Armand Lemal

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Armand Lemal
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Nationalité

Armand Lemal, aussi connu sous le nom de Jauk Armal ou Jauk Elmaleh, né le 10 juin 1944 à Casablanca au cœur du quartier Mellah de Casablanca Maroc, est un musicien marocain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né sous le nom de Amram El Maleh, il est renommé Armand Lemal par son père adoptif français à l'âge de deux ans. (« jauk » emprunté au berbère signifie : orchestre, compagnie, clan, groupe ; « armal » incarne la musique libre sans tabou, ni frontière) Jauk Armal dit Jauk sera donc son nom de scène très tôt dans sa carrière. Auteur, compositeur et interprète il oscille entre le Jazz et la Fusion puis se dirige vers l'enseignement du rythme et de la danse avec sa méthode originale qu'il appelle la choreologie (Khorea).

Il est élevé dans la culture plurielle judéo berbère, arabe et chrétienne à Casablanca, la ville moderne, bruyante et cosmopolite des années 50 ans. Il devient batteur-percussionniste dès le début des années 1960 dans plusieurs groupes de jazz, rock, ethnique et incarne une fusion de ses trois cultures à travers sa musique le DAKKA inspiré du daqqa, l'orchestre régional du folklore maghrébin composé uniquement de percussions, qui accompagne généralement toutes les festivités.

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le Dakka rock, "Dakka Jazz" sont issue de ce même métissage des rythmes et sonorités euro méditerranéenne si chères au patrimoine culturel de la région nord africaine.

Son premier groupe, Les jaguar's (appelé aussi Les Albinos) avec leur tube La voix du Maghreb, a été programmé le 14 juin 1962, en première partie du 1er concert de Johnny Hallyday aux Arènes de Casablanca, et devint ensuite permanent au club Le village, fréquenté alors par toute une génération marocaine d'artistes et d'intellectuels des années 1960. Il découvrira l'Espagne et Marbella en 1962 où il jouera pendant les saisons d'été et commencera à écrire ses premières chansons qu'il enregistrera 20 ans après.

En 1968, il s'installe à Paris et fait ses premières rencontres avec la scène artistique parisienne.

En 1970, musicien du geste et du mouvement, il développe la choréorythmie et devient un compagnon de la danse. le 33T « 6/8 ensemble » pour ses activités "choéro musicales" devient une référence dans le domaine alors que débute les recherches sur la musico thérapie[1]. En France, en Espagne, en Belgique, en Allemagne et en Suisse, il co-anime et dirige ses ateliers de Choreo-rythme lors de stages de perfectionnement qui regroupent les plus grands noms du jazz et de la danse contemporaine. Entre les expériences de happening et les enregistrements de musique Free Jazz et psychédélique, il participe à la création de plusieurs ballets et pièces de théâtres sous le thèmes de l'immigration et dirige le plus souvent ses projets vers la jeunesse et l'action sociale.

Avec Abdeslam Michel Raji, danseur chorésophe, qui fut son ami et disciple dès 1975 il développe sa formule et propage des idées neuves au sein des institutions publiques, écoles et maison de quartier jusqu'en 1985 focalisant sur l'éveil et la compréhension de l'usage des rythmes et du corps[2].

Il collabore et accompagne des chorégraphes tels que Carolyn Carlson, P. Goss, M. Cunnigham, M. Matox, et des musiciens de renom comme Bernard Lubat, Michel Portal, J.Querlier, D.Levallet, J. Surman, B. Philips, Christian Escoudet, C.Lete ou encore André Fertier et bien d'autres mais ne se décidera pas malgré le conseil de Mino Cinelu à traverser l'atlantique pour atteindre une notoriété plus importante.

En 1982 l'Université Paris IV-Sorbonne lui ouvres les portes et il cofonde le 1er cursus Danse de l'université. Il y enseigne pendant près de quinze ans et y diffuse les syncopes berbères et gnawa en s’intéressant à l'usage du rythme par le geste, à l'intuition plus qu'à la métrique.

Il intervient auprès du groupe algérien DjurDjura produit par Hervé Lacroix dans le courant Rock'med des années 1980 et se réclame de la fusion et du jazz marocain attaché à une vision romantique et personnifiée de la Mer Méditerranée. Sorti du clan Jazz, il interprète ses chansons en Darija le dialecte marocain et monte ce qui reste le projet de sa vie, l'Opéra-Dakka qui soutenu par le ministère de la culture pour l'inauguration du Festival de Jazz Printemps de Bourges 1983 connu un bref succès et fut rejoué plusieurs fois au Maroc avec des titres comme Ahouach, Takssim, Les trois prophètes, Gnawa Blues, Dakka Game qui renvoient également à ses origines[3].

