La Blanche Hermine (album)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Blanche Hermine.
La Blanche Hermine

Album de Gilles Servat
Sortie 1971
Genre Chanson bretonne Folk
Musique bretonne
Variété française
Format 33 tours
Label Kelenn
Phonogram

Albums de Gilles Servat

La Blanche Hermine est le premier album studio de Gilles Servat, paru en 1971 chez Kelenn, réédité en 1999 chez Mercury Records.

Conception[modifier | modifier le code]

Gilles Servat enregistre son premier album en une seule journée à Dublin[1].

Description des chansons[modifier | modifier le code]

La Blanche Hermine, hymne de ralliement, rencontre un grand succès, en devenant le plus fameux chant de protestation breton. La chanson suscite des polémiques : elle sera interdite à la télévision publique et à la radio jusqu'en 1982, et elle est critiquée pour ses propos machistes. Gilles Servat la reprend plus tard dans une version rebaptisée Le départ du partisan, où la femme est davantage partie prenante du combat[1].

Parmi des titres forts de sa composition (Les Bretons typiques, Les Prolétaires, Koc'h ki gwen ha koc'h ki du, Kalondour), se mêlent des chansons historiques populaires (An Alarc'h, Gwerz Marv Pontkallek et le plus récent Me zo gannet) et Montparnasse Blues pour finir, plus sensitif[2].

Servat s'en prend à l'ordre établi, l'état Jacobin, mais plus largement à tous les oppresseurs ; il défend Les prolétaires, soumis à un malheur atavique, les Bretons typiques, subissant des moqueries condescendantes, L'Institutrice de Quimperlé, chanson qui se place dans l'actualité en dénonçant le renvoi d'une école privée d'une femme avec pour motif son mariage avec un divorcé. Cette chanson est écrite avec son père, ainsi que Koc'h ki gwen ha koc'h ki du (littéralement « merde de chien blanc et merde de chien noir »). Cette dernière a pour but de démontrer la soumission du peuple breton au travers du leitmotiv « c'est pas ça qu'Anne [de Bretagne] a voulu ». Dans Les Bretons typiques, sur l'air d'Ils ont des chapeaux ronds, Gilles Servat ridiculise les notables avec une certaine jubilation ; il satirise Marcellin « et son penn-bazh » et Pléven « en bragoù vraz », ministres bretons de l'Intérieur et de la Justice[3].

Titres de l'album[modifier | modifier le code]

  1. Koc'h ki gwenn ha koc'h ki du (A. & Gilles Servat) - 4:23
  2. La Blanche Hermine (Gilles Servat) - 3:45
  3. An Alarc'h (Traditionnel / Gilles Servat) - 3:52
  4. Les Bretons typiques (Gilles Servat) - 2:55
  5. L'Institutrice de Quimperlé (A. & Gilles Servat) - 2:33
  6. Gwerz Marv Pontkallek (traditionnel) - 3:30
  7. Les Prolétaires (Gilles Servat) - 4:04
  8. Kalondour (Gilles Servat) - 4:19
  9. Me zo gannet (Yann-Ber Kalloc'h / Jef Le Penven) - 2:05
  10. Montparnasse Blues (Gilles Servat) - 3:05

Ventes[modifier | modifier le code]

Disque d'or Or (100 000 exemplaires)[2]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Choutet 2015, p. 48
  2. a et b André-Georges Hamon, Chantre de toutes les Bretagnes, Jean Picollec, , p. 444
  3. Gilles Servat, portrait, p. 41 : « Au début des années 1970, Pompidou, Marcellin et Pleven étaient au pouvoir. Dès que tu demandais quelque chose, tu recevais un coup de bâton sur la gueule. Il n'y avait pas d'ouverture sur l'Europe. Le monde semblait bouclé sans future. À l'époque, donc, je pensais que si les Bretons voulaient continuer d'exister, il y aurait des luttes violentes. Heureusement, l'horizon s'est éclairci depuis. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Erwan Chartier, Gilles Servat, Portrait, Blanc Silex, , 144 p. réédition Coop Breizh, Spézet, 2006 (ISBN 978-2843462955)
  • Arnaud Choutet, Bretagne : folk, néo-trad et métissages, Marseille, Le Mot et Le Reste, , 304 p. (ISBN 2360541587), « Gilles Servat - Gilles Servat », p. 48-49

Liens externes[modifier | modifier le code]