Kebra

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Kebra
Personnage de fiction apparaissant dans
Kebra.

Sexe Masculin
Espèce Rat anthropomorphe
Caractéristique Anti-héros de banlieue
Entourage Les loubards
Ennemi de Kruel

Créé par Tramber et Jano
Première apparition 1982
Dernière apparition 1987
Éditeurs Les Humanoïdes associés

Kebra est un personnage de bande dessinée inventé par Tramber et Jano. Son nom, en verlan[1], signifie « braque » c'est-à-dire dingue (il est vrai qu'il a souvent des réactions impulsives qui déconcertent même ses propres complices) ou « braquer » (attaquer) car c'est un délinquant juvénile aux multiples délits :

Spécialiste des plans foireux, il échoue souvent dans ses entreprises. Contrairement à ses menaces verbales (J'te tue, moi ! J'te casse la tête !) il n'est guère redoutable, et il prend courageusement la fuite dès qu'il a affaire à plus méchant que lui :

Équipement, armes et véhicules[modifier | modifier le code]

Habillement[modifier | modifier le code]

Kebra est presque perpétuellement vêtu en loubard : t-shirt à rayures horizontales blanches et rouges, blouson de cuir noir, blue-jean et bottes de biker "Santiags". Dans Le Zonard des étoiles son enrôlement forcé dans la marine de guerre intersidérale de Métalopolis ne modifiera pas sa tenue, mais y ajoutera un serre-tête rouge que portent tous les hommes d'équipage. Dans Wallaye ! sa seule concession à la tenue tropicale, quand il se retrouve en Afrique noire, sera de couper les manches de son blouson de cuir pour le porter comme un gilet. On ne voit jamais ses yeux car il porte, été comme hiver, des lunettes de soleil, que les loups néo-nazis lui cassent quand il est passé à tabac dans Fait comme un rat.

Armement[modifier | modifier le code]

Il n'est armé que d'un couteau à cran d'arrêt, à trois exceptions près :

Modes de locomotion[modifier | modifier le code]

Il se déplace en scooter Vespa rose bonbon (dans Fait comme un rat et La Honte aux trousses), et parfois aussi en décapotable américaine des années 1950-1960, également rose bonbon, ou bicolore comme les voitures de cette époque : rouge et blanche (dans la case finale de Wallaye !, voir section #Carrière) ou bleue et blanche (dans l'histoire La malédiction des rockers). Les gangsters qui enlèvent sa copine Fuinette (voir ci-dessous) ont également le goût des voitures de collection, heureusement pour Kebra car cela lui donne un début de piste pour retrouver sa chérie[2]. Cet enlèvement en voiture américaine de collection évoque irrésistiblement la chanson Disparue de Jean-Pierre Mader.

Milieu et fréquentations[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Kebra habite chez ses parents dans une commune de banlieue parisienne non précisée, dans un ensemble HLM dégradé nommé "cité Staline"[3] qui a probablement été construite sous une municipalité communiste. À la maison il file doux, car sa mère n'est pas commode[4]. Son père est franchouillard (il est coiffé d'un béret basque) et alcoolique, son petit frère est un délinquant juvénile qui se livre au vol de mobylettes. Il a une sœur coquette à peu près de son âge, avec laquelle il se chamaille continuellement.

Amis[modifier | modifier le code]

La vie de Kebra est dehors, il passe le plus clair de son temps à traîner dans la rue avec une bande de quatre copains : Deg (un vautour), Beck (un canard), Freddie (un chat) et Gérard (un lézard)[5].

Sa petite amie est une renarde prénommée Fuinette. Il la rencontre dès la première aventure de son premier album : Panique pas de nique dans Fait comme un rat. Il ne lui est guère reconnaissant de l'avoir sauvé de la castration, car il passe son temps à courir d'autres filles[6]. Cependant, il doit quand même tenir à elle, à sa manière : dans Kebra chope les boules il remue ciel et terre pour la sauver après son enlèvement par des gangsters. Ils ne vivent pas vraiment en couple : Fuinette a son propre appartement et Kebra vient incruster de temps à autre. Dans La Honte aux trousses on découvre qu'il leur arrive de passer la nuit ensemble car Kebra fait un cauchemar et tombe du lit, réveillant Fuinette[7].

Ennemis[modifier | modifier le code]

Son ennemi récurrent est un loup nommé Kruel, chef d'une bande de vrais durs, les Kruel's Angels (admirons le jeu de mots avec l'appellation générique "Hells Angels"). Kruel habite sa cité, dont il est le caïd incontesté (tout le monde lui obéit sans discussion) et, par malchance, le même immeuble que Kebra (ses petits frères vandalisent l'ascenseur qui dessert l'appartement des parents de Kebra).

