Internationale lettriste

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L’Internationale lettriste (I.L.), 1952-1957, communément considérée comme la matrice de la future Internationale situationniste qui sera fondée en 1957 en France s’est constituée en tant que réunion de lettristes dissidents (Guy-Ernest Debord, Gil J Wolman, Serge Berna et Jean-Louis Brau) en rupture avec le lettrisme " isouïen " estimé comme ayant renié la radicalité originelle du mouvement. Ce lettrisme “historique” est ainsi qualifié de "droite lettriste” et de “tendance rétrograde” face à la “tendance extrémiste du mouvement” que représente ce nouveau regroupement[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Nulle organisation n’étant de génération spontanée, la constitution de l’I.L. trouve certains de ses soubassements dans des évènements qui l’ont précédé et dans lesquels elle a su se reconnaître. Parmi ceux-ci, l’esclandre passé à l’Histoire sous le nom de Scandale de Notre-Dame lors de la messe solennelle de Pâques 1950 a très naturellement été intégré à sa légende. D’autant qu’y participaient deux de ceux qui seront présents à sa constitution effective en 1952, Serge Berna, son instigateur principal et Jean-Louis Brau, l’un des comparses de la jeune garde lettriste avec ses épigones, venus soutenir l’exécutant, le jeune Michel Mourre déguisé en moine dominicain déclamant en chaire le texte violemment anticlérical et blasphémateur rédigé par Serge Berna : “en vérité, je vous le dis : Dieu est mort[2]. Le retentissement médiatique de cette action ainsi que sa haute portée symbolique l’ont donc logiquement inscrite dans cette préhistoire[3].

Prémices[modifier | modifier le code]

Comme souvent, la formulation d’une idée ne s’avère être finalement que la mise en mots d’une réalité déjà éprouvée. C’est ainsi le cas pour la construction du nouveau regroupement en tant que courant distinct du lettrisme originel dont plusieurs manifestations du premier semestre 1952[4] ont sans doute servies de révélateurs d’une convergence d’idées et de comportements à ceux qui y participaient. Relèvent de ceux-ci, la présentation le 11 février à Paris au ciné-club d’Avant-Garde du musée de l’Homme du film de Gil J Wolman L’Anticoncept qui déclenche une bataille entre les jeunes lettristes et le public[5]. Également marquantes, les irruptions agitées de commandos de lettristes débarqués de Paris pour perturber le Ve Festival international du film de Cannes du 23 avril au 10 mai et faire connaître la sortie de la revue Ion de Marc-Gilbert Guillaumin (Mar,O) entièrement consacré aux films, en cours ou réalisés, du groupe lettriste[6]. Et, dans le même ordre d’idée, le sabotage du Congrès de la Jeune Poésie réunissant au Musée pédagogique de la rue d’Ulm à Paris des néo-réalistes et des sous-surréalistes[7]. Là encore, l’intervention de nombreuses forces de police contre les manifestants lettristes entraine le retrait de nombreux participants et, partant, le succès de l’opération. Á n’en pas douter également, les déroulements particulièrement animés des deux premières séances de présentation du film Hurlements en faveur de Sade de Guy Debord les 30 juin au ciné-club d’Avant-Garde (projection interrompue par l’assistance au bout de dix minutes) et en intégralité le 13 octobre au ciné-club du Quartier latin dans la salle de des Sociétés savantes, 8, rue Danton[8], n’ont pu que conforter les quatre lettristes dissidents Debord, Wolman, Brau et Berna dans leur volonté de constituer le groupe qu’ils projetaient.

Fondation-Constitution[modifier | modifier le code]

Même si Guy Debord, et Gil J Wolman indiquent avoir fondé "arbitrairement à Bruxelles"[9] un groupe distinct, comme tendance à l’intérieur du mouvement lettriste en [10], lors d’un déplacement pour y préparer la projection du film d’Isou Traité de bave et d’éternité, la première expression publique attestant de la constitution d’un groupe autonome manifestant la rupture avec le système Isou fut le scandale perpétré le 29 octobre 1952 à l'encontre de Charlie Chaplin, vedette unanimement aimée du public, lors de la conférence de presse organisée pour la sortie de son dernier film, scandale dont Isidore Isou se désolidarisera publiquement[11]. Ce désaveu public acheva de marquer la séparation idéologique.

Cette rupture dûment établie, l’existence de cette nouvelle avant-garde est formalisée par l’organisation de la première conférence de l’Internationale lettriste qui se tient à Aubervilliers, ville dont le père de Jean-Louis Brau est maire-adjoint, le en présence des quatre fondateurs ayant participé à l’action récente contre Charlie Chaplin. Le protocole final de la conférence fut déchiré et introduit dans une bouteille jetée dans le canal Saint-Denis, Jean-Louis Brau la repêchant le lendemain. Ces statuts très radicaux, “pour solde de tout compte” (notamment le point 4 prévoyant l’exclusion ipso facto pour collaboration à des activités isouïennes ou publication sous son nom d’œuvres commerciales), entérinent le point de non-retour vis-à-vis des anciennes pratiques lettristes[12].

Une fois ce travail d’émancipation achevé, le groupe au départ constitué des seuls quatre fondateurs historiques va se donner plus de consistance. Naturellement, c’est parmi ceux qu’ils fréquentent habituellement que se constitue ce rassemblement informel, c’est-à-dire dans les nombreux cafés de Saint-Germain-des-Prés à Paris et notamment le bistrot Chez Moineau, situé 22, rue du Four où se croisaient ces années là, outre les jeunes lettristes, un ensemble hétéroclite d’artistes plus ou moins connus, peintres, cinéastes, poètes expérimentaux, asociaux divers, ivrognes, toxicomanes, petits délinquants, filles mineures et ratés autoproclamés. On retrouve alors bon nombre de ces habitués parmi les signataires des nombreux textes collectifs du groupe, dont notamment, le Manifeste ouvrant le no 2 d’Internationale Lettriste[13]. Et comme parmi ceux-ci figurent quelques étrangers en rupture de ban et des nord-africains dont par exemple Mohamed (Midhou) Dahou, qui adhère dès le début de l’année 1953[9], le qualificatif d’internationale est d’autant plus justifié pour ce regroupement naissant qui se caractérise par son extrême jeunesse. À l’été de 1953, la moyenne d’âge de la bande des lettristes – internationalistes s’établissait légèrement au-dessous de 21 ans[14] et elle se trouvait en capacité, une fois la rupture avec le lettrisme d’Isou dûment consommée, de pouvoir, tout en prolongeant les théories du Soulèvement de la Jeunesse et de la destruction des arts prônés par Isou, radicaliser ses positions théoriques et pratiques issues du lettrisme en se rapprochant tout à la fois du marxisme révolutionnaire que du dadaïsme berlinois et des pensées nihilistes et anarchistes.

Le groupe officiellement constitué va principalement se manifester par ses publications et des actions d’agitation visant, avec une ironie souvent mordante, le petit monde culturel et intellectuel de l’époque, essentiellement parisien. Les quatre numéros d’Internationale Lettriste à la parution aléatoire et dans des formats fluctuants et hasardeux ( - ) correspondent à la période d’affermissement du groupe nouvellement constitué dans son rejet des pratiques passées. Potlatch, bulletin d’information du groupe français de l’Internationale Lettriste[15], simplement ronéoté et à la pagination variable est d’une parution plus régulière, hebdomadaire durant l’été 54 (no 1 à 9-11), puis plutôt mensuelle jusqu’au no 25 de janvier 1956. Les 3 suivants 26, 27 et 28 s’échelonnent de mai 1956 à mai 1957, le numéro 29 du 5 novembre 1957 s’annonçant quant à lui Bulletin d’information de l’internationale situationniste, seul et unique du genre[16]. À de partir de septembre 1955, ce corpus éditorial s’enrichira d’une collaboration suivie de Debord, Wolman et également Michèle Bernstein et Jacques Fillon à la revue surréaliste belge Les Lèvres nues[17].

C’est sur cet ensemble de supports où s’expriment de féroces charges contre les divers modernistes dominants du moment et des informations régulières sur la vie marginale et mouvementée du groupe qui alterne exclusions et apports successifs, que vont apparaitre et se développer, au fil des semaines et des mois, les thèmes qui vont contribuer à l’élaboration et à la pratique des concepts expérimentaux grâce auxquels l’I.L. restera dans l’histoire des avant-gardes du XXe siècle (dérive, psychogéographie, constructions de situations, détournement, urbanisme unitaire…). Dès lors, la nouvelle Internationale lettriste ainsi constituée et qui, en ordre de bataille, n'a plus de lettriste que le nom, possède alors en germes tous les éléments théoriques de ce qui constituera le socle de l'Internationale situationniste cinq ans plus tard.

En guise de préambule à l'activité future du groupe, début 1953, accompagné d’une quinzaine de ses comparses, Guy Debord trace sur un mur de l’Institut, rue de Seine à Paris, ce qu’il considérait comme la plus belle de ses œuvres de jeunesse, comme l’affirmation alors du programme minimum de l’I.L. : “Ne travaillez jamais[18]. À ce moment, le groupe s’identifie simplement à l’ensemble des signataires du Manifeste[19] ouvrant le numéro 2 d’Internationale Lettriste ronéoté sur une unique feuille recto-verso[20], l’essentiel de ces noms n’y figurant sans doute que pour faire nombre.

En avril 1953, se constitue à Alger autour de Mohamed Dahou, ancien habitué de Chez Moineau, le Groupe Algérien de l’Internationale lettriste, centré sur Orléansville (actuelle Chlef) qui connaît en septembre 1954 un important séisme dont rendra compte le bulletin Potlatch et des conséquences sur la vie des membres dudit groupe[21]. À l’automne 1954, sera signalée la formation d’un éphémère Groupe Suisse (20 octobre – 7 décembre) à la vie brève autant qu’agitée[22]. Entre temps, le groupe français commence à connaître des remaniements d’importances variables. En avril 53, Gaëtan M. Langlais alias Double Wagon, est incorporé au groupe[23]. Serge Berna, après avoir fait quelques mois de prison est écarté peu après pour “élasticité de conscience[24]. Suivront la même année, les exclusions de ce qui est qualifié de tendance nihiliste (J-M. Mension, P-J Berlé)[25]. Jean-Louis Brau n'échappe pas à ce mode de traitement, son engagement dans le corps expéditionnaire d’Indochine fournissant le motif tout trouvé de sa mise à l’écart pour “déviation militariste”, en dépit du fait qu'il ait assumé le poste de Directeur-Gérant du numéro 3 d’Internationale Lettriste paru à l’été sous forme d’affichette vendue sur les trottoirs du Quartier Latin.

Dérives, psychogéographie, construction des situations : constitution du futur socle théorique situationniste[modifier | modifier le code]

Mais, au délà de ces "mouvements de troupes", le véritable fait marquant pour l’histoire de l’I.L. durant cette période 1953-1954, est l’arrivée dans ses rangs d’Ivan Chtcheglov (alias Gilles Ivain) à l’été 1953[26]. Deux amis d’Ivan, Henry de Béarn et Patrick Straram vont s’adjoindre à cette arrivée majeure qui va permettre en quelques mois une évolution marquante de l'I.L., avec le développement des thèmes essentiels que sont notamment la dérive et la psychogéographie. Accessoirement, à cette occasion, le centre de gravité de l’organisation va se déplacer du 6e arrondissement à la Montagne Sainte-Geneviève[27], la troupe quittant son fief de Chez Moineau pour une nouvelle permanence : Le Tonneau d’Or.

