Phyllostachys viridiglaucescens
Le Bambou vert glauque (Phyllostachys viridiglaucescens) est une espèce de plantes monocotylédones de la famille des Poaceae, sous-famille des Bambusoideae, originaire de Chine.
Description
[modifier | modifier le code]C'est un bambou de grande taille dont les tiges (chaumes) peuvent atteindre 8 m de haut maximum[2] et 5 à 10 cm de diamètre.
Les entre-nœuds mesurent environ 20-25 cm et sont couverts d'une pruine blanche à la chute des gaines caulinaires. Cette pruine disparaît rapidement, sauf sous les nœuds, où elle persistent sous forme d'un anneau blanchâtre parfois jusqu'à 2 ans. Les jeunes nœuds sont pourpres.

Les gaines caulinaires sont d'un brun-violet pâle, parfois tinté de jaune-vert, tachetées de brun, rêches, à pointe généralement asymétrique. Les oreillettes sont brun-violet à vert pâle, étroitement en faux. Les soies qu'elles portent peuvent atteindre 2 cm. La ligule est grande mais étroite, relativement asymétrique, à l'apex fortement convexe et à marge ciliée. Le limbe est réfléchi, vert-jaunâtre à marges oranges, linéaire, plissé au sommet[3].
L'espèce est traçante grâce à ses longs rhizomes et peut s'étendre de 4 à 7 m/an[réf. nécessaire].
Son feuillage est moyen à dense et semi-persistant.
Les pousses (turions) sortent fin mars début avril en Algérie[4], plus tard en avril-mai en France continentale et en Chine[3].
Espèces proches
[modifier | modifier le code]Le Bambou vert glauque ressemble beaucoup au Madaké (Phyllostachys reticulata = Ph. bambusoides).
Selon la Flora of China[5], la distinction se ferait en observant le limbe des feuilles caulinaires qui est plat à faiblement plissé chez Ph. reticulata, vs. fortement plissé chez Ph. viridiglaucescens.
Selon la Flore de France, les critères suivant seraient déterminant : tiges souvent de plus de 8m chez Ph. ret. alors qu'elle est plus courte chez Ph. vir., gaine caulinaire poilue ou glabre, les inférieures sans auricules chez Ph. ret. alors qu'elle est systématiquement poilue et toutes auriculées chez Ph. vir., gaines foliaires avec des auricules nettes chez Ph. ret. alors qu'elles sont indistinctes chez Ph. vir., enfin feuilles pouvant atteindre plus de 20 mm de large chez Ph. ret. versus moins de 20 mm chez Ph. vir.[2].
Écologie
[modifier | modifier le code]Le bambou vert-glauque se développe dans les milieux tempérés, en France il préfère les ambiances humides et chaudes[2].
C'est un bambou très rustique qui peut résister à des gels aisément et ce jusqu'à −20 °C (voire plus suivant le terrain et la situation)[Information douteuse].
Distribution
[modifier | modifier le code]L'aire de répartition originelle de Phyllostachys viridiglaucescens se situe en Chine : provinces de Anhui, Fujian, Jiangsu, Zhejiang[6], la variable environnementale influençant le plus sa répartition semble être l'altitude ; il est potentiel dans le Hubei et le Hunan[7].
L'espèce a été introduite dans certains pays, notamment en Amérique : Guatemala, Honduras, États-Unis[8] et en Europe : Allemagne, Italie, Transcaucasie[9].
En France, la plante a été introduite vers 1846 à Paris[4]. Espèce appréciée des jardins d'ornement malgré sa tendance envahissante, elle est fréquemment plantée en climat atlantique[2].
Taxonomie
[modifier | modifier le code]Le Bambou vert glauque a été décrit pour la première fois sous le nom de Bambusa viridiglaucescens par Élie-Abel Carrière, botaniste et horticulteur français, et publiée en 1861 dans la Revue Horticole[10],[11].
Le nom actuel : Phyllostachys viridiglaucescens, a été attribué par les frères Marie Auguste Rivière et Charles Marie Rivière, horticulteurs français, et publié en 1878 dans le Bulletin de la Société d'acclimatation de France[12],[4].
