Joël Ménard

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Joël Ménard, né le à Nantes, est un médecin et professeur de médecine français, ancien directeur général de la santé, auteur d'essais et d'ouvrages médicaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Natif de Nantes[1], il devient interne des hôpitaux de Paris en 1962 puis docteur en médecine en 1970. Spécialiste de l’hypertension artérielle, il est réputé pour ses travaux sur le système rénine-angiotensine-aldostérone et a publié des articles sur ce sujet[2].

Il sera tout d'abord directeur de recherche à l’INSERM pendant trois ans (U36), puis professeur de médecine interne en 1973 à la Faculté de médecine de Broussais-Hôtel Dieu de Paris. Il se spécialise dans l’hypertension artérielle dès 1975 à l’Hôpital Saint-Joseph. Il devient directeur de la recherche clinique et du développement pour l’industrie pharmaceutique en Suisse puis chef du centre de médecine préventive cardio-vasculaire à Broussais pendant 7 ans, de 1990 à 1997.

Il est nommé ensuite Président du Conseil scientifique de l’ANDEM (Agence nationale pour le développement de l'évaluation médicale[Note 1]) de 1990 à 1997[3], puis président des Conférences nationales de santé en 1996 et 1997. Il est nommé directeur général de la Santé (DGS) en 1997[4] et il reste à ce poste jusqu'en 1999. Il quitte cette fonction pour raisons personnelles[5].

Professeur de santé publique à la Faculté de médecine René Descartes (Paris 5), puis professeur émérite depuis 2009 il est nommé délégué à la recherche clinique de l’AP-HP.

En 2007, le président de la République Nicolas Sarkozy[6] érige la maladie d'Alzheimer comme Grande cause nationale, à cette occasion il charge Joël Ménard de conduire une mission qui doit proposer les nouvelles orientations de ce que sera le troisième Plan Alzheimer français (2008-2012). Joël Ménard, rompant avec les usages, s’entoure de compétences très variées, pas nécessairement du domaine qui apportent un regard critique sur l'action précédente et ses résultats. Il s’appuie en particulier sur le témoignage de malades et de leurs proches, de praticiens de terrain et d’acteurs du monde social. Cette réflexion aboutit à des propositions de recherche, de santé publique et de solidarité, et en étudie les facteurs de réussite[7]. Le troisième plan Alzheimer français reprend 47 mesures proposées par le rapport de la commission Ménard, tandis que ce dernier devient président du Conseil scientifique de la Fondation Plan Alzheimer (2008-2012)[8]. En 2013, à l'heure du bilan ce plan fortement inspiré par Joël Ménard est évalué [9]. Les auteurs notent que « ce troisième plan était un plan ambitieux, bien conçu, développant des actions à tous les niveaux, du médico-social à la recherche, en passant par l’éthique, cherchant à améliorer la qualité de la prise en charge et à fédérer les efforts de recherche. Sa gouvernance au plus haut niveau permettait une action coordonnée des différents ministères évitant les obstacles liés à l’organisation en silos... Le financement fut à la hauteur de cet enjeu majeur de santé publique et sociétal... La mission a rencontré le plus souvent une perception positive de ces actions de la part des professionnels et des associations de malades et de familles. ». Néanmoins comme dans toute action de santé publique tous les objectifs n'ont pas été atteints, ainsi par exemple « ... les problématiques liées à la prise en charge de ces patients en milieu hospitalier, aux urgences ou en services de spécialités médicales ou chirurgicales ont été relativement peu prises en compte. Par ailleurs, certains objectifs quantitatifs du volet médico-social du plan, ont été révisés à la baisse et non complètement atteints. En termes d’innovation médico-sociale... les acteurs, fort nombreux sur le terrain, ont besoin d’un temps d’appropriation qui s’accommode parfois mal d’un pilotage trop contraignant... Les structures de répit n’ont pas atteint leurs objectifs quantitatifs et l’aide aux aidants a été réalisée en demi-teinte. ». Dès lors le plan fortement influencé par Joël Ménard laisse place au Plan maladies neuro-dégénératives 2014-2019[10].

Titres successifs[modifier | modifier le code]

Hôpital Broussais (fermé en 2000)
Hôpital Saint-Joseph

Après avoir été Interne des Hôpitaux de Paris en 1962, puis sa maitrise d'Investigation clinique à l'université Mc Gill de Montréal (Canada), le Dr Joël Ménard va connaître différentes responsabilités au niveau médical et sanitaire :

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

  • 1971 : Research prize on Hypertension, National Committee against Hypertension, Paris
  • 1981 : Claude Bernard Award, City of Paris
  • 1984 : European Mac Foster Award, European Society of Clinical Investigation
  • 1985 : Excellence Award for Hypertenson Research American Heart Association

Distinctions[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

En , Joël Ménard se remet d'une grave maladie, pour la première fois il est passé de l'autre côté de la médecine, celui des patients. Il tire de cette épreuve une leçon personnelle et professionnelle[17] sur le fonctionnement au quotidien du système hospitalier français en regard de son expérience de soignant et de responsable de santé publique, qui fait mouche[18]. Durant cette même période, il publie son premier essai Médecine de la mémoire, mémoire de médecin[19]. Dans ce livre, le Pr Ménard présente les constats et les espoirs liés aux quarante-quatre solutions du Plan Alzheimer 2008-2012[20].

