Harald Bohr

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Harald Bohr
Image dans Infobox.
Harald Bohr (à gauche) et L. E. J. Brouwer (à droite) en 1932.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 63 ans)
GentofteVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Harald Augustus BohrVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Famille
Famille Bohr (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Mère
Ellen Bohr (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Sport
Équipes
AB Copenhague (depuis )
Équipe du Danemark de football (-) – 4 matchs joués et 2 points marqués Voir et modifier les données sur Wikidata
Position
Directeur de thèse
Archives conservées par
Œuvres principales

Harald Bohr
Image illustrative de l’article Harald Bohr
L'équipe du Danemark de football aux Jeux olympiques de 1908. Harald Bohr est dans la rangée du haut, 4e depuis la droite.
Biographie
Nom Harald Augustus Bohr
Nationalité Danois
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 63 ans)
Poste Milieu de terrain
Parcours senior1
SaisonsClubsM (B.)
depuis Flag of Denmark.svg AB Copenhague
Sélections en équipe nationale2
AnnéesSélectionM (B.)
-Flag of Denmark.svg Danemark 4 (2)
1 Matchs de championnat uniquement.
2 Matchs officiels (amicaux validés par la FIFA compris).
Tout ou partie de ces informations sont extraites de Wikidata.
Cliquer ici pour les compléter.

Harald Bohr, né le à Copenhague (Danemark) et mort le à Gentofte (Danemark), est un mathématicien danois.

Il a surtout travaillé sur la répartition des nombres premiers. Il fut également l'un des meilleurs footballeurs danois de son époque, médaillé d'argent aux Jeux olympiques de 1908.

Biographie[modifier | modifier le code]

Harald Bohr est né le à Copenhague au Danemark, de Christian Bohr, professeur de physiologie d'éducation luthérienne, et d'Ellen Adler Bohr, une femme issue d'une riche famille juive de renommée locale[1]. Harald avait une relation étroite avec son frère aîné Niels Bohr, que The Times a comparé à celle entre le capitaine Cuttle et le capitaine Bunsby dans Dombey et Fils de Charles Dickens[2].

Mathématiques[modifier | modifier le code]

Comme son père et son frère avant lui, Harald Bohr s'inscrit en 1904 à l'université de Copenhague, où il étudie les mathématiques, obtenant sa maîtrise en 1909 et son doctorat un an plus tard. Parmi ses tuteurs se trouvaient Hieronymus Georg Zeuthen et Thorvald N. Thiele[3]. Harald Bohr a travaillé en analyse mathématique ; une grande partie de ses premiers travaux a été consacrée aux séries de Dirichlet, y compris son doctorat, intitulé Bidrag til de Dirichletske Rækkers Theori (Contributions à la théorie des séries de Dirichlet)[4]. À partir de ce travail et pendant une bonne partie de sa vie, il travaille sur la répartition des nombres premiers (parmi les entiers naturels) en collaboration avec Edmund Landau. Une collaboration avec ce dernier, alors à Göttingen, aboutit en 1914 au théorème de Bohr-Landau, concernant la distribution des zéros dans les fonctions zeta[1]. Ils découvrent notamment une égalité fondamentale pour les fonctions presque périodiques, qui ressemble à l'égalité de Parseval pour les séries de Fourier.

Harald Bohr a travaillé dans l'analyse mathématique, fondant le domaine des fonctions presque périodiques, et a travaillé avec le mathématicien de l'Université de Cambridge G. H. Hardy. En 1915, il devint professeur à la Polyteknisk Læreanstalt (aujourd'hui l'université technique du Danemark). Avec Johannes Mollerup (de), il rédige le théorème de Bohr-Mollerup, selon lequel, parmi les fonctions telles que et , la convexité logarithmique caractérise la fonction gamma. En 1930, il prend un poste de professeur à l'Université de Copenhague, où il reste pendant 21 ans, jusqu'à sa mort en 1951. Børge Jessen fut l'un de ses étudiants là-bas. Il a été professeur invité à l'université Stanford pendant l'année universitaire 1930-1931[5]. Il fut chercheur invité à l'Institute for Advanced Study pendant l'été 1948[6].