À partir du mois d’août 1953, les lettristes présents sur Paris, entament des déambulations, fortement alcoolisées, dans les rues (et les cafés) de quartiers choisis de Paris, qu’ils vont d’abord baptiser puis théoriser après les avoir intensément pratiquées, sous le nom de dérives. La multiplication de celles-ci va donner lieu à la découverte/invention de la psychogéographie que l’Internationale situationniste définira dans le premier numéro de sa revue éponyme en juin 1958 comme l’“étude des effets précis du milieu géographique… sur le comportement affectif des individus”. De ce concept original, naît également celui d’urbanisme unitaire, largement développé par les premiers situationnistes. De ces premières expériences estivales sortent deux textes fondateurs : en septembre par Guy Debord Manifeste pour une construction de situations[28] et en octobre par Gilles Ivain Formulaire pour un urbanisme nouveau[29]. Au même moment, Patrick Straram se trouve interné à l’hôpital psychiatrique de Ville-Evrard pour lui éviter la prison suite à un scandale sur la voie publique, en état d’ivresse[30]. Si les deux textes de Debord et Ivain restent confidentiels et à usage interne au groupe, les réponses à deux enquêtes de la revue surréaliste belge de René Magritte La Carte d’après nature publiées en janvier et juin 1954[31] vont permettre pour la première fois la formulation publique des thèmes pré-situationnistes de construction des situations, dérive, psychogéographie, en cours d’élaboration au sein de l’Internationale lettriste. On les retrouvera sous des formes plus développées dans la série d’articles donnés par Guy Debord entre septembre 1955 et novembre 1966 à la revue belge Les Lèvres nues, dont notamment Introduction à une critique de la géographie urbaine, Position du Continent Contrescarpe et, précédant deux comptes rendus de dérive de décembre 1953 et mars 1956, Théorie de la dérive.

Au printemps 1954, alors que le groupe vient de se séparer de Gaëtan Langlais[32], les arrivées d’André-Frank Conord, qui assume la rédaction en chef de Potlatch du numéro 1 au numéro 7 et de Jacques Fillon, ancien condisciple de lycée de Guy Debord à Cannes ainsi que le retour de Gil J Wolman, un temps éloigné, viennent certes compenser l'éloignement à l'étranger d’Henry de Béarn, l’ami d’Ivan, pour le Venezuela[33] ou de Patrick Straram vers le Canada, mais, plus gravement, les circonstances de l’exposition Avant la guerre, 66 métagraphies influentielles[34], organisée par Gil J Wolman à la galerie du Passage dite du Double Doute, passage Molière, à Paris du 11 juin au 7 juillet 1954, vont offrir à Ivan Chtcheglov/Gilles Ivain dont des œuvres sont exposées, un motif majeur de se désolidariser de l’affiche conçue par Guy Debord, et le conduire à rompre ainsi avec le groupe quelques jours après[35]. Cette rupture est naturellement suivie, en soutien à leur ami, de celles de Patrick Straram et d’Henry de Béarn. Á l’occasion de cette même exposition, Guy Debord renoue avec Michèle Bernstein, une ancienne de Chez Moineau qu’il épouse le 17 août suivant. Les témoins de cette union sont Mohamed Dahou et André-Frank Conord, lequel sera pourtant exclu définitivement le 29 sous l’accusation de “néobouddhisme, évangélisme, spiritisme[36]. La petite équipe en charge du bulletin Potlatch se trouve donc réduite, moins de deux ans après la création de l’Internationale lettriste, à Mohamed Dahou, rédacteur en chef, Gil J Wolman, Jacques Fillon et son épouse Véra, et Guy Debord et Michèle Bernstein, à l’entame de cette nouvelle période qui va les amener trois ans plus tard à la fondation de l’Internationale situationniste.

La deuxième I.L. : l'élargissement international[modifier | modifier le code]

Après ces nombreux soubresauts, l’objectif est, dans l’optique de se consolider, de nouer des contacts avec divers représentants avant-gardistes européens afin de donner une assise véritablement internationale au petit groupe parisien originel. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre le rapprochement, dès octobre 1954, avec le groupe surréaliste bruxellois aboutissant aux publications d’articles de Guy Debord, Gil J Wolman, Jacques Fillon et Michèle Bernstein dans les numéros 6 à 9 de la revue Les Lèvres nues de Marcel Mariën[37]. À la même époque, l’équipe rédactionnelle de Potlatch se renforce de l’apport de Léonard Rankine, pseudonyme du militant marxiste liégeois André Frankin. Futur membre Hors section de l’Internationale situationniste il offrira dans les articles qu’il signe un niveau d’analyse politique nouveau qui préfigure ce que deviendra ultérieurement l’organisation situationniste à partir de 1962[38].

Par contre, une démarche commune avec les surréalistes français envisagée à l’occasion du centenaire de la mort d’Arthur Rimbaud (tract Ça commence bien ! signé des deux groupes) tourne rapidement court (tract Et ça finit mal, faussaires de l’I.L.) suivi d’un troisième tract des surréalistes, Familiers du Grand Truc (Potlatch no 13 du 23 octobre 1954) qui met un point final à ces échanges définitivement rompus pour l'I.L.. Toujours fin 1954, des contacts sont pris avec le plasticien danois Asger Jorn[39] se disant intéressé par les thèmes défendus par Potlatch qui publie d’ailleurs dans son numéro 15 des extraits du livre Image et Forme sur l’architecture et son avenir. Progressivement intégré au groupe lettriste, il est designé au comité directeur de l'I.L. à l'issue du Congrès d'Alba début septembre 1956[40] et participe en décembre à l’enregistrement de la conférence Histoire de l’Internationale lettriste en présence de tous les lettristes[41]. Durant l’année 1955, l’I.L. enregistre également l’adhésion à son programme de l’écrivain écossais Alexander Trocchi, rédacteur en chef démissionnaire de la revue d’avant-garde anglo-américaine Merlin[42] et futur situationniste, ainsi que le passage plus éphémère de l’écrivain espagnol Juan Goytisolo qui co-signe en octobre 1955 sous le pseudonyme de Juan Fernandez, avec le reste du groupe, une lettre d’insulte à la rédaction du Monde. Le dernier apport notable, est celui d’Abdelhafid Khatib, ami de Mohamed Dahou et futur membre de la section algérienne de l’IS, qui signe un article dans le no 27 de Potlatch du 2 novembre 1956 avant de participer à l’enregistrement de la conférence Histoire de l’Internationale lettriste.

Au-delà de ces questions d’effectifs qui ne sont pas l'essentiel même si dans le numéro 24 de Potlatch du 24 novembre 1955 une annonce proclame ironiquement "Adhérez en masse à l'Internationale lettriste. On en gardera quelques-uns.", la période 55-56 se signale surtout par la poursuite de productions éditoriales telles celles de Debord et Fillon dans la revue Les Lèvres nues[43] ou l’important article bilan de Debord et Wolman dans le “numéro 22 des vacances” du 9 septembre 1955 de Potlatch, Pourquoi le lettrisme ? Á celles-ci, s’ajoutent des interventions de plus en plus marquées dans les milieux culturels avancés visant à installer une notoriété au groupe au-delà des seuls cercles d’avant-garde parisiens. Ainsi faut-il comprendre le courrier adressé (en anglais) en octobre 1955 à la rédaction du Times de Londres pour protester contre le projet de démolition du quartier chinois de la capitale britannique[44]. Et plus encore, en juillet 1956, l’Ordre de boycott lancé contre un Festival de l’Art d’Avant-Garde devant réunir à la Cité Radieuse à Marseille la fine fleur de la modernité d’alors. Dénonçant ce rassemblement artistique d’une avant-garde selon eux déjà dépassée, voire en faillite, G.-E. Debord, Asger Jorn et Gil J Wolman, pour l'Internationale lettriste, appelaient les artistes sollicités à s’en désolidariser ou sinon prendre le risque de voir le nom des participants rendus publics. Dans son compte-rendu publié dans Potlatch no 27, l’I.L. estimera avoir largement contribué à l’échec de la manifestation[45].

Vers l'Internationale situationniste[modifier | modifier le code]

Mais le fait essentiel de l’année 1956, est la participation du groupe au 1er Congrès mondial des artistes libres organisé à Alba en Italie du 2 au 9 septembre par le Laboratoire expérimental du M.I.B.I. (Mouvement international pour un Bauhaus imaginiste) fondé par Asger Jorn en 1953. Cette participation avait été préparée par la multiplication des contacts avec cette organisation et Jorn depuis fin 1954. Réunissant les représentants de fractions avant-gardistes de huit nations, les travaux avaient pour fin de jeter les bases d’une organisation unie. Guy Debord étant retenu à Paris par les autorités militaires, c’est Gil J Wolman qui représentait l’Internationale lettriste. Il y était porteur d’une déclaration programmatique qui y fut lue. La résolution finale, préparée et signée par Debord à Paris, fut adoptée avec quelques modifications par les participants du Congrès d’Alba, pas décisif vers ce qui deviendra un an plus tard l’Internationale situationniste ainsi que relaté dans Potlatch no 27 du 2 novembre 1956[46]. Á la fin de l’année, l’ensemble des membres enregistre au Tonneau d’Or à Paris, un peu comme un testament[47] une “bande sonore obtenue par un détournement collectif” intitulée Histoire de l’Internationale lettriste.

L’année 1957 s’ouvre par les deux exclusions, le 13 janvier, de Jacques Fillon et Gil J Wolman pour le motif officiel de “mode de vie ridicule”[48]. Il ne sera pas procédé à d’autres mouvements d’effectif jusqu’à la fondation de l’Internationale situationniste les 27-28 juillet à la conférence de Cosio di Arroscia dans les Alpes italiennes de Ligurie qui voit l’unification, approuvée “par 5 voix contre 1, et 2 abstentions”, du Mouvement international pour un Bauhaus imaginiste d'Asger Jorn, du Comité psychogéographique de Londres[49] et de l’Internationale lettriste, ouvrant la page d’un autre chapitre de l’histoire des idées contemporaines.

Concepts, théorie[modifier | modifier le code]

Conçue comme acte de rupture avec le lettrisme officiel d’Isou et ses principaux lieutenants accusé d’avoir abandonné l’esprit de révolte originel du mouvement et qualifié pour cela de “tendance rétrograde“, la nouvelle Internationale lettriste, se proclamant par opposition “tendance extrémiste“, s’est vite lancée dans le monde à la fin de 1952 sans grand appareil programmatique ou théorique autre que la réaffirmation des principes initiaux de mépris ou de refus du monde ancien portés par Isou lorsqu’il arrivait à Paris au lendemain de la guerre à peine achevée. Et de fait, c’est par sa pratique de groupe, pourtant particulièrement informel, et non par des réunions, conférences, conseils[50]…, qu’elle va se forger, au fil du temps un corpus de pensée qui va graduellement faire apparaître des concepts, nouveaux ou réactivés, qui vont constituer le socle théorique de la pensée de l’I.L. pour servir ensuite de base à celle de la future I.S. lors de sa fondation et ses premières années.

D’ailleurs, comme l’observera plus tard Guy Debord, “La formule pour renverser le monde, nous ne l’avons pas cherchée dans les livres, mais en errant.[51], évoquant ce qu’était la vie des lettristes de cette époque. En vérité, l’essentiel de leur temps était passé autant à boire dans la plupart des nombreux bars et bistrots de Saint-Germain-des-Prés, principalement Chez Moineau, rue du Four, qu’à simplement flâner dans les rues du quartier.

