Guillaume de Mandagout

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Guillaume de Mandagout
Image illustrative de l’article Guillaume de Mandagout
Guillaume de Mandagout
Biographie
Naissance Inconnue.
Montpeyroux
Ordre religieux Augustins
Décès
Avignon
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Clément V
Titre cardinalice Cardinal-évêque de Palestrina
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
Dernier titre ou fonction Cardinal-évêque de Palestrina
Archevêque d'Embrun
Archevêque d'Aix-en-Provence
Cardinal-évêque de Palestrina

Blason
[1],[2],[3],[note 1]

Guillaume de Mandagout, dont le nom est parfois écrit Guillaume de Mandagot ou Guillaume de Mandagost en français, et Guillelmus Mandagoti ou Guillelmus de Mandagoto en latin, est un canoniste de l'ordre des augustins, un juriste et un cardinal français, né à Montpeyroux, alors au diocèse de Lodève[4], et décédé le 3 novembre 1321 à Avignon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine, famille et études[modifier | modifier le code]

Sa date de naissance, comme celle de nombreuses personnalités du XIVe siècle est inconnue et son lieu de naissance résulte d'une conjoncture.

Guillaume de Mandagout est le neveu de l'évêque d'Uzès Guillaume des Gardies[5] qui est un frère de sa mère[6].

Le cardinal Guillaume de Mandagout est l'oncle de l'évêque de Lodève Guillaume III de Mandagout [7], de l'évêque de Marseille Robert de Mandagout et de son frère Hugue de Mandagout qui est chanoine d'Aix-en-provence et prévôt du chapitre d'Embrun[8] de 1328 à 1359, de l'évêque de Marseille Hugues d'Harpagon, du cardinal Bertrand de Deaux[9].

De 1270 à 1275, il étudie le droit à l'Université de Bologne qui lui décerne, en 1275, le titre de docteur. Il est déjà chanoine de l'évêché de Nîmes où il obtient plusieurs dignités et dont il est, plus tard, archidiacre[10].

Chapelain du pape et notaire apostolique[modifier | modifier le code]

En 1291, Guillaume de Mandagout est nommé notaire apostolique et conