Jeunesse socialiste suisse

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Jeunesse socialiste suisse
Image illustrative de l'article Jeunesse socialiste suisse
Logotype officiel.
Présentation
Présidente Tamara Funiciello
Fondation 1906
Siège Berne, Suisse
Idéologie Socialisme,
Social-démocratie
Affiliation européenne ECOSY
Affiliation internationale IUSY
Adhérents env. 3400 (Etat: 2016)
Couleurs rouge
Site web http://www.juso.ch/

La Jeunesse socialiste suisse (abrégé en JS Suisse ou JS, en allemand JungsozialistInnen Schweiz, JUSO Schweiz ou JUSO, en italien Gioventù Socialista Svizzera, GS Svizzera ou GS, en romanche Giuventetgna Socialista Svizra, GS Svizra ou GS) est l'organisation de jeunesse officielle du Parti socialiste suisse (PS), créée en 1906.

La JS est toutefois une association indépendante, regroupant des jeunes membres ou non du PS. Cela étant, elle est reconnue comme jeunesse de parti officielle du PSS et elle s'engage totalement au sein du PS pour influencer les positions du parti. Elle dispose notamment d'un représentant au Comité directeur, élu par l'Assemblée annuelle de la JS. La JS publie un journal trilingue appelé Infrarouge.

Ses membres sont âgés de 14 à 35 ans et sont réunis dans 47 sections (état 2016) dans tout le pays. La Jeunesse Socialiste Suisse est représenté au Conseil National Suisse par 5 membres.

Elle a par le passé affiché publiquement ses divergences avec le PS, par exemple en demandant en 2002 la démission du ministre PS Moritz Leuenberger, jugé trop à droite en matière de services publics[1].

La JS est relativement proche de l'aile gauche du PS, dite syndicale (socialisme réformiste fidèle à l'idéal de dépassement démocratique du capitalisme), majoritaire dans les cantons romands.

La JS est une fédération de sections cantonales ou locales également liées aux sections éponymes du PS. Au niveau international, la JS est membre de la IUSY et membre associée de la YES (Jeunes socialistes européens).

La JS a décidé en de réintroduire une présidence après plus de vingt années. Le , Cédric Wermuth, 22 ans, de Baden, a remporté l'élection dans laquelle il était opposé à Priska Grütter de Roggwil par 46 voix contre 8. Cédric Wermuth étudie les sciences politiques à Zurich et a déjà été actif à plusieurs fonctions au sein de la JS. Le 26 octobre 2008, Cédric Wermuth, déjà président de la JSS, a été élu vice-président du PSS et porte ainsi les deux casquettes.

En 2012, la JS a adopté un nouveau document de fond, "Démocratie Socialiste", présentant sa vision du dépassement du capitalisme par le socialisme démocratique. Ce document comporte notamment la socialisation des moyens de production, l'autogestion dans l'organisation du travail, et l'abolition du salariat.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un enfant du mouvement des travailleurs[modifier | modifier le code]

La JS Suisse – elle n’est alors pas encore appelée ainsi – est fondée au début du XXe siècle par les jeunes travailleurs (les filles sont admises en 1911), exaspérés par des conditions de travail difficiles, un salaire de misère et le chômage. Avec le PS et les syndicats, la JS lutte pour une répartition des richesses et contre le militarisme.
En 1918, à l’appel de la grève générale, 400 000 travailleurs descendent sur le pavé pour la démocratie. Leurs exigences de base sont : une loi électorale équitable, le droit de vote des femmes, la semaine de 48 heures, une assurance vieillesse (AVS) et d’invalidité (AI) et des impôts équitables. Presque toutes les revendications – sauf la dernière – vont être, avec le temps, obtenues. La JS Suisse soutient la grève. Elle compte, à ce moment, 5 000 membres.

Contre le nazisme et la guerre[modifier | modifier le code]

Dans les années 1930, les idées fascistes gagnent du terrain sur le continent européen. La Suisse n’est pas épargnée. Des groupes nazis, se faisant appeler « fronts », se forment. La "Jeunesse Socialiste Suisse (SJS)" est l'une des forces les plus actives contre ces groupes et la menace de guerre. Des affrontements répétés avec les « fronts », mais aussi avec l’armée et la police ont lieu. En 1932, à Genève, l’armée tire dans une foule réunie pour protester contre un meeting fasciste. Il en résulte 13 morts et 70 blessés. À la fin des années 1930, la JS Suisse et le « Parti communiste Suisse (KPS) » se rapprochent de plus en plus. En 1943, la JS Suisse et le KPS sont interdits par le conseil fédéral.

