François Hennebique

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François Hennebique
Naissance
Neuville-Saint-Vaast
Décès (à 78 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Maçon, entrepreneur en Belgique
Activité principale
Directeur du bureau d'études central Bétons armés Hennebique, exploitant les brevets du système Hennebique

Compléments

Brevets pour des systèmes constructifs en béton armé

François Hennebique, né le à Neuville-Saint-Vaast et mort le à Paris, est un ingénieur français, auteur de brevets pour des systèmes constructifs en béton armé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sépulture de François Hennebique et de sa famille au cimetière de Bourg-la-Reine

Dans sa ville natale de Neuville-Saint-Vaast, entre Lens et Arras, on peut remarquer, au 64, rue du Canada, un médaillon en bronze portant l’inscription « François Hennebique, inventeur de la construction en béton armé, naquit ici le 25 avril 1842 »[1],[2].

En 1860, il devient maçon et décide peu de temps après de se mettre à son propre compte. Il part alors 20 ans à Bruxelles. Après les recherches de Joseph Monier concernant le béton armé (premier dépositaire d'un brevet concernant l'invention), François Hennebique dépose ses premiers brevets pour des systèmes constructifs en béton armé. C’est en 1879 qu’il coule sa première dalle de béton armé. En 1892, il abandonne son statut d'entrepreneur et devient ingénieur consultant.

En 1893, il construit son premier immeuble en béton armé au n°1, rue Danton à Paris avec l'architecte lyonnais Edouard Arnaud, au service des Monuments et Bâtiments de France à cette époque[3], et y installe son entreprise avec le slogan « Plus d’incendies désastreux ». En 1894, il construit son premier pont en béton armé, en Suisse, à Wiggen, quartier de la commune d'Escholzmatt. Il est sollicité en 1896 par Hector Guimard pour la terrasse de l'armurerie Coutolleau à Angers. En 1899, il conçoit et construit le premier pont civil en béton armé de France, le pont Camille-de-Hogues à Châtellerault[4].

En sa qualité d'ingénieur civil, il participe début 1901, à la Commission du ciment armé, créée par arrêté ministériel du , à la suite de la catastrophe du , qui s'est produite à l'attraction du Grand Globe céleste, lors de l'Exposition universelle de Paris.

Afin de démontrer les possibilités exceptionnelles de son matériau, il l'emploie pour bâtir, de 1901 à 1904, une demeure à l'architecture originale, que l'on peut facilement remarquer en face du lycée Lakanal, près de la gare RER de Bourg-la-Reine. Les constructions s’enchaînent ensuite : les docks de Manchester, le tunnel de Newcastle, les stade de Lyon et de Turin, les tribunes de l'hippodrome de Longchamp, la structure, les planchers et les escaliers du Petit Palais à Paris....

Édifiée en 1907 d'après les plans de l'ingénieur Pierre Bouchet, la halle de Longages Haute-Garonne est réalisée en béton par la firme Hennebique. En cours de restauration, elle est destinée à recevoir la Bibliothèque municipale.

Le système de pont en béton armé est utilisé en Belgique[5], dès 1905 à Bouillon et en 1911 à Hermalle-sous-Huy[6],[7].

À la suite de l'effondrement du Campanile de Saint-Marc à Venise, le , François Hennebique est appelé par l'ingénieur italien Giovanni Antonio Porcheddu (it) pour participer, lors de la reconstruction à l'identique, à la conception et au renforcement de l'ossature du nouvel édifice, inauguré le [8].

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

Système Hennebique

Le pont a été conçu et construit par l'ingénieur italien Giovanni Antonio Porcheddu, et a été le premier pont romain réalisé en béton armé, puisque son créateur, à l'époque, était le seul concessionnaire italien du Système Hennebique. Sa construction sur le Tibre, marque l’apogée technique de la firme Hennebique. Bâti sur un sol difficile, cet ouvrage particulièrement hardi est formé d’une arche unique fortement surbaissée, de 100 mètres de portée, et d'une flèche de 10 mètres. Elle établit, à l'époque, un nouveau record mondial pour une arche en béton. Suivant le principe du monolithe, constitutif du Système Hennebique, les culées et l’arche, ne forment qu’un seul bloc[11],

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Maison Hennebique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Villa Hennebique.
La maison Hennebique

Inscrite en 1972 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques [13], la maison de François Hennebique, inventeur du béton armé, fut construite de 1901 à 1904 en surplomb de la ligne de Sceaux, le long de l'avenue du lycée Lakanal. Cette villa familiale possède une architecture unique, véritable vitrine des possibilités novatrices du béton armé : terrasse en encorbellement, tour-minaret de 40 mètres de hauteur faisant office de château d'eau destiné à l'arrosage par gravitation des serres et des jardins suspendus de la villa, portées importantes sans piliers, porte-à-faux, différences de niveaux et saillies illustrent à merveille la souplesse du matériau[14],[15].

