Ana de Mendoza de la Cerda

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ana de Mendoza de la Cerda
La princesa de Éboli.jpg

Ana de Mendoza, princesse d'Éboli

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
PastranaVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Diego Hurtado de Mendoza y de la Cerda (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfant
Ana Gómez de Silva y de Mendoza (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Ana de Mendoza y de la Cerda, princesse d'Éboli, duchesse de Pastrana et comtesse de Mélito, née le 26 ou 27 juin 1540 à Cifuentes et morte le à Pastrana, est une aristocrate espagnole.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Ana de Mendoza appartient à la puissante famille castillane des Mendoza. Fille unique de Diego Hurtado de Mendoza y de la Cerda, vice-roi d'Aragon, et de María Catalina de Silva y Toledo, on la marie à l'âge de douze ans avec Ruy Gómez de Silva, prince d'Éboli, une ville du Royaume de Naples. Ce mariage est souhaité par le prince Philippe, futur roi Philippe II. Durant les cinq premières années du mariage, Ana passe seulement trois mois avec son époux, ce dernier se rendant souvent en déplacement en Angleterre.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Elle est une des femmes les plus talentueuses de son temps et on la considère comme une des plus belles aristocrates de la Cour d'Espagne malgré une anomalie qui l'oblige à porter en permanence un cache-œil au niveau de l'œil droit. Les causes de ce défaut visuel sont encore méconnues de nos jours, certains parlent de strabisme, d'autres avancent l'hypothèse d'une monophtalmie (un œil perdu ou blessé) due au contact avec le tranchant d'un fleuret lors de son enfance. Sa beauté, son caractère hautain, son amour pour le luxe et bien entendu son énigmatique œil droit lui sont indissociables.

Descendance[modifier | modifier le code]

Sa vie en tant qu'épouse de Ruy Gómez de Silva se déroule sans trouble et elle a au total dix enfants :

  • Diego de Silva y Mendoza (1558-1563) mort pendant l'enfance.
  • Ana de Silva y Mendoza (1560-1610), femme d'Alonso Pérez de Guzmán el Bueno y Zúñiga, VII duc de Medina-Sidonia.
  • Rodrigo de Silva y Mendoza (1562-1596), II duc de Pastrana.
  • Pedro de Silva y Mendoza (1563-1563).
  • Diego de Silva y Mendoza (1564-1630), vice-roi du Portugal, III duc de Francavilla, marquis d'Alenquer.
  • Ruy de Silva y Mendoza (1565-1616), I marquis de La Eliseda.
  • Fernando de Silva y Mendoza, a posteriori Frère Pedro González de Mendoza (1570-1639), archevêque de Saragosse.
  • María de Mendoza y María de Silva (1570-1570): jumelles.
  • Ana de Silva y Mendoza (1573-1614), dernière fille du couple qui accompagne sa mère lors de sa détention.1

Conflit avec sainte Thérèse d'Avila[modifier | modifier le code]

Sainte Thérèse d'Avila

Elle sollicite la construction de deux couvents de sœurs carmélites à Pastrana. Cependant elle s'oppose aux religieuses, en particulier à Thérèse d'Avila, car elle souhaite avoir le contrôle absolu des projets. Ruy Gómez de Silva calme les ardeurs de son épouse, mais les mésententes reviennent à nouveau après la mort de celui-ci. En effet, la princesse désire entrer dans les ordres avec ses propres servantes. Thérèse d'Avila accepte, bien malgré elle, et la loge dans une chambre très modeste. Bien vite, l'aristocrate se lasse de cette vie et elle emménage dans une maison proche du couvent avec ses domestiques où elle peut garder ses robes et ses bijoux et être en contact avec le monde extérieur. Devant cette attitude assez déconcertante, sur ordre de Thérèse, toutes les religieuses abandonnent Pastrana, laissant Ana seule. Cette dernière, revient à son palais de Madrid et rédige une biographie controversée de Thérèse qui sera interdite pendant dix ans par l'Inquisition.

