Léonie Martin

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Léonie Martin
Sœur Françoise-Thérèse
Image illustrative de l’article Léonie Martin
Servante de Dieu
Naissance
Alençon (Orne)
Décès (à 78 ans) 
Caen (Calvados)
Autres noms Sœur Françoise-Thérèse
Nationalité Drapeau : France Française
Vénérée à Monastère des Visitandines de Caen
Vénérée par Église catholique

Léonie Martin, née le à Alençon et morte le à Caen, est une religieuse visitandine française. Fille de Louis et Zélie Martin ainsi que sœur aînée et disciple de Thérèse de Lisieux, elle est déclarée servante de Dieu en janvier 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Louis et Zélie Martin.

Léonie Martin est née le à Alençon, fille de Louis et Zélie Martin[1]. Elle est baptisée le lendemain de sa naissance à l’église Saint Pierre de Montsort, en la Solennité du Très Saint Sacrement[2]. Ses seize premiers mois de vie sont très incertains, l'enfant se situant « entre la vie et la mort »[3]. Léonie est affublée, selon le père Stéphane Piat, d’une « certaine débilité intellectuelle » et de « déficiences physiques causées par une succession ininterrompue de maladies, qui avaient entravé sa croissance ». De plus, elle est entourée de sœurs douées et sages dont la future sainte Thérèse de Lisieux et souffre de la mort de sa cadette et compagne de jeu, Hélène[4]. Comme ses sœurs aînées, elle est envoyée au pensionnat du Mans, où elle est élève chez sa tante visitandine mais elle en est renvoyée à cause de sa turbulence[5]. Elle est également sous l’emprise de Louise Marais, une domestique violente, ce dont sa mère ne se rendra compte que quelques mois avant de mourir. Léonie est ainsi « ingouvernable » et souffre d’un complexe d’infériorité durant toute son enfance[6]. Après la « clarification de la situation avec la domestique », Léonie commence à se transformer et sa situation s'améliore[3].

Selon Marie Baudoin-Croix, elle inquiète ses parents et ses sœurs qui développent alors autour d’elle des « trésors d’amour, de patience, de prière »[4]. Sa tante, sœur Marie-Dosithée, prédit alors : « c’est une enfant difficile à élever et dont l’enfance ne donnera aucun agrément, mais je crois qu’ensuite, elle vaudra autant que ses sœurs »[6]. Zélie se rend à Lourdes et offre son pèlerinage à Léonie tandis que cette dernière prie pour mourir à la place de sa mère. Léonie perd finalement sa mère le , à l'âge de 14 ans[7].

Lorsque la famille s'installe à Lisieux, Léonie peut terminer son éducation au pensionnat des religieuses bénédictines. En 1884, Léonie est choisie par Thérèse comme marraine de confirmation[3].

Vie religieuse[modifier | modifier le code]

Chapelle du monastère de la Visitation de Caen
Crypte du monastère où se trouvait la tombe de Léonie Martin avant son exhumation le 25 avril 2015

Devenue adulte, Léonie est attirée par la vie religieuse mais doit d'abord essuyer plusieurs refus[8] :

  • En 1886, Léonie entre chez les clarisses. Elle n’y reste que 2 mois, puis retourne au domicile familial.
  • Le 16 juillet 1887, Léonie entre chez les visitandines de Caen. Elle y reste six mois, et en ressort le 6 janvier 1888.
  • Le 24 juin 1893, Léonie fait un second essai de vie religieuse chez les visitandines de Caen. Le 6 avril 1894 elle fait sa prise d'habit et prend le nom de sœur Thérèse-Dosithée. Mais le 20 juillet 1895 elle quitte le couvent et revient vivre chez son oncle à Lisieux.

