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François Hennebique

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François Hennebique
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Œuvres principales
Première construction avec le Système Hennebique en Grande-Bretagne (1897)
Vue de la sépulture.

François Benjamin Hennebique, né le à Neuville-Saint-Vaast et mort le à Paris, est un ingénieur français.

Il est l'auteur de brevets pour des systèmes constructifs en béton armé.

Dans sa ville natale de Neuville-Saint-Vaast, entre Lens et Arras, au 64, rue du Canada, un médaillon en bronze porte l’inscription « François Hennebique, inventeur de la construction en béton armé, naquit ici le  »[1]. François Hennebique est le fils de Benjamin Hennebique, marchand colporteur et d’Augustine Demarchilye[2].

En 1860, il devient maçon et décide peu de temps après de se mettre à son propre compte, son entreprise de construction étant d'abord vouée à la restauration des églises[3]. Il part alors 20 ans à Bruxelles. Vers 1867, il crée sa propre entreprise de réfection de bâtiments dans la région[3]. Vers 1873-1874, François Hennebique a entrevu les immenses possibilités des procédés de construction, développés par Joseph Monier, premier dépositaire d'un brevet, le , concernant un « Dispositif de caisses-bassins mobiles en fer et ciment applicables à l'horticulture »[4]. Il coule sa première dalle de béton armé en 1879.

En 1892, il abandonne son statut d'entrepreneur et devient ingénieur consultant. Son premier brevet sur l'utilisation du béton armé est déposé le [5], intitulé Combinaison particulière du métal et du ciment en vue de la création de poutraisons très légères et de haute résistance[6],[Note 1].

Il développe ensuite ses propres concepts de construction qui vont devenir le Système Hennebique[7] : un ensemble d'étriers de renforcement, en fer plat de 25 à 30 mm de largeur, destinés à solidariser et à homogénéiser les masses[8],[9], qui vont constituer les précurseurs des armatures métalliques pour béton armé[10].

Système Hennebique (monolithe, culées - arche).
Système Hennebique (ligature de fer à béton).
Système Hennebique (étrier).

En 1894, il construit son premier pont en béton armé, en Suisse, à Wiggen, quartier de la commune d'Escholzmatt[11].

En 1895, son procédé breveté est utilisé à Chantenay près de Nantes pour le premier bâtiment de stockage de grande taille en béton armé : le Grand Moulin de la Loire Perraud et Compagnie, dont les architectes sont Lenoir, Etève et Raoulx, les ingénieurs-constructeurs lillois E. et P. Sée et Eugène Le Brun, ingénieur local du Bureau Hennebique à Nantes.

Il est sollicité en 1896 par Hector Guimard pour la terrasse de l'armurerie Coutolleau, à Angers.

En 1899, il conçoit et construit le premier pont en béton armé de France, le pont Camille-de-Hogues à Châtellerault[12].

En 1900, il construit son premier immeuble en béton armé au 1, rue Danton à Paris avec l'architecte lyonnais Édouard Arnaud[13].

En sa qualité d'ingénieur civil, il participe début 1901, à la Commission du ciment armé, créée par arrêté ministériel du , à la suite de la catastrophe du qui s'est produite à l'attraction du Globe céleste lors de l'Exposition universelle de Paris.

Afin de démontrer les possibilités exceptionnelles de son matériau, il l'emploie pour bâtir, de 1901 à 1903, sa maison familiale[14][source insuffisante], que l'on peut remarquer en face du lycée Lakanal, près de la gare RER de Bourg-la-Reine.

Les constructions s’enchaînent ensuite : les docks de Manchester, le tunnel de Newcastle, les stade de Lyon et de Turin, les tribunes de l'hippodrome de Longchamp, la structure, les planchers et les escaliers du Petit Palais à Paris

Système Hennebique

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François Hennebique a développé, tant en France qu'à l'étranger, un important réseau de concessionnaires et agents du système Hennebique : 290 établissements créés dès 1902, répartis dans de nombreux pays : France, Belgique, Suisse, Italie, Égypte, Russie, colonies, etc. Entre 1895 et 1910, son succès international lui a permis d'exercer un quasi-monopole dans le domaine de la construction en béton armé, et son procédé en vint à concurrencer le métal dans la construction des ouvrages d'art[15].