Il y avait cependant un dessein réfléchi derrière ces déambulations. Par celles-ci, les lettristes entendaient expérimenter ce qu’ils appelèrent la “dérive” au cours de laquelle ils divaguaient dans l’environnement urbain comme des nuages dans le ciel, pendant des heures et quelquefois même plusieurs jours d’affilée, ce mode de comportement expérimental pouvant se définir comme la “technique du passage hâtif à travers des ambiances variées”[52]. Au cours de leurs vagabondages de l’été 53, un Kabyle illettré leur suggéra le terme de “psychogéographie” pour désigner l’ensemble des phénomènes qui les occupaient alors[53] et qu’on peut résumer comme l’étude des effets précis du milieu géographique et de ses forces influentielles sur le comportement affectif des individus permettant de concourir à une transformation de la ville. La dérive pouvait déboucher ainsi sur l'établissement de cartes figurant ces forces afin d'être ensuite utilisées comme support d’un “urbanisme unitaire” à élaborer et développer ultérieurement par la future Internationale Situationniste. Parmi les textes les plus importants sur ces sujets, figurent notamment la “Théorie de la dérive” publiée par Debord dans le no 9 de la revue surréaliste bruxelloise “Les Lèvres nues” en novembre 1956 et le “Formulaire pour un urbanisme nouveau” d’Ivan Chtcheglov (Gilles Ivain), rédigé en octobre 1953 mais dont une version établie par Debord ne sera publiée qu’en juin 1958 dans le premier numéro de la revue Internationale situationniste. Dans ce texte, Chtcheglov plaide pour une ville nouvelle où, comme il l’écrit, “chacun habitera sa « cathédrale » personnelle. Il y aura des pièces qui feront rêver mieux que des drogues et des maisons où l’on ne pourra qu’aimer. ” Après avoir proclamé “il faut construire l’hacienda[54], il indique que l’activité principale des habitants de la ville qu’il appelle de ses vœux sera la Dérive continue. Au même moment, Guy Debord rédige un “Manifeste pour une construction de situations[55], dans lequel, tout en faisant le point sur les avancées apportées à la pensée de l’avant-garde par l’I.L. depuis sa création, il renvoie aux principaux apports du texte de Gilles Ivain. Dans un texte ultérieur publié dans le no 6 de la revue “Les Lèvres nues” en septembre 1955, “Introduction à une critique de la géographie urbaine” consacré à la psychogéographie[56], il illustre la notion de cartes psychogéographiques futures par l’exemple d’un ami ayant récemment parcouru la région du Hartz en Allemagne en suivant aveuglement les indications d’un plan de la ville de Londres, méthode favorite chez les psychogéographes. Le groupe lettriste présente par ailleurs un large ensemble de propositions : abolition des musées avec répartition des œuvres d’art dans les bars, ouvrir le métro la nuit ainsi que les squares en les éclairant faiblement par intermittence, ouvrir les toits de Paris à la promenade au moyen d’échelles de secours et de passerelles, libre accès illimité de tous dans les prisons, etc, etc[57].

Une autre notion importante développée par l’I.L. fût le “détournement”, technique s’inspirant du plagiat consistant à réutiliser des matériaux esthétiques préexistants (littéraires, artistiques, cinématographiques…) pour parvenir à une construction du milieu radicalement nouvelle et supérieure. Le texte qui en formule les contours et les enjeux, Mode d’emploi du détournement, signé Debord et Wolman, paraît dans le numéro 8 des Lèvres nues de mai 1956. Ils y soutiennent, se référant notamment au précédent illustre d’Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, que : « Á vrai dire, il faut en finir avec toute notion de propriété personnelle en cette matière. Le surgissement d'autres nécessités rend caduques les réalisations 'géniales' précédentes. Elles deviennent des obstacles, de redoutables habitudes. La question n'est pas de savoir si nous sommes ou non portés à les aimer. Nous devons passer outre »[58]. Ces techniques seront par la suite amplement utilisées par les situationnistes. Par ailleurs, les concepts situationnistes aussi représentatifs que la construction de situations et le dépassement de l’art ont été également abordés, sinon complètement définis et théorisés, du temps de l’I.L.

Principaux membres[modifier | modifier le code]

S’agissant d’un groupe particulièrement informel tenant plus de la bande de comparses que de l’association de militants adhérents à une cause commune, la notion d’appartenance est difficile à cerner dans le cas de l’I.L. au long de sa courte mais néanmoins animée existence où les recrutements rapides succèdent aux exclusions soudaines. Ici, la communauté de vie apparaît tout aussi importante [59] que l’adhésion à un programme par ailleurs peu défini et en constante évolution. Indépendamment des principaux animateurs et membres fondateurs, l’agrégation de noms en vue de dresser une telle liste est nécessairement aléatoire en l’absence de critères d’adhésion incontestables. La présence d’un nom au bas d’un des quelques textes, articles, tracts ou manifestes signés collectivement ou individuellement paraît être un référent utile, même si le mode de sélection de ces participations peut s’avérer relativement hasardeux [60]. Quand au nombre de ces participants ainsi définis, on pourrait reprendre sans trop se tromper la réponse faite par l’I.S. dans le numéro 9 de sa revue en août 1964 (p. 27) : “Un peu plus que le noyau initial de guérilla dans la Sierra Maestra, mais avec moins d’armes. Un peu moins que les délégués qui étaient à Londres en 1864, pour fonder l’Association internationale des travailleurs, mais avec un programme plus cohérent ”. En tout état de cause, la question du nombre de participants plutôt que leurs qualités n’a jamais été prépondérante, en dépit du slogan affiché dans le numéro 24 de novembre 1955 de Potlatch proclamant « Adhérez en masse à l’Internationale lettriste. On en gardera quelques-uns ».

1952

  • Gil J Wolman. Est avec Debord à Bruxelles, au Ritz contre Chaplin et parmi les quatre signataires du document final d'Aubervilliers[61].
  • Jean-Louis Brau (dit Bull Dog ou Bull D.). Très actif à la manifestation contre Chaplin[62], il récupère le lendemain de la Conférence d'Aubervilliers la bouteille contenant le document final déchiré qui avait été jetée dans le canal Saint-Denis.
  • Serge Berna. Présent à la manifestation contre Chaplin et à Aubervilliers, il sera incarcéré peu de temps après au fort de Cormeilles-en-Parisis et en ressortira en mai pour devenir le premier exclu de l'I.L.
  • Jean-Michel Mension. Fait la connaissance de Guy Debord le jour de ses 18 ans le 24 septembre 1952 et se revendique premier adhérant de l'I.L[63]. N'a pu être présent à la Conférence d'Aubervilliers pour cause d'ébriété profonde[64], mais signe l'article Grève générale dans le no 2 d'Internationale lettriste et bien sûr le Manifeste qui en fait l'ouverture. Il épouse Éliane Papaï le 12 décembre 1953 pour lui éviter le retour en maison de correction[65] et est exclu peu de temps après[66].