Veuvage[modifier | modifier le code]

Après le décès brutal de son époux, la princesse est obligée de gérer l'important patrimoine laissé par celui-ci et mène une existence quelque peu chaotique durant le restant de sa vie. Ses importants titres de noblesse lui permettent de garantir à ses enfants une bonne condition sociale. Sa fille aînée, Ana, se marie avec Alonso Pérez de Guzmán el Bueno y Zúñiga, duc de Medina Sidonia; son fils aîné, Rodrigo, hérite du duché de Pastrana; Diego devient duc de Francavilla, vice-roi du Portugal et marquis d'Allenquer. Quant à son fils Fernando, il entre dans les ordres, devint franciscain sous le nom de frère Pedro González de Mendoza (comme son arrière-arrière-grand-père le grand cardinal Mendoza), puis archevêque de Saragosse.

Les intrigues à la Cour de Philippe II[modifier | modifier le code]

Grâce à sa haute position sociale, elle maintient de proches relations avec le prince puis, ultérieurement, roi d'Espagne Philippe II. Certains pensent qu'elle a pu être la maîtresse de ce dernier, lorsque celui-ci était marié à Isabelle de Valois et Ana une des favorites de la reine. Ce qui semble vraisemblable, c'est le fait qu'elle ait maintenu, une fois devenue veuve, une relation sentimentale avec Antonio Pérez, secrétaire du roi. Antonio avait le même âge qu'elle et on ne connaît pas les motifs de cette relation qui purent être une question d'amour, de pouvoir politique ou encore de recherche d'un appui à la suite du décès de son mari. Leur relation est découverte par Juan de Escobedo, secrétaire de Juan d'Autriche (fils illégitime de Charles Quint), qui par ailleurs maintient des contacts avec les rebelles hollandais. Antonio Pérez, ayant peur que leur liaison se fasse publique, dénonce auprès du roi les liens politiques d'Escobedo. Peu de temps après, ce dernier est assasiné et l'opinion publique accuse Pérez de la mort d'Escobedo. Un an plus tard le roi ordonne sa mise en détention. S'ensuit la disgrâce de la princesse d'Éboli. Il est fort probable que la révélation de la relation amoureuse entre Ana et Antonio Pérez, leur possible complot à propos de la succession du trône vacant de Portugal et leurs supposées manigances afin d'éviter le mariage de Juan d'Autriche avec Marie Stuart aient contribué à la mise en disgrâce de la princesse d'Éboli.

La détention[modifier | modifier le code]

La princesse est emprisonnée par ordre de Philippe II en 1579, d'abord au Torréon de Pinto puis à la forteresse de Santorcaz. Elle est privée de la tutelle de ses enfants et de l'administration de ses biens. En 1581, elle est transférée à son palais ducal de Pastrana où elle passe le restant de sa vie accompagnée de sa fille cadette Ana de Silva et de trois domestiques. En raison de la fuite d'Antonio Pérez en 1590, Philippe II décide de faire installer des grilles aux portes et fenêtres du palais ducal. La mélancolique princesse d'Éboli passe bon nombre de ses heures au palais dans un balcon grillagé donnant sur la place de la Hora.

L'attitude cruelle de Philippe II envers Ana reste assez inexplicable. Dans les lettres envoyées au roi, la princesse le nomme « primo » (cousin) et lui demande de la protéger comme un bon gentilhomme le ferait. Philippe II, quant à lui, l'appelle « la hembra » (la femelle). Cependant, il est vrai que le monarque continue de protéger et de s'occuper particulièrement bien des enfants de cette dernière.

Elle meurt à Pastrana en 1592 et est enterrée aux côtés de son époux Ruy Gómez de Silva dans la collégiale de la ville.

La princesse d'Éboli au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

En 1955, le scénariste Terence Young réalise le premier film sur la vie d'Ana de Mendoza, La Princesse d'Éboli, avec entre autres Olivia de Havilland dans le rôle-titre.

En 2008, sort le film La conjura de El Escorial (en), dirigé par Antonio del Real qui raconte, avec une grande fidélité historique, les intrigues d'Antonio Pérez et de la princesse d'Éboli. Son personnage est interprété par l'actrice britannique Julia Ormond.

Par ailleurs, un film en deux épisodes est diffusé en octobre 2010 sur la chaîne espagnole Antena 3. Le personnage de la princesse est interprété par l'actrice espagnole Belén Rueda.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]