Certains de ses concessionnaires ont participé au développement du procédé de construction (la Compagnie Porcheddu à Turin, Louis Gustave Mouchel (en), en Grande Bretagne, etc.)

Plus de 90 hôtels de ville ont été construits, en tout ou partie, d'après les plans de François Hennebique, parmi lesquels : la nouvelle mairie du 14e arrondissement de Paris, les hôtels de ville d'Armentières, d'Aubusson, de Boulogne-Billancourt, de Bailleul, de Guéret, de Mexico, de Messine, de Montdidier, de Panama, de Péronne, de Philippeville, de Sfax[16].

Plus de 50 imprimeries ont été construites, en tout ou partie, d'après les plans de François Hennebique, parmi lesquelles : Le Matin à Paris, Le Petit Parisien à Paris, Le Progrès de Lyon, Le Nouvelliste de Lyon, La Petite Gironde à Bordeaux, L'Ouest-Éclair à Rennes, L'Est Républicain à Nancy, Le Journal de Rouen, La dépêche de Constantine, Le Progrès de la Somme à Amiens, L'imprimerie Draeger à Paris, L'imprimerie Lavauzelle à Limoges[16].

En 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale, l'entreprise Hennebique constitue une véritable multinationale comptant 127 concessionnaires, seuls autorisés à exploiter ses brevets, répartis dans 38 pays. La firme traite 7 000 dossiers par an[3].

Les bétons armés Hennebique

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Après le décès de François Hennebique le , son savoir-faire a perduré dans son bureau d'étude, les Bétons Armés Hennebique (BAH). Celui-ci conçoit :

Le petit-fils de François Hennebique, Roger Flament-Hennebique (1903-1935), ingénieur de l'École centrale de Paris, intègre l'entreprise d'abord en qualité de dessinateur, puis il parvient par la suite à la direction de l'entreprise. Il meurt dans un accident automobile près de Hal en Belgique le [20].

Le bureau d'étude BAH, fondé en 1894, a traité un nombre considérable de dossiers : 60 000 jusqu'en 1918. Il a cessé ses activités en 1967 après avoir traité près de 150 000 dossiers.

Revue Le Béton armé

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Du (no 1) au (no 378)[21] a été publiée une revue technique et documentaire des constructions en béton armé[22]. La revue Le Béton armé était destinée aux agents et concessionnaires du Système Hennebique. Elle a été tirée entre 3 000 et 10 000 exemplaires[7], et jusqu'à 21 000 exemplaires pour la présentation du pont du Risorgimento dans le no 165[23].

Principales réalisations

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  • La Villa Hennebique,

Inscrite en 1972 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques [24], la maison de François Hennebique, fut construite de 1901 à 1904 au 1, avenue du Lycée-Lakanal et 22, avenue Victor-Hugo à Bourg-la-Reine. Cette villa familiale possède une architecture unique, véritable vitrine des possibilités novatrices du béton armé : terrasse en encorbellement, tour-minaret de 40 mètres de hauteur faisant office de château d'eau destiné à l'arrosage par gravitation des serres et des jardins suspendus de la villa, portées importantes sans piliers, porte-à-faux, différences de niveaux et saillies illustrent à merveille la souplesse du matériau[25],[26]