1953

  • Mohamed Dahou (dit Midhou ou Hadj Mohamed). Adhésion mentionnée dans Histoire de l'Internationale lettriste[9] au début de l'année 1953. Signataire du Manifeste qui fait l'ouverture du no 2 d'Internationale lettriste et membre du Groupe Algérien de l'I.L[67].. Rédacteur en chef de Potlatch, 32, rue de la Montagne-Geneviève (sic), Paris 5e du no 9 au no 18 et du no 20 au no 22.
  • Sarah Abouaf. Cosignataire du manifeste de l’I.L. de février 1953, elle fait sans doute partie des 2 filles mineures recherchées par la police évoquées par Guy Debord dans sa lettre à Hervé Falcou du 24 février[68]. En effet, elle semble s’être enfuie du foyer de jeunes filles juives dont les parents étaient morts en déportation où elle se trouvait placée avec sa sœur cadette Sylvie, pour rejoindre la bande des “Moineau”. Elle sera un temps la petite amie de Jean-Michel Mension selon son témoignage[69]. Lorsqu’elle passera en jugement avant d’être placée en maison de correction, sa jeune sœur viendra prendra sa suite au sein du groupe.
  • Pierre-Joël Berlé. Cosignataire du manifeste de l’I.L. de février 1953, c’est le second, avec Serge Berna, des signataires en prison à ce moment là. Originaire de Marseille-La Ciotat, c’est un grand ami de Jean-Michel Mension qui l’a rencontré lors d’un séjour sur la Côte d’Azur. Pratique intensivement le vol en tous genres. En avril 1953, il est arrêté pour vol de plomb à la sortie des catacombes de Paris rue Notre-Dames-des-Champs (cf. le tract Touchez pas aux lettristes[70] signé de tous les garçons déjà signataires du manifeste de l’I.L. sauf lui-même et Berna, emprisonnés, plus Gaëtan M. Langlais, fraichement intégré au groupe). En septembre 1953, il fait partie de la série d’exclusions visant à éliminer notamment les éléments à tendances crapuleuses[71]. Bien qu’ayant pour compagne à l’époque Eliane Dérumez (“la grande Eliane”), grande consommatrice d’éther avec entre autres J.-M. Mension, il aura un temps une brève idylle avec Michèle Bernstein puis s’engagera dans la Légion étrangère pour fuir la justice. Il partira combattre en Algérie où il sera sérieusement blessé. On le retrouvera plus tard mercenaire au Katanga[72].
  • René Leibé. Cosignataire du manifeste de l’I.L. de février 1953 et ami de Toutoune la sœur de Gaëtan Langlais. Présentait la particularité d’avoir des ongles de 10 cm de long peu propices à l’exercice de quelque travail que ce soit[73]. Cosignataire du tract Touchez pas aux lettristes[70] d'avril 1953 signé de tous les garçons déjà signataires du manifeste sauf ceux emprisonnés, plus Gaëtan M. Langlais, récemment intégré au groupe.
  • Linda Fried. Cosignataire du manifeste de l’I.L. de février 1953. Copine d’Éliane Papaï, elle est en attente d’un jugement selon une lettre de Gil J Wolman à J.-L Brau du printemps (ou juillet) 1953[74]. Selon Jean-Michel Mension[75] et Christophe Bourseiller[76], elle aurait participé aux premières dérives pratiquées en stop à l’occasion des grèves de transports en commun à Paris pendant l’été 1953.
  • Françoise Lejare. Cosignataire du manifeste de l’I.L. de février 1953 alors qu'au moment de la sortie du numéro 2 d’Internationale lettriste qui s'ouvre sur lui, elle se trouve en Algérie avec son mari Jean-Louis Brau et Gil J Wolman[77].
  • Éliane Pápaï. Cosignataire du manifeste de l’I.L. de février 1953. Née le 12 mai 1935 à Paris 12e, elle fait partie avec Sarah Abouaf des deux filles mineures recherchées par la police évoquées par Guy Debord dans sa lettre à Hervé Falcou du 24 février 1953 sur les signataires du manifeste de l’I.L[68]. Fille d’un émigré hongrois et d’une mère espagnole morte assez jeune d’un cancer et ne supportant pas la nouvelle femme de son père, elle s’enfuit de chez elle. Rattrapée par la police, elle est placée en maison de correction à Chevilly-Larue dont elle s’échappe. Reprise, elle est placée dans un foyer du Bon-Pasteur à Auteuil pour y suivre des cours de secrétariat qu’elle fréquente irrégulièrement. Elle commence à fréquenter encore mineure les bars de Saint-Germain-des-Prés et particulièrement Chez Moineau où elle retrouve certains des jeunes lettristes qui ont précisément attaqué au début des années 1950 l’orphelinat catholique d’Auteuil. Le photographe hollandais Ed Van der Elsken en fera une des égéries sauvages de l’album évoquant cette période qu’il publiera en 1956[78]. Encore mineure, elle connaît une brève idylle avec Guy Debord qui conservera d’elle l’image de l’incarnation la plus pure et la plus poétique de la révolte contre tous les ordres établis, véritable symbole de cette période vers laquelle il reviendra à plusieurs reprises, notamment dans son album Mémoires publié en 1959, dans son film In girum imus nocte et consumimur igni en 1978 et dans Panégyrique, tome second, publié en 1997. Après sa rupture avec Guy Debord, Jean-Michel Mension s’éprend d’elle ainsi qu’Ivan Chtcheglov qui a passé l’été à vendre en sa compagnie le no 3 d’Internationale lettriste aux terrasses des cafés de Saint-Germain-des-Prés. Dans un lettre qu’il adresse à ce dernier en novembre, Guy Debord lui donne son aval pour « détourner toute compagne de Mension qu’il (lui) plaira », mais finalement c’est Jean-Michel Mension qui l’épouse le 12 décembre 1953 à la mairie du XIXe alors qu’elle vient d’avoir 18 ans pour lui éviter un nouveau séjour en maison de correction suite à une nouvelle évasion de l’institution où elle était placée. Elle deviendra plus tard, l’épouse de Jean-Louis Brau. De mœurs très libres pour l’époque et son jeune âge, le surnom de Gigolette lui est quelquefois attribué par Guy Debord ou Gilles Ivain. Elle publiera à l’automne 68 sous le nom d’Éliane Brau, un ouvrage, Le Situationnisme ou la nouvelle internationale aux Nouvelles Éditions Debresse dont il sera donné un compte-rendu critique dans le dernier numéro d’Internationale situationniste, septembre1969, page 103. Elle y propose une lecture revisitée et distanciée de la période de l’I.L. Elle décède le 27 décembre 1992 à Paris 12e.
  • Groupe Algérien. Sa création est attestée en avril 1953 par la publication de son Manifeste signé à Alger par Hadj Mohamed Dahou, Cheik Ben Dhine, Ait Djafer[79]. On possède peu d’information sur ses activités, étant rappelé qu’à l’époque les troubles de ce qui deviendra la guerre d’Algérie ont déjà débuté rendant toute manifestation dans cette région hautement problématique. Le projet de tract Faire-part du 10 mars 1954[80] nous apprend que Mohamed Dahou envoyé sur place pour dissoudre ce Groupe algérien est finalement rentré après l’avoir réorganisé. Une brève dans le numéro 1 de Potlatch (nouvelle affectation), juin 1954, indique que le groupe est centré sur Orléansville (actuelle Chlef) « la ville la plus lettriste du monde » selon Potlatch no 12, tandis que le no 8 du 10 août 954, informe d’un projet d’affiche du groupe pour les murs d’Algérie : «  Allez passer vos vacances au Maroc ». Le 9 septembre 1954 la ville d’Orléansville est victime d’un puissant séisme faisant des milliers de victimes ; le no 12 de Potlatch (28 septembre 1954) qui en rend compte craint des pertes lourdes parmi les membres locaux de l’I.L., mais le suivant (23 octobre) se montre cependant rassurant sur ce bilan et le maintien des possibilités d’agitations sur place. Même si Mohamed Dahou reste ensuite très présent au sein du groupe français, dans le bulletin Potlatch dont il est rédacteur en chef du no 9 au no 18 et du no 20 au 22, puis dans les débuts de l’I.S., le Groupe algérien ne fait plus parler de lui après 1954.
  • Gaëtan M. Langlais. Marcel Henri Langlais (dit Gaëtan M., 1935-1982). Très tôt intégré au groupe lettriste au printemps 53 (ainsi que son jeune frère Pierre qui se suicidera de manière inexpliquée), il n’apparaît pas dans le manifeste de février 53, mais est des signataires du tract Touchez pas aux lettristes (avril 1953) diffusé après l’arrestation pour vol de plomb la nuit dans les catacombes de Pierre-Joël Berlé. Auteur de Jolie Cousette, texte par détournement (1952-1953) présenté dans le numéro 3 d'Internationale lettriste (août 1953) où il retranscrit le slogan qu’il laisse partout sur son passage sous forme de graffiti :« Les Chinoises pour Gaëtan ». Dans ce même numéro, il est mentionné encore comme l’assistant d'un projet de film avec Guy-Ernest Debord, La Belle Jeunesse ; il y fait partie également, avec Bull D. (Jean-Louis) Brau, Guy-Ernest Debord et Gil J Wolman, des signataires de l'« Acte additionnel à la constitution d'une Internationale lettriste » (« Les rapports humains doivent avoir la passion pour fondement, sinon la terreur ») et du texte « Il faut recommencer la guerre en Espagne ». Au titre de ses activités de groupe, l’une des dérives qu’il effectue à la fin de l’année 1953 en compagnie de Debord et Chtcheglov fera l’objet d’un compte-rendu détaillé publié dans le no 9 de la revue belge Les Lèvres nues (pages 10 à 12). Rare lettriste à avoir un emploi, il exerçait son activité dans une entreprise d’import-export d’où son surnom de Double Wagon. Présenté comme démissionnaire de l’Internationale lettriste en février ou mars 1954, un projet de tract du Comité directeur de l’I.L[80] le cite cependant comme le dernier des éliminés pour déviations doctrinales ou médiocrité personnelle, Potlatch numéro 2 du 29 juin 1954 précisant sous la signature de Gil J Wolman, « exclu » pour « sottise ». Il restera cependant en rapport avec Ivan Chtcheglov, malgré le jugement défavorable que porte Guy Debord sur cette relation[81].. Il collabore ensuite, en y apportant des dessins et poèmes, régulièrement à Front noir (1963-1967), revue opposée aux théories situationnistes sans toutefois s’y référer explicitement, dirigée par Louis Janover dont sa sœur Monique est la compagne et future épouse. Il avait pour frère cadet Roger Langlais (1941-2018) essayiste et peintre français, co-fondateur de la revue L’Assommoir (1978-1895) et directeur de la collection Table rase aux éditions Plasma qui rééditeront en 1978 la revue bruxelloise Les lèvres nues avec de nombreux textes de Debord de l’époque lettriste, mais sans préface de Marcel Mariën.
  • Gilles Ivain (Ivan Chtcheglov). Bien que n'ayant été présent au sein du groupe que tout juste une année (juin 53-juin54) son apport y aura été fondamental. Guy Debord lui rend ainsi un vibrant hommage dans son film de 1978 In girum imus nocte...: «personne d'autre ne le valait cette année là (...) On eût dit qu'en regardant seulement la ville et la vie, il les changeait. Il découvrit en un an des sujets de revendication pour un siècle»[82].
  • Patrick Straram. Ancien habitué des caves et cafés de Saint-Germain-des-Prés dés 1950, il ne rejoint toutefois le groupe de l'I.L. qu'en septembre 1953 après que son ami Ivan Chtcheglov s'y soit intégré en juin 1953. Mais, peu de temps après, suite à un esclandre sur la voie publique il sera mis en détention deux mois à l'automne à l'asile d'aliénés de Ville-Évrard. Une fois relâché grâce à l'intervention de ses amis, il ne reste à Paris que quelques semaines avant de repartir vers le Canada en avril 1954 fuyant la conscription militaire. Entretemps, il avait essayé de soumettre à quelques éditeurs son roman, maintes fois remanié, Les bouteilles se couchent où il évoque, dans un style mouvementé et cru, l'atmosphère des bistrots fréquentés par les lettristes dont on reconnaît le portrait de certains au détour de quelques pages. Ce court roman, longtemps considéré comme perdu à fait l'objet en 2006 aux éditions Allia d'une heureuse édition, car il constitue un témoignage unique sur cette période et ce milieu des avant-gardes marginales.
  • Henry de Béarn. Bien que n’ayant sans doute jamais rencontré Guy Debord, et en toute hypothèse absent de France durant toute la période 53-54 de développement de la première I.L., il s’est trouvé enrôlé à distance dans celle-ci du seul fait de ses liens d’amitié avec Ivan Chtcheglov, comme figure légendaire, ainsi que le sera Ivan dans l’Internationale situationniste quelques années plus tard. Henri Jean de Galard de Béarn, né le 28 juin 1931 à Argelès-Gazost (Hautes-Pryrénées) et bachelier à 16 ans, arrive à Paris en 1948 pour des études de lettres (licence en 2 ans). Épris de voyages et d'horizons nouveaux, en 1949 il effectue avec deux amis un voyage de plus de six mois (janvier-juillet) en Allemagne, Suisse, Algérie et Tunisie. Il rencontre fin 49 - début 50 au café le Dupont-Latin Ivan Chtcheglov dont il devient très proche et vit alors hébergé chez les Chtchegloff, 12 rue de Civry à Paris XVIe. Grand admirateur de Serge Berna, Henry participe au Grand Meeting des Ratés du 16 mars 1950 où se prépare sans doute le Scandale de Notre-Dame du dimanche de Pâques suivant le 9 avril. Il est même vraisemblable qu'il ait fait partie des quelques lettristes venus soutenir leurs compagnons Michel Mourre, Serge Berna, Ghislain Desnoyers de Marbaix et Jean Rullier. Très impressionné par ce fait d'arme, 40 jours plus tard, le 19 mai 1950, Henri de Galard de Béarn, (19 ans) selon les journaux qui le relate, est arrêté alors qu'il s'apprêtait à se procurer 25 kilos d'explosifs pour faire sauter la Tour Eiffel. Il déclare à la police que c'était “pour faire mieux que Michel Mourre[83]. Á l’été 50, lui et Ivan voyagent en France et en Europe ; le 15 juin, ils sont à Bruxelles où Henry donne une conférence « Vers un nomadisme nouveau » ; en août, ils sont à Carcassonne. Le 5 octobre, ils écrivent à Blaise Cendrars une lettre d'admiration. Début 1951, les deux amis sont en Espagne. Henry rentre seul à Paris en février, mais dès fin juillet, il séjourne en Israël d’où il rentre via la Grèce et la Yougoslavie. D’un voyage effectué cette même année au Canada, il a rapporté un roman de 700 pages qu’il soumet au romancier Georges Arnaud qui lui donnera son avis sincère le 13 novembre. Bien que sa nouvelle petite amie Marguerite « Guitou » Harispe, sœur ainée de Kaki, comme elle de la bande de Chez Moineau, attende un enfant de lui qui va naître le 7 novembre, il s’embarque pour un séjour à Montréal, d’octobre à décembre 1951. En janvier suivant, il est aux Bermudes, puis à Cuba de février à juin et arrive à Caracas (Venezuela) à l’ambassade de France en juillet 1952 pour plus de 2 ans. Dans le projet de tract Faire-part[80] du 10 mars 1954, où le « Comité directeur de l’I.L. » fait le point sur les projets du groupe et la situation de ses effectifs après les exclusions des derniers mois, il est laissé entendre qu’Henry dirige un groupe vénézuélien et s’apprêterait à quitter son poste d’attaché d’ambassade pour nouer des contacts dans d’autres pays voisins. Il est ensuite mentionné signataire de la déclaration du no 4 d'Internationale Lettriste en juin 1954 avant de démissionner de l'I.L. en solidarité avec la démission/exclusion de son ami Ivan Chtcheglov. Quelques semaines plus tard, fin septembre 1954, il rentre à Paris et épouse le 9 avril 1955 la mère de son fils Gilles Henri. Au début des années 60, il dirige à Buenos-Aires le bureau d’Air France, compagnie dans laquelle il exercera ensuite des responsabilités. Selon Vincent Kaufmann[84], il deviendra un notable du mouvement gaulliste avant de décéder à Agen le 13 janvier 1995.