Étymologie
[modifier | modifier le code]Le nom générique « Phyllostachys », dérive de deux termes du grec ancien, φύλλον / phúllon, « feuille » et στάχυς / stákhus, « épi », en référence aux lemmes des épillets qui ont un limbe bien développé[13].
L'épithète spécifique « viridiglaucescens » est formé de deux racines latines, viridis, « vert » et glaucescens, de glaucesco, « devenir vert-bleuâtre », en référence à la couleur des chaumes de ce bambou[14].
Noms vernaculaires
[modifier | modifier le code]Dans la description qu'il fit de cette espèces, Carrière l'a nommé "Bambou vert glauque".
La Flora of China indique le nom suivant : 粉绿竹 fen lü zhu.
Synonymes
[modifier | modifier le code]Selon Catalogue of Life (15 mai 2018)[15] :
- Bambusa viridiglaucesens Carrière (basionyme[16])
- Phyllostachys altiligulata G.G.Tang & Y.L.Xuu
- Phyllostachys nigrivagina T.H.Wen
- Phyllostachys viridiglaucescens var. hinkulii (V.N.Vassil.) A.H.Lawson
- Phyllostachys viridiglaucescens f. hinkulii V.N.Vassil.
Liste des variétés
[modifier | modifier le code]Selon Tropicos (15 mai 2018)[16] :
- Phyllostachys viridiglaucescens var. hinkulii (V.N. Vassil.) A.H. Lawson
Utilisations
[modifier | modifier le code]La plante est cultivée principalement en Chine.
Son principal intérêt en nos régions est ornemental et réside dans la coloration de ses chaumes qui, selon leur âge, varient du vert très clair la première année au vert foncé à pleine mâturité.
Ses jeunes pousses sont comestibles et douces en goût[3].
Ses chaumes une fois coupés et sec, grâce à leur grande taille, sont très utiles dans nos potagers pour divers usages (comme tuteurs, pergolas, barrières, etc).
Il peut aussi être utilisé en haie et servir de coupe vent ou de brise vue.
Au niveau mondial, il est utilisé industriellement comme matière première pour la fabrication de la pâte à papier, notamment en Chine et de matériau de construction et même d'échafaudage.
Il est aussi utilisé pour la fabrication de lamellé-collé de bambou, pour la réalisation de parquets, meubles, etc., et également en charpente. Celui-ci aurait même de meilleures performances de résistances que le lamellé-collé en bois (grâce aux caractéristiques propre du bambou)[réf. nécessaire]. Il est principalement fabriqué en Chine et Japon.
Culture
[modifier | modifier le code]Sa culture et sa multiplication sont simples et aisées à faire, même pour un novice. Elle se pratique par bouturage d'un morceau de rhizome avec ses racines. Le bambou doit avoir au minimum trois à quatre ans pour avoir le maximum de chance de réussite du bouturage. L'opération devra se faire avant la période d'apparition des turions, donc en France de préférence entre décembre et fin février.
Cette espèce étant traçante (comme tous les Phyllostachys), il est conseillé de limiter son espace d'extension à l'aide d'une barrière anti-rhizomes.
| Hauteur à maturité | 8 m (max) |
|---|---|
| Rusticité | rustique |
| Composition du sol | équilibrée |
| pH du sol | neutre |
| Humidité du sol | frais |
| Exposition | soleil - mi-ombre |
| Utilisation en jardin | massif, haie, alignement, bac |
| Utilisation pour la maison | terrasse, balcon, cloison |
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ The Plant List (2013). Version 1.1. Published on the Internet; http://www.theplantlist.org/, consulté le 15 mai 2018.
- Jean-Marc Tison, Bruno de Foucault et Société Botanique de France, Flora Gallica: flore de France, Mèze, Biotope, , 1195 p. (ISBN 978-2-36662-012-2), p. 268
- « Phyllostachys viridiglaucescens in Flora of China @ efloras.org », sur www.efloras.org (consulté le )
- Auguste Rivière et Charles Rivière, « Phyllostachys viridiglaucescens », Bulletin de la Société d'acclimatation, vol. Série 3, t. V, , p. 700-708 (lire en ligne)
- ↑ « Étape 57, clé de détermination des Phyllostachys in Flora of China @ efloras.org », sur www.efloras.org (consulté le )
- ↑ (en) « Taxon: Phyllostachys viridiglaucescens (Carrière) Rivière & C. Rivière », sur Germplasm Resource Information Network (GRIN) (consulté le ).
