Hova

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Portrait de Hova par Eugène Trutat (1896)
Orchestre mpilalao
(Exposition coloniale de 1931)

Dans sa signification la plus courante à Madagascar même, le terme hova désigne la plus importante subdivision du peuple merina, correspondant aux gens du commun.

Différentes significations[modifier | modifier le code]

Dans le sens le plus fréquent, le terme hova pouvait être opposé à andriana d'une part et à mainty enindreny de l'autre. Dans bien des cas cependant, il ne correspondait pas forcément à « roturier » car le statut particulier des clans hova pouvait varier considérablement. Certains bénéficiaient en effet de privilèges importants analogues à ceux de la plus haute noblesse. Dans le cas même des Tsimahafotsy d'Ambohimanga, les plus prestigieux des Hova avec les Tsimiamboholahy d'Ilafy, ils avaient souvent la prééminence sur les Andriana dans la gestion des affaires de leur province commune, ou même de l'ensemble du royaume. On sait également que certains clans hova descendent en fait de roitelets locaux vaincus lors de l'unification du royaume et continuaient à se considérer (et parfois à être reconnus comme tels par les autres!) comme « nobles ». Ceci explique pourquoi tous les Premiers ministres du Royaume de Madagascar depuis l'accès au pouvoir de la reine Ranavalona Ire en 1828 étaient issus des deux clans hova Tsimahafotsy et Tsimiamboholahy précédemment cités. Et malgré la règle d'endogamie interdisant normalement l'union entre hova et andriana, Rainilaiarivony, Premier ministre de 1864 à 1895 put devenir officiellement (même si, en réalité, ce fut surtout à titre symbolique !) l'époux des trois dernières reines qu'il a servies.

Dans un sens plus générique, en particulier dans l'usage des Côtiers, Hova pouvait aussi servir à désigner l'ensemble des Merina. C'est la raison pour laquelle le Royaume d'Émyrne fut souvent qualifié de « royaume hova » dans l'usage colonial du XIXe siècle.

À l'extérieur de l'Imerina, le terme "hova" servait également à désigner les nobles chez les Betsileo, les Bara, les Tanala et d'autres peuples du sud-est de l'île. Il devient simplement alors synonyme de andriana, ce qui permet de s'interroger sur sa véritable signification d'origine.

Ce qui fait qu'en définitive, dans pratiquement tous les cas de figure, la traduction du terme hova réclame toujours beaucoup de précautions.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Edward Frederick Knight, Madagascar in war time : the "Times" special correspondent's experiences among the Hovas during the French invasion of 1895, Longmans, Green and Co, Londres, 1896, X-336 p.
  • Émile Cailliet, Essai sur la psychologie du Hova, Presses universitaires de France, Paris, 1924, 188 p. (thèse à l’Université de Montpellier)
  • Jean Carol, Chez les Hova : au pays rouge, Paul Ollendorff, Paris, 1898, 431 p.
  • Damantsoha, La période du Manjaka-hova, communication faite à l'Académie malgache, le 21 janvier 1923, Imp. des arts graphiques, Tananarive, 1923, 20 p.
  • Alfred Durand, Les derniers jours de la cour hova : l'exil de la reine Ranavalo, Société de l'histoire des colonies françaises, Paris, 1933, 166 p.
  • Émile-Félix Gautier, « Les Hova sont-ils des Malais ? », in Journal asiatique (Paris), mars-avril 1900, 23 p.
  • Alfred Grandidier, Carnets de voyage et notes (1868-1870), série A, Histoire et ethnographie, carnet n° 33, notes extraites des articles de Wilkinson (Commercial Gazette), de septembre 1861 au , notes prises de Tananarive à Tamatave : quelques passages sur l'histoire hova, 1970, 33 p.
  • Alfred Grandidier, Manuscrit Merina dit manuscrit Hova, Musée de l'Homme, Paris, 1871.
  • Alfred Grandidier, « Les Hovas de Madagascar », in Revue générale des sciences pures et appliquées, .
  • Th. Hallez, « La question de Madagascar : les Sakalaves et les Hovas », in La Revue des Deux Mondes, 1885, 24 p.
  • Victorin Malzac (R.P.), Histoire du royaume hova depuis ses origines jusqu'à sa fin, Imprimerie catholique, Tananarive, 1912, 645 p.
  • Gustave Mondain, Des idées religieuses des Hovas avant l'introduction du christianisme, Imprimerie A. Coueslant, Cahors, 1904, 175 p. (thèse de théologie, Paris)
  • Jean-Baptiste Piolet, Madagascar et les Hova : description, organisation, histoire, C. Delagrave, Paris, 1895, 10-283 p.
  • Jean-Joseph Rabearivelo, Traduit de la nuit. Poëmes transcrits du hova, Éditions de Mirage, Tunis, 1935.
  • Dureau Reydellet, Le Royaume Hova et l'histoire malgache, Editions la Varangue, Saint-Denis (La Réunion), 2000, 93 p. (ISBN 2-913158-26-9)
  • Ruben Saillens, Nos droits sur Madagascar et nos griefs contre les Hovas examinés impartialement, P. Monnerat, 1885.
  • Eugène-Pierre Thébault, Traité de droit civil malgache : les lois et coutumes hova. 3, Les successions. Les donations. Les testaments, R. de Comarmond, Tananarive ; Jouve, Paris, 1953, 249 p.
  • Robert Thénard, Le droit de créance chez les Hova, Les Éditions Domat-Montchrestien, Paris, 1935, 160 p. (thèse)
  • Urbain-Faurec, Ambohimanga, colline de légende, berceau de la dynastie Hova, Impr. officielle, Tananarive, 1953, 21 p.
  • Elie Vernier, « Note pour contribuer à l'histoire des anciens postes hova sur la côte nord-est », in Bulletin de l'Académie malgache (Tananarive), 1944-1945, nouv. série, t. 26, 4 p.