Jozef et Wiktoria Ulma

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Józef et Wiktoria Ulma.

Józef et Wiktoria Ulma étaient un couple de Polonais qui vivait à Markowa, près de Rzeszów dans le Sud-Est de la Pologne, pendant l'Occupation du pays par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Tous deux furent des Justes qui s'efforcèrent de sauver des familles juives polonaises en les cachant sous leur propre toit au moment de l'Holocauste. Pour cette raison, ils furent (avec leurs enfants) tués lors une exécution sommaire, comme des milliers de leurs compatriotes catholiques, avec les Juifs qu'ils cachaient[1],[2].

Les sauveteurs et les sauvés[modifier | modifier le code]

Au début de la Deuxième Guerre mondiale, Józef Ulma (né en 1900) était un citoyen important dans son village de Markowa : bibliothécaire et photographe, c'était un homme actif dans le domaine social et dans l'Association de la jeunesse catholique. Il était producteur de fruit et apiculteur. Sa femme, Wiktoria, de son nom de jeune fille Niemczak (née en 1912), était femme au foyer. Les Ulma avaient six enfants : Stanisława, Barbara, Władysław, Franciszek, Antoni et Maria. Un autre enfant aurait dû naître quelques jours seulement après l'exécution de la famille, en 1944.

Un an et demi auparavant, pendant l'été et l'automne 1942, la police militaire nazie déporta plusieurs familles juives de Markowa dans le cadre de la Solution Finale[3]. Seuls ceux qui furent cachés dans les maisons des paysans polonais ont pu survivre. Huit Juifs trouvèrent refuge chez les Ulma : six membres de la famille Szall (Szali) originaires de Łańcut comprenant le père, la mère et quatre fils, ainsi que deux filles de Chaim Goldman, prénommées Golda et Layka[4]. Józef Ulma les cacha dans son grenier. Ils faisaient alors des travaux supplémentaires pour alléger les dépenses engagées par leur présence à la maison[3],[5].

Punis de mort[modifier | modifier le code]

Le matin du 24 mars 1944, une patrouille de police allemande venue de Łańcut sous le commandement du lieutenant Eilert Dieken arriva à la maison qui se situait à la sortie du village. Ils avaient été informés auparavant de la cache des Juifs par Włodzimierz Leś – un agent de police d'origine ukrainienne – qui connaissait la famille Szall à Łańcut et avait récupéré leur propriété là-bas[3]. Les Allemands ont encerclé la maison et capturé les huit Juifs des familles Szall et Goldman. Ils les abattirent d'un coup de feu derrière la tête – comme l'a rapporté Edward Nawojski qui fut témoin oculaire ainsi que d'autres personnes qui avaient reçu l'ordre d'assister aux exécutions. Puis les gendarmes allemands tuèrent Wiktoria, qui était enceinte, et son mari, de sorte que les villageois puissent voir quelle punition les attendrait s'ils cachaient des Juifs. Les six enfants commencèrent à crier à la vue des cadavres de leurs parents. Après en avoir référé à son supérieur, Joseph (Jan) Kokott (23 ans), un Tchèque Volksdeutsche des Sudètes qui servait dans la police allemande, abattit trois des quatre enfants[4]. En quelques minutes, 17 personnes avaient été tuées. Les noms des autres bourreaux nazis sont aussi connus car ils allaient fréquemment dans le village. Il s'agit de : Eilert Dieken, Michael Dziewulski et Erich Wilde. Le chef du village (polonais : Wójt), Teofil Kielar, reçut l'ordre d'enterrer les victimes avec l'aide d'autres témoins. Il demanda au chef du commando allemand, qu'il avait connu lors d'inspections antérieures dans le village et pour des affaires concernant l'alimentation, pourquoi les enfants avaient été tués eux aussi. Et Dieken répondit, en allemand, «pour que vous n'ayez pas de problèmes avec eux[4] ». Le 11 janvier 1945, par défi envers l'interdiction des Nazis, les proches de la famille Ulma exhumèrent les corps pour les enterrer dans le cimetière, ce faisant ils découvrirent que le septième enfant de Wiktoria était presque né dans la tombe de ses parents[5].

Commémoration[modifier | modifier le code]

Monument funéraire dédié à la famille Ulma à Markowa.

Le 13 septembre 1995, Józef et Wiktoria Ulma reçurent de Yad Vashem le titre de Justes. Leurs médailles d'honneur furent présentées à Władysław Ulma, le frère survivant de Józef. Leur certificat nous indique qu'ils ont essayé de sauver des Juifs au risque de leur vie, mais il oublie de mentionner qu'ils sont morts pour eux, comme le signale le livre de Jolanta Chodorska et Alicja Augustiniak : Godni synowie naszej Ojczyzny[6].