- ↑ (en + zh) « Distribution prediction results of Phyllostachys viridiglaucescens », sur Prediction of Plant Distribution in China (sdp.iflora.cn) (consulté le )
- ↑ (en) « Phyllostachys viridiglaucescens (Carrière) Rivière & C. Rivière - Literature Based Distribution », sur Tropicos (consulté le ).
- ↑ (en) « Phyllostachys viridiglaucescens (Carrière) Rivière & C.Rivière | Plants of the World Online | Kew Science », sur Plants of the World Online (consulté le )
- ↑ « Bambusa viridiglaucescens | International Plant Names Index », sur www.ipni.org (consulté le )
- ↑ Carrière, « Bambou vert glauque », La Revue Horticole, , p. 146-148 (lire en ligne)
- ↑ (en) « Poaceae Phyllostachys viridiglaucescens Rivière & C.Rivière », sur International Plant Names Index (IPNI) (consulté le ).
- ↑ (en) Harold T. Clifford et Peter D. Bostock, Etymological Dictionary of Grasses : volume 86 de GeoJournal library, Berlin, SpringerLink: Springer e-Books, , 320 p. (ISBN 978-3-540-38434-2, lire en ligne), p. 252.
- ↑ (en) Harold T. Clifford et Peter D. Bostock, Etymological Dictionary of Grasses : volume 86 de GeoJournal library, Berlin, SpringerLink: Springer e-Books, , 320 p. (ISBN 978-3-540-38434-2, lire en ligne), p. 338.
- ↑ Catalogue of Life Checklist, consulté le 15 mai 2018.
- Tropicos.org. Missouri Botanical Garden., consulté le 15 mai 2018.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]Références taxinomiques
[modifier | modifier le code]- (en) BioLib : Phyllostachys viridiglaucescens (Carrière) Rivière & C.Rivière (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Phyllostachys viridiglaucescens (Carrière) Rivière & C.Rivière (consulté le )
- (en) Flora of China : Phyllostachys viridiglaucescens (consulté le )
- (en) GRIN : espèce Phyllostachys viridiglaucescens (Carrière) Rivière & C. Rivière (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Phyllostachys viridiglaucescens (Carrière) Rivière & C. Rivière (consulté le )
- (en) World Checklist of Selected Plant Families (WCSP) : Phyllostachys viridiglaucescens (Carrière) Rivière & C.Rivière, Bull. Soc. Acclim. France, sér. 3 (1878) (consulté le )
- (en) NCBI : Phyllostachys viridiglaucescens (Carriere) Riviere & C.Riviere (taxons inclus) (consulté le )
- (en) The Plant List : Phyllostachys viridiglaucescens (Carrière) Rivière & C.Rivière (source : KewGarden WCSP) (consulté le )
- (en) Tropicos : Phyllostachys viridiglaucescens (Carrière) Rivière & C. Rivière (+ liste sous-taxons) (consulté le )
Autres
[modifier | modifier le code]- Lecture page 706 fig 30 à 32 de "Bulletin de la Société nationale d'acclimatation de France" 1882 - Vol 1
- BnF (Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 8-S-631) texte brut ocr complet "Bulletin de la Société nationale d'acclimatation de France" 1882 - Vol 1 (SER3,A29,T9) 886 pages.
- (fr) Tela Botanica (France métro) : Phyllostachys viridiglaucescens (Carrière) Rivière & C.Rivière
- (fr + en) EOL : Phyllostachys viridiglaucescens
- "Bulletin de la Société nationale d'acclimatation de France" 1882 - Vol 1 p. 503
Fig. 10-11. — PHYLLOSTACHYS VIRIDI-GLAUCESCENS 10. Multiplication par chaume avec rhizome. —11. Multiplication par la base du chaume sans rhizome