Ce dernier échec est lié à « l'excès d'autorité de la supérieure » qui l'oblige à quitter (pour une seconde fois) le couvent des visitandines. Cependant, l'arrivée de deux nouvelles religieuses visitandines dans le couvent[9], et le décès de plusieurs autres religieuses (du couvent) amènent un changement dans la communauté visitandine de la ville : les exigences sur les nouvelles entrantes ne sont plus les mêmes. Ainsi, plusieurs femmes ayant quitté la communauté visitandine[10] y font leur retour. Léonie demande également à revenir dans la communauté, et en 1899[3], elle y entre définitivement sous le nom de sœur Françoise-Thérèse[5]. Elle s’applique alors à vivre en véritable disciple de sa sœur Thérèse (décédée deux ans plus tôt). Selon Élisabeth de Baudoin de la Congrégation pour les causes des saints, la vie de Léonie peut se résumer à ces mots qu'elle a écrits : « Ô mon Dieu, dans ma vie où Vous avez mis peu de ce qui brille, faites que comme Vous, j’aille aux valeurs authentiques, dédaignant les valeurs humaines pour estimer et ne vouloir que l'absolu, l'éternel, l’Amour de Dieu, à force d'Espérance »[6].

Le , à l'occasion de la fête de la Visitation, Léonie prononce ses vœux définitifs sous le nom de sœur Françoise-Thérèse. Ordonnée et méticuleuse à l'excès, Léonie occupe les services du réfectoire, puis de la sacristie. Léonie est appelée à déposer son témoignage lors du procès en béatification de sa sœur Thérèse. À cette occasion, en 1915, elle se rend au Carmel de Lisieux et y rencontre ses trois autres sœurs[3]. Suite à la béatification de Thérèse, de plus en plus de visiteurs et de pèlerins se pressent au couvent des visitandine pour voir Léonie, la sœur de Thérèse. Lors de la canonisation de Thérèse, en 1925, Léonie ne se rend pas à Rome pour assister à l'événement (car elle est une religieuse cloitrée), mais une sœur tourière[11] du couvent s'y rend pour représenter toute la communauté. Quelque temps plus tard Léonie reçoit, dans son couvent, la visite du légat du pape[12].

Léonie est reconnue pour son humour, sa charité mais aussi et surtout pour sa discrétion. Sa devise est : « la petitesse fait toute ma joie ». Selon le père Pascal Marie, « elle veut vivre cachée, dans la discrétion avec Jésus »[5]. Elle est également considérée comme étant la meilleure disciple de Thérèse, celle (des sœurs Martin), qui a le mieux compris et pratiqué la « voie de l'enfance spirituelle » enseignée par Thérèse de Lisieux[3].

En 1930, Léonie est atteinte d'une grippe qui se complique en une congestion pulmonaire. On, la croit perdue et elle reçoit les derniers sacrements. Sa santé s'améliore légèrement, et elle reprend son service, aidant de son mieux ses sœurs religieuses. En 1941 régulièrement malade, elle quitte sa cellule pour s'installer dans l'infirmerie du couvent. En mai elle est atteinte d'une grippe qui l'affaiblit encore plus. Le 12 juin elle est retrouvée sans connaissance[12]. Léonie meurt dans la nuit du 16 au , peu après minuit, à l'âge de 78 ans[1]. Le vendredi 20 juin, son corps est exposé dans la chapelle du couvent et des milliers de personnes se succèdent pour lui rendre un dernier hommage. Ses funérailles, célébrées le samedi 21, sont présidées par le grand vicaire de l'évêque (l'évêque étant empêché pour raison de maladie)[12]. À l'issue de la célébration, elle est menée en procession pour être inhumée dans la crypte du monastère[8].

Vénération et béatification[modifier | modifier le code]

Peu de temps après sa mort, de nombreux catholiques du monde entier demandent son intercession ou la remercient des grâces obtenues par sa prière. De nombreux pèlerins se pressent ainsi sur sa tombe dans la chapelle du couvent[12]. Léonie est alors vénérée comme la « sainte patronne » des enfants difficiles[6]. Le , Mgr Jean-Claude Boulanger, évêque de Bayeux et Lisieux, émet un imprimatur concernant une prière demandant que Léonie soit déclarée vénérable. Le , le sanctuaire de Lisieux informe que le procès de béatification est en cours[13],[14]. Le , après avoir obtenu l'accord de la Congrégation pour les causes des saints, Mgr Jean-Claude Boulanger, évêque de Bayeux et Lisieux, déclare Léonie servante de Dieu, lors d’une messe qu'il célèbre au monastère des Visitandines de Caen[6].

