Jean Groffier

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Jean Groffier
Jean GROFFIER, 27-04-1930.jpg
Biographie
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Fratrie

Jean Groffier est un poète, romancier et dramaturge belge orientalisant.

Il naquit le 10 juillet 1908 à Liège, où son père était professeur, et mourut à Castellet dans le Vaucluse, où il s’était établi.

Il est le frère du peintre luministe Didier Groffier.

Biographie[modifier | modifier le code]

À l’époque de ses premières créations littéraires, il habitait la commune bruxelloise de Schaerbeek, avec sa mère née Jeanne Danhieux, dans une maison au style caractéristique du 11, rue Fontaine d'Amour qui fut dans l'entre-deux-guerres un lieu « tout bruissant de romanciers, poètes, dessinateurs, belges et étrangers. Ils étaient enthousiastes, idéalistes, anti bourgeois et avaient promis, dans le manifeste de la revue Tribune, de "rester purs"[1] ».

Œuvre[modifier | modifier le code]

Passionné par la civilisation orientale et sémitique il montrait le même enthousiasme pour le jeune mouvement sioniste que pour la civilisation arabo-musulmane qui pour lui n’étaient en rien contradictoires mais au contraire étaient unis par une origine commune.

C’est ainsi que sortirent de sa plume deux essais intitulés Pour une Palestine juive et indépendante et À la recherche d’une psychologie musulmane.

Ce thème orientalisant fut le sujet principal de ses poésies, de ses romans et de son théâtre.

En 1928 toutefois, il publia un recueil de vers et de prose, Premiers parfums, d’inspiration romantique dans lequel, à part Parfums d’Orient, l’orientalisme n’apparaît pas encore, tout comme dans Les Chansons d’Ethel (1936) recueil de poèmes en prose.

Il fut également le fondateur des revues littéraires belges La momie chante en 1933 et Tribune (1933)[2].

En 1929, son livre Aquarelles orientales, contenant deux comédies (La Fille du Pacha et Le Médecin du désert) est désormais totalement consacrée au monde arabo-musulman. L’auteur, pour donner une touche locale, nous indique que les deux héroïnes Nifritima et Babarim jouent « le visage voilé ».

Il fut également fort marqué par l’œuvre de Nicolas-Remi Brück (1818-1870) et de Charles Henri Lagrange (1851-1932) concernant l'influence du magnétisme terrestre, les lois mathématiques de la Bible et celles de la grande pyramide de Chéops, dans laquelle on peut lire le destin de l’humanité…

Il développe ce thème dans Les heures d’angoisse (1931), livre de confessions qui déplurent à ce point à sa famille qu’elle en fit détruire la plupart des exemplaires.

Groupe à Namur: de gauche à droite: le poète Jean Groffier, un inconnu, l'architecte Léon van Dievoet et le sculpteur Carlo Lambert regardant le ciel (1930).

L’œuvre de Lagrange lui inspira également en 1937 son opuscule contre Hitler : Les Germains sont des Israélites, sous-titrée Réponse scientifique à l’hypothèse aryenne de Monsieur Adolphe Hitler.

Le thème oriental est traité avec brio dans son roman Elle, venue d’Orient, précédé d’une appréciation de Camille Poupeye et dans Islam, terre de feu (Paris, 1953).

En 1965, Jean Groffier devient rédacteur en chef de la revue bilingue de poésie Message, fondée par Puzant Topalian qui en assume la direction[3],[4].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Malgré le fait que dans Les heures d’angoisse, à la dernière page, il ait donné cette appréciation du mariage « Pour ce qui est du mariage, je l’ai déconseillé comme étant le résultat d’une attraction matérielle », ses amis reçurent un jour la petite carte suivante : « Monsieur Jean Groffier et Mademoiselle Madeleine Angenot ont l’honneur de vous annoncer que leur mariage a eu lieu le 2 mai 1934, Bruxelles ».

Ils eurent une fille, Ethel Groffier, née en 1935, qui alla s’établir au Canada où elle devint professeur à l'Université McGill de Montréal, auteur de plusieurs ouvrages de droit et de lexicographie, et épouse du philosophe canadien Raymond Klibansky.