Nouveau départ après 1945[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, la jeunesse socialiste est reformée en Suisse. En tant que «Jeunesse Socialiste Démocratique (SDJ)". Elle est un membre de "l'Union internationale de la jeunesse socialiste (IUSY)", qui a été créé en 1946. La SDJ s'est engagée à améliorer la situation des jeunes travailleurs. Notamment grâce à des formations internes et en s’impliquant dans les parlements des jeunes.

1961, «l 'Association des jeunes sociaux-démocrates (VJS)" est fondée.
Dès 1971, elle est appelée «Jeunes socialistes suisses (JSS)". Elle porte aujourd’hui encore ce nom. Son premier président est l’actuel conseiller national Andreas Gross, qui reste en fonction jusqu'en 1983.

Pendant ce temps, de nombreux JSS participent à la formation du «Groupe pour une Suisse sans armée (GSSA)". Le lancement de la première initiative pour l'abolition de l'armée en 1989 conduit à des tensions avec le parti socialiste.

Le milieu des années 1990, le conflit entre «réformistes» et «marxistes», s'intensifie, comme le mentionne eux-mêmes les deux camps. Il existe des débats, par exemple, sur la présence au gouvernement du PS ou le renversement du capitalisme. La JSS s’occupe, à cette époque, essentiellement d’elle-même. À une exception, le lancement de l’initiative sur l'apprentissage (LIPA) qui est en 2003 rejetée par le peuple.

Un renouveau à partir de 2007[modifier | modifier le code]

En 2007, le PS perd les élections. En plus des jeunes démocrates-chrétiens, la JSS est le seul parti de jeune sans conseiller national ou conseiller d’état. À ce moment, le parti prend conscience que des changements sont nécessaires. La JSS se dote d’un bureau pour gérer le parti au quotidien.

En 2008, à l’assemblée des délégués de Berne, Cédric Wermuth est élu président de la JSS, le premier depuis les années 1980. Les méthodes de communication et les positions fortes de Cédric marqueront la JSS.

Durant cette période, la JSS a connu une croissance rapide, passant de 1500 à 3000 membres. La présence du parti dans les médias et l’influence de la JSS sur le PS augmentent. La formation des membres redevient une priorité. En août 2009, plus de 150 personnes participent au premier camp d’été de la JSS.

En juillet 2009, l’initiative "1:12 pour des salaires équitables" est lancée. La proposition est la suivante : dans une entreprise, personne ne peut gagner plus en un mois que ses employés en 12 mois. En mars 2011, l'initiative est déposée. En novembre 2013, l’initiative 1:12 obtiendra 35% de votes positifs.

Nouveau bureau, nouvelle initiative[modifier | modifier le code]

Le parti se renouvelle avec l’élection de David Roth comme président après Cédric Wermuth et l’entrée de Kristina Schüpbach comme secrétaire centrale à la place de Tanya Walliser. Puis, ils seront rejoints par Filippo Rivola, vice-secrétaire centrale et responsable pour la Romandie. Lors des élections nationales de l'automne 2011, la JSS aligne 167 candidats dans 17 cantons et obtient un peu moins de 1% des voix des électeurs suisses.

La JSS lance en 2012 sa deuxième initiative: "Pas de spéculation sur les denrées alimentaires". L'initiative a été déposée, en 2014, à la Chancellerie fédérale, avec environ 140 000 signatures.

Positions[modifier | modifier le code]

La JS s’engage pour une société dans laquelle personne n’est défavorisé du fait de son origine, de la couleur de sa peau ou de son sexe. À cet effet se bataille officiellement pour le « renversement du capitalisme » et le « sociale démocratique ». Le traditionnel appel qu’elle poursuit est d’atteindre son objectif grâce à l’utilisation de la démocratisation de l’économie et de la distribution des politiques et des initiatives réglementaires telles que l’initiative 1 :12 et l’initiative contre la spéculation sur les denrées alimentaires[2].