Surnommé le « Gnaoui blanc » par feu Larbi Esskali journaliste marocain, à cause de l'image qu'il reflète de sa culture africaine, il est devenu une figure importante de l'histoire de la musique marocaine pour son parcours et ses actions en faveur de la valorisation de l'identité culturelle de son pays et de son patrimoine rythmique[4].

Reconnu par ses pairs mais isolé, l'artiste qui a toujours soif de vivre, redécouvre son pays et sa jeunesse en même temps que les réseaux sociaux après 50 ans de carrière. Il s'investit alors sur web et partage tel un "Terroriste culturel" ses sons et ses convictions. Il milite avec la jeunesse marocaine pour le développement la culture et des arts comme facteur de progrès social et levier économique. Après quelques cycles d'enseignement universitaires au Maroc, il permet la naissance du tremplin des jeunes musiciens en 1999 à la salle mythique de la FOL de Casablanca. Il accompagne de nombreux chanteurs et musiciens autour des évènements de la Friche Culturelle des anciens abattoirs de Casablanca de 2009 à 2015. Il se produit au Festival gnaoua et musiques du monde d'Essaouira en 2015 et sur la scène du Festival L'boulvard la même année. Plusieurs fois invité au Festival du Jazz Européen du Chellah en 2007, 2011 et devient directeur artistique de l'édition 2016.

Doyen de la scène artistique marocaine il œuvre avec conviction face à l'adversité pour concrétiser son ultime projet de tournée afin de partager sa musique et sa vision du monde[5].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

En 1985, il est nommé parmi les 100 meilleurs percussionnistes mondiaux par la maison suisse Paiste

En 1993, il obtient une équivalence du diplôme de danse à l'Université Paris IV-Sorbonne.

Festivals et concerts[modifier | modifier le code]

Figure franco-marocaine, orfèvre de la percussion, il crée et collabore à divers festivals et spectacles, tels que:

Printemps de bourges 1983, Festival d'Angoulême, Festival du film de Rabat, Festival d'Assila, Festival l'Boulevard de Casablanca, Festival Gnaoua d'Essaouira, Jazz au Chellah, Off du Festival de jazz de Tanger, Off du festival jazz'ablanca, la Corrida, Festival les Transculturelles, Concerts au Théâtre Mohammed 5 et Théâtre Mohammed 6, concerts au Centre Culturel du Maârif, le théâtre nomade.

Albums et contributions[modifier | modifier le code]

Plus de 200 titres… Jazz, Musique de ballet, chanson, fusion, world, free jazz, musique contemporaine, illustration sonore, musique de film...

Jauk Armal - JAUK

Le Gnaoui blanc - JAUK

La voix du Maghreb - Les jaguars

Arkham - Confluence

Clivage - Clivage

From Stambul to Damasco - Compilation de musique Orientale

Les sessions du Pietri - Compilation

Quartograph - (Contribution)

Botbol 60 ans de carrière - Hommage

Goa et Francky Bourlier - (Contribution)

Fundamental Destiny - Art ensemble of Chicago (Contribution)

Newtone Experience - Rashbehari (Contribution)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bebey Francis "Musique de l'Afrique" Horizons de France 1969

Collier James "L'aventure du Jazz du swing à nos jours" Albin Michel 1981

Moreira Paul "Rock Métis en France " Editions Souffles 1987

Dutilh Alex "Jazz et world la belle histoire" Léna Presse 1999

"La recherche en danse" Association des Chercheurs en Danse

"Who's who" Media Cope 1999

"Who's who" Media Cope 2000

  1. jackpirat8, « Armand Lemal - Souffle », (consulté le 11 janvier 2018)
  2. Choreojazzdanse, « Jauk Reportage - Atelier Choreo Jazz à Chateaubriant. 1980 », (consulté le 11 janvier 2018)
  3. « Jauk Armal, le musicien qui a jazzifié la musique berbère », sur Al Huffington Post (consulté le 11 janvier 2018)
  4. « Amram El Maleh, Armand Lemal, Jauk Armal », Levure littéraire, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  5. « Armand Elmaleh Lemal, le jazz autrement », sur dafina.net (consulté le 11 janvier 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • The Wandering Muse 1/2 (Documentaire - Artesian Films)[1]
  • The Wandering Muse 2/2 (Documentaire - Artesian Films)[2]
  • Jauk El Maleh Interview L'Boulevard de Casablanca 2015[3]
  • Jauk El Maleh "Trois Prophètes" Live Synagogue 2013 (Ftg Records)[4]