Jean Broc

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Jean Broc, né le 16 décembre 1771 à Montignac (Dordogne), mort en 1850[1] à Lopatyn (localité polonaise alors dans l'Empire russe et aujourd'hui en Ukraine), est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

La Mort de Desaix (1806), château de Versailles.

Né à Montignac, en Dordogne, Jean Broc est enrôlé par les armées révolutionnaires en 1793 et participe à la guerre de Vendée. Il devient l'élève de David dès fin 1797, dans l'atelier duquel il fait partie du groupe des « Barbus ». Il est logé dans un entresol du Louvre concédé à David, et partage le logement avec les frères jumeaux Franque. Tous participent à la réalisation de L'Enlèvement des Sabines que David est en train de peindre. Il quitte l'atelier de David avant 1801 (il loge à cette date rue de l'Observance).

Il présente au Salon de 1800 L'École d'Apelle (Paris, musée du Louvre)[2], qui le place comme le chef de file du groupe des Barbus ou « Penseurs », ou « Primitifs ». L'année suivante, il expose au Salon La Mort d'Hyacinthe (Poitiers, musée Sainte-Croix), autre manifeste esthétique des Primitifs. Il reçoit par la suite quelques commandes officielles (dont un Portrait du maréchal Soult en 1805 pour le Salon des Maréchaux au palais des Tuileries), et expose jusqu'au Salon de 1833. Il donnait des cours de dessin en 1814, et compta Guillaume Bodinier (1795-1872) parmi ses élèves. Entre 1820 et 1823, il donne des dessins sur le thème de Paul et Virginie pour des papiers peints gravés par Mader et imprimés par Dufour, sous le nom de "tableaux-tentures".

Salons[modifier | modifier le code]

Liste des peintures[modifier | modifier le code]

Tableau Titre Date Dimensions Notes Lieu de conservation
Broc scuola-dApelle-1800.jpg L'École d'Apelle 1800 375 × 480 cm Paris, musée du Louvre
Broc.jpg La mort du général Desaix 1806 322 × 450 cm Versailles, musée national du château
The Death of Hyacinthos.gif La mort d'Hyacinthe 1801 Poitiers, musée Sainte-Croix
La magicienne consultée 1819 90 × 116 cm Bayeux, musée Baron-Gérard
Jean-Broc-les-Envoyés-de-Dieu-1833.jpg Les envoyés de Dieu 1833 Yvré-l'Évêque, église Saint-Germain
Broc Ulysse chez les Phéaciens Dijon.jpg Ulysse chez les phéaciens Dijon, musée Magnin

Œuvres décoratives[modifier | modifier le code]

  • 1814, Les Monuments de Paris, papier peint panoramique en 30 lés, dessiné pour la manufacture Dufour
  • 1823, Paul et Virginie, papier peint panoramique en 23 lés, camaïeu de gris, dessiné pour la manufacture Dufour

Attributions[modifier | modifier le code]

  • Ulysse chez les Phéaciens : Le lancer du disque, Dijon, musée Magnin

Autres œuvres documentées[4].[modifier | modifier le code]

  • La Paix et la Justice, documentée au Musée de Valence en 1837/1849
  • La France triomphante, 1831
  • La Justice entourée d'enfants et d'animaux symboliques, 1850-1851, inachevé à la mort du peintre, sa fille Mme Dwernicka a demandé à le terminer
  • La Révolution de 1830, 1835, commandé mais peut être jamais réalisé

Réception critique[modifier | modifier le code]

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Les Envoyés de Dieu, Yvré-l'Évêque (Sarthe), église Saint-Germain.

Selon une coutume habituelle des salonniers, Auguste Jal fait parler des visiteurs imaginaires commentant les œuvres exposées, nous avons ici un ultra Romain, un homme aux lunettes, un petit vieillard, une marquise. Après avoir discuté d’un tableau de Guichard[5], ce groupe se dirige vers Les Anges de Jean Broc :

« Le petit Vieillard. – Ce n’est pas mal dessiné assurément ; mais si M. Guichard, que je crois un jeune homme, avait pu apprendre à dessiner chez M. David avec nous, il serait autrement élégant et correct. Tenez, si vous voulez voir le sentiment de notre école élevé à sa dernière puissance, voyez les Anges de Broc. :Le groupe fait quelque pas à gauche. :La Marquise. – Nous demandions tout à l’heure ce que signifiait la scène de M. Guichard ; c’est bien de ceci qu’on peut demander ce que cela veut dire. :Le Vieillard. – C’est Dieu, sous la figure de trois archanges : Gabriel, qui représente la prophétie ; Raphaël, qui représente la bienfaisance, et Michel la force. L’idée est très ingénieuse, comme vous voyez. :L’Homme aux lunettes. – Un peu trop subtile, pour être bien comprise. :L’Ultra-Romain. – La pensée ne me fait rien. Je vois en ces trois anges trois figures. Qu’ils marchent sur le terrain du paradis terrestre ou sur le tapis vert de Versailles, peu m’importe, ils sont sans pureté de forme, sans précision de silhouette, sans grandeur ; voila tout ce qui me frappe. Allez voir notre divin Raphaël ! :Le Vieillard.- Monsieur est de l’école de Ingres, sans doute. :L’Ultra-Romain.- Mais, je m’en flatte. :Le Vieillard.- Oh ! alors il n’y a pas d’espoir de vous faire revenir. :L’Ultra-Romain.- Non, pas à propos de cette grande galette, toujours. :Le Vieillard- Un des plus beaux morceaux de l’école de David ! :L’Ultra-Romain.- Tant pis pour elle. :Le Vieillard.- L’ouvrage d’un homme consciencieux qui le fait depuis dix ans peut-être. :(plus loin...) :Le petit Vieillard. – Mais, monsieur, savez-vous bien que Broc, dont vous traitez si cavalièrement une œuvre remarquable, a eu beaucoup de renommée ? :L’Ultra-romain. – J’irai chanter sous sa fenêtre : « Vous étiez ce que vous n’êtes plus ; vous n’étiez pas ce que vous êtes. »

— Jal, Les Causeries du Louvre, p. 199

Élèves[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvain Laveissière, Le tableau du mois, no 139, À la mémoire de Robert Rosenblum ( 1927-2006), notice éditée par le musée du Louvre à l'occasion de la présentation de L'École d'Appelle au « Tableau du mois » du 7 février 2007 au 5 mars 2007.
  • Brigitte et Gilles Delluc, « Jean Broc et Pierre Bouillon, deux peintres périgourdins du temps de David », in Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 2007, 134, pp. 445-466, ill.
  • Anne Benéteau, Cécile Le Bourdonnec et Daniel Clauzier, Jean Broc, La mort d'Hyacinthe (1801), édité par les Musées de la Ville de Poitiers, 2013

Note[modifier | modifier le code]

  1. Sa fille Aline avait épousé le général polonais Józef Dwernicki.
  2. Brève de La Tribune de l'Art
  3. don en 1872, de Mme Dwernicka, fille de l'artiste
  4. Base Arcade[réf. insuffisante]
  5. Sans doute Joseph Guichard ?

Liens externes[modifier | modifier le code]

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