Albums[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Kebra est apparu dans le magazine Métal hurlant dont les rédacteurs en chefs étaient Jean-Pierre Dionnet et Philippe Manœuvre, avant sa parution en albums à couverture souple chez Les Humanoïdes associés.

La disparition de Kebra a été progressive. En 1983 Tramber et Jano ont décidé d'un commun accord de cesser leur collaboration. Dionnet et Manœuvre, qui animaient alors une émission de télévision, Les enfants des Rock ou Sex Machine sur Antenne 2, ont invité Tramber et Jano pour annoncer leur décision aux téléspectateurs. Pour cette interview, à côté d'eux était placé un cercueil avec une poupée grandeur nature de Kebra. On imaginait en effet que les aventures de Kebra cesseraient. Tramber s'est vite trouvé un nouveau héros, William Vaurien et son compère Pypo l'intello. Mais Jano a continué à dessiner seul les aventures de Kebra, faisant paraître en 1983 un album solo, La Honte aux trousses.

Après la banlieue parisienne, la source principale d'inspiration de Jano devient l'Afrique noire[8]. Kebra apparait une dernière fois en "guest star" dans l'album Wallaye ! publié par Jano seul en 1987, comme associé du nouveau héros de Jano, un marin noir prénommé Keubla (ce qui signifie "black" en verlan)[9]. Leur parallélisme est accentué par leur tenue : Keubla est perpétuellement vêtu d'un t-shirt à rayures horizontales blanches et bleues, alors que celles de Kebra sont blanches et rouges. Lassé de la routine de sa banlieue, Kébra vole une Peugeot 404 hors d'âge à une espèce de hippie[10] qui l'emmenait en Afrique pour la revendre. Malheureusement Kébra tombe en panne (d'essence ?) en plein Sahara et doit troquer la voiture à des Touaregs[11] contre un jerrican d'eau ! Kébra retrouve la civilisation en arrivant en Afrique Noire dans une ville côtière, mais sans un sou en poche, il traîne en ville et tente de survivre. Les indigènes le décrivent comme "un clochard blanc". Après la rencontre avec Keubla et bien des péripéties, l'aventure se termine bien pour Kebra qui regagne la France fortune faite. Il rentre dans sa banlieue narguer ses potes à bord d'une voiture décapotable américaine de collection (années cinquante ou soixante) rouge et blanche, avec sur la banquette arrière une caisse de champagne et une guitare électrique toute neuve. Après cela on ne reverra plus jamais Kebra sous la plume de Jano. Le reste de l'album a Keubla pour seul héros, comme l'album précédent Sur la piste du Bongo (1986).

Références dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Très populaire au milieu des années 1980, Kebra est devenu quelque temps le symbole de la contre-culture des jeunes. À ce titre, le supplément Le Petit journal du magazine Télérama no 1843 du intitulé Savez-vous parler banlieue? est abondamment illustré de vignettes tirées de divers albums de Kebra dans lesquelles il parle verlan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A noter que le nom de plume d'un des auteurs, "Tramber", est lui-même le verlan de son prénom Bertrand.
  2. "Elle est montée dans une Blue Star 59 avec 4 mecs sinistres" lui déclare un témoin oculaire de l'enlèvement.
  3. "Euh... j'crèche à la Cité Staline" déclare-t-il dans Fait comme un rat au chef des néo-nazis qui l'interroge.
  4. "Voyou ! Tu vas voir la correction que tu auras en rentrant à la maison" lui crie-t-elle de sa fenêtre, alors qu'il vient d'échapper à la mort dans l'espace, dans la dernière case de Fait comme un rat.
  5. « Fait comme un rat ! », sur Le BD Mag Exhumator, (consulté le 28 juillet 2019).
  6. "Alors? Tu t'es encore bouillave une pouf?" l'accuse-t-elle au début de Sur la piste du bongo
  7. "Grr ! Mais c'est pas vrai !... non seulement il hurle quand il pionce, mais en plus y tire toutes les couvrantes" râle Fuinette, nue et furieuse, page 11 dans la dernière case de l'histoire Le Rock n'Roll me colle aux grolles.
  8. http://www.sceneario.com/expositions-salons/Exposition+JanoC+I+B+D+I+Angoul%C3%AAme-259.html
  9. « Kebra & Keubla » (consulté le 4 décembre 2015).
  10. Son jugement sur ce bon Samaritain qui l'a pris en auto-stop est plutôt sévère : L'angoisse ! C'est l'guide du Routard en live !
  11. Selon l'ancien usage, il s'agit du pluriel du mot Targui

Annexes[modifier | modifier le code]

Documentation[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]