1954

  • André-Franck Conord. André Conord dit André-Frank, né 11 novembre 1929 à Viroflay et décédé le 3 novembre 2008 à Saint-Jean-de-Verges (Ariège), faisait partie des habitués de Chez Moineau[85]. Comme proche d’Ivan Chtcheglov et Henry de Béarn, il est intégré au groupe. Dans ce cadre, il est mentionné comme participant à l’exposition Avant la Guerre – 66 métagraphies influentielles organisée à la galerie du Double Doute, passage Molière à Paris du 11 juin au 7 juillet 1954 et se trouve cosignataire pour l’I.L. de la déclaration du no 4 d’Internationale lettriste (juin 1954) ainsi que de tous les articles collectifs parus dans les 8 premiers numéros de Potlatch (28 juin-10 août 1954) dont il assure la rédaction en chef. Á titre personnel, on lui doit les articles Un nouveau mythe (no 1), Construction de taudis (no 3) et Délimitation du mythe (no 6). Le 17 août, il est un des deux témoins avec Mohamed Dahou du mariage de Guy Debord avec Michèle Bernstein. Mais il est néanmoins exclu le 29 août suivant suite une rencontre avec Isou qui occasionne sa démission immédiate, transformée[86] en exclusion pour “néoboudhisme, évangélisme, spiritisme”. Il publie dans le no 12 de Potlatch une “autocritique” qui servira de motif aux membres du groupe surréaliste parisien pour se retirer d’un projet d’action commune envisagé à l’occasion du centenaire d’Arthur Rimbaud, le caractère humoristique de ce texte leur ayant semble-t-il échappé. Dans une lettre à Asger Jorn rédigée peu après, il lui indique vouloir arrêter l’écriture et se lancer dans l’architecture (sans avoir toutefois de notion technique).
  • Jacques Fillon. Jacques Guy Fillon, né à Nice le 10 mars 1933 où il décéde le 5 novembre 2011 est un ancien condisciple de Guy Debord au lycée Carnot de Cannes. Il le suit à Paris peu de temps après qu'il s'y soit installé à l'automne 1951[87] mais n’intègre cependant le groupe qu’au premier semestre 1954, à la faveur des départs de fin 53-début 54 (Berna, Mension, Brau, Berlé, Langlais, Straram). Première signature attestée, la réponse du 5 mai 1954 pour l’I.L. à l‘enquête de la revue La Carte d’après nature[88]. Á partir de là, il est couramment associé aux manifestations et expressions collectives du groupe lettriste, notamment la déclaration du no 4 d’Internationale lettriste (juin 1954), l’exposition Avant la Guerre – 66 métagraphies influentielles organisée à la galerie du Double Doute, passage Molière à Paris du 11 juin au 7 juillet 1954, les nombreux articles collectifs dans chaque numéro (sauf le 16) du bulletin Potlatch dont il sera même rédacteur en chef des numéros 23 et 24 (octobre et novembre 1955), ainsi que la polémique de l’automne 54 avec le groupe surréaliste. Il sera également signataire de trois articles personnels dans les numéros 15, 17 et 21 de Potlatch et d’une Description raisonnée de Paris dans le no 7 de la revue bruxelloise Les Lèvres nues (décembre 1955). Comme Mohamed Dahou, il seconde Guy Debord pour l’organisation d’expositions auxquelles participe l’I.L et dans les contacts noués avec Jorn et Frankin. En avril 1955, sur la route de Cannes[89], il participe avec son Véra épouse et Guy Debord à l’exploration psychogéographiue du Palais idéal du facteur Cheval à Hauterives (Drôme) et à l’automne (Potlatch 23), les couples Fillon et Debord/Bernstein accompagnés de l’écrivain espagnol Juan Goytisolo participent à une visite du Désert de Retz à Croissy-sur-Seine, lieu d’errance des surréalistes naguère. Du 10 au 15 décembre 1956, il participe à l’exposition « Manifester en faveur de l’urbanisme unitaire » à Turin en compagnie des futurs situationnistes italiens. En dépit de cette proximité, il n’en est pas moins exclu le 13 janvier 1957 en même temps que Wolman[90] pour « mode de vie ridicule » (les deux exclus venant d’être pères de famille[91], Fillon étant gratifié du commentaire complémentaire sur son rôle dans l’I.L. : « n’avait rien fait ».
  • Michèle Bernstein. Bien qu’ancienne habituée de Chez Moineau ayant notamment assisté à la projection mouvementée du premier film de Guy DebordHurlements en faveur de Sade le 13 octobre 1952, elle reprend contact avec lui à l’occasion de l’exposition Avant la Guerre – 66 métagraphies influentielles organisée à la galerie du Double Doute, passage Molière à Paris du 11 juin au 7 juillet 1954 et n’intègre le groupe lettriste qu’en juillet 1954 à partir du no 3 de Potlatch où elle signe au début Michèle-Ivich Bernstein.
  • Véra (Fillon). Jeune fille d’origine russe côtoyant à Cannes Guy Debord et Jacques Fillon qu’elle épousera plus tard[92], elle intègre le groupe (seule fille alors avec Michèle Ivich Bernstein) à la fondation de Potlatch dans les bulletins duquel son nom apparaît de multiples fois, uniquement comme cosignataire, du no 6 au no 22 (octobre 1955). Elle est présente également lors des excursions psychogéographiques à Hauterives et au Désert de Retz en 1955.
  • Groupe Suisse. Le numéro 13 de Potlatch sous le titre Education européenne fait état de conversations engagées avec un Groupe Suisse de l’I.L. formé le 20 octobre 1954 dont l’adresse est à Lausanne. Le numéro 15 (l’hiver en suisse) informe de la rupture en date du 7 décembre avec ce groupe dont les membres « doivent être considérés comme de purs et simples provocateurs ». Entre temps, une conférence du Groupe organisée le 5 novembre à Neuchâtel suivie d'une rixe puis de représailles des lettristes d’une part et des autorités fédérales de l’autre avait dû donner lieu à un tract de soutien du Groupe Français de l’I.L. détaillant l’ensemble des faits[93]. Cet éphémère et particulièrement agité groupe helvétique refera surface épisodiquement en juillet 1955 à l’occasion d’un vif accrochage entre l’un de ses anciens membres et Mohamed Dahou[94]. Les membres identifiés de ce groupe sont : Charles-Émile Mérinat, Marcel Zbinden (par ailleurs militaire), Maurice Crausaz, Gida Croèti, Jean-Pierre Lecoultre, Pierre-Henri Liardon, Claude Recordon et Juliette Zeller. Le bulletin du Groupe, interdit suite aux incidents de novembre 54, s’intitulait Phosphore.
  • André Frankin (alias Léonard Rankine). Militant marxiste né à Liège le 16 juin 1925 où il décède le 28 mars 1990[95] est entré en contact avec Guy Debord en juin 1954. Il commence à publier, sous le pseudonyme de Léonard Rankine, des articles dans Potlatch (no 15, 17, 20 et 22) à teneur plus concrètement politique que ceux y paraissant d’habitude. Après une interruption d’octobre 1955 à mai 1957 liée à une brouille passagère, il fait paraître un nouvel article dans le no 28, cette fois sous son vrai nom, avant d’intégrer l’Internationale Situationniste (hors section) jusqu’à sa démission en mars 61.

1955

  • Asger Jorn. Entre en contact avec l’I.L. par l’intermédiaire d’André-Frank Conord au moment où il quitte le groupe et la rédaction en chef de Potlatch après la parution du no 8. La correspondance avec Guy Debord permet un rapprochement de leurs positions respectives en matière de conception des avant-gardes et l’intégration au Groupe se fera ensuite naturellement. Un extrait traduit de l’italien d’Image et forme d’Asger Jorn est publié dans le no 15 de Potlatch (décembre 1954) et en juillet 1956, il cosigne pour l’I.L. avec Guy Debord et Gil J Wolman l’Ordre de boycott contre le Festival de l’Art d’Avant-Garde organisé à la Cité Radieuse à Marseille à partir du 4 août 1956. Il participe également en décembre de la même année à l’enregistrement au Tonneau d’Or d’Histoire de l’Internationale lettriste[96].
  • Alexander Trocchi. Son adhésion est signalée (vite fait) dans le no 23 de Potlatch du 13 octobre 1955. On le trouve dès lors cosignataires pour l’Internationale lettriste du tract Toutes ces dames au salon visant et dénonçant les participants ou soutiens à l’exposition tenue du 2 au 14 juin 1956 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles sous l’égide de la société pétrolière Royal Dutch-Shell, puis il est intégré aux débuts de l’aventure situationniste jusqu’à sa démission à l’automne 1964.
  • Juan Goytisolo (alias Juan Fernandez). Jeune écrivain arrivant de Barcelone, il fait la connaissance de Guy Debord qui l’emmène avec Michèle Bernstein dans cafés arabes du quartier Maubert-Mutualité et les bistrots d’exilés républicains espagnols d’Aubervilliers. Ils participent également ensemble à l’automne 1955 avec le couple Fillon à l’exploration psychogéographique du Désert de Retz à Croissy-sur-Seine et le numéro 23 de Potlatch du 13 octobre 1955 publie une lettre provocatrice à la direction du Monde qu’il cosigne sous le pseudonyme de Juan Fernandez avec Debord, Michèle Bernstein et Jacques Fillon. Mais lorsqu’il commencera à trop côtoyer les grandes figures de la gauche littéraire parisienne, son arrivisme déplaîra vite à Debord qui s’en détournera, l’affublant dès lors de l’infâmant sobriquet de « Goyti-salaud ».

1956

  • Abdelhafid Khatib. Ami de Mohamed Dahou, il intègre le groupe en 1956 et publie un premier article dans le no 27 de Potlatch du 2 novembre 56 :« L’expression de la révolution algérienne et l’imposteur Kateb Yacine » puis participe le 6 décembre suivant au Tonneau d’Or, à l’enregistrement d’Histoire de l’Internationale lettriste[96] en compagnie de l’ensemble du groupe. Pour l’I.S., il fournira, outre de gros travaux de traduction, un important article dans le no 2 de la revue (Essai de description psychogéographique des Halles), précédant la republication de Théorie de la dérive de Debord qui figurait au sommaire du no 9 de la revue Les Lèvres nues en novembre 1956. Avant de démissionner de l’I.S. en 1960, il occupera un temps, après Mohamed Dahou, l’appartement laissé vacant rue Campagne-Première à Paris 14e par Alexander Trocchi suite à sa longue absence aux Etats-Unis.

Membres de loin[modifier | modifier le code]

L’expression “membre de loin ” a été employée par l’Internationale situationniste pour désigner Ivan Chtcheglov, alias Gilles Ivain[97], en considération du considérable travail de recherche qu’il avait apporté à la théorie situationniste en gestation du temps de l’I.L. N’étant plus alors, en raison des contraintes psychiatriques qu’il affrontait, en capacité de s’associer à l’activité du groupe situationniste nouvellement formé, il lui était ainsi reconnu une communauté de pensée qui en faisait ainsi un membre sinon actif du moins inspirant du groupe réuni autour de Debord, Vaneigem et consorts. Ce faisant, l’I.S. se plaçait dans le droit fil d’un des critères qu’édictait Debord en février 1953 pour justifier de certains signataires du Manifeste ouvrant le no 2 d’Internationale lettriste, à savoir une “participation générale à l’esprit moderne”[98]. En se prévalant de ce principe large mais exigeant, l’appellation peut s’appliquer à bon nombre des compagnons de cette époque qu’on croise au hasard des témoignages de quelques-uns des participants majeurs de cette histoire ou sur l’un ou l’autre des clichés les illustrant et qui viennent logiquement s’intégrer dans ce “passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps” qu’évoquera plus tard Debord dans un de ses films. Sans prétendre à être exhaustif, méritent d’être cités, sans ordre ni priorité, Pierre Feuillette, grand pourvoyeur de haschich et substances diverses, Edith Abadie, Paulette Vielhomme et Eliane Derumez, Sacha et Claude Strelkoff, Jacques Herbutte dit Baratin, Claude Clavel, Fuchs, Youra, Garans, Ghislain Desnoyers de Marbaix, Vali Meyers, Fred (Auguste Hommel), Fonta, Jacques Moreau dit le Maréchal, Mel, les sœurs Harispe et notamment Kaki dont l’histoire est un peu entrée dans la légende de l’I.L. Et puis un traitement spécifique est à réserver à deux garçons qui, bien que n’ayant pas été de l’aventure lettriste à partir de 1953 ont été inclus par Guy Debord dans un carton manuscrit, façon fichier de l’I.L[99]., intégrant avec les noms de Serge Berna, Jean-L. Brau, G.E. Debord, JM. Mension et Gil J Wolman, ceux de Hervé Falcou et CP. Matricon.

