Le Désespéré

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Le Désespéré
Gustave Courbet - Le Désespéré.JPG
Artiste
Date
1843-1845
Technique
Huile sur toile
Dimensions (H × L)
45 × 54 cm

Le Désespéré est un tableau du peintre français Gustave Courbet réalisé entre 1843 et 1845. C'est un autoportrait de l'artiste sous les traits d'un jeune homme qui regarde avec désespoir.

Historique[modifier | modifier le code]

Durant les années 1840, Courbet réalise des portraits et essentiellement des autoportraits. Il passe son temps au Louvre à recopier Ribera, Zurbaran, Velasquez, ou Rembrandt[1] qui influencèrent les débuts de son œuvre.

On pense que cette peinture a été réalisée peu après son installation à Paris. Elle le montre « désespéré » mais surtout jeune et beau[2].

Courbet tenait beaucoup à cette toile puisqu'il l'emmena en exil avec lui en Suisse. Le docteur Paul Collin au chevet de Courbet durant ses derniers jours, décrit l'atelier du peintre et, plus particulièrement, « un tableau représentant Courbet avec une expression désespérée et qu’il avait intitulé pour cette raison Désespoir. »[3].

La toile (huile sur toile, 45 x 54 cm), réalisée entre 1843 et 45, appartient à une collection privée[4].

Description[modifier | modifier le code]

L'œuvre est un autoportrait de Gustave Courbet qui se représente de face, en gros plan, la bouche entre-ouverte et le regard plongeant dans celui du spectateur. Ses yeux sont écarquillés et ses deux mains semblent s'arracher les cheveux. La pâleur du visage contraste avec la noirceur des cheveux et de la barbe.

La source lumineuse vient de la gauche et accentue les contrastes. Le personnage semble sortir de la toile.

Analyse[modifier | modifier le code]

Courbet adopte un format paysage (horizontal et rectangulaire) alors que traditionnellement les portraits utilisent le format portrait (vertical).

L'approche romantique du portrait était attachée à l'expression de l'émotion. Ce portrait s'inscrit dans cette tendance et Courbet, même s'il n'était pas un peintre romantique, a réalisé ses premières toiles sous cette influence[5].

On ignore si le désespoir du personnage est celui de l'artiste ou bien s'il s'agit d'un exercice théorique. Cet homme que l'on disait amoureux de la vie voulait-il montrer là son côté sombre, comme il le révélait à son ami et protecteur Alfred Bruyas « Avec ce masque riant que vous me connaissez, je cache à l’intérieur le chagrin, l’amertume, et une tristesse qui s’attache au cœur comme un vampire ? »[3]

Évocations de l'image[modifier | modifier le code]

En 2012, une scène d'Associés contre le crime (film), avec Catherine Frot et André Dussollier, fait clairement référence à ce tableau de Courbet.

Référence[modifier | modifier le code]

  1. « Musée Fabre », sur Musee Fabre (consulté le 9 novembre 2014)
  2. (en) « Gustave Courbet - self-portraits » (consulté le 9 novembre 2014)
  3. a et b Sylvain Amic, Catalogue de l'exposition Courbet au Grand Palais 2007
  4. dossier du Musée Fabre Montpellier réalisé par des élèves de terminale L, « Gustave Courbet, un artiste engagé », document PDF,‎ , p. 22 (lire en ligne)
  5. (en) « Courbet, the desperate man » (consulté le 9 novembre 2014)

Bibliographie[modifier | modifier le code]