Jáchymov

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Jáchymov
Blason de Jáchymov
Héraldique
Station thermale aux débuts du XXe siècle
Station thermale aux débuts du XXe siècle
Administration
Pays Drapeau de la République tchèque République tchèque
Province Bohême
Région région de Karlovy Vary
Maire Petr Fiedler
Code postal 363 01
Indicatif téléphonique international +(420)
Démographie
Population 3 481 hab. (2006)
Densité 68 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 21′ 40″ N 12° 56′ 01″ E / 50.3610257, 12.9336572 ()50° 21′ 40″ Nord 12° 56′ 01″ Est / 50.3610257, 12.9336572 ()  
Altitude 733 m
Superficie 5 111 ha = 51,11 km2
Divers
Site(s) touristique(s) Site municipal (cs)
Localisation

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Jáchymov

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Jáchymov

Jáchymov (Sankt-Joachimsthal en allemand) est une station thermale du nord-ouest de la Bohême, en République tchèque appartenant à la région de Karlovy Vary. Située dans la vallée de Sankt Joachim dans les monts Métallifères sur le Weseritz, la ville s'appelait à l'origine Thal (vallée) puis plus tard, Sankt Joachimsthal. Cette ville est l'un des berceaux de l'industrie minière en Europe.

Histoire et économie[modifier | modifier le code]

Au début du XVIe siècle, une mine d'argent fut découverte dans la région. Cette découverte et les nouvelles activités qu'elle suscita dans les années suivantes eut un tel retentissement qu’à la fin des années 1520, Agricola en fit le point de départ de ses études métallurgiques. L'exploitation de cette ressource permit à la région de se développer rapidement et le propriétaire des terres où se situait la mine, le comte Etienne von Schlick, devint un des hommes les plus riches de Bohême. Entre 1520 et 1528, les frères Schlick firent frapper près de 2 millions de pièces de monnaie en argent à la manière de Saxe qui reçurent l'appellation joachimsthalers, abrégée par la suite en thaler[1] dans les pays germanophones, adaptée en daler en Scandinavie et tolar en Slovénie (c'est l'origine du nom du dollar). En 1528, l'atelier fut rattaché à la couronne de Bohême.

Mais en 1523, la Réforme gagna le pays, et au cours de la Guerre de Smalkalde (1546-47), Joachimsthal fut occupée par l’armée saxonne. Avec les progrès de la Contre-Réforme en 1621 et la re-catholicisation qui s'ensuivit, une majorité de citoyens luthériens et de mineurs de la montagne émigrèrent vers le duché de Saxe voisin.

Au XIXe siècle, la ville abrita l’administration et le tribunal régional, avec une direction des mines. L'extraction minière, gérée en partie par la couronne d'Autriche et en partie par des sociétés minières, était alors l'activité prépondérante. Avec l’argent (dont la production se montait en 1885 à 11,35 tonnes), on extrayait du nickel, du bismuth et de la pechblende, utilisée pour la production du réputé cristal de Bohême. Outre l'industrie traditionnelle de la dentelle, d’autres industries s'étaient établies en ville pour les besoins des mines et des fonderies : ainsi l’énorme manufacture de tabac qui employait 1 000 ouvrières, la manufacture de gants, ou celles de bouchons en liège.

Un incendie détruisit presque entièrement la ville le 31 mars 1873.

Au milieu des années 1890, Pierre et Marie Curie firent venir de Joachimsthal, grâce à un financement inespéré, une tonne de pechblende dans leur laboratoire de Paris[2]. Quelques années plus tôt, Becquerel avait mis en évidence dans ce minerai la présence d'uraninite. Par des étapes de raffinage précises et dangereuses, ils isolèrent successivement deux corps purs, le polonium puis le radium, découverte qui valut à Marie Curie le Prix Nobel de chimie en 1911. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, Joachimsthal devait rester le seul gisement connu de radium au monde.

À la suite des célèbres stations de Karlsbad, Franzensbad, et Marienbad, la première « station thermale au radium » ouvrit ses portes en 1906.

Les mines d'uranium, exploitées jusqu'en 1962, ont donné quelque huit mille tonnes de métal utilisées pour le programme nucléaire soviétique. Elles ont aussi servi de camps de travail forcé pour les prisonniers politiques du régime communiste[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Monnaies européennes entre 1450 et 1789, Smithsonian Institution, version suisse de 1978, p.66
  2. Cf. Ève Curie, Madame Curie, Paris, Gallimard,‎ 1938 ; et également Mme Curie et A. Debierne, « Sur le polonium », Radium, Paris, vol. 7, no 2,‎ février 1910 (lire en ligne).
  3. Y fut notamment envoyé de 1968 à 1974, le coureur Emil Zátopek.

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