  • Hervé Falcou. Á peine évoqué par les premiers biographes de Guy Debord comme condisciple de lycée, né à Cannes le 27 août 34 et décédé dans l’Aube le 7 décembre 2000[100], il serait demeuré ignoré du public sans la publication en fac-similé en 2004 des lettres reçues de Guy Debord entre l’automne 49 et le début 1953[101]. Fruits d’une amitié née au printemps 1949, alors que pour raison de santé, il était venu terminer à Cannes son année scolaire, elles sont un témoignage irremplaçable de la formation de la pensée du futur fondateur de l’I.L, puis de l’I.S. ou tout du moins d’un embryon de système de représentation du monde et de comment le bouleverser, à tout le moins. D’abord empruntes de références aux grands poètes de la rupture (Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire) puis au surréalisme et ses figures tutélaires (Lautréamont, Cravan, Dada) et aux premières manifestations lettristes autour d’Isidore Isou, ces correspondances intenses et exigeantes permettent à ces jeunes interlocuteurs de se dégager un chemin de vie. Hervé Falcou, parisien d’origine retourne chez lui à la rentrée 1950 pour effectuer sa terminale à Paris mais les échanges se poursuivent et s’entretiennent lors de quelques séjours à Cannes. Ainsi, à l’été 51, les deux comparses adressent une lettre commune à Picasso pour lui exprimer leur admiration. Mais Debord, devenu parisien à l’automne 51 est à présent engagé dans l’aventure collective du lettrisme qui l’accapare fortement. Il essaye un temps d’y inviter son ancien compagnon notamment dans une dernière lettre fin février 53 lui proposant de l’inclure aux signataires du manifeste de l’I.L. à paraître dans le numéro 2 de la feuille ronéotypée au titre éponyme. Silence ou refus explicite de celui-ci, le lien sera de toute façon définitivement rompu. Hervé Falcou deviendra professeur de philosophie à l’École normale de Versailles puis à Saint-Raphaël. Par fidélité à ce passé commun, en mars 1963 alors que son ancien ami publie un article critique dans l’Express sur les revues en marge où l’Internationale situationniste se trouve citée, Debord refuse qu’il y soit répliqué publiquement.
  • Claude-Pierre Matricon. De Claude-Pierre Matricon (19 septembre 1929-10 mars 2013)[102], les bibliographies du lettrisme font état, dans le numéro 1 de Ur, Cahiers pour un dictat culturel, s.d. [décembre 1950], de plusieurs articles signés CP-Matricon (La Ménopause des Dieux (fragment), Prélude à un autre, ainsi que Pour une mort synthétique avec Gil J Wolman, et, cosignés avec ***, alias Jean-Louis Brau, Vingt questions sur le lettrisme et De la narration signifiée à la période haeccitatique). Après cette abondante production, il n’existe aucun autre texte antérieur ou postérieur à la création en juin 52 à Bruxelles de l’I.L., d’abord comme tendance puis comme Groupe autonome à l’automne, signé de ce même Matricon. Mais, son nom figure sur cette fiche, estimée de 1953, établie par Guy Debord intitulée “Internationale lettriste, les pages de l’I.L. mises bout à bout…[103] où sont répertoriés par ordre alphabétique les noms des quatre fondateurs historiques, plus JM. Mension, Hervé Falcou et donc CP. Matricon. Même si l’on ne connaît guère plus sur ce personnage, au moins à ce titre, sa présence comme membre secondaire de l’I.L. parait justifiée, d’autant qu’il convient de noter que le terme « Internationale lettriste » avait été employé pour la première fois dans l’article précité de décembre 1950 Vingt questions sur le lettrisme[104]. Et il faut également rappeler que Claude-Pierre Matricon faisait partie des troupes de soutien à Berna et Mourre lors du Scandale de Notre-Dame[105].
  • Jacqueline Harispe (dite Kaki). Sœur cadette de Guitou, future femme d’Henry de Béarn. Leur père, Michel Harispe, né en 1905, ingénieur électricien de profession, cagoulard avant guerre et membre après l’armistice de 1940 du groupe collaborationniste M.S.R., sera condamné à mort en 1948 pour trahison et mourra en prison, leur mère étant elle décédée avant 1950. Les deux sœurs sont élevées par leur grand-mère puis seules 7, rue Le Goff dans le 5e. Patrick Straram est un des meilleurs amis de la cadette, Kaki, d’une beauté fascinante et qui fût un temps mannequin chez Dior. Mais sa vie de bohème où la drogue prend une place de plus en plus importante la conduisent le 28 novembre 1953, à demi nue, à enjamber la fenêtre de sa chambre d’hôtel pour se jeter du troisième étage dans le vide[106]. Elle avait juste 20 ans et sa mort attriste tout ses proches et notamment Guy Debord qui réalisera à sa mémoire une très belle métagraphie qu’il intitule Mort de J.H. ou Fragiles Tissus (en souvenir de Kaki)[107], l’inscrivant à jamais dans la légende de l'Internationale lettriste. Avant cette fin tragique, elle avait eu une fille, Michèle, que sa sœur aînée Marguerite (dite Guitou) adoptera[108].

Œuvres cinématographiques[modifier | modifier le code]

  • Gil J Wolman, L'Anticoncept (1951).
  • Guy-Ernest Debord, Hurlements en faveur de Sade (1952).
  • Jean-Louis Brau, La Barque de la vie courante, projet non abouti annoncé sur le tract La Nuit du Cinéma.
  • Serge Berna, Du léger rire qu'il y a autour de la mort, projet non abouti annoncé sur le tract La Nuit du Cinéma.
  • Guy-Ernest Debord, assisté de Gaëtan M. Langlais, La Belle Jeunesse, projet non abouti annoncé en cours de tournage[109].
  • Gil J Wolman, Faut m'avoir ce mec, annoncé en cours de tournage[109].
  • Gil J Wolman, Oraison funèbre, annoncé en cours de tournage[109].
  • Bull D. Brau alias Jean-Louis Brau, La Citadelle, annoncé en cours de tournage[109].
  • Gil J Wolman, La nuit n'est pas un endroit pour mourir, projet de film interdit[110].