Elle se bataille aussi contre les interdictions de périmètre ou zone géographique. En été 2008, la JS appelait par exemple, aux organisateurs de Bottelones de ne pas tenir compte des interdictions de périmètre dans une ville comme Berne.

La JS était très critique vis-à-vis de l’armée suisse, et participe, par exemple, au référendum contre l’achat de nouveaux avions de combat. Elle s’engage pour la protection du climat et exige la sortie de l’énergie nucléaire.

Dans la politique de formation, la JS appelle à l’abolition des notes qui devraient être remplacées par une « appréciation qualitative ». Elle appelle également à une augmentation du personnel enseignant, puisqu’elle espère un meilleur environnement d’apprentissage pour les élèves. La JSS exige aussi un salaire minimum pour les apprenti-e-s. Les bourses d’études devraient être, à l’échelle nationale, plus unifiées et garantir le minimum vital.

Initiatives[modifier | modifier le code]

1:12 – pour des salaires équitables[modifier | modifier le code]

En juillet 2009, la JSS lance l’initiative « 1:12 pour des salaires équitables ». La proposition est la suivante : dans une entreprise, personne ne peut gagner plus en un mois que ses employés en 12 mois. L’initiative fait sensation à l’échelle nationale et scandalise les partis de la droite bourgeoise. En mars 2011, l’initiative est déposée avec près de 130 000 signatures.

L’initiative sera soumise au vote populaire en novembre 2013. Elle obtiendra 35% de vote en sa faveur. Le canton du Tessin sera le plus ouvert à la proposition avec 49% de oui.

Pas de spéculation sur les denrées alimentaires[modifier | modifier le code]

En 2012, la JSS lance sa deuxième initiative: "Pas de spéculation sur les denrées alimentaires". Cette initiative vise à interdire aux banques et aux caisses de pensions de jouer sur les prix des denrées alimentaires sur les marchés boursiers. Elle interdit l’échange ou la création d’outils financiers sur les contrats à terme. L'initiative a été déposée, en 2014, à la Chancellerie fédérale, avec environ 140 000 signatures. L’initiative a été rejetée par 40.1% d'avis favorables contre 59.9%, lors du vote du 28 février 2016. Seuls les cantons du Jura et de Bâle-Ville ont accepté l’initiative.

Présidence[modifier | modifier le code]

Secrétariat central[modifier | modifier le code]

  • 1999-2001 : Christoph Zimmer (Berne)
  • 2001-2004 : Claudio Marti (Argovie)
  • 2004-2005 : Arnaud Bouverat (Vaud)
  • 2005-2007 : Arnaud Thièry (Vaud) et Cédric Wermuth (Argovie)
  • 2007-2009 : Vivien Jobé (Argovie)
  • 2009-2011 : Tanja Walliser (Berne)
  • 2011-2013 : Kristina Schüpbach (Berne)
  • 2013-2016 : Dario Schai (Zurich)
  • 2016-2017 : Gian Luca Bonami (Zurich)
  • depuis 2017 : Julia Baumgartner (Bâle-Campagne)

Vice Présidence Romande[modifier | modifier le code]

  • 2015 -... Muriel Waeger (Vaud)
  • 2013 - 2015 Charlotte Gabriel (Vaud)
  • 2011 - 2013 Nicolas Buntschu (Fribourg)

Vice-secrétariat central (Responsable pour la Romandie)[modifier | modifier le code]

  • 2016-... Kévin Buthey (Vaud)
  • 2014-2016 François Clément (Vaud)
  • 2011-2014 Filippo Rivola (Vaud)

Comité Directeur[modifier | modifier le code]

Tamara Funiciello (Présidente), Giona Rinaldi (Vice-Président), Muriel Waeger (Vice-Présidente), Gian Luca Bonami (Secrétaire central), Kévin Buthey (Vice-secrétaire central), Andrea Scheck, Samira Marti, Virginia Koepfli et Sebastian Werlen [3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. ([1], [2])
  2. « Prgramme », sur JSS (consulté le 11 novembre 2016)
  3. > « Comité directeur », sur JSS (consulté le 11 novembre 2016)

Lien externe[modifier | modifier le code]