Jardin d'agronomie tropicale de Paris

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Jardin tropical de Paris
Image illustrative de l’article Jardin d'agronomie tropicale de Paris
Le pavillon de la Tunisie, dans le jardin tropical. Une végétation endémique de lauriers, érables et noisetiers a remplacé la végétation tropicale laissée à l'abandon.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Subdivision administrative Île-de-France
Commune Paris
Arrondissement 12e (bois de Vincennes)
Superficie 4,5 ha
Histoire
Création 1899 (jardin d'essai)
2006 (espace vert)
Gestion
Propriétaire Commune de Paris
Protection Site classé (1960)
Logo monument historique Inscrit MH (1965)
Logo monument historique Inscrit MH (1994)
Localisation
Coordonnées 48° 49′ 59″ nord, 2° 27′ 58″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Jardin tropical de Paris
Géolocalisation sur la carte : Paris et la petite couronne
(Voir situation sur carte : Paris et la petite couronne)
Jardin tropical de Paris
Géolocalisation sur la carte : Val-de-Marne
(Voir situation sur carte : Val-de-Marne)
Jardin tropical de Paris
Géolocalisation sur la carte : bois de Vincennes
(Voir situation sur carte : bois de Vincennes)
Jardin tropical de Paris

Le jardin tropical de Paris est un espace vert de Paris, en France. Implanté à l'extrémité orientale du bois de Vincennes. Il occupe le site de l'ancien jardin d'essai colonial, créé à la fin du XIXe siècle pour accroître la production agricole dans les colonies françaises.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Vue de l'intérieur du parc : le pont Khmer. À l'arrière plan, le monument aux Cambodgiens et Laotiens morts pour la France.
Vestiges de la bambouseraie du Jardin tropical de Paris, aménagée en 1907.( bambou Phyllostachys viridiglaucescens)

Le jardin tropical est situé tout à l'est du bois de Vincennes, à la lisière de Nogent-sur-Marne, quasiment au point le plus oriental de Paris. L'unique accès se fait par le côté sud-est, sur l'avenue de la Belle-Gabrielle. La station de RER la plus proche est Nogent-sur-Marne (ligne A), 400 m au nord-est. La station de métro la plus proche est Château de Vincennes sur la ligne 1, distante de plus de 2,5 km au nord-ouest.

L'ensemble du jardin occupe environ 6,5 ha, dont 4,5 ha sont ouverts au public[1], le reste étant occupé par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD)[2]. Il s'agit de l'un des espaces verts les plus grands du 12e arrondissement, après le bois de Vincennes en lui-même, le parc de Bercy et la promenade plantée. Il se caractérise par une végétation naturelle, où seuls les édifices et les allées sont dégagés. La végétation y est essentiellement endémique à l'Île-de-France, seules quelques espèces tropicales (bambou, arbre à latex, kakis[3]) subsistant. Le terrain est plat, et dans le nord du parc, un petit étang artificiel s'écoule par un ruisseau également artificiel, vers le nord.

Édifices[modifier | modifier le code]

L'espace du jardin est ponctué d'édifices, pavillons provenant pour la plupart de l'exposition coloniale de 1907 :

  • Pavillon du Congo, détruit par un incendie, à l'état de ruine.
  • Pavillon de la Guyane
  • Pavillon de l'Indochine
  • Pavillon du Maroc
  • Pavillon de La Réunion
  • Pavillon de la Tunisie
  • Esplanade du Dinh, espace rectangulaire comportant un portique en pierre d'inspiration vietnamienne, une urne funéraire en bronze reprenant les urnes impériales du palais de Hué et, légèrement en surplomb, le temple du souvenir indochinois.
  • Éléments de l'ancien village indochinois : pont khmer, pont tonkinois, porte chinoise, etc.

Bien qu'un travail de restauration soit entrepris, la plupart des édifices sont très délabrés[Quand ?]. Plusieurs bâtiments sont vandalisés et incendiés, la plupart des autres étant laissés à l'abandon et se dégradant ; les plantations exotiques ont presque totalement disparu.

Le jardin tropical compte également plusieurs monuments aux morts à la mémoire des soldats de France d'outre-mer tués pendant la Première Guerre mondiale :

  • Monument au souvenir des soldats de Madagascar
  • Monument aux Cambodgiens et Laotiens morts pour la France
  • Monument aux Indochinois chrétiens morts pour la France
  • Monument aux soldats noirs morts pour la France

L'angle sud-ouest du jardin est occupé par des serres, construites entre 1899 et 1972[2]. Une petite serre, la serre du Dahomey, est située à l'intérieur du jardin, près du pavillon de l'Indochine. Cinq statues, provenant du monument à la gloire de l'expansion coloniale française de Jean-Baptiste Belloc, sont entreposées à même le sol, sur la végétation, près de l'entrée.

