetet sculpteur)

Pierre Dupont est un chansonnier, poète et goguettier français né le 23 avril 1821 et mort le 25 juillet 1870 à Lyon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Compte-rendu d'une fête dans une goguette de Lyon en 1870. On y parle de Pierre Dupont et Béranger[1].

Né à Lyon le [2],[3], fils de Jean-Baptiste Dupont, éperonnier forgeron au 79 quai de l'Hôpital[Note 1], Pierre Dupont grandit à Rochetaillée-sur-Saône, au nord de Lyon. À la suite du décès de sa mère en 1825, son père se remarie et confie ensuite son éducation à son parrain curé. À neuf ans, il entre au petit séminaire de Sainte-Foy-l'Argentière, mais n'a pas la vocation de devenir prêtre. Il revient à Lyon dans sa famille,

... où bien tard, de vaillants rayons
Nous disaient qu'une sœur, l'ange de la famille,
Pour vivre s'épuisait à des travaux d'aiguille.

Placé comme apprenti canut il travaille peu de temps comme ouvrier de filature textile puis saute-ruisseau et enfin employé de banque. À 20 ans, il rejoint la famille de ses grands parents paternels à Provins, puis va à Paris, où il fréquente les goguettes[4].

Il fait la connaissance de Victor Hugo, à qui il écrit :

Ton foyer est plein d'étincelles
Ta vitre pleine de lueurs...

Sa rencontre avec Lebrun académicien lui ouvre des portes ; il peut publier un premier livre, est remarqué par Sainte-Beuve, et obtient un poste à la rédaction du Dictionnaire de l'Académie française de 1842 à 1847. Dès son arrivée à Paris Il se lie avec Nerval, Théophile Gautier, Baudelaire ,Emile Deroy, et Charles Gounod, avec qui il écrit la chanson Les Bœufs, qui le rendra célèbre.

Plaque apposée sur la maison où mourut Pierre Dupont.

Républicain convaincu, il compose en 1846 le Chant des ouvriers. De 1848 à 1852 il vit à Cheptainville[5] ou il compose Les fraises des bois, les Pins et Les Sapins. En 1849, il milite au comité central de résistance et fait paraitre la même année son recueil Le Chant des paysans hostile au futur Napoléon III et le 2 décembre 1851, il participe à la barricade du Faubourg Saint-Antoine, ce qui lui vaut d’être condamné à 7 ans de déportation.

Il s’enfuit à Provins, puis en Savoie. Il doit faire allégeance au régime pour être gracié. Si l'on en croit Auguste Fourès « De 1853 à 1860, Pierre Dupont fut assez heureux ». Il épouse le 22 avril 1854 à Paris en l'église saint-Germain-des-Prés Marie Henicque dite "Elise", les jeunes mariés emménagent quelques mois plus tard à Saint Brice dans la demeure du grand père Dupont[6] que vient de lui léguer son père. Il chante sans cesse avec sa chère et joyeuse Lise à la voix claire. En 1861 c'est elle qui commande à son ami peintre Fortuné Layraud le portrait actuellement visible au Smith College Museum of Art[7],[Note 2]. Mais sa frêle femme qu'il appelle Jeanne dans ses chansons meurt en 1862, et lui, découragé et malade, revient dans sa ville natale où on l'aime beaucoup. À son retour à Lyon, ses amis organisent des fêtes, des banquets pour l'égayer, — mais, hélas ! sa misanthropie devient de plus en plus tenace, il a contre elle un seul et unique remède : l'ivresse[9]. » Il meurt presque oublié mais c'est pourtant la musique de sa chanson Les Carriers qui est reprise dans La Commune, chanson communarde de 1871. Dans ses Mémoires, Savinien Lapointe rapporte le mot de Béranger prononcé devant Pierre Dupont lui-même : « ...il est poète, plus poète que moi ».

En 1868, Courbet dont il est l'ami, ayant partagés leurs débuts à Paris[10], peint le portrait actuellement dans la collection du Staatliche Kuntshalle à Karlsruhe.

Il décède le [11] au 46 place d'armes aux Chartreux au domicile de son frère Sébastien. La rue dans laquelle il finit sa vie à Lyon, face au Clos Jouve, en bordure du plateau de la Croix-Rousse, porte maintenant son nom. On trouve également à Lyon plusieurs statues à sa mémoire (dans le jardin de la préfecture Le poète et sa muse de Jean-Louis Chorel, la fontaine dans le jardin des Chartreux de Auguste Suchetet[12],[13],[Note 3], le buste du jardin Gustave Ferrié et celui par Pierre Girardet[15],[Note 4] sur sa tombe au cimetière de la Croix-Rousse)[17].[Note 5]

Pierre Dupont vu par Charles Baudelaire[modifier | modifier le code]