Repères bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Internationale lettriste, 4 numéros (Paris, novembre 1952 - juin 1954), in Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste, 1948-1957, éditions Allia, Paris, 1985, (ISBN 2-904235-05-1)
  • Collectif, Visages de l'avant-garde, 1953, inédit. Jean-Paul Rocher éditeur, Paris, 2010 ; nouvelle édition revue et augmentée, La Nerthe, Toulon, 2020.
  • Collectif, Potlatch, "bulletin d'information de groupe français de l'Internationale lettriste" puis "bulletin d'information de l'Internationale lettriste", 29 numéros (Paris, 1954-1957) ; rééd. augmentée avec une présentation de Guy Debord, Éditions Gérard Lebovici, Paris, 1985, (ISBN 2-85184-163-7) ; Édition Folio-Gallimard, Paris, 1996.
  • Collectif, Les Lèvres nues, 12 numéros (Bruxelles, 1954-1958) ; rééd. en fac-similé des douze numéros, Paris, Éditions Plasma, 1978, (ISBN 2-901376-22-3) ; réédition éditions Allia, Paris, 1999.
  • Guy Debord, Le marquis de Sade a des yeux de fille, Librairie Arthème Fayard, Paris, 2004 : fac-similés de lettres adressées au début des années cinquante par Guy Debord à Hervé Falcou et Ivan Chtcheglov, responsable d'édition : Patrck Mosconi, (ISBN 2 213 62121 7)
  • Guy Debord, Les Environs de Fresnes, 1952-1953, in Guy Debord, Enregistrements magnétiques, Gallimard, Paris, 2010 (ISBN 978-2-07-012787-0)
  • Guy Debord, Histoire de l'Internationale lettriste, décembre 1956, in Guy Debord, Enregistrements magnétiques, Gallimard, Paris, 2010, 2010 (ISBN 978-2-07-012787-0)
  • Guy Debord, Correspondance, vol. “0”, septembre 1951 - juillet 1957, Librairie Arthème Fayard, Paris, 2010, (ISBN 978-2-213-65580-2)
  • Guy Debord, Lettres à Marcel Mariën, La Nerthe, Toulon, 2015, (ISBN 978-2-916862-60-6)
  • Guy Debord, Mémoires, ouvrage "entièrement composé d'éléments préfabriqués sur des structures portantes d'Asger Jorn", comprenant trois parties (juin 1952, décembre 1952 et septembre 1953) qui se réfèrent à la genèse et au début de l'I.L., ; 1re édition par l'Internationale situationniste, Copenhague 1958 (indiqué par erreur 1959) ; réédition Paris 1993, Jean-Jacques Pauvert, Aux Belles Lettres, précédé d'Attestations de Guy Debord d'octobre 1993 ; éd. Allia, 2004, suivi de Origine des détournements, (ISBN 2-84485-143-6)
  • Guy Debord, Œuvres, édition établie et annotée par Jean-Louis Rançon en collaboration avec Alice Debord, préface et introductions de Vincent Kaufmann, 1902 pages, Quarto Gallimard, Paris, 2006, (ISBN 2-07-077374-4)
  • Éliane Brau (Eliane Papaï, puis Eliane Mension), Le Situationnisme ou la Nouvelle Internationale, Nouvelles éditions Debresse, collection Révolte no 3, Paris, 1968.
  • Jean-Louis Brau, Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi ! - Histoire du mouvement révolutionnaire étudiant en Europe, Albin Michel, Paris, 1968.
  • Jean-Louis Brau, Le Singe appliqué, Grasset, Paris, 1972, réédition Le Dilettante, Paris, 2012.
  • Ivan Chtcheglov, Écrits retrouvés, établis et présentés par Jean-Marie Apostolidès & Boris Donné, éd. Allia, Paris, 2006, (ISBN 2-84485-213-0)
  • Jean-Marie Apostolidès & Boris Donné, Ivan Chtcheglov, profil perdu, éd. Allia, Paris, 2006, (ISBN 2-84485-215-7)
  • Ed Van der Elsken, Love on the Left Bank, co-édition 1956 par Bezige Bij, Amsterdam, Rowohlt Verlag, Hambourg et André Deutsch, Londres ; éditions fac-similé par Dewi Lewis Publishing, Grand-Bretagne, 1999 et en français sous le titre Une histoire d'amour à Saint-Germain-des-Prés par Aman Iman Publishing, Paris 2013, (ISBN 978-2-9533910-8-4)
  • Jean-Michel Mension La Tribu, éditions Allia, Paris, 1998, (ISBN 2-911188-71-3) ; Le Temps gage (Alexis Violet), éditions Noésis, collection Moisson rouge, Paris, 2001, (ISBN 2-911606-72-8)
  • Patrick Straram, Les Bouteilles se couchent, éd. Allia, Paris, 2006, (ISBN 2-84485-214-9)
  • Gil Joseph Wolman, Défense de mourir, édition établie par Gérard Berréby et Danielle Ohran, éd. Allia, Paris, 2001, (ISBN 2-84485-063-4)
  • Collectif, Figures de la négation - Avant-Gardes du dépassement de l'art. Catalogue de l'exposition Après l'avant-garde (1945-2003), Musée d'Art Moderne Saint-Étienne Métropole. Dir. Yan Ciret, entretiens et articles : Anselm Jappe, Vincent Kaufmann, Boris Donné, Jacqueline de Jong, Raymond Hains, Jacques Villeglé, Olivier Assayas, Marc Dachy, Ralph Rumney, Frédéric Acquaviva, Henri Lefebvre, Raoul Hausmann, Mirella Bandini, Nicole Brenez. Ed. Paris-Musées, Art-Of-This Century, Musée d'Art Moderne Saint-Étienne Métropole, Limites LTD. Dépôt légal : second semestre 2004.
  • Collectif, Lettrisme et situationnisme, textes bilingues (français/italien) Sandro Ricaldone, Carlo Romano, Mirella Bandini, Yan Ciret, Bruno Corà. Edizioni Peccolo Livorno, 2006.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Potlatch no 6, juillet 1954, Le Bruit et la Fureur
  2. Parmi les autres participants notables : Claude-Pierre Matricon, Ghislain Desnoyers de Marbaix, Jean Rullier, Marc-Gilbert Guillaumin alias Marc, O, Gabriel Pomerand, cf. Christophe Bourseiller, Vie et Mort de Guy Debord 1931-1994, Plon, 1999, pages 35-36 ; Jean-Michel Mension, La Tribu, éditions Allia, Paris, 1998, page 33
  3. Dans une lettre du 6 avril 1989 au biographe de F. Truffaut, Guy Debord indique que ce scandale comme la tentative à la même époque par Ivan Chtcheglov et son ami Henry de Béarn de dynamiter la tour Eiffel dont la lumière le gênait pour dormir, a compté parmi les actes ayant amené à la formation de l’IL (Guy Debord, Correspondance volume 7, Librairie Arthème Fayard, Paris, 2008, page 79).
  4. Détaillées au début de la conférence Histoire de l’Internationale lettriste enregistrée le 6 décembre 1956 in Guy Debord, Enregistrements magnétiques (1952-1961), Nrf Gallimard, Paris, 2010, page 41.
  5. Ce film consistant en une projection en alternance de ronds blancs et noirs rythmés sur ballon-sonde fera l’objet d’une décision d’interdiction par la Commission de censure le 2 avril 1952. Scénario intégral et documents annexes, L'Anticoncept, Editions Allia, Paris, 1995 (ISBN 2-904235-86-8). Existe également en VHS chez ce même éditeur.
  6. Á l’occasion de cette agitation d’opposition à la tenue du Festival qui a donné lieu à une dizaine d’arrestations, un tract Fini le cinéma français est diffusé et de nombreuses affiches du festival placardées dans la ville sont recouvertes de slogans (“Le cinéma est mort”). Cf. Christophe Bourseiller, Vie et mort de Guy Debord, 1931-1994, Paris, Plon, 1999, page 51-52 ; Guy Debord, Œuvres, Quarto Gallimard, Paris, 2006, pages 44 et 59 ; Andrew Hussey, Guy Debord, 2001, traduction 2014, Paris, Globe, l’école des loisirs, pages 80-81.
  7. cf. Jean-Paul Curtay, La poésie lettriste, Éditions Séghers, Paris, 1974, page 104.
  8. On trouve le récit détaillé fait par Maurice Rajsfus dans Une enfance laïque et républicaine, Manya, 1992, repris dans Jean-Michel Mension, La Tribu, Éditions Allia, Paris, 1998, pages 97 à 100 (notes).
  9. a b et c Guy Debord, Enregistrements magnétiques, Histoire de l'Internationale lettriste (1956), Nrf Gallimard, Paris, 2010, page 42.
  10. Guy Debord, Correspondance volume « 0 », Librairie Arthème Fayard, Paris 2010, page 17.
  11. L’Internationale lettriste manifeste spectaculairement son existence pour la première fois à Paris le , en attaquant au Ritz la conférence de presse tenue par Charlie Chaplin pour la promotion de son film Les Feux de la rampe (Limelight). Berna, Brau, Debord et Wolman y lancent un tract d'insulte (Finis les pieds plats !) traitant notamment Chaplin d'« escroc aux sentiments » et de « fasciste larvé ». Seuls Jean-Louis Brau et Gil J Wolman purent pénétrer dans la salle de la conférence de presse et y jeter les tracts. Guy Debord et Serge Berna furent arrêtés par la police (qui les prenait pour des admirateurs) en essayant de s’introduire frauduleusement par les cuisines du Ritz. Isou, Pomerand et Lemaître, refusant de cautionner cette action, publièrent aussitôt un démenti dans le journal Combat du . L’ensemble de ces échanges est relaté dans la première publication du groupe Internationale lettriste no 1 publiée dans le courant du mois de novembre avec le texte de Guy-Ernest Debord, Mort d’un commis voyageur.
  12. Jean-Michel Mension, La Tribu, éditions Allia, Paris, 1998, pages 62-63
  13. Rédigé le 19 février 1953, il est signé Sarah Abouaf, Serge Berna, P.-J. Berlé, Jean-L. Brau, [René] Leibé, Mohamed Dahou (ou |Midhou Dahou), Guy-Ernest Debord, Linda [Fried], Françoise Lejare, Jean-Michel Mension, Éliane Pápaï, Gil J Wolman in Guy Debord, Œuvres, Quarto Gallimard, Paris 2006, page 95.
  14. Internationale Situationniste no 2, page 12 et Éliane Brau, Le situationnisme ou le Nouvelle Internationale, Nouvelles éditions Debresse, Paris, 1968, p. 118.
  15. La mention “groupe français” disparaît au no 22 pour cause de cessation d’activité lettriste hors de France : cf. Potlatch 1954-57, réédition de l’ensemble des numéros, précédée d’une présentation de Guy Debord, novembre1985, éditions Gérard Lebovici, Paris, 1985
  16. Un numéro 30, nouvelle série no 1 se présentant comme Informations intérieures de l’Internationale situationniste se trouve reproduit in Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste, 1948-1957, éditions Allia, Paris, juillet 1985, mais pas dans la réédition Lebovici/Debord de novembre de la même année.
  17. Une douzaine d’articles des numéros 6 à 9 (septembre 1955-novembre 1956 dont Théorie de la dérive, Position du Continent Contrescarpe, Mode d’emploi du détournement, in Les Lèvres nues, 12 numéros (Bruxelles, 1954-1958) ; ré-édition. en fac-similé des douze numéros, Paris, Éditions Plasma, collection Table Rase, 1978, réédition éditions Allia, Paris, 1999.
  18. Internationale Situationniste no 8, page 42
  19. Outre les quatre membres fondateurs Berna, en prison à l’époque, Brau, Debord et Wolman, sont signataires Sarah Abouaf, mineure recherchée par la police, P.J. Berlé, (René) Leibé, Midhou (Mohamed) Dahou, Linda (Fried), Françoise Lejare, épouse de J-L Brau et Eliane Papaï, petite amie de Debord à l’époque (février 1953).
  20. Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste, 1948-1957, éditions Allia, Paris, 1985, page 154.
  21. Internationale lettriste no 3 in Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste, 1948-1957, éditions Allia, Paris, 1985, pages 156-157 ; Potlatch no 12 et 13, idem pages 184 et 186.
  22. Potlatch no 13 et 15. Un tract de soutien du groupe français de l’IL du 26 novembre 1954 relate les suites mouvementées d’une conférence de ce groupe suisse le 5 novembre à Neuchâtel. Il n’en sera pas moins exclu le 7 décembre suivant.
  23. Marcel Henri Langlais (dit Gaëtan M., 1935-1982), signataire du tract Touchez pas aux lettristes (avril 1953) diffusé après l’arrestation pour vol de plomb a nuit dans les catacombes de Pierre-Joël Berlé. Auteur de Jolie Cousette (texte par détournement, 1952-1953), de l'une des inscriptions murales les plus populaires au sein de l'I.L. (« Les Chinoises pour Gaëtan »), il est mentionné comme assistant d'un projet de film avec Guy-Ernest Debord : La Belle Jeunesse. Dans le troisième numéro d'Internationale lettriste (août 1953), il fait partie avec Guy-Ernest Debord et Gil J Wolman des signataires de l'« Acte additionnel à la constitution d'une Internationale lettriste » (« Les rapports humains doivent avoir la passion pour fondement, sinon la terreur ») et du texte « Il faut recommencer la guerre en Espagne ». Démissionnaire de l’Internationale lettriste en février ou mars 1954 (selon Potlatch, « exclu » pour « bêtise »). P-J Berlé avait été lui exclu en septembre 1953 (cf. Potlatch no 12, La jeunesses pourrie).
  24. Et "suspicion de déviation vers la littérature" suite à sa participation à l'édition d'un manuscrit d'Antonin Artaud qu'il avait retrouvé dans un grenier (Potlatch no 2, Á la porte).
  25. Pour « médiocrité personnelle » (cf. le tract Faire-part, mars 1954 in Guy Debord, Œuvres, page 123), Mension étant par ailleurs gratifié par Gil J. Wolman de « simplement décoratif » dans le numéro 2 de Potlatch, juin 1954, Á la porte.
  26. De son vrai nom Ivan Vladimirovitch Chtchegloff (1933-1998) qu’il orthographie Chtcheglov à son adolescence. Même s’ils fréquentaient déjà ensemble le bistrot Chez Moineau, la véritable rencontre entre Debord et Chtcheglov est attestée à la mi-juin (13 ou 16 selon les sources) où ils se découvrent alors de nombreux points de convergence qu’ils vont développer durant l’été. Il invente alors le Continent Contrescarpe. Peintre par ailleurs, il a réalisé, seul ou en compagnie de Gaëtan M. Langlais, de nombreuses métagraphies influentielles, dont quelques-unes ont été montrées à Paris, lors d'une exposition organisée par Gil J Wolman à la galerie dite du Double Doute, passage Molière, du 11 juin au 7 juillet 1954.
  27. Rebaptisée par anticléricalisme radical Montagne Geneviève chez les lettristes-internationaux.