La villa Hennebique à Bourg-la-Reine (1904).
Maison des étudiants belges et luxembourgeois, Cité internationale universitaire de Paris (1925-1927).
  • Le pont du Risorgimento à Rome[36] a été conçu et construit entre 1909 et 1911 par l'ingénieur italien Giovanni Antonio Porcheddu (it). Il a été le premier pont romain réalisé en béton armé, puisque son créateur, à l'époque, était le seul concessionnaire italien du Système Hennebique. Sa construction sur le Tibre marque l’apogée technique de la Maison Hennebique. Bâti sur un sol difficile, cet ouvrage particulièrement hardi est formé d’une arche unique fortement surbaissée de 100 mètres de portée et d'une flèche de 10 mètres. Elle établit, à l'époque, un nouveau record mondial pour une arche en béton. Suivant le principe du monolithe, constitutif du Système Hennebique, les culées et l’arche, ne forment qu’un seul bloc[37]. Le jour de l'inauguration, le , les spectateurs doutaient de la solidité de la structure, après l'enlèvement des échafaudages de soutien. Porcheddu était si confiant dans l'efficacité et la fiabilité de la nouvelle technique qu'il a voulu assister à la suppression des échafaudages sur un petit bateau juste en dessous de l'arche du pont, accompagné de ses deux plus jeunes enfants, Giuseppe et Ambrogia. Lors de la cérémonie d'inauguration, le roi Victor-Emmanuel III a qualifié Giovanni Porcheddu de « roi du béton armé »[38],[23].
  • À la suite de l'effondrement du campanile de Saint-Marc à Venise le , Giovanni Porcheddu a utilisé le Système Hennebique pour le renforcement de l'ossature du nouvel édifice, reconstruit à l'identique[39]. Celui-ci a été inauguré le , le jour de la Saint-Marc[40].
    Campanile de Saint-Marc, Venise, reconstruction à l'identique (1912).

Au Royaume-Uni

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Royal Liver Building, The Three Graces, Pier Head, Liverpool (1911).

Entre 1892 et 1902, plus de 7 000 structures ont été construites au Royaume-Uni, en utilisant le système Hennebique, y compris des bâtiments, des châteaux d'eau et des ponts. La plupart d'entre eux ont été construits par ses concessionnaires ou agents, dont les entreprises LG Mouchel (en) et F.A. Macdonald & Partners (en)[41].

Le premier bâtiment construit en 1897 avec le Système Hennebique, par Louis Gustave Mouchel (en), a été le Weaver Building (en) à l'emplacement des anciens docks de Swansea, au Pays de Galles[42]. Le moulin à farine a été démoli en 1984, lorsque les quais ont été réaménagés pour accompagner le développement du Quartier Maritime (en). Un fragment du bâtiment d'origine a été conservé sur le côté de la rivière Tawe, où une plaque y commémore sa réalisation[43].

À Liverpool, au bord de la Mersey, se dresse depuis le un spectaculaire édifice en béton armé. Le Royal Liver Building a été construit par Louis Gustave Mouchel, le partenaire britannique de François Hennebique. Avec 98 mètres de hauteur, le bâtiment a été connu comme le premier « gratte-ciel » de Grande-Bretagne, et à l'époque, la plus grande structure en béton armé dans le monde. Il est devenu un symbole de la ville[44]. Cet édifice appartient à un groupe de trois bâtiments historiques, appelés The Three Graces (Les Trois Grâces), du Pier Head, site labellisé depuis 2004, par l'UNESCO World Heritage.

En Belgique

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Passerelle Mativa à Liège, Belgique (1904-1905).

En Belgique, plus de 5 000 constructions ont été exécutées, en tout ou partie, d'après les plans de François Hennebique parmi lesquelles[45],[46] :

Le musée des Antiquités égyptiennes du Caire, construit entre 1896 et 1899, par l'architecte Marcel Dourgnon et inauguré en 1902.

Le théâtre municipal de Berne, de style néo-baroque, construit entre 1899 et 1903 par l'architecte René von Würstemberger, inauguré le .

En Géorgie

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La cathédrale de Poti, de style néo-byzantin, construite entre 1906 et 1907 par les architectes A. Zelenko et M. Marfeld. La cathédrale est une imitation de l'église Sainte-Sophie à Constantinople.

En Algérie et Tunisie

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À partir de 1916, la Maison Hennebique, depuis son agence à Alger[49], a participé à la construction de nombreux bâtiments dans la ville[50],[20].

