Groupe de Puteaux

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le groupe « Section d'or ». Pour la « section dorée », voir nombre d'or.
Numéro spécial consacré à l'Exposition de la "Section d'Or", première année, n° 1, 9 octobre 1912

Le groupe de Puteaux[1] est le nom donné à un groupe d’artistes européens et de critiques étroitement liés au cubisme mais se plaçant dans une approche « post-cubiste ». Le groupe s’est constitué vers 1911 à l’occasion de réunions régulières de peintres tels Gleizes, Kupka, Léger, Metzinger, Picabia ou Marcel Duchamp, auxquels se joint aussi l'architecte Auguste Perret, en vue d’échanger des opinions chez Jacques Villon à Puteaux, alors un village de la banlieue ouest de Paris[2].

Origine[modifier | modifier le code]

Le groupe de Puteaux a adopté ce nom afin de se distinguer de la définition plus étroite du cubisme développé en parallèle par Picasso et Braque à Montmartre.

La célébrité du groupe de Puteaux date de l’apparition controversée de ses membres (Jean Metzinger, Albert Gleizes, Robert Delaunay, Henri Le Fauconnier et Fernand Léger) au Salon des indépendants du printemps de 1911[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

De 1911 à 1914, Villon réunit dans son atelier, rue Lemaître à Puteaux, André Salmon, Apollinaire, Maurice Princet et des artistes hétéroclites qui revendiquent la singularité de leur démarche : « là où le cubisme déracine, la Section d’or enracine » (Villon). Bien que parti du cubisme orthodoxe, ils élaborent, sous l’influence d'André Lhote, un système de défense stipulant une recherche de l’harmonie et des formes idéales régies par le principe du nombre d'or de la Renaissance, d’où l'appellation « Section d’or »[4] proposée par Villon. En pratique, la plupart des peintres s'intéressent à la géométrie non euclidienne ; ce principe est appliqué de façon plus instinctive que mathématique. Artistes soucieux de s'inscrire dans la modernité, ils s'entretiennent d’art africain, de la quatrième dimension, de géométrie non euclidienne, de futurisme, et des recherches chronophotographiques de Étienne-Jules Marey et de Eadweard Muybridge. La philosophie du groupe est une tentative de contrôler scientifiquement la peinture et les découvertes de Picasso et de Braque par le truchement des techniques classiques de composition dites des « tracés régulateurs »[5].

Le caractère intellectuel de leur démarche séduit, en 1912, l’orthodoxe Juan Gris. Il fut sans doute pour ces « cubisteurs », avec Metzinger et Apollinaire, un agent d’informations précieux sur les pratiques des Montmartrois. Suite au refus d'une œuvre de Marcel Duchamp, Nu descendant un escalier, au Salon des indépendants, et dynamisés par le scandale que provoque l’exposition des peintres futuristes chez Bernheim Jeune en février 1912, ils décident de créer un premier salon et envahissent le vaste espace de la galerie La Boétie en octobre 1912 pour révéler les nouvelles directives du mouvement[3].

La Section d'Or, 1925, Galerie Vavin-Raspail, Paris : œuvres d'Albert Gleizes, Portrait de l’éditeur Eugène Figuière, La Chasse, Les Baigneuses ; Robert Delaunay et André Lhote

En plus des fondateurs (Gleizes, Duchamp, Metzinger, Picabia) l’exposition réunit une trentaine de peintres et sculpteurs dont Alexander Archipenko, Félix Tobeen, André Lhote, Roger de La Fresnaye, Louis Marcoussis, Francis Picabia, et Frantisek Kupka qui est inscrit in extremis par un des plus jeunes participants Henry Valensi à la fois exposant et « secrétaire » de l'exposition[6]. Robert Delaunay qui avait la même année déjà exposé ses nouvelles toiles à la galerie Barbazange avec Marie Laurencin, soucieux d’éviter les étiquettes ne participe pas à ce Salon de la Section d'or de 1912[3].

Les œuvres présentées se distinguent par l’intégration de la couleur, du dynamisme et d'un « simultanéisme » que Sonia Delaunay développera avec Robert Delaunay en peinture, mode, art décoratif. C’est le deuxième jour de l'exposition qu’Apollinaire donne sous le titre de « Cubisme Écartelé » une conférence dans laquelle il distingue le cubisme scientifique du cubisme orphique. Il ménage ainsi les susceptibilités, notamment celle du collectionneur et marchand d’art allemand Daniel-Henry Kahnweiler, promoteur de Picasso et de Braque (et plus globalement du cubisme analytique et synthétique), qui est aussi l’éditeur de son Enchanteur pourrissant[3].

Quelques membres du groupe de Puteaux[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Également connu sous les appellations « Section d’or » ou « École de Puteaux ».
  2. Le Salon de la Section d'Or, Octobre 1912, Mediation Centre Pompidou
  3. a, b, c et d La Section d'or, 1912-1920-1925, Cécile Debray, Françoise Lucbert, Musées de Châteauroux, Musée Fabre, exhibition catalogue, Éditions Cercle d'art, Paris, 2000
  4. Le groupe prit aussi l'initiative d'organiser le Salon de la Section d'or en 1912, appellation suggérée à Duchamp-Villon par le Traité de la Peinture de Léonard de Vinci.
  5. Jeunes Peintres ne vous frappez pas !, La Section d’Or: Numéro spécial consacré à l’Exposition de la "Section d’Or", première année, n° 1, 9 octobre 1912, pp. 1-2.
  6. Exhibit catalog for Salon de "La Section d'Or", 1912. Walter Pach papers, Archives of American Art, Smithsonian Institution

Articles connexes[modifier | modifier le code]