Modernité de son œuvre[modifier | modifier le code]

En ces moments où les contacts et les apports culturels entre la Belgique et le monde arabo-musulman s’intensifient, la redécouverte de l’œuvre de Jean Groffier et particulièrement de son théâtre peut servir de point de convergence et d'enrichissement mutuel entre ces deux cultures.

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1928 : Premiers parfums. Vers et prose, Bruxelles, 1928.
  • 1929 : Aquarelles Orientales (Deux farces - Poèmes), Bruxelles, 1929.
  • 1931 : Les Heures d'angoisse, Bruxelles, s. d.
  • 1934 : À la recherche d'un bonheur, Bruxelles, Éditions Tribune, 1934. (essais)
  • 1934 : « Le paysagiste Lismonde », dans : Tribune, n° 15, Bruxelles, septembre 1934.
  • 1935 : Aux préorganisteurs (Manifeste), Bruxelles, Éditions Tribune, 1935.
  • 1936 : "Musulmane" (roman), dans : Tribune, 31, Bruxelles, numéro d'Été, 1936, p. 5-11.
  • 1936 : Les Chansons d'Ethel (poèmes en prose), illustrations de Henri Mathy, Bruxelles,
  • 1937 : Les Germains sont des Israélites (Réponse scientifique à l'hypothèse aryenne de Monsieur Adolphe Hitler) Manifeste, Bruxelles, Éditions Tribune, 1937.
  • Elle, venue d'Orient, roman, précédé d'une appréciation de Camille Poupeye, Bruxelles, Éditions Jules Wellens, s. d.
  • Venenosa, roman, Bruxelles, Éditions Jules Wellens, s. d.
  • 1953 : Islam, terre de feu roman, Paris, René Debresse, s. d. (1953)
  • Au-delà de la porte (poésies), préface de J.-H. Rosny aîné.
  • Moments de vie (poésies)
  • Dunkerque 1940, (poésies), préface de Maurice Fombeure.
  • L'Angleterre et l'Allemagne dans l'Europe de demain
  • L'hégémonie mondiale des Anglo-Saxons en 1950
  • Le secret du pouvoir d'Hitler.
  • Pour une Palestine juive et indépendante.
  • Le Chrétien en face du message de Krishnamurti.
  • Le manifeste de la Vérité.
  • Le livre d'Esaïe.
  • A la recherche d'une psychologie musulmane.
  • Pourquoi j'ai épousé un Chinois (roman).
  • L'Appel du Silence (roman).
  • Le Jeu du Diable (roman).
  • Orage sur Tunis (roman).
  • La Leçon de Cynisme.
  • Hibrahim pacha (conte).
  • Esmat la Mongoloïde (conte).
  • Divertissement (conte).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anthologie des jeunes écrivains belges, préface de Hubert Krains de l’Académie royale, Louvain, Éditions des Jeunes Auteurs, 1931.
  • J.-P. Bonnami, « Jean Groffier : Tribune et leur activité », supplément au no 51 de l’hebdomadaire Chanteclair du 20 décembre 1935.
  • Jean De Bremaeker, Jean Groffier, dans : Tribune, no 30, Bruxelles, mai-juin 1936, p. 1-2.

Notes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Éthel Groffier : « On est de son enfance comme on est d’un pays, disait Antoine de Saint-Exupéry. Mon père, l’écrivain Jean Groffier, dirigeait à Bruxelles une jeune revue littéraire, Tribune, courtisée par Marinetti désireux de revigorer un futurisme en perte de vitesse. La maison où j’ai grandi bruissait d’amis romanciers, poètes, dessinateurs, belges et étrangers. Ils étaient enthousiastes, idéalistes, anti bourgeois et avaient promis, dans le manifeste de la revue, de "rester purs" ». Lire en ligne.
  2. D'après un fascicule publicitaire : "La revue 'TRIBUNE', a été créée par Jean Groffier, en 1933. Elle a posé des problèmes émouvants auxquels ont répondu les autorités les plus diverses. Elle s'est efforcée de vous présenter les mouvements intellectuels les plus importants"
  3. Message : trimestriel bilingue de poésie, bilingual pPetry quarterly, Paris, Impr. Araxes, 1965-1968?
  4. Ray Nikels, "A l'écoute du silence... Message 65", Mercure (Bruxelles), 11 septembre 1965.

Liens externes[modifier | modifier le code]