En tunisie, la société hennebique a été représentée pour la première fois par l'ingénieur Giovanni Peloni, connu sous le nom de Jean-Pierre Peloni.

Il est né en Août 1851 à Bastelica en Corse. Il est d'origine italien, venant d'une région entre Bologne et Pistoia[51]. Il était le seul concessionnaire et entrepreneur reconnu par la Maison Hennebique en Tunisie au début du 20ème siècle. Il travaillait en collaboration avec le Bureau Technique de Tunis, dirigé par l'Agent général et l'ingénieur Barthélemy Reymond. Il restait en Tunisie jusqu'à 1933 et a géré près de 50 projets de constructions.

Giovanni Peloni était nommé Chevalier de la Légion d’honneur en novembre 1912 et promu au grade d’Officier de la Légion d’honneur par décret du 31 Décembre 1927[52], rendu sur le rapport du Ministère des Affaires étrangères  en qualité d’entrepreneur de Travaux publics à Tunis[53]. Il était le premier concessionnaire du système BAH (Béton Armé Hennebique) en Tunisie.

Contexte historique

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A la fin du 19e siècle, la présence des entrepreneurs des artisans italiens sur le territoire tunisien était très important, avec l’augmentation de la population italienne qui dépassait largement la population française, même après l’instauration du protectorat français en 1881. A la fin du 19ème siècle, la présence des entrepreneurs des artisans italiens était très important, avec l’augmentation de la population italienne qui dépassait largement la population française même après l’instauration du protectorat français. Cette période est connue par les efforts du gouvernement français a introduire des éléments d’innovations dans les chantiers, essentiellement les techniques de construction mixtes en béton armé. Pendant cette période, on trouve l’apparitions des différents brevets de Joseph Monnier et de François Coignet, qui présentaient déjà des problèmes sur les chantiers de l'époque. En parallèle, le système hennebique avait déjà commencé à se développer à partir de 1901. Il apparait en Tunisie lors de la construction de la caserne d'infanterie du Génie et de la maison de M. Arragon à Bizerte , et de la maison de rapport de Mr Picquart à Tunis. Le nom de Giovanni Peloni apparait pour la première fois avec ces projets en tant que concessionnaire de la maison hennebique en Tunisie. Il était  chargés de l'exécution des travaux avec licences de brevet hennebique.

Giovanni Peloni est aussi connu sous le nom Jean-Pierre Peloni, d’origine italien (une région entre Bologne et Pistoia), né le Août 1851 à Bastelica, Corse. Il restait en Tunisie jusqu'à 1933 et a géré près de 50 projets de constructions. A partir de 1902, Peloni était le seul concessionnaire et entrepreneur reconnu par la Maison Hennebique dans le pays, il travaillait en collaboration avec le Bureau Technique de Tunis, dirigé par l'Agent général l'ingénieur Barthélemy Reymond. Selon un fiche de renseignements demandés en 1927 par la Grande Chancellerie et faite par le ministère des affaires étrangères à l’appui de toute proposition pour la Légion d’honneur, Peloni avait un brevet supérieur. Il a servit comme conducteur des ponts et chaussées de 1887 à 1891[54]. Toutefois, il n’a pas fait les services militaire sous le motif d’être membre de l’enseignement public. Il était président de l’Association commerciale et industrielle de la Régence de Tunis entre 1908 et 1925. Après, il est devenu président du syndicat des entrepreneurs français entre 1910-1921 avant de devenir un président d’Honneur de ce groupement à partir de 1921. Il a rendu différents services dans les établissements de bienfaisance, les commissions,…etc. Il était membre de: comité directeur de la Société française de bienfaisance entre 1888 et 1925, comité de Contentieux des travaux publics ,  Comité supérieur des Habitations à bon marché , Comité Mascuraud ( vice-président Tunisie ) et finalement  un conseiller du commerce extérieur de la France. Il avait des distinctions honorifiques tels que officier de l’Instruction Publique et Chevalier de la Légion d’Honneur étant donné que son activité a participé à l’accroissement de l’influence française dans la Régence grâce à ses ouvrages exécutés dans des conditions remarquables[54]. Après son succès en Tunisie, Peloni a essayé d’étendre ses activités dans d’autres pays. Il a donc rejoint la société Allar et Clamens, en 1908. Il s’agit du concessionnaire Hennebique à Marseille, ce qui lui a permis de travailler sur d’autres projets en Algérie[55].