Au 60e anniversaire de leur exécution, un mémorial en pierre fut érigé dans le village de Markowa pour rendre hommage à la famille Ulma[7]. L'inscription sur le monument indique :

« Sauvant la vie d'autres personnes ils ont donné la leur. Cachant huit frères plus anciens dans la foi, ils furent tués pour eux. Puisse leur sacrifice être un appel au respect et à l'amour pour chaque être humain ! Ils étaient les fils et les filles de cette terre ; ils resteront dans nos cœurs[4] »

Le jour de l'inauguration du monument, l'archevêque de Przemyśl, Jozef Michalik – Président de la Conférence des Évêques de Pologne – célébra une messe solennelle.

Le diocèse local de l'Église catholique romaine en Pologne a entamé un procès en béatification pour la famille Ulma en 2003. Le secrétaire d'État du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone a parlé de l'héroïque famille polonaise au Capitole romain le 24 janvier 2007 pendant la présentation de l'édition italienne du livre de Martin Gilbert, I giusti. Gli eroi sconosciuti dell'Olocausto (Les Justes. Héros inconnus de l'Holocauste). Le 24 mars 2007 – 63 ans après que les familles Ulma, Szall et Goldman ont été massacrées – une commémoration toute particulière fut organisée à Markowa. Une messe fut célébrée, suivie d'un Chemin de Croix à l'intention de la béatification des Ulma, serviteurs de Dieu. Parmi les invités se trouvait le président du Conseil de Cracovie, qui a déposé des fleurs au monument aux morts. Les élèves du lycée de la ville ont donné une courte représentation montrant la décision de la famille Ulma de cacher des Juifs, leur spectacle s'intitulait « Les Huit Béatitudes ». Il y a eu aussi une soirée de poésie consacrée à la mémoire des tués. Les anciens voisins et proches qui les avaient connus participèrent pour parler de la vie des Ulma. Un historien de l'Institut de la Mémoire nationale a présenté des documents d'archive et le postulateur du diocèse a expliqué quels étaient les exigences d'un procès en béatification[4]. Le 24 mai 2011, le dossier complet de leur martyre a été soumis à Rome pour lancer leur procès en béatification[8].

Un nouveau jour férié pour la Pologne avait été proposé par l'ancien Premier Ministre polonais Jarosław Kaczyński, qui aurait porté le nom de la famille Ulma.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mateusz Szpytma, The Righteous and their world. Markowa through the lens of Józef Ulma, Instytut Pamięci Narodowej, Pologne. Due to occasional downtime of the IPN server, please see the machine translation of Mateusz Szpytma's article in Polish made available by Google Translator.
  2. (pl) Instytut Pamięci Narodowej, Wystawa „Sprawiedliwi wśród Narodów Świata”– 15 czerwca 2004 r., Rzeszów. "Polacy pomagali Żydom podczas wojny, choć groziła za to kara śmierci – o tym wie większość z nas." (Exposition "Justes parmi les Nations" Rzeszów, 15 juin 2004. Intitulée : "Les Polonais aidaient les Juifs pendant la guerre, pourtant la peine de mort les menaçait - la plupart d'entre nous le savent déjà.") Last actualization November 8, 2008.
  3. a, b et c (pl) Teresa Tyszkiewicza, "Rodzina Ulmów. Miłość silniejsza niż strach" Bibliography: M. Szpytma: "Żydzi i ofiara rodziny Ulmów z Markowej podczas okupacji niemieckiej" in W gminie Markowa, vol. 2, Markowa 2004, p. 35; M. Szpytma, J. Szarek: Sprawiedliwi wśród narodów świata, Cracovie 2007.
  4. a, b, c, d et e Wlodzimierz Redzioch, interview with Mateusz Szpytma, historian from the Institute of National Remembrance : "They gave up their lives", Tygodnik Niedziela weekly, 16/2007, Editor-in-chief: Fr Ireneusz Skubis Częstochowa, Pologne
  5. a et b Anna Poray, Józef zt Wiktoria Ulma à Those Who Risked Their Lives
  6. Jolanta Chodorska, Alicja Augustyniak, Godni synowie naszej Ojczyzny, Wyd. Sióstr Loretanek (publishing), 2002, Varsovie. ISBN 83-7257-102-3.
  7. Joe Riesenbach, The Story of Survival. Footnote by Richard Tyndorf
  8. http://www.fighthatred.com/fighting-hate/people/849-sainthood-for-martyred-polish-jew-defenders

Témoignages[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]