Jean-Pierre-Joseph d'Arcet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Arcet.
Jean-Pierre-Joseph d'Arcet, dit Jean d'Arcet fils dans sa famille.(il lui arrive de signer ses ouvrages Jean d'Arcet, ce qui crée, parmi la critique, la confusion avec son père, Jean d'Arcet père).
Description de cette image, également commentée ci-après

Ambroise Tardieu, Portrait de Jean-Pierre-Joseph d'Arcet (1828).[réf. nécessaire] Ce portrait de Jean d'Arcet fils, reproduit sur divers sites de la toile, n'est pas le bon : il ne ressemble pas du tout à celui qui figure à l'Académie de Médecine de Paris. Par contre, celui-ci ressemble à celui du dessin de Boilly (1801), réalisé à l'Hôtel de la Monnaie, chez Jean d'Arcet père (il compte 7 portraits ; celui de Jean d'Arcet fils est le 3ème de la seconde ligne, en partant de la gauche). Tout ceci est facilement vérifiable. La toile reproduit également un autre faux portrait de Jean d'Arcet fils.

Naissance
Paris (France)
Décès
Paris (France)
Nationalité Drapeau : France française
Champs Chimie

Jean-Pierre-Joseph d'Arcet, ou Darcet, né à Paris le 31 août 1777 et mort à Paris le 2 août 1844, est un chimiste et industriel français, à la tête de nombreuses manufactures à Paris, et membre de non moins nombreuses instances officielles, gouvernementales ou académiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il poursuit les travaux de son père Jean d'Arcet, obtenant en 1801 la médaille d'or à l'exposition des produits de l'industrie de Paris pour ses recherches sur la soude artificielle, qu'il fabrique à la Gare, à Paris puis à Saint-Denis et Nanterre [1]. D'Arcet est aussi associé de la savonnerie Decroos à partir de 1806 puis, en 1809, de la manufacture de papiers peints de Jacquemart, rue de Montreuil, qui deviendra une fabrique renommée de produits chimiques [1]. Il crée ainsi les premières fabriques de soude et de potasse artificielles ainsi que d'alun, perfectionne la savonnerie et le clichage. Il fait de nombreuses recherches sur les alliages, l'affinage des métaux, la fabrication et l'essayage des monnaies, et réussit à diminuer, au moyen des ventilateurs, les dangers d'un grand nombre d'industries : dorure, soufroirs, vidange.

Parallèlement, il est nommé vérificateur (1805), inspecteur des essais (1819) et enfin commissaire général des monnaies (1828) à La Monnaie de Paris, où son père avait également travaillé[1]. Membre de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, il en est nommé secrétaire de son Comité des arts chimiques, en 1804, par Guyton-Morveau[1]. Six ans plus tard, il répondra à son prix concernant l'usage de l'acide chlorhydrique perdu lors de la fabrication de soude [1]. Il est également membre de la Société royale d'agriculture de Paris à partir de 1787, puis nommé en 1810 membre du Conseil d'Hygiène publique et de Salubrité, où il s'occupe en particulier des fourneaux fumivores [1]. Il est aussi élu membre de l'Académie des sciences en 1823. Entre deux, il fut également membre fondateur du Conseil général des manufactures, en 1810, et vice-présida l'organisme, entrant également au Comité consultatif des arts et manufactures, organe consultatif du Ministère de l'Intérieur, en 1811 [1]. Hygiéniste et industrialiste, il défendit tant l'industrie que ses intérêts dans ces diverses fonctions [1]. Il travaille avec l'atelier d'affinage d'or et d'argent de la rue Chapon entre 1814 et 1819, qui fut examiné par le Conseil d'Hygiène publique [1].

En 1811, il s'inspire du fondeur d'art Jean-Baptiste Launay (1768-1827), pour son invention d'un creuset en fonte de fer cémentée[2].

Il est connu pour ses expériences sur la gélatine des os, collaborant avec la triperie de l'île des Cygnes, et qui était utilisée par Jacquemart pour fabriquer de la colle [1]. Ses découvertes sur les sels minéraux des eaux thermales de Vichy, en 1825, sont à l'origine de la mise au point de la pastille de Vichy. Il améliore aussi les procédés de fabrication du bleu de Prusse, fabriqué dans son usine rue de Montreuil [1]. En 1816, il devint membre des Annales de chimie et, après deux échecs, fut élu à l'Institut de France en 1823 grâce à l'appui de Chaptal. Entre 1816 et 1825, il dirigea d'ailleurs avec son fils et Holker la manufacture des Ternes [1].

