Armand Lemal

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Armand Lemal
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Biographie
Naissance
Nationalité

Armand Elmaleh/Lemal est connu sous le nom de Jauk, le gnaoui blanc, Jauk Armal ou Jauk Elmaleh. Il est né, Amram Elmaleh, le à Casablanca (Maroc) au cœur du Mellah. C'est un artiste et enseignant franco-marocain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jauk .jpg

Né sous le nom de Amram El Maleh, il est renommé Armand Lemal par son père français, Emile Poissonnier. Jauk Armal dit Jauk sera son nom de scène très tôt dans sa carrière, (« Jauk » emprunté au berbère signifie : orchestre, compagnie, clan, groupe ; « armal » incarne la musique libre sans tabou, ni frontière). Auteur, compositeur et interprète il débute dans le jazz et la fusion à dix-huit ans en 1962. Sa carrière fait donc de lui le père incontesté de la fusion et de la world music avant ces dénominations.

Il est élevé dans la culture judéo-berbère, musulmane et chrétienne à Casablanca, la ville cosmopolite des années 1950. Il devient batteur-percussionniste dès le début des années 1960 dans plusieurs groupes de jazz, rock, ethnique et crée la première fusion des trois cultures qu'il dénommera DAKKAJAZZ. Au Maroc, la Dakka est une musique d'origine berbère (Taroudante). C'est la plus répandue pour les fêtes et les événements familiaux.

Son premier groupe, Les Jaguar's (appelé aussi Les Albinos) avec leur tube La voix du Maghreb, est programmé le , en première partie du 1er concert de Johnny Hallyday aux Arènes de Casablanca. Il devint ensuite permanent au club Le village, fréquenté alors par toute la génération marocaine d'artistes et d'intellectuels des années 1960. Il découvrira l'Espagne et Marbella en 1962 où il jouera pendant les saisons d'été et commencera à écrire ses premiers titres

En 1967, il s'installe à Paris et fait ses premières rencontres avec la scène artistique parisienne.

En 1970, musicien du geste et du mouvement, il développe la "choréorythmie" et devient un compagnon de la danse. Le 33T « 6/8 ensemble » pour ses activités "choréo-musicales" devient une référence dans le domaine alors que débute les recherches sur la musicothérapie[1]. En France, en Espagne, en Belgique, en Allemagne et en Suisse, il co-anime et dirige ses ateliers de "choréo-rythme" lors de master class qui regroupent les plus grands noms du jazz et de la danse contemporaine. Entre les expériences de happening et les enregistrements de musique Free Jazz, il participe à la création de plusieurs ballets et pièces de théâtres et dirige le plus souvent ses projets vers la jeunesse et l'action sociale.

Avec Abdeslam Michel Raji, "chorésophe", qui fut son ami et disciple de 1975 à 1985, il développe sa formule et propage des idées neuves au sein des institutions publiques, écoles et maisons de quartier, focalisant sur l'éveil et la compréhension de l'usage des rythmes, du son et du corps[2].

Il collabore, accompagne et compose pour de nombreux chorégraphes tels que Carolyn Carlson, Peter Goss, Merce Cunningham, Matt Matox[3]et côtoie et joue avec des musiciens de renom comme Bernard Lubat[4], Michel Portal[5], Jean Querlier[6], Didier Levallet, John Surman, Barre Philips, Christian Escoudet[7], ou encore Jean-Charles Capon et bien d'autres encore. Cependant il ne se décidera pas malgré le conseil de Mino Cinelu à traverser l'Atlantique pour une aventure à New York.

Il crée et participe à divers groupes tels que les Jaguars[8], 6/8 ensemble, Confluence[9], Clivage[10], New tone expérience[11], et ne cesse de chercher un art où musique et corps sont totalement imbriqués par le rythme.

En 1979, outre ses engagements artistiques, l'université Sorbonne-Paris IV l'appelle dans l'enseignement du rythme et de la danse avec sa méthode originale qu'il appelle la "choréosophie" (du grec χορεια). Avec Jean Claude Serres[12], fondateur, Jauk préside le 1er cursus Danse en France. Il y enseigne pendant près de douze ans et y diffuse les syncopes berbères et gnaouas[note 1] en s’intéressant à l'usage du rythme par le geste, à l'intuition plus qu'à la métrique.

Il coache le groupe des sœurs kabyles DjurDjura et joue avec elles jusqu'à l'Olympia. Il interprète ses chansons en darija - dialecte marocain - et monte l'Opéra-Dakka. Le Festival Le Printemps de Bourges 1983 le présente en première mondiale. Il est rejoué plusieurs fois au Maroc avec des titres comme Ahouach, Takssim, Les trois prophètes, Gnaoua Blues, Dakka, Dakka Game qui renvoient également à ses origines[13].

Surnommé le "Gnaoui blanc" par Larbi Essakali[14] journaliste marocain, à cause de l'image qu'il reflète de sa culture africaine, il est devenu une figure importante de l'histoire de la musique. Son parcours et ses actions sont en faveur de la valorisation de la pluralité méditerranéenne[15].