Dans les années 1930, Harald Bohr fut un critique de premier plan des politiques antisémites prenant racine dans l'establishment mathématique allemand, publiant un article critiquant les idées de Ludwig Bieberbach dans Berlingske Aften en 1934[7].

Il a par ailleurs présidé la Société mathématique du Danemark (1926-1929, 1937-1951).

Football[modifier | modifier le code]

Harald Bohr était aussi un excellent joueur de football. Il a eu une longue carrière de joueur avec l'Akademisk Boldklub, faisant ses débuts à l'âge de 16 ans en 1903[8]. Au cours de la saison 1905, il joue aux côtés de son frère Niels, qui était gardien de but. Harald Bohr a été sélectionné pour jouer pour l'équipe du Danemark de football aux Jeux olympiques d'été de 1908, où le football fut pour la première fois disputé par des équipes nationales. Bien qu'une équipe danoise ait joué aux Jeux intercalaires de 1906, le match d'ouverture du tournoi olympique de 1908 fut le premier match de football international officiel du Danemark. Harald Bohr a marqué deux buts lors de la victoire 9-0 du Danemark contre l'équipe de France « B »[9] (la France avait aligné deux équipes dans ce tournoi), lors du premier tour de ce tournoi le 19 octobre 1908. Dans le match suivant, la demi-finale le 22 octobre 1908, Bohr et le reste de l'équipe du Danemark l'emporte 17-1 contre l'équipe de France « A », ce qui reste le record olympique[10] de la plus large victoire (avec le 16 à 0 de l’Allemagne contre la Russie quatre ans plus tard) et la plus lourde défaite de l'équipe de France de son histoire[11]. Le Danemark affronte en finale l'équipe hôte, la Grande-Bretagne, mais perd 2-0, Bohr remportant ainsi une médaille d'argent.[1],[4],[12].

Après les Jeux olympiques, Harald Bohr fait une autre apparition avec l'équipe nationale danoise, lors d'une victoire 2-1 contre une équipe amateur d'Angleterre en 1910[13].

Sa popularité en tant que footballeur était telle que lorsqu'il a soutenu sa thèse de doctorat, il a été rapporté que le public comptait plus de fans de football que de mathématiciens[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c JJ O'Connor et EF Robertson, « Harald August Bohr » (consulté le )
  2. « Obituary : Prof. Harald Bohr », The Times,‎ , p. 8
  3. Salomon Bochner, « Harald Bohr », Bulletin de l'American Mathematical Society, vol. 58, no 1,‎ , p. 72–75 (DOI 10.1090/S0002-9904-1952-09551-3 Accès libre, lire en ligne, consulté le )
  4. a et b (en) H. P. Boas « The Football Player and the Infinite Series », .
  5. Putnam, T.M., « The November meeting in Los Angeles », Bull. Amer. Math. Soc., vol. 37,‎ , p. 3–5 (DOI 10.1090/S0002-9904-1931-05068-0 Accès libre)
  6. « Scholars », sur Institute for Advanced Study,
  7. Eckart Menzler-Trott, Logic's Lost Genius : La vie de Gerhard Gentzen, AMS, (ISBN 978-0-8218-3550-0), p. 115
  8. Akademisk Boldklub, « historique de l'AB » [web/20081210175841/http://ab-fodbold.dk/ab-as.aspx archive du ] (consulté le )
  9. « Harald Bohr » [archive du ], Sports-Reference.com (consulté le )
  10. « Faits et chiffres – Réalisations / records de l'équipe » [archive du ], Site officiel des Jeux olympiques de Pékin 2008 (consulté le )
  11. Feuille du match Danemark - France sur footballdatabase.eu
  12. « Harald Bohr », sur Olympedia (consulté le )
  13. « Danemark – Internationaux 1908-1912 », Rec.Sport.Soccer Statistics Foundation (consulté le )
  14. « Moments mathématiques – Harald Bohr », Plus magazine, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]