Ces activités lui valent d'être qualifiées par l'historien Thomas Le Roux de « principal pollueur de Paris » [1]. Aucune de ses usines ne fut critiquée par le Conseil d'Hygiène dont il était membre, et depuis 1812, il améliorait certains procédés insalubres [1]. Il améliora ainsi la ventilation à La Monnaie de Paris, après la mort de trois employés [1], et aida les frères Blanc, à Lyon, à réduire les émanations de fumée de leur usine de cendres gravelées [1]. En revanche, sa tentative, en 1828, d'installer un fourneau fumivore dans la manufacture des tabacs du Quartier du Gros-Caillou, l'une des usines les plus importantes et les plus polluantes de Paris, échoua. Ces recherches donneront lieu à un ouvrage tardif, Collection de mémoires relatifs à l'assainissement des ateliers, des édifices publics et des habitations particulières (1843) [1]. Ces travaux pour la salubrité lui ont valu l'attribution du prix de 3 000 francs créé par disposition testamentaire par le bronzier, poète et goguettier André-Antoine Ravrio pour la découverte d'un moyen qui prévint les dangers de l'emploi du mercure dans la profession de doreur sur métaux[3].

Sa fille Louise épousa le sculpteur James Pradier.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Instruction sur les précautions à prendre pour bien conduire l’appareil servant à extraire la gélatine des os de la viande de boucherie, Paris, Impr. de Gaultier-Laguionie, 1829[4]
  • Mémoire sur les os provenant de la viande de boucherie, dans lequel on traite de la conservation de ces os, de l'extraction de leur gélatine par le moyen de la vapeur, et des usages alimentaires de la dissolution gélatineuse qu'on en obtient, 1829[5]
  • Recherches sur les substances nutritives que renferment les os, ou Mémoire sur les os provenant de la viande de boucherie, dans lequel on traite de la conservation de ces os, de l’extraction de leur gélatine par le moyen de la vapeur, et des usages alimentaires de la dissolution gélatineuse qu’on en obtient, Paris, à la Monnaie des médailles, 1829, in-8°, [56 p.], inséré dans les Annales de l’industrie de février 1829, avec aussi des notes sur le sujet publiées dans le Recueil industriel en 1831 et 1832, dans le Recueil de la Société polytechnique-pratique en 1837
  • Description des appareils de chauffage à employer pour élever convenablement la température du courant ventilateur dans les magnaneries salubres, 1841[6]
  • Résultats de l'emploi alimentaire de la gélatine des os, continué, sans interruption, à l'hôpital Saint-Louis, pendant trois ans et trois mois, Paris, Impr. de P. Dupont et Laguionie, 1833, in-8° ; Note sur l'emploi continu et régulier de la gélatine, pendant dix années, dans le régime alimentaire de l'hôpital Saint-Louis…, Paris, Impr. de H. Fournier, 1839, in-8° ; Note sur l'emploi continu et régulier de la gélatine pendant onze années dans le régime alimentaire de l'hôpital Saint-Louis…, Paris, Impr. de Mme de Lacombe, [1841], in-8°
  • Collection de mémoires relatifs à l'assainissement des ateliers, des édifices publics et des habitations particulières, 1843[7]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Jean-Pierre-Joseph d'Arcet » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ (Wikisource)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q Thomas Le Roux, Le laboratoire des pollutions industrielles. Paris 1770-1830, Albin Michel, 2011, p. 317 sq.
  2. Élisabeth Lebon, « La diffusion des connaissances et les pratiques sous l'Ancien Régime », in le fondeur et le sculpteur, Les Essais de l'INHA, 2012.
  3. Article Ravrio dans Les mausolées français. Recueil des tombeaux les plus remarquables par leur structure, leurs épitaphes ou les cendres qu'ils contiennent, érigés dans les nouveaux cimetières de Paris ; dessinés d'après nature, lithographiés et décrits par F.-G.-T de Jolimont, ex-ingénieur employé au cadastre, auteur de plusieurs ouvrages architectonographiques, de l'imprimerie de Firmin-Didot, Paris 1821.
  4. Texte en ligne
  5. Texte en ligne
  6. Texte en ligne
  7. Texte en ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]