Juan Bautista Maíno

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Juan Bautista Maíno
Maino-adoracion reyes -detalle.jpg

Portrait supposé de Juan Bautista Maíno, détail de L'Adoration des Mages (1611-1613)
musée du Prado, Madrid)

Naissance
Décès
Nationalité
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Juan Bautista Maíno ou Mayno, né à Pastrana (Nouvelle-Castille), baptisé le 15 octobre 1581, et mort à Madrid le 1er avril 1649, est un peintre espagnol de la période baroque. Il commença élève de El Greco et finit maître de Diego Vélasquez, éleva son art aussi haut que le firent les deux sommets qui encadrent sa carrière. Ses contemporains du Siècle d'or espagnol, Lope de Vega et Pacheco de Narváez, l'on placé au pinacle comme peintre et aux marches du ciel comme homme.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'Adoration des Bergers (1611-1613, Huile sur toile, 315 × 174,5 cm, musée du Prado, Madrid).

Juan Bautista Maíno est le fils d'un marchand de drap milanais et d'une Portugaise de famille noble, Ana de Figueredo ; pendant son enfance, ils étaient tous deux au service de la duchesse de Pastrana. Certains critiques pensent que Maíno a étudié la peinture auprès du Greco, mais n'ont jamais pu citer de documents écrits appuyant cette hypothèse. Il est probable qu'il ait commencé sa formation en Italie, où il a séjourné de 1600 et 1608, et où il a pu observer l'œuvre du Caravage, de son disciple d'Orazio Gentileschi, de Guido Reni, ou encore d'Annibale Carracci.

À 25 ans, le jeune peintre est à Rome. Il est élève du Caravage, pour le meilleur - il sera l'un des plus brillants héritiers de l'une des ruptures les plus brutales et géniales qu'ait connues l’histoire de l'art : la révolution picturale caravagesque - et pour le pire - il est probable que de 1604 à 1606, il fut un membre assidu de la bande du Caravage, passant ses nuits à s'encanailler dans les tavernes les plus sulfureuses.

En 1608, il revient à Pastrana, où sa première œuvre (une Trinité destinée à orner l'autel latéral du monastère des Conceptionnistes franciscaines de l'endroit) dénote l'influence qu'ont exercé sur lui le classicisme de l'école de peinture de Bologne, le naturalisme du Caravage et le ténébrisme. En mars 1611, de retour à Tolède, sa superbe, son talent et son nouveau style rencontre un succès foudroyant. Et c'est précisément une commande prestigieuse qui va changer sa vie. Le prieur du couvent dominicain de Saint Pierre martyr lui commande le grand retable de la nouvelle église qui vient d'être édifiée ; le Retable des quatre Pâques : l'Incarnation, l'Épiphanie, la Résurrection et la Pentecôte (aujourd'hui au musée du Prado), qui est peut-être son œuvre la plus connue, en particulier pour les tableaux représentant l'adoration des Mages et l'adoration des Bergers.

Le 20 juin 1613, Maíno entre dans l'ordre dominicain, et vit dès lors au monastère de saint Pierre martyr. Son activité artistique se réduit, même si l'on peut sans doute dater de cette époque une autre Adoration des Bergers qui se trouve actuellement au musée de l'Ermitage. Il semble avoir eu une prédilection pour ce thème biblique, dont il a donné au moins une autre version, exposée au musée Meadows de Dallas.

En 1620, le roi Philippe III le fait venir à la Cour pour qu'il enseigne le dessin au futur Philippe IV. À Madrid, Maíno se lie avec le jeune Diego Velázquez, qu'il soutient dans les débuts de sa carrière peintre : il le choisit dans un concours public portant sur le thème de l'expulsion des Morisques ; le tableau peint par Velázquez (détruit dans l'incendie de l'Alcázar de Madrid, en 1734) à cette occasion renforce sa position au sein de la cour madrilène.