  28. Guy Debord, Œuvres, Quarto Gallimard, Paris 2006, pages 103-112.
  29. Demeuré inédit, une version du texte établie par Guy-Ernest Debord parait en juin 1958 dans le premier numéro de la revue Internationale situationniste (pages 15 à 20). Une version complète à partir de plusieurs états du texte est proposée dans l’ouvrage Ivan Chtcheglov, Écrits retrouvés établis par Jean-Marie Apostolidès & Boris Donné, éditions Allia, Paris, 2006. En complément, en janvier 1954, Gilles Ivain écrit une Introduction au Continent Contrescarpe (même ouvrage pages 32-33).
  30. Durant son séjour, il publie dans Le Tremplin, bulletin des malades de Ville-Evrard, un éloge de la construction des situations (inédit à ce jour) que Guy Debord estimera avoir été la première déclaration « situationniste » imprimée (lettre à Patrick Straram du 23 août 1960, Correspondance volume 1, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1999, page 377). P. Straram sera libéré le 21 novembre 1953 (cf. projet de tract Faire-part, in Guy Debord, Œuvres, Quarto Gallimard, Paris 2006, page 122).
  31. Guy Debord, Œuvres, Quarto Gallimard, Paris 2006, pages 119-121.
  32. Cf. le projet de tract Faire-part de mars 1954 reprenant par ordre successif les exclusions depuis le printemps Berna, Mension, Berlé, Brau, Langlais, in Guy Debord, Œuvres, Quarto Gallimard, 2006, page 123
  33. Cf. projet de tract Faire-part de mars 1954 mentionnant qu’il y dirigerait un groupe de l’I.L. et qu’il prendra des contacts dans d’autres pays voisins avant de rentrer en France !, in Guy Debord, Œuvres, Quarto Gallimard, 2006, page 123
  34. Ces métagraphies influentielles consistent en quelques collages réalisés en 1953-1954. La métagraphie est, à la base, un art créé par Isidore Isou en 1950 qui se base sur l'exploitation de tous les signes (alphabets, codes, idéogrammes…) de la communication. Les membres de l'I.L. ont repris ce terme à leur compte pour désigner les collages qu'ils réalisèrent à partir d'éléments issus de journaux ou de magazines, revenant à une attitude proche de celle des dadaïstes Raul Hausmann, Kurt Schwitters ou John Heartfield.
  35. Sans doute par dépit, cette rupture sera transformée en exclusion pour « mythomanie, délire d’interprétation, manque de conscience révolutionnaire » dans le numéro 2 de Potlatch du 29 juin1954 dans l’article de Gil J Wolman “Á la porte” reprenant les principales mises à l’écart et leurs motifs depuis le création de l’I.L. en concluant “il est inutile de revenir sur les morts, le bloom s’en chargera”.
  36. Potlatch no 9-10-11, Nos lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes…
  37. Entre octobre 1954 et juillet 1957, Guy Debord adresse 59 lettres à Marcel Mariën reprises en intégralité dans Guy Debord, Lettres à Marcel Mariën, Editions de la Nerthe, Toulon, 2015.
  38. André Frankin est né le 16 juin 1925 à Liège où il est mort le 28 mars 1990. J.-M. Apostolidès en dresse un portrait détaillé dans son Debord. Le Naufrageur, Paris, Flammarion, 2015, p. 153-155. Les articles signés Rankine sont parus dans les numéro 15, 17, 20 et 22 de Potlatch ; le dernier paru dans le numéro 28, comme ceux qui seront publiés par la revue de l’I.S., est signé de son vrai nom.
  39. Asger Jorn, né Asger Oluf Jørgensen (1914-1973), peintre danois co-fondateur du mouvement CoBrA (1948) et de l'Internationale situationniste (1957). En 1953, il avait créé le M.I.B.I. Mouvement international pour un Bauhaus imaginiste.
  40. Potlatch no 27 du 2 novembre 1956, La plate-forme d'Alba
  41. Il contresigne également pour l’Internationale lettriste, avec G.-E. Debord et Gil J Wolman, l’Ordre de boycott lancé le 31 juillet 1956 contre le Festival de la Cité Radieuse à Marseille. Cf. Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris 2006, page 239.
  42. Potlatch no 23 du 13 octobre 1955, vite fait
  43. Guy Debord, Introduction à une critique de la géographie urbaine, Les Lèvres nues no 6, septembre 1955, pages 11 à 15 ; Théorie de la dérive, Les Lèvres nues no 9, novembre 1956, page 39 ; Mode d’emploi du détournement (co-signé Gil J Wolman), Les Lèvres nues no 8, septembre 1955, pages 2 à 9 ; Jacques Fillon, Description raisonnée de Paris, Les Lèvres nues no 7, décembre 1955, page 39, ainsi que, dans ce même numéro, pages 18 à 23, une version définitive du scénario du film de Debord Hurlements en faveur de Sade, dont une première version, provisoire, avait été donnée dans l’unique numéro de la revue Ionde Marc-Gilbert Guillaumin (Marc,O) en avril 1952.
  44. Potlatch no 23, Intervention lettriste.
  45. Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris 2006, pages 239 à 241.
  46. Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris 2006, pages 242 à 250.
  47. En fait, destiné à être diffusé à l’occasion d’une exposition du M.I.B.I. organisée à Turin du 10 au 15 décembre 1956 et dont Debord a rédigé le tract d’annonce, l’enregistrement du 6 décembre ne sera pas exploité. Y participaient : Michèle Bernstein, Guy Debord, Jacques Fillon, Abdelhafid Khatib et Gil J Wolman ; la voix d’Asger Jorn s’y entend à la toute fin. Cf. Guy Debord, Enregistrements magnétiques, Gallimard, Paris, 2010, pages 33 à 69, Cd 1 piste 2
  48. Potlatch no 28, 22 mai 1957, La retraite. En réponse à l'annonce de cette exclusion, Wolman répondra à Debord : "L'un n'exclut pas l'autre"
  49. Représenté par Ralph Rumney, ancien habitué de Chez Moineau, qui en est l’unique membre, cette appellation ayant été créée début 1957, "pour donner une apparence internationale au mouvement" à l'occasion de l'exposition Première exposition de prsychogeéographie à la galerie Taptoe de Bruxelles : cf. Ralph Rumney, Le Consul, Allia, Paris, 1999, p. 43 et Piet de Groot, Le Général situationniste, Allia, Paris, 2007, P. 212-223.
  50. Ainsi, la première conférence fondatrice d’Aubervilliers le 7 décembre 1952 ne sera suivie d’aucune autre dont il aurait été rendu compte dans les expressions publiques de l’I.L. Tout au plus est-il fait état, en mars 1954 dans le projet de tract Faire-part, d’un Comité directeur de l’I.L. qui semble ne s’être réuni que pour traiter de questions organisationnelles (cf. Guy Debord, Œuvres, Quarto Gallimard, 2006).
  51. in In girum imus nocte et consumimur igni, long métrage 1978, scenario publié dans Guy Debord, Œuvres cinématographiques complètes, 1952 – 1978, Éditions Champ Libre, Paris, 1978, p. 247, repris dans Guy Debord, Œuvres, Quarto Gallimard, 2006, p.1378.
  52. Internationale situationniste no 1, juin 1958, p. 13.
  53. Les Lèvres nues, no 6, septembre 1955, réédition de la collection complète chez Plasma, Paris, 1978, p. 11-15.
  54. Ce mot d’ordre inspirera des années plus tard le nom du fameux night-club mancunien “l’Hacienda”
  55. Guy Debord, Œuvres, Quarto Gallimard, Paris, 2006, p. 105-112.
  56. Guy Debord, Œuvres, Quarto Gallimard, Paris, 2006, p. 204-208.
  57. Potlatch, no 23, octobre 1955, Projet d’embellissements rationnels de la Ville de Paris.
  58. Guy Debord, Œuvres, Quarto Gallimard, Paris, 2006, p. 221-229.
  59. Debord parle “d’une participation générale à l’esprit moderne”, lettre à Hervé Falcou du 24 février 1956, in Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, page 96.
  60. Dans sa dernière lettre du 24 février 1953 à son ami Hervé Falcou, Guy Debord parle ainsi des signataires du Manifeste ouvrant le no 2 d’Internationale lettriste : “Sur 12 (…), 2 sont en prison, 2 filles mineures sont recherchées, une autre en liberté provisoire pour trafic de stupéfiants, Brau et sa femme sont en voyage du côté d’Alger (…) tout le monde peut renier sa signature qui a été mise sans consultation préalable”. Cf. Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, page 96.
  61. il sera en outre rédacteur en chef du no 19 de Potlatch 32, rue de la Montagne-Geneviève (sic).
  62. Jean-Louis Brau sera le seul avec Wolman a pénétrer à l'intérieur de l'hôtel pour y jeter le tract de l'I.L. Fini les pieds plats, Debord et Berna qui tentaient de pénétrer par les cuisines ayant été arrêtés par la police.
  63. Il sera un temps détenteur du cachet de l'organisation qu'il égarera lors d'une intervention policière agitée.
  64. Jean-Michel Mension, La Tribu, éd. Allia, Paris, 1998, p. 61-62.
  65. Christophe Bourseiller, Vie et mort de Guy Debord, 1931-1994, éd. Plon, Paris, 1999
  66. Cf; projet de tract Faire-Part du 10 mars 1954 in Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, page 123
  67. cf. Internationale Lettriste no 3, août 1953
  68. a et b Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, page 96
  69. Jean-Michel Mension, La Tribu, éd. Allia, Paris, 1998, p. 116.
  70. a et b Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, page 98
  71. Potlatch no 12, La jeunesses pourrie
  72. Jean-Michel Mension, La Tribu, éd. Allia, Paris, 1998, p. 227-228
  73. Jean-Michel Mension, La Tribu, éd. Allia, Paris, 1998, p. 134
  74. Jean-Michel Mension, La Tribu, éd. Allia, Paris, 1998, p. 72
  75. Jean-Michel Mension, La Tribu, éd. Allia, Paris, 1998, p. 111
  76. Christophe Bourseiller, Vie et Mort de Guy Debord 1931-1994, Plon, 1999, page 68
  77. Jean-Marie Apostolidès, Debord, Le naufrageur, Flammarion, 2015, page 107
  78. Love on the Left Bank publié en français en 2013 sous le titre Une histoire d’amour à Saint-Germain-des-Prés
  79. cf. Internationale Lettriste no 3 in Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, page 99
  80. a b et c cf Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, page 122-123
  81. Guy Debord, Correspondance vol 1, Arthème Fayard 1999, page 219 et 379 et Correspondance vol 2, 2001, page 248
  82. Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, pages 1376-1377 et 1778-1779
  83. cf. L'Humanité du 20 mai 1950 et pour l'ensemble de l'affaire, la nouvelle édition revue et augmentée par Jean-Louis Rançon de Visages de l'avant-garde, La Nerthe, Toulon, 2020, p.48-51.
  84. Vincent Kaufmann, Guy Debord, la révolution au service de la poésie, Librairie Arthème Fayard, collection Histoire de la pensée, Paris, 2001, p. 77, (ISBN 2-213-61059-2)
  85. Jean-Michel Mension, La Tribu, éd. Allia, Paris, 1998, p. 111 qui le qualifie en outre de crétin page 52 du même ouvrage
  86. Guy Debord, Correspondance, vol. «0», p. 43
  87. Jean-Maris Apostolidès, Debord, le naufrageur, éd. Flammarion, Paris, 2015, p. 86
  88. Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, pages 120-121
  89. cf. cliché p. 19 du catalogue Guy Debord, un Art de la guerre, co-édition BnF/Gallimard, 2013
  90. Potlatch no 28 du 22 mai 1957, article la retraite
  91. Jean-Maris Apostolidès, Debord, le naufrageur, éd. Flammarion, Paris, 2015, p. 520 - note 35
  92. Jean-Maris Apostolidès, Debord, le naufrageur, éd. Flammarion, Paris, 2015, p. 75
  93. Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, page 170
  94. cf. Potlatch no 22, le rouleur et le commissaire
  95. cf. J.-M. Apostolidès, Debord. Le Naufrageur, Paris, Flammarion, 2015, p. 152-155.
  96. a et b in Enregistrements magnétiques (1952-1961), nrf Gallimard, Paris, 2010, p. 33 à 69, Cd no 1, plage 2 45'51"
  97. Cf. Internationale situationniste no 9, août 1964, p. 38-40
  98. cf. la lettre à Hervé Falcou du 24 février 1953, in Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, page 96-97
  99. cf. Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, page 97
  100. « Fichier des décès de l'INSEE », sur arbre.app (consulté le 28 juin 2020).
  101. Guy Debord, Le marquis de Sade a des yeux de fille, Librairie Arthème Fayard,
  102. « Fichier des décès de l'INSEE », sur arbre.app (consulté le 28 juin 2020).
  103. Guy Debord, Le marquis de Sade a des yeux de fille…, Paris, éd. Fayard, 2004, p. 126 et Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, page 97 ; texte complet de la fiche : "les pages de l'I.L. mises bout à bout couvriraient une avenue de 1.080 millimètres de large et 17.840.000 millimètres de long, c'est-à-dire la distance du quai de Conti au Panthéon".
  104. «Le poète cesse d'écrire pour des des hommes et s'adresse aujourd'hui à l'humanité entière (le métèque ISOU, plus grand poète français...) et pose la première pierre de l'INTERNATIONALE LETTRISTE.», Ur, Cahiers pour un dictat culturel, 1950, p. 8, cité dans Éric Brun, Les Situationnistes, une avant-garde totale, CNRS Éditions, Paris, 2014, p. 84. (ISBN 978-2-271-07511-6)
  105. Christophe Bourseiller, Vie et mort de Guy Debord, 1931-1994, Paris, éd. Plon, 1999, p. 36
  106. Jean-Maris Apostolidès, Deord, le Naufrageur, Paris, Flammarion, 2015, p. 110
  107. cf. Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, page 127
  108. J-M. Apostolidès & B. Donné, Ivan Chtcheglov, profil perdu, Allia, 2006, p. 79
  109. a b c et d cf. Internationale lettriste, no 3, , allez-y voir vous-mêmes
  110. Guy Debord, Œuvres, Gallimard Quarto, Paris, 2006, p. 122, projet de tract Faire-part du 10 mars 1954

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens[modifier | modifier le code]