Jean Louis Debilly

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Jean Louis Debilly
Image illustrative de l'article Jean Louis Debilly

Naissance
Dreux
Décès (à 43 ans)
Auerstaedt, Allemagne
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Infanterie
Grade Général de brigade
Années de service 1789-1806
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Bataille d'Auerstaedt
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile
Buste à la galerie des batailles du château de Versailles

Jean Louis Debilly, né le à Dreux et mort le à la bataille d'Auerstaedt, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Origine et famille[modifier | modifier le code]

Né le 30 juillet 1763 à Dreux, place du Grand Carrefour, où son père, Jean Louis Debilly, est potier d'étain, il est baptisé le 31 juillet 1763 à Saint-Pierre de Dreux. Il épouse le 30 mai 1787, à Paris, Marie Jeanne Chenard, qui décède en l'an VI, puis Marie Barbe Saum, à Strasbourg, le 21 mars 1800.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il commence ses études au collège de Dreux, les continue à celui de Chartres et les finit à Paris et devient professeur de mathématiques à l'école d'artillerie de Paris, en septembre 1785.

Il s'enrôle dans la garde nationale en juillet 1789 et fait partie de l'artillerie. Il est d'abord nommé capitaine commandant des canonniers du bataillon des Pères-Nazareth, ensuite adjudant d'artillerie, chargé des fonctions d'adjudant général de l'artillerie, des trois premières légions.

Le 4 septembre 1792, le Général Santerre lui confie le commandement de toutes les compagnies de canonniers des bataillons de la garde nationale qui étaient dirigés vers Epernay. Après s'être rendu à l'Armée du Centre sous Luckner et Général Dumouriez, il a successivement sous ses ordres l'artillerie de Châlons et le parc de Saint-Michel. Ensuite, il est attaché à Labourdonnais comme chef d'état-major.

Revenu à Paris, après la Bataille de Jemappes, le 18 mars 1793, sur la demande du général La Bourdonnais, il est envoyé à l'armée des côtes de Brest. Toute l'artillerie y est placée sous ses ordres. Ensuite, on le met à la tête du parc d'artillerie servi par les seules compagnies de canonniers volontaires jusqu'à l'arrivée de l'Armée de Mayence. Il se fait remarquer par l'organisation du matériel, l'instruction des troupes et dans toutes les parties de son commandement.

Le 23 mai 1793, le Général de Canclaux le fait entrer dans l'armée régulière avec le grade d'adjoint aux adjudants généraux, sa nomination est ratifiée le 6 juin 1793 par le ministre de la guerre. Ensuite, le commandement de l'artillerie de l'armée des côtes lui est rendu et il assure en grande partie les succès obtenus sur les Vendéens à Nantes. Le général Jean Baptiste Camille de Canclaux l'en récompense par le grande d'adjudant général chef de bataillon.

Il participe à plusieurs batailles en Bretagne : à Ancenis sous les ordres du général Grouchy, puis au combat d'Antrain et à la bataille du Mans près de Kléber et de Marceau.

Puis il commande la place de Rennes où il se lie d'amitié avec les généraux Kléber, Dumas et Marceau qui, comme lui, avait été au collège de Chartres. Il tombe malade et obligé d'abandonner l'armée des côtes le 16 novembre 1794 et part se reposer à Argenteuil. Mais dès le 10 décembre 1794, le Comité de salut public l'envoie à Armée de la Moselle et du Rhin et assiste au siège de Mayence en qualité d'adjudant général, chef de brigade et chef d'état major de Kléber, avec lequel il passe à l'Armée de Sambre-et-Meuse.

En avril 1795 il est nommé général de brigade et doit retourner à l'Armée du Rhin, mais le Général Kléber lui exprime ses regrets d'être séparé de lui et De Billy refuse son avancement pour revenir à l'Armée de Sambre-et-Meuse. Il est attaché comme chef d'état-major auprès du Général Marceau et prend part au premier blocus d'Ehrenbreitstein ainsi qu'aux opérations sur le Kundsruck. Après la mort du Général Marceau, les généraux du Muy et de Ligniville qui le remplacèrent successivement lui conservent son emploi de chef d'état-major, mais il tombe à nouveau malade et retourne à Paris. Le Général Championnet le demande à l'état-major et il retourne à l'Armée de Sambre-et-Meuse.

Il est ensuite appelé à l'armée d'Angleterre dont le Directoire a décidé la création après la signature du traité de Campo-Formio, puis devient chef d'état-major du Général Saint-Cyr qui commande l'Armée de Mayence.

Lors d'un combat, il reçoit une balle qui lui traverse l'épaule gauche. Sa blessure est jugée mortelle, mais il parvint a en guérir et part à Strasbourg achever sa guérison. A peine rétabli, il est placé sous les ordres du Général Sainte-Suzanne. Le 14 juillet 1799, le Directoire lui décerne en récompense de sa conduite une carabinz et deux paires de pistolets d'honneur.

Six semaines après le 18 Brumaire, il reçoit l'ordre de se rendre à l'Armée du Rhin et fait partie de la commission chargée de reconnaître militairement la frontière française et participe à plusieurs combats.

En décembre 1801, il est attaché à la 24° division territoriale commandée par le Général Belliard et envoyé à Anvers pour commander le dédépartement des Deux-Nèthes.

Le 31 août 1803, il quitte Anvers pour se rendre au camp de Bruges sous les ordres du Maréchal Davoust. Il y commande temporairement la 1ère division, dont le quartier général est à Ostende.

En août 1804, Napoléon Bonaparte visite le camp de Bruges et le récompense pour ses services tant dans l'armée d'active que pour le commandement de la subdivision territoriale des Deux-Nèthes, en le nommant commandeur de la Légion d'honneur et, en mars 1805, il admet son fils aîné au nombre des pages de sa maison.

Il participe ensuite à la Bataille d'Austerlitz auprès du Maréchal Davoust.

Il est tué à la bataille d'Auerstaedt, le 14 octobre 1806, alors qu'il commande la 1re brigade de la 1re division du 3e corps[1] : il est d'abord frappé d'une balle à l'épaule gauche. Malgré la gravité de sa blessure, il ne quitte pas son poste, mais peu de temps après un biscaïen lui traverse la poitrine. Napoléon Ier lui reconnait le grade de général de division qui lui aurait été conféré sur le champ de bataille s'il avait survécu à ses blessures[2].

Postérité[modifier | modifier le code]

Le Général Debilly laisse deux fils et une fille.

Son fils aîné, Charles Debilly, sort des pages en 1807 pour entrer au 3° dragons. Devenu aide de camp du Général de Montmarie, il a le bras droit emporté à la bataille de Sagonte, ce qui ne l'empêche pas de continuer à servir dans l'armée active. A 21 ans, il est chef de bataillon au 3° d'infanterie légère. Il est tué d'un coup de feu sous les murs de Tortosa en 1813. Son fils, petit-fils du Général Debilly, est auditeur à la Cour des comptes.

Son second fils est ingénieur en chef des mines.

Sa fille a épousé Auguste Brakenhoffer, sous-préfet de Remiremont.

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Pigeard, Dictionnaire de la Grande Armée, Tallandier, (ISBN 2-84734-009-2), p. 621
  2. Journal "L'Action républicaine" du 3 août 1959, long article retraçant la vie du Général Debilly.

Sources[modifier | modifier le code]