Lors de l'exhumation de sa dépouille pour la reconnaissance de ses reliques, le , dans le cadre de la cause pour sa béatification, son corps est retrouvé dans un bon état de conservation, seules les extrémités des pieds manquent[15].

Le procès de béatification est ouvert officiellement le en la chapelle du monastère des Visitandines de Caen[15].

Le corps de Léonie Martin, revêtue de son habit de visitandine, a été déposé dans sa châsse en verre le 18 juillet 2016[15].

Le 21 janvier 2017, après l’Eucharistie présidée par Monseigneur Boulanger à cette occasion, la châsse de la Servante de Dieu Sœur Françoise-Thérèse, Léonie Martin a été déposée dans son nouveau tombeau construit dans la chapelle du monastère[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Baudoin-Croix Marie, Léonie Martin : Une vie difficile, Cerf, , 220 p. (ISBN 2-204-03020-1), p. 200
  2. Stéphane-Joseph Piat, Léonie, une sœur de sainte Thérèse à la Visitation, Office central de Lisieux (Calvados) & imprimerie saint-paul (Bar-le-Duc), , 224 p., p. 15 & 16
  3. a, b, c, d, e et f « Léonie Martin (1re partie) », Le Courrier de Mondaye, no 251,‎ , p. 11-15.
  4. a et b Sanctuaire d'Alençon, « Léonie Martin : son enfance difficile à Alençon », Aleteia,‎ (lire en ligne)
  5. a, b et c Agnès Chareton, « Léonie Martin, la « sainte » des parcours tourmentés », La Croix,‎ (lire en ligne)
  6. a, b, c, d et e Élisabeth de Baudoüin, « Léonie Martin déclarée servante de Dieu », Aleteia,‎ (lire en ligne)
  7. « Léonie Martin, alençonnaise de 1863 à 1877 », sur louiszeliemartin-alencon.com, (consulté le 1er juillet 2015)
  8. a et b « Repères chronologiques », sur Léonie Martin, leonie-martin.fr (consulté le 22 janvier 2017).
  9. Il s'agit de religieuses venant du monastère de Boulogne-sur-Mer pour renforcer les effectifs du couvent.
  10. Des postulantes qui n'avaient pu aller jusqu'à leur engagement définitif, comme Léonie.
  11. Une sœur tourière est une religieuse qui, dans un couvent de religieuses cloitrées, gère les relations avec l'extérieur du couvent (et peut donc sortir du couvent). Ce type de fonction n'existe plus de nos jours.
  12. a, b, c et d « Léonie Martin (2e partie) », Le Courrier de Mondaye, no 252,‎ , p. 11-15.
  13. (en) Maureen O'Riordan, « Imprimatur granted for a prayer that Léonie Martin, the sister of St. Thérèse of Lisieux, might be declared venerable », sur Saint Therese of Lisieux: A Gateway, thereseoflisieux.org, (consulté le 17 juin 2016).
  14. « Léonie Martin », Famille chrétienne, no 1847,‎ , p. 10-15
  15. a, b et c « Procès de béatification », sur Léonie Martin, leonie-martin.fr (consulté le 8 août 2016).
  16. « Léonie est à la chapelle », sur Léonie Martin, leonie-martin.fr (consulté le 22 janvier 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baudoin-Croix Marie, Léonie Martin : Une vie difficile, Cerf, , 220 p. (ISBN 2-204-03020-1).
  • Stéphane-Joseph Piat, Léonie, une sœur de sainte Thérèse à la Visitation, Office central de Lisieux (Calvados) & imprimerie saint-paul (Bar-le-Duc), , 224 p..
  • Sœur Chantal-Marie Rondeau et Solène Mahé, Prier 15 jours avec Léonie Martin : sœur de Sainte Thérèse, Éditions Nouvelle Cité, , 128 p. (ISBN 978-2853138246).
  • Bulletin des Amis de Van, t. 71, Les amis de Van, , 20 p..

Liens externes[modifier | modifier le code]