Joseph Julien Souhait

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Joseph Julien Souhait
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Joseph Julien Souhait, né le à Raon-l'Étape et mort le à Nancy, est un avocat et un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

Joseph Julien Souhait est l'aîné des huit enfants de Joseph Souhait, inspecteur général des bois de Rosières-aux-Salines et de Marie Charlotte Derivaux originaire de Senones capitale de la Principauté de Salm-Salm. Joseph Souhait est nommé Conseiller du Roi et Receveur des domaines et des bois de Saint-Dié où la famille s'installe. Le jeune Joseph-Julien va étudier le Droit à Pont-à-Mousson, reçu avocat, il exerce à Saint-Dié. En 1779, il succède à son père comme Receveur des bois.

En 1786 il contracte mariage avec la jeune Marguerite Gandoyer de Foigny de onze ans sa cadette dont le père était l'un des médecins de Stanislas Leszczyński. Ils auront deux fils, Marie Louis Joseph né en 1788 et Charles Pierre en 1789.

La Révolution[modifier | modifier le code]

Au moment de la Révolution, il est avocat, à Saint-Dié (Vosges), et Officier municipal en février 1790, élu maire le 15 novembre 1790, il démissionne après avoir été élu député, il aura été le troisième maire de Saint-Dié. Le 4 septembre 1792, il est élu député à la Convention sixième député sur 8 pour le département des Vosges avec 251 voix sur 339[1].

Lors du procès de Louis XVI, il répondit ainsi aux quatre questions posées :

  • À la question 1, « Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d'attentats contre la sûreté générale de l'État, oui ou non ? » Il vote Oui.
  • À la question 2, « Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera-t-il soumis à la ratification du peuple, oui ou non ?  ». Il vote Oui.
  • À la question 3, « Quelle peine sera infligée à Louis ? » ; il vote la mort du roi avec l'amendement dit Mailhe et ajoute: « Je demande qu'elle soit suspendue jusqu'à la ratification de la Constitution. En attendant cette époque, je demande la détention. ».
  • À la question 4, « Y aura-t-il un sursis à l'exécution du jugement ? ». Il vote Oui.

Pour mémoire, les six députés vosgiens et le suppléant Balland ont voté ainsi : trois, Poullain-Grandprey, Souhait et Perrin, ont demandé la mort ; trois, Bresson, Couhey et Balland, ont demandé l'exil ou l'internement ; et un, Noël, s'est récusé.

En août 1795, lors de la création de la nouvelle Constitution (Constitution de l'an III), il protesta du régime censitaire, défendu par Boissy d'Anglas et Daunou. Il n'osa pas s'exprimer à la Tribune, mais écrivit dans un libellé: "Cette classe d'hommes que l'on appelle prolétaires s'est armée avec enthousiasme pour la liberté commune... Qui peut douter que la Révolution ait été faite par le peuple?" Mais Souhait ne fut pas entendu[2],[3].

Souhait sera ensuite élu au Conseil des cinq-cents et siègera jusqu'au coup d'État du 18 brumaire qu'il désapprouve et auquel il ne participera donc pas. Il se rallie au Consulat et est nommé Receveur général des finances pour la Hollande.

La retraite et l'exil[modifier | modifier le code]

Lors du plébiscite du 6 novembre 1804 pour l'acceptation de l'Empire il vote non et est destitué sur le champ. Il s'installe près de Verdun où il vit retiré jusqu'à la loi du 12 janvier 1816, qui condamne les régicides à l'exil. Il veut se rendre en Suisse, se munit de faux papiers au nom de sa mère, mais est arrêté à Pontarlier. Par chance il lui est possible de poursuivre son voyage et il trouve asile dans le canton du Valais chez un parent.

Son fils, capitaine d'artillerie, tente, mais en vain d'obtenir son retour en France. Il lui faudra attendre la Révolution de 1830, les Trois Glorieuses, et la mise au pouvoir de Louis-Philippe, fils de Philippe Égalité autre régicide, pour qu'il puisse regagner la Lorraine. Il s'installe à Nancy dans l'hôtel qu'il possède rue Montesquieu.

C'est là qu'il s'éteindra le 12 décembre 1842. Il sera inhumé au cimetière de Préville. Par testament il fait de nombreux legs généreux à la ville de Saint-Dié pour les pauvres et pour le collège, instaure des rentes en faveur des anciens conventionnels et de leurs veuves[4],[5].

Hommage[modifier | modifier le code]

Son nom a été donné à une caserne de Saint-Dié puis à un collège.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Biographie nouvelle des contemporains, Antoine-Vincent Arnault, Antoine Jay, Étienne de Jouy, Norvins; ed.Librairie historique, 1825
  • Galerie historique des contemporaines, Pierre Louis Pascal de Jullian, 1822
  • Vie politique de tous les députés à la Convention nationale..., Jean Baptiste Robert, ed. Librairie Saint-Michel, 1814
  • Le grand livre des élus vosgiens, 1791-2003, Bertrand Munier, ed. Gérard Louis, 2003
  • Les Vosgiens célèbres, Albert Ronsin, ed. Gérard Louis, 1990
  • Dictionnaire des conventionnels, Auguste Kuscinski, Paris, Société de l'histoire de la Révolution française, éditions F. Rieder, 1916

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Assemblée nationale
  2. Histoire des Institutions - Jacques Godechot - Les Institutions de la France sous la Révolution et l'Empire - Année 1968 - Presses Universitaires de France
  3. (en) Alphonse Aulard, Histoire politique de Révolution française: Origines et développement de la démocratie et de la République (1789-1804), Nouveau Monde éditions, (ISBN 9782365834087, lire en ligne)
  4. Notice biographique sur A.-F. Sergent, graveur en taille-douce: député de Paris à la Convention nationale, Noël Parfait, ed.Dauvin, 1848
  5. Gazette de l'instruction publique: revue de l'enseignement secondaire et primaire, Gazette de l'instruction publique, (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]