Dans sa préface au recueil Chants et chansons de Dupont, Baudelaire écrit en 1851 un vibrant hommage à l'homme et au poète :

« Raconter les joies, les douleurs et les dangers de chaque métier, et éclairer tous ces aspects particuliers et tous ces horizons divers de la souffrance et du travail humain par une philosophie consolatrice, tel était le devoir qui lui incombait, et qu'il accomplit patiemment. Il viendra un temps où les accents de cette Marseillaise du travail circuleront comme un mot d'ordre maçonnique, et où l'exilé, l'abandonné, le voyageur perdu, soit sous le ciel dévorant des tropiques, soit dans les déserts de neige, quand il entendra cette forte mélodie parfumer l'air de sa senteur originelle,

Nous dont la lampe le matin
Au clairon du coq se rallume,
Nous tous qu'un salaire incertain
Ramène avant l'aube à l'enclume…

pourra dire : je n'ai plus rien à craindre, je suis en France ! (…)

Quand je parcours l'œuvre de Dupont, je sens toujours revenir dans ma mémoire, sans doute à cause de quelque secrète affinité, ce sublime mouvement de Proudhon, plein de tendresse et d'enthousiasme : il entend fredonner la chanson lyonnaise,

Allons, du courage,
Braves ouvriers !
Du cœur à l'ouvrage !
Soyons les premiers.

et il s'écrie : Allez donc au travail en chantant, race prédestinée, votre refrain est plus beau que celui de Rouget de Lisle. »

Voir La préface de Baudelaire sur Wikisource.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Ladoue, Pierre Dupont à Cheptainville, La Revue française n°51 du 15/9/1912
  • René Brancourt, Le Centenaire de Pierre Dupont, Le Correspondant Tome 283 du 10/4/1921[18]
  • Eugène de Mirecourt, Pierre Dupont, Gustave Havard éditeur, Paris, 1855[19]
  • Roger Bonniot, Pierre Dupont, poète et chansonnier du peuple, Paris, Librairie Nizet, (ISBN 2-7078-1138-6)
  • F. Lacroix, Rochetaillée à travers les âges, imp. ALP, Rochetaillée-sur-Saone, 1977, p. 20 à 56.(OCLC 77579467)
  • Karl Marx, Le Capital, 1867,Moscou, Éditions du Progrès, 1982 Vol.1, Chap.XXV, page 656 (note)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le quai de l'Hôpital est aujourd'hui le quai Jules-Courmont ; une plaque rappelle que Pierre Dupont y est né le 23 avril 1821. [lire en ligne]
  2. Le tableau est exposé en 1861 au Salon de Paris sous le n°1847 puis disparaît, il est retrouvé en 1922[8] lors du déménagement de la mairie désaffectée de la Guillotière
  3. une version en porcelaine de sèvres est visible au Musée de Sèvres[14]
  4. Le platre original se trouve au Musée municipal de Bourg-en-Bresse[16]
  5. Une version en bronze avait été installée dans le square Pierre Dupont à Rochetaillée et a été fondue en 1942.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Chanson illustrée, 1870, numéro 66, page 2, début d'un article de Célestin Gauthier dit Jules Célès.
  2. Acte naissance, Archives municipales de Lyon, (p. 211/341) [lire en ligne].
  3. Guillaume de Tournemire, « Pierre Antoine Dupont », sur le site de généalogie Geneanet (consulté en 22 décembre2015).
  4. Grand dictionnaire universel du XIXe siècle publié par Pierre Larousse, tome 8, page 1350, article goguette.
  5. cartes postales chateau de Sceaux
  6. maison à Saint Brice sur topic-topos
  7. portrait par Layraud (1861) Smith College Museum of Art à Northampton dans l'état du Massachusetts (USA)
  8. Un curieux portrait du chansonnier Pierre Dupont, La Lanterne, 23 mai 1922 [lire en ligne].
  9. Auguste Fourès, Pierre Dupont et l'Auvergnat, Le Feu Follet, 6e année, 1885-1886, page 286.
  10. la jeunesse de Courbet sur gallica
  11. Acte de décès, archives municipales de Lyon, (p. 124/228) [lire en ligne].
  12. Monument à Pierre Dupont Jardin des Chartreux
  13. inauguration 1899
  14. buste Sévres cité de la céramique
  15. souscription monument Girardet
  16. fiche buste sur la base Joconde
  17. tombe de Pierre Dupont Cimetière de la Croix-Rousse
  18. le centenaire de Pierre Dupont sur gallica
  19. édition de 1856 sur gallica
  20. portrait (Emile Deroy) Musée national du chateau de Compiègne
  21. souvenirsLe Figaro supplément littéraire du dimanche
  22. collection Crepet Bulletin Baudelerien (1972)