Projets et contributions

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L’activité de Peloni en Tunisie ne se limitait pas à la simple exécution des travaux : il se distinguait par une capacité d’observation remarquable et par l’exploitation fine de son expertise technique. Sur le chantier de la caserne de Bizerte, par exemple, il constata que les systèmes de béton armé traditionnellement utilisés provoquaient des défaillances dans les poutres et engendraient des coûts excessifs liés aux grands échafaudages. Grâce à la solution qu’il proposa, les poutres furent correctement exécutées, renforçant la confiance que François Hennebique plaçait déjà en lui. Cette réputation de compétence et d’efficacité lui valut d’être sollicité pour la construction de la maison de l’architecte Henri Picquart à Tunis — ce dernier étant connu dès 1898 pour le projet du Fort Chabrol, premier centre de recherche et école pratique de viticulture et d’œnologie Moët et Chandon à Épernay. Son expérience et sa capacité à obtenir les matériaux à moindre coût faisaient de Peloni un entrepreneur particulièrement recherché. Parallèlement à son rôle technique, Peloni se comportait en véritable homme d’affaires, déterminé à diffuser l’usage du béton armé et à accroître le chiffre d’affaires de la Maison Hennebique. Avec l’agent B. Reymond, il devait cependant faire face à des procédures administratives complexes: tous les projets, calculs et estimations devaient obtenir l’approbation du Ministère des Travaux publics. À partir de 1903, les travaux publics commandés par le Gouvernement français contribuèrent fortement à la reconnaissance du béton armé en Tunisie. Les réalisations réussies de Peloni dès 1902 lui valurent la confiance de la Direction des Travaux publics ainsi que celle du Ministère de la Guerre. Pour la Marine de Guerre, il dirigea plusieurs chantiers majeurs, dont :

  • l’Arsenal de Sidi Abdallah à Ferryville (aujourd’hui Menzel Bourguiba),
  • le champ de tir de Potinville (Hammam Chott),
  • les silos et l’hôpital militaire de Bizerte.

Pour le Gouvernement, il construisit notamment :

  • le palais de justice de Sousse,
  • à Tunis : l’Hôtel de la Direction générale des Finances, la prison civile, le siège de la Régence, les bureaux de poste, la Direction générale de l’Agriculture ainsi que la Direction générale des Travaux publics.

Pour la Municipalité de Tunis, il réalisa :

  • l’École professionnelle,
  • l’École Jules-Ferry,
  • les terrasses du pavillon de la maternité de l’hôpital.

Son activité couvrait d’ailleurs l’ensemble du territoire tunisien. Il participa à la construction de nombreux ponts routiers et ferroviaires, mais aussi de réservoirs et de purificateurs d’aqueducs, tant publics que privés. Entre 1904 et 1906, il travailla également pour des sociétés privées basées à Tunis, notamment :

  • La Société des grandes minoteries
  • La Société des phosphates de Kalaa Djerda (au port de Tunis)
  • La Compagnie des Sociétés françaises[51].