Maíno meurt en 1649 au couvent Saint-Thomas de Madrid. Le musée du Prado possède aujourd'hui une grande partie de ses tableaux, et lui a consacré une exposition en 2009-2010.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Madeleine pénitente (1615, collection particulière, Genève).
La Magdalena pénitente en la grotte de la Sainte-Baume, 1612-1614, huile sur panneau, Musée du Prado.
Détail de Marie-Madeleine, (La Pentecôte) - Musée du Prado.
  • Saint Jean Baptiste (1608-1610, Kunstmuseum, Bâle), autrefois attribué au Caravage
  • La conversion de saint Paul (vers 1610, collection particulière, Madrid)
  • La conversion de saint Paul (vers 1614, MNAC, Barcelone)[1]
  • Le repentir de saint Pierre (avant 1612, collection particulière, Madrid)
  • Les Larmes de saint Pierre (avant 1612, musée du Louvre, Paris)
  • Paysage avec saint Jean Baptiste (avant 1613, collection particulière, Madrid)
  • Paysage avec Marie Madeleine pénitente (avant 1613, collection particulière, Madrid)
  • Fresques de la chapelle majeure du monastère de saint Pierre Martyr (1611-1613, Tolède)
  • Retable de la chapelle majeure du monastère de saint Pierre martyr de Tolède (1612-1614, musée du Prado, Madrid) :
    • L'Adoration des Bergers
    • L'Adoration des Mages
    • La Résurrection du Christ
    • La Pentecôte
    • Saint Jean Baptiste au désert
    • Saint Jean l'Évangéliste à Patmos
    • Madeleine pénitente à la grotte de la Sainte-Baume
    • Saint Antoine abbé dans un paysage
    • Saint Dominique de Guzmán
    • Sainte Catherine de Sienne
  • Retable de l'Annonciation (musée du Prado) :
    • La Trinité (1612-1620)
    • L'Annonciation (1610)
  • La Résurrection du Christ (Gemäldegalerie Alte Meister, Dresde)
  • La Crucifixion (collection particulière, Saragosse)
  • L'Imposition de la chasuble à saint Ildefonse[2] (propriétaire inconnu)
  • La Vierge de Bethléem (propriétaire inconnu)
  • L'Adoration des Bergers (collection particulière)
  • Madeleine pénitente (1615, collection particulière, Genève)
  • La Pentecôte (1615-1620, musée du Prado, Madrid)
  • Portrait d'homme (1618-1623, musée du Prado, Madrid)
  • Fresques de la crypte du monastère de saint Pierre martyr (1620-1624, Tolède)
  • Saint Hyacinthe (1620-1624, Tolède)
  • Portrait de Philippe IV (1623-1625, Bayerisches Nationalmuseum, Munich), miniature, attribution douteuse
  • Portrait d'homme (1625, Bayerisches Nationalmuseum, Munich), miniature, attribution douteuse
  • Saint Agabos (The Bowes Museum, comté de Durham)
  • L'Adoration des Bergers (musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg)
  • L'Adoration des Bergers (Meadows Museum, Dallas)
  • Portrait de l'archevêque José de Melo (Cabildo Catedralicio, Evora), attribution douteuse
  • Saint Dominique à Soriano (1629, musée du Prado, Madrid)
  • Saint Dominique à Soriano (1629, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg)
  • Retable des Miranda (vers 1629, collégiale de Pastrana)
    • Don Juan Miranda avec saint François d'Assise
    • Doña Ana Hernández avec saint Jean Baptiste
  • Portrait d'un moine dominicain (1635-1640, Ashmolean Museum, Oxford)
  • Fray Alonso de Santo Tomás, (1648-1649, MNAC, Barcelone)

Galerie[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Leticia Ruiz Gómez (éd.), Juan Bautista Maíno, Museo Nacional del Prado/Ediciones El Viso (2009), (ISBN 978-84-8480-190-0)
  • (es) Pérez Sánchez, Alonso E., Pintura Barroca en España, 1600-1750. Editorial Cátedra, Madrid (ISBN 978-84-376-0994-2), p. 103-108.
  • (es)(en) Juan Bautista Maino, Juan bautista maino (1581-1649) (cat.exposicion), MUSEO DEL PRADO, (ISBN 978-8484801900)
  • (es) Mireia Mestre Campà et Francesc M. Quilez Corella, Juan Bautista Maíno. La conversió de sant Pau: Atribució i restauració. La recuperació d'una pintura per al MNAC, Museu Nacional d'Art de Catalunya, (ISBN 978-8480432542)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La conversió de sant Pau
  2. Saint Ildefonse est un archevêque de Tolède du VIIe siècle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]