L'ouest du site est occupé par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, institut spécialisé dans la recherche agronomique appliquée aux régions chaudes. Ces bâtiments, mieux préservés, sont consacrés à la recherche et à l'enseignement. Le site héberge plusieurs laboratoires de recherche dont le CIRED (Centre international de recherche sur l'environnement et le développement), le CEDIMES et l'IEDES.

Historique[modifier | modifier le code]

Campement touareg lors de l'exposition de 1907.
Ruines du pavillon du Congo, détruit par un incendie criminel en 2004.

En 1899, un jardin d'essai a été créé sur le site afin de coordonner les expériences agronomiques sur les plantes des colonies françaises : caféiers, bananiers, arbres à caoutchouc, cacaoyer, vanillier, etc.[4] Son but était d'accroître les productions des colonies afin d'améliorer l'approvisionnement de la France métropolitaine. Au cours des années qui ont suivi, les serres du jardin d'essai fournissaient annuellement 10 000 boutures et 40 000 graines, expédiées ensuite dans les colonies françaises d'outre-mer[3],[2].

En 1907, une exposition coloniale y a été organisée par Société française de colonisation ; elle fut l'occasion de transformer le site en un jardin didactique qui regroupait en situation les possessions d'Asie et d'Afrique. Plusieurs pavillons ont été érigés (la serre du Dahomey et le pavillon de La Réunion ont été récupérés de l'exposition universelle de 1900, le pavillon du Congo provient de l'exposition coloniale de Marseille, qui avait eu lieu l'année précédente[5]). Six sites ont été reconstitués : les villages congolais, indochinois, kanak et malgache, la ferme soudanaise et le campement touareg[4]. Ces installations furent construites avec leurs monuments, leurs productions mais aussi leurs habitants : des personnes étaient recrutées dans les colonies, transportées en France, installées dans ces décors, déguisées de costumes plus ou moins traditionnels et payées pour fournir un spectacle aux visiteurs[6] (dans le campement touareg, par exemple, de prétendus rebelles nomades attaquaient le courrier). L'exposition coloniale s'est tenue de mai à . Ce fut un succès : entre un et deux millions de personnes sont venues la visiter. Ces exhibitions ont plus tard contribué à qualifier ce genre d'exposition de zoo humain[7].

Pendant la Première Guerre mondiale, le site a servi d'hôpital pour les troupes coloniales. Après celle-ci, plusieurs monuments aux morts y furent érigés, à la mémoire des troupes coloniales ayant combattu sur le territoire métropolitain.

Le site a hébergé un temps l'École d'agronomie tropicale. L'usage du jardin a ensuite été affecté au Centre technique forestier tropical. De nombreux bâtiments subsistant témoignent de cette période comme la termitière, les serres ou l'entrepôt de stockage des bois tropicaux. Le centre technique a déménagé à Montpellier en 1976[3]. Le CIRAD est resté l'occupant du jardin jusqu'en 1995.

Le site a été classé comme le reste du bois de Vincennes[réf. nécessaire] le . Le temple indochinois a été inscrit au titre des monuments historiques le [8]. Les autres pavillons, les éléments architecturaux et les monuments aux morts le furent le [8]. Pourtant, les édifices sont laissés à l'abandon et se dégradent. La végétation exotique a presque intégralement disparu. Le temple du souvenir indochinois a été cambriolé et incendié en 1984 ; il fut reconstruit sur un modèle beaucoup plus petit en 1992. Le pavillon du Congo a entièrement brûlé en 2004.

La ville de Paris acquiert le site en 2003 et entreprend un programme d'aménagement. La pose de clôtures, isolant le jardin des bâtiments délabrés dangereux ou consacrés à la recherche, a permis de rétablir l'accès au public en 2006. Les édifices ne sont toutefois pas vraiment rénovés, les fonds nécessaires n'ayant pas été alloués[6]. Toutefois, le pavillon de l'Indochine a été réhabilité en 2011[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Isabelle Lévêque, Dominique Pinon et Michel Griffon, Le Jardin d’agronomie tropicale, Actes Sud, coédition CIRAD, (ISBN 978-2-7427-5673-5)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]