La fin de sa carrière en Tunisie semble se situer autour de 1925, après la construction des ponts sur les oueds Miliane et Melah (route 3, Bir Mcherga, 1923), suivie en 1925 par l’usine d’acide sulfurique pour la Société algérienne de produits chimiques et d’engrais. Parmi ses contributions majeures figure le redressement spectaculaire des bâtiments de la minoterie tunisienne au Lac de Tunis. Édifiés selon un brevet étranger sur un sol sablonneux nécessitant des fondations de 30 mètres de profondeur, ces bâtiments s’étaient dangereusement inclinés, atteignant un surplomb de 5,50 mètres le 29 août. L’intervention de la Maison Hennebique, dirigée sur place par Peloni, permit non seulement de redresser l’ensemble, mais transforma également cette opération en un cas d’étude publié dans 'Le Béton Armé', portant sur le comportement du béton armé en terrains instables ou sismiques. Dès 1904, sur le chantier de l’École professionnelle de Tunis, Peloni collabora pour la première fois avec la Société Anonyme de Fondations pour la Compression Mécanique du Sol ('Compressor'), fondée en 1900 par Hennebique[56].Dans les années suivantes, cette collaboration donna naissance à plusieurs ouvrages majeurs, tels que le pont sur l’oued Béja entre Medjez-el-Bab et Souk el Arba, ainsi que le pont supportant le tramway de Tunis. Fort de sa réussite en Tunisie, Peloni chercha ensuite à élargir son champ d’action. En 1908, il rejoignit la société Allar et Clamens, concessionnaire Hennebique à Marseille, ce qui lui permit d’intervenir sur de nouveaux chantiers en Algérie.

Reconnaissances

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En 2011, il rentre au National Inventors Hall of Fame[57].

Bibliographie

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  • Éric Hennaut, "François Hennebique", sub verbo, dans : Dictionnaire de l'architecture en Belgique de 1830 à nos jours, sous la direction d'Anne Van Loo, Anvers : Fonds Mercator, 2003.

Notes et références

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  1. Son brevet de 1892 est invalidé en 1903, la priorité est alors donnée au brevet de Joseph Monnier de 1878
  2. Eduard Züblin était alors le concessionnaire Hennebique, pour l'Alsace et la Lorraine

Références

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  2. « Neuville-Saint-Vaast - État civil en ligne », sur Archives départementales du Pas de calais- Etat civil en ligne, p. 566.
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  5. Office européen des brevets, « Brevets Hennebique », sur worldwide.espacenet.com (consulté le ).
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  12. Archives du Pas-de-Calais, « 25 avril 1842 : naissance de François Hennebique », sur archivespasdecalais.fr (consulté le ).
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  52. Archives nationales. (1928). Document concernant la promotion de Peloni de chevalier à officier de la Légion d’honneur. [Archive, base Léonore, notice C-214302, cote 19800035/258/34333]. Pierrefitte-sur-Seine.
  53. Grande Chancellerie de la Légion d’honneur. « Peloni, Jean Pierre (1851-....) ». Bastelica (Corse-du-Sud), s. d. Archives nationales ; site de Pierrefitte-sur-Seine. https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/notice/289645.
  54. a et b Archives nationales. (1927). Fiche de renseignements concernant Pélogni, demandée par la Grande Chancellerie à l’appui d’une proposition pour la Légion d’honneur faite par le Ministère des Affaires étrangères [Archive, base Léonore, notice C-214302, cote 19800035/258/34333]. Pierrefitte-sur-Seine.
  55. Godoli, E., & Saadaoui, A. (2019). Architectes, ingénieurs, entrepreneurs et artistes décorateurs italiens au Maghreb / Italian architects, engineers, contractors and decorating artists in the Maghreb (Cahiers Cedacot, 3). Pisa : Edizioni ETS.
  56. Le Béton Armé. (1906, septembre). Bâtiments inclinés de la Société des grandes minoteries tunisiennes, Tunis (n° 100, pl. 111).
  57. https://www.invent.org/inductees/francois-hennebique

Bibliographie

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  • Gwenaël Delhumeau, L'Invention du béton armé. Hennebique 1890-1914, Paris, Norma éditions, , 344 p. (ISBN 2-909283-46-1), « Du "système" au matériau ».
  • Gwenaël Delhumeau, Le Béton en représentation, la mémoire photographique de l'entreprise Hennebique 1889-1930, Paris, Institut français d'architecture/ Hazan, , 190 p. (ISBN 2-85025-329-4).
  • J. Martinez, Étude sur la construction en béton de ciment armé système Hennebique, A. Dumesnil, , 59 p..
  • « La maison Hennebique », in: L'Architecture moderne, .

Liens externes

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