Bétons Armés Hennebique[modifier | modifier le code]

Après le décès de François Hennebique, le , son savoir-faire perdure dans son bureau d'études, les Bétons Armés Hennebique (BAH)[16]. Celui-ci conçoit :

Le petit-fils de François Hennebique, Roger Flament-Hennebique (1903-1935), ingénieur de l'École Centrale de Paris, intégrera l'entreprise, d'abord en qualité de dessinateur puis parviendra par la suite, à la direction de l'entreprise, mais il mourut dans un accident automobile, près de Hal, en Belgique, le [20].

Le bureau d'études BAH, fondé en 1894 disparaitra en 1967, après avoir traité près de 150 000 dossiers[21].

Revue Le Béton armé[modifier | modifier le code]

Du (N°1) au (N°378), sera publiée une revue technique et documentaire, des constructions en béton armé[22]. Elle était destinée aux agents et concessionnaires du Système Hennebique[23].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Maison de François Hennebique
  2. Compagnons et Maîtres d'œuvre, « François Hennebique, promoteur du béton armé », sur journalcmo.wordpress.com,‎ (consulté le 4 février 2016).
  3. Historique du béton
  4. Archives du Pas-de-Calais, « 25 avril 1842 : naissance de François Hennebique », sur archivespasdecalais.fr (consulté le 31 janvier 2016).
  5. Armande Hellebois, Michel Provost, Bernard Espion - La lettre du patrimoine N°32 , page 10, « Le système Hennebique et les constructions en béton armé de première génération », sur difusion.ulb.ac.be,‎ (consulté le 3 février 2016).
  6. « Le Pont en béton construit sur la Meuse à Hermalle-sous-Huy » dans la revue Le Béton armé. Organe mensuel des Agents et Concessionnaires du système Hennebique, septembre 1911, no 160, p. 129-135.
  7. Le Béton Armé N°160, « Le pont en béton armé : construit sur la Meuse, à Hermalle-sous-Huy » [PDF], sur lib.ugent.be,‎ (consulté le 3 février 2016).
  8. (it) Lions Club Ittiri, « Giovanni Antonio Porcheddu », sur sites.google.com (consulté le 31 janvier 2016).
  9. « Pont Camille de Hogues à Châtellerault » [PDF], sur piles.setra.developpement-durable.gouv.fr (consulté le 1er février 2016).
  10. Louis Quesnel, Le pont du Risorgimento, sur le Tibre, à Rome, p. 41-61, Annales des ponts et chaussées. 1ère partie. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1912, Mas-Avril (lire en ligne)
  11. « Hennebique François (1842-1921) » [PDF], sur storage.canalblog.com (consulté le 1er février 2016).
  12. a, b et c Revue mensuelle technique et documentaire des constructions en béton armé - N°352, « La chapelle du sanatorium de Guébriant » [PDF], sur lib.ugent.be,‎ (consulté le 31 janvier 2016).
  13. « Notice no IA00117415 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. « 21 photos de la maison Hennebique » (consulté le 31 janvier 2009)
  15. Jean-Pierre Lyonnet et Christine Desmoulin, Villas modernes, éditions alternatives, [lire en ligne]
  16. Cité de l'architecture et du patrimoine, « Fonds Bétons armés Hennebique (BAH) », sur archiwebture.citechaillot.fr (consulté le 31 janvier 2016).
  17. Plainejoux.blogspot, « Le sanatorium de Guébriant », sur plainejoux.blogspot.fr,‎ (consulté le 31 janvier 2016).
  18. Conseil départemental du Val-de-Marne, « Guébriant, Bienvenue au pays du Mont-Blanc ! », sur villages-vacances.valdemarne.fr (consulté le 1er février 2016).
  19. Brasseries de Mons, « Les sillos Hennebique », sur brasseriesdemons.blogspot.fr (consulté le 31 janvier 2016).
  20. « François Hennebique » [PDF], sur alger-roi.fr (consulté le 4 février 2016).
  21. Cité de l'architecture et du patrimoine, « François Hennebique Biographie », sur citechaillot.fr (consulté le 31 janvier 2016).
  22. Le Béton Armé, « Revue Le Béton Armé : exemplaires en ligne », sur lib.ugent.be,‎ juin 1898 à août 1939 (consulté le 1er février 2016).
  23. Le Béton Armé, « Le Béton Armé N°13 » [PDF], sur lib.ugent.be,‎ (consulté le 1er février 2016).

Sources[modifier | modifier le code]

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  • Gwenaël Delhumeau, L'invention du béton armé. Hennebique 1890-1914, Norma éditions,‎ , 344 p. (ISBN 2-909283-46-1), « Du "système" au matériau ».
  • Gwenael Delhumeau (éd.), Le Béton en représentation, la mémoire photographique de l'entreprise Hennebique 1889-1930, Institut français d'architecture/ Hazan, Paris, 1993.
  • J. Martinez, Étude sur la construction en béton de ciment armé système Hennebique, A. Dumesnil, Paris, 1896, 59 p.
  • « la maison Hennebique » in l'Architecture moderne (mars 1914).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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