En 2018, il publie le tome 1 de son second ouvrage Médecin de passage, du roman à la réalité[21]. Du soin des malades à l’enseignement des étudiants, de la recherche expérimentale universitaire à la recherche clinique industrielle, du soin individuel à la santé publique, de l’hypertension artérielle à la maladie d'Alzheimer. De Nantes à Paris, de Montréal à Bethesda, de Bâle à Berlin, Médecin de passage offre une certaine vision du monde de la médecine[22]. Le livre démontre que les services rendus à autrui, personnes malades et citoyens, resteront les objectifs incontournables des multiples fonctions possibles des médecins. Le tome 2, intitulé Médecin de passage, des soins à la recherche sort en [23],[24].

Postérité[modifier | modifier le code]

Prix Joël Ménard[modifier | modifier le code]

En 2016 la fondation Alzheimer a créé un prix portant le nom du Pr Joël Ménard, destiné à encourager la carrière de jeunes chercheurs de moins de quarante ans, dans trois domaines tels que la recherche fondamentale, la recherche clinique et les sciences humaines et sociales[25],[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. devenue ensuite l'ANAES en 1997 et qui sera regroupée, en 2004, avec d'autres commissions, au sein de la Haute Autorité de santé.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Joël Ménard », sur Collège de France
  2. Site jle.com, article "Évolutions conceptuelles et techniques autour de l’hypertension artérielle", consulté le 17 novembre 2019.
  3. « Santé - Joël Ménard », sur Le Monde,
  4. « Le professeur Joël Ménard nommé directeur général de la santé », sur Le Monde,
  5. Jean Yves Nau, « Le professeur Joël Ménard quitte ses fonctions à la tête de la direction générale de la santé », sur Le Monde,
  6. « Priorité à la recherche dans le futur plan Alzheimer », sur Le Monde, .
  7. Benoît Lavallart, « Les politiques publiques face à la maladie d’Alzheimer », Actualité et dossiers en santé publique, no 65,‎ , p. 25-30 (ISSN 1243-275X, lire en ligne).
  8. Site babelio.com, page sur Joël Ménard, consulté le 17 novembre 2019.
  9. Joël Ankri et Christine Van Broeckhoven, « Évaluation du Plan Alzheimer 2008-2012 », sur Ministère de lʼEnseignement supérieur, de la Recherche et de lʼInnovation, .
  10. « Plan maladies neuro-dégénératives 2014-2019 », sur Gouvernement.fr (consulté le 18 novembre 2019).
  11. « Joël Ménard quitte la direction de la Santé. », sur liberation.fr, (consulté le 17 novembre 2019)
  12. « Fondation Plan Alzheimer »
  13. Site cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr, page "Liste des lauréats français du prix Gay-Lussac Humboldt", consulté le 17 novembre 2019.
  14. Site lemonde.fr, liste de la promotion de la légion d'honneur listé par le Journal officiel du dimanche 12 avril, consulté le 17 novembre 2019.
  15. Site pharmaceutiques.com article légion d'honneur 2008, consulté le 17 novembre 2019.
  16. Site acadpharm.org, page "L'académie en résumé, la reconnaissance de la Nation, consulté le 17 novembre 2019.
  17. Joël Ménard, « De l’autre côté du miroir », Le Quotidien du Médecin, no 9389,‎ , p. 8-9 (ISSN 1763-4954, lire en ligne, consulté le 18 novembre 2019).
  18. Gérard Kouchner, « Quand le médecin devient malade. Une question de confiance », Le Quotidien du Médecin, no 9389,‎ , p. 8 (ISSN 1763-4954, lire en ligne, consulté le 18 novembre 2019).
  19. Joël Ménard, Médecine de la mémoire, mémoire de médecin : le plan Alzheimer 2008-2012, Marseille, Solal, , 494 p. (ISBN 978-2-35327-118-4).
  20. « Médecine de la mémoire, mémoire de médecin - Les mémoires du Pr Joël Ménard », sur Le Quotidien du Médecin, .
  21. Joël Ménard, Médecin de passage, du roman à la réalité, Saint-Denis, édition Publibook des écrivains, , 269 p. (ISBN 978-2-342-16302-5, lire en ligne).
  22. « Vidéo de présentation - Médecin de passage, Tome 1 », sur You Tube.
  23. « Médecine de la mémoire, le témoignage d'un gilet jaune de la recherche biomédicale : salut l'artiste Ménard », sur Rédaction médicale, .
  24. Joël Ménard, Médecin de passage, des soins à la recherche, édition Publibook des écrivains, , 282 p. (ISBN 978-2-342-16654-5, lire en ligne).
  25. Site fondation-alzheimer.org, page sur le prix Joël Ménard, consulté le 17 novembre 2019.
  26. Site eurosciences.asso.fr, page sur le prix Joël Ménard 2017, consulté le 17 novembre 2019.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]