Reconnu par ses pairs, Jauk milite avec la jeunesse marocaine pour le développement de la culture et des arts comme facteur de progrès social et levier économique. Après quelques cycles d'enseignement universitaires à la faculté de BeniM'Sick à Casablanca, il insuffle l'idée d'un tremplin des jeunes musiciens[16] en 1999 à la salle de la FOL de Casablanca. Il accompagne de nombreux chanteurs et musiciens autour des évènements de la Friche Culturelle des anciens abattoirs de Casablanca de 2009 à 2015. Il se produit au Festival gnaoua et musiques du monde d'Essaouira en 2015 et sur la scène du Festival L'boulvard[17] la même année. Plusieurs fois invité au Festival du Jazz Européen du Chellah[18] en 2007, 2011 il en devient directeur artistique de l'édition 2016.

Doyen de la scène artistique marocaine des musiques actuelles, il continue son œuvre[19]. En 2009, il inaugure musicalement la Fabrique culturelle des Anciens Abattoirs de Casablanca[20], où il avait commencé sa voie avec le vétérinaire Flore Artheney

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

En 1985, il est nommé parmi les 100 meilleurs percussionnistes mondiaux par la maison suisse Paiste

Festivals et concerts[modifier | modifier le code]

Printemps de Bourges 1983, Festival d'Angoulême, Festival du film de Rabat, Festival d'Assila, Festival l'Boulevard de Casablanca, Festival Gnaoua d'Essaouira, Jazz au Chellah, Off du Festival de jazz de Tanger, Off du festival Jazz'ablanca, la Corrida, Festival les Transculturelles, Concerts au Théâtre Mohammed 5 et Théâtre Mohammed 6, concerts au Centre Culturel du Maârif, le théâtre nomade[21].

Albums et contributions[modifier | modifier le code]

Plus de 200 titres de Jazz, musique de ballet, chanson, fusion, world music, free jazz, musique contemporaine, illustration sonore, musique de film...

  • Jauk Armal - JAUK
  • Le Gnaoui blanc - JAUK
  • La voix du Maghreb - Les jaguars
  • Arkham - Confluence
  • Clivage - Clivage
  • From Stambul to Damasco - Compilation de musique Orientale
  • Les sessions du Pietri - Compilation
  • Quartograph - (Contribution)
  • Botbol 60 ans de carrière - Hommage
  • Goa et Francky Bourlier - (Contribution)
  • Fundamental Destiny - Art ensemble of Chicago (Contribution)
  • Newtone Experience - Rashbehari (Contribution)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bebey Francis, Musique de l'Afrique, Horizons de France, 1969 illustrée. Collection: Expressions. in-4°. 207 pp. Préface de Pierre Albin Martel.
  • Collier James, L'aventure du Jazz du swing à nos jours, Albin Michel, 1981, 2 vol. in-8, br., XVIII-294 et 290 pp., nombreuses photos in-t., discographie, bibliographie. - Vol. 1. Des origines au swing - Vol. 2. Du swing à nos jours.
  • Moreira Paul, Rock Métis en France, Éditions Souffles 1987, 207 p. (ISBN 2876580012)
  • Revue Recherches en Danse" Association des Chercheurs en Danse[22],
  • Who's who Media C.O.P.E. 2000-2001[23]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. syncopes non rétrogrades, d'origine berbères et gnaouas et de tous les vaudous de racines africaines : il s'agit de la grande distinction choréorythmique avec la métrique. Le fameux six-huit afro-berbère n'est rien d'autre qu'une valse à deux temps et non une mesure composée classique (Définition de Armand Lemal)

Références[modifier | modifier le code]

  1. jackpirat8, « Armand Lemal - Souffle », (consulté le 11 janvier 2018)
  2. Choreojazzdanse, « Jauk Reportage - Atelier Choreo Jazz à Chateaubriant. 1980 », (consulté le 11 janvier 2018)
  3. Encyclopædia Universalis, « MATT MATTOX », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 1er février 2018)
  4. Administrator, « Compagnie Lubat - Bernard Lubat », sur www.cie-lubat.org (consulté le 1er février 2018)
  5. « Michel Portal : portrait et biographie sur France Musique », sur France Musique (consulté le 1er février 2018)
  6. « Jean Querlier », sur Discogs (consulté le 1er février 2018)
  7. « Barre Phillips », sur Discogs (consulté le 1er février 2018)
  8. « Les Jaguars 1965 » [image].
  9. (fr) [vidéo] Confluence - 4 Voyages sur YouTube
  10. « André Fertier - Clivage ».
  11. « Newtone Experience ».
  12. « Regard rétrospectif sur les études en danse en France Hélène Marquié », sur http://journals.openedition.org/danse/619, (consulté le 1er février 2018)
  13. « Jauk Armal, le musicien qui a jazzifié la musique berbère », sur Al Huffington Post (consulté le 11 janvier 2018).
  14. « Larbi Essakalli », Maroc Infos,‎ (lire en ligne).
  15. « Amram El Maleh, Armand Lemal, Jauk Armal », Levure littéraire,‎ (ISSN 2268-9915, lire en ligne).
  16. « maghress.com »
  17. « Jauk ».
  18. « Jazz au Chellah 2016: Un programme riche, une édition sous le signe de la nouveauté ».
  19. « Armand Elmaleh Lemal, le jazz autrement », sur dafina.net (consulté le 11 janvier 2018)
  20. « Anciens abattoirs de Casablanca : Casa animation gestionnaire du site ».
  21. « Théâtre nomade »
  22. http://journals.openedition.org/danse/188
  23. http://www.bnrm.ma/bnrm/images/pdf/2001/notice.pdf