Hangar à dirigeables d'Écausseville

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Hangar à dirigeables d'Écausseville
Hangar à dirigeables d'Écausseville, France.jpg
Le hangar en béton, vu du nord.
Présentation
Destination initiale
Hangar de dirigeable
Ingénieur
Matériau
béton armé
Construction
Commanditaire
Armée française
Hauteur
30 m
Propriétaire
Association
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
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Le hangar à dirigeables d'Écausseville est un bâtiment militaire désaffecté, situé dans le département de la Manche, classé monument historique depuis 2003.

Historique[modifier | modifier le code]

Le hangar en bois[modifier | modifier le code]

Durant la Première Guerre mondiale, l'Armée française décide d'employer des dirigeables pour contrer les sous-marins allemands[1]. Un terrain du hameau de la Bazirerie, à Écausseville, protégé des vents d'ouest dominants et permettant un décollage avec les vents ascendants[2].

Deux hangars sont commandés le . Les hangars sont prévus en bois de 150 mètres de long sur 20 de large et 22 de haut[2]. Le premier est construit en 1917 par la société Sainte-Beuve et Garnier entre janvier et août 1917, et accueille le Sea Scout SS-49 / VA-3[3].

Le hangar en béton[modifier | modifier le code]

Le , l'Armée décide de lui adjoindre un second hangar, cette fois en béton[4], destiné à abriter un aérostat de type ZD3[2].

La construction, selon les plans de l'ingénieur Henry Lossier[5] (1878-1962) par les établissements Fourré et Rhodes, s'étale du au [6].

Appliquant le procédé développé par François Hennebique, les 2 540 tuiles en béton produites sur place, reposent sur un comble en forme de chaînette renversée, de 12 mètres de rayon articulé à la base du rayon et au sommet, et une charpente de 25 fermes en béton armé, formant un bâtiment de 150 mètres sur 24, d'une hauteur de 28 mètres[2],[4]. Le ciment provient de l'usine du Ham, les châssis vitrés de Saint-Gobain[2] ; les fers à béton nécessaires à la confection des fermes viennent des États-Unis, du fait de l'occupation allemande des régions sidérurgiques durant la guerre. La grande porte coulissante à deux battants, nécessitant six hommes pour l'actionner depuis la tourelle de manœuvre[2], est posée en 1920 au nord-est du bâtiment[4] et détruite accidentellement en 1940[3].

Les réaffectations[modifier | modifier le code]

Déjà, l'aviation rend obsolète les bâtiments, qui n'abritent des dirigeables qu'une seule fois, en 1922[2].

Utilisés comme base arrière pour les avions reliant Paris à Cherbourg, les hangars sont désaffectés en 1927, celui en bois est démonté en 1932[2]. La Marine décide de supprimer les dirigeables en 1936, moins efficaces et plus onéreux que l'aviation. L'autre est transféré en 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, à la Direction d'artillerie navale de Cherbourg.

Après leur occupation par les Allemands et les Américains, il sert à stocker le matériel des unités de marine de Cherbourg, jusqu'en 1994.

Aujourd'hui, il est désaffecté et sert l'été pour des vols en Aéroplume.

La protection[modifier | modifier le code]

L'Association franco-américaine des aérodromes normands de la 9e US Air Force se porte acquéreur du lieu en 1999, et tente de valoriser ce patrimoine avec l'Association des amis du hangar à dirigeables d'Écausseville[6].

Inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du , ce hangar, dernier bâtiment de ce type (avec le hangar Y de Meudon classé monument historique en 2000) du fait de la destruction de ceux construits à Brest, Rochefort et Orly, est classé au titre des monuments historiques par arrêté du [4].

La communauté de communes rachète le hangar en 2008, l'Association des amis du hangar conservant la mission de médiation. Le hangar a été visité par environ 5 000 personnes en 2010, contre 3 500 l'année précédente[7]. Ce nombre est à nouveau en hausse en 2011, atteignant 7 000[8].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir : Le Génie civil, no 1931, p. 142.
  2. a b c d e f g et h Alain Nafilyan, Eric Diouris, Frédéric Henriot, Monuments historiques du XXe siècle en Basse-Normandie, In Quarto, 2010
  3. a et b Sur le site d'Aérobase
  4. a b c et d Notice no PA50000012, base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. Structurae : Henry Lossier
  6. a et b Sur le site Carnet de vol
  7. C.G., « Le hangar d'Ecausseville veut faire décoller son activité », La Presse de la Manche, 6 novembre 2010
  8. « Ouest-france.fr - Une bonne saison pour le hangar à dirigeables - Écausseville » (consulté le 14 novembre 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lieutenant-colonel G. Espitallier, Les voûtes en béton armé dans la couverture des bâtiments. Le hangar de Montebourg pour ballons dirigeables, p. 213-218, Le Génie civil, no 1934, (lire en ligne), planche II (Voir)
  • Émile Gouault, L'aérostation maritime, p. 141-147, Le Génie civil, no 1931, (lire en ligne)
  • François Dallemagne, Jean Mouly, Patrimoine militaire, p. 278-283, Éditions Scala, Paris, 2002 (ISBN 2-86656-293-3)
  • Xavier Bezançon,Daniel Devillebichot, Histoire de la construction moderne et contemporaine en France, p. 212-213, Eyrolles, Paris, 2013 (ISBN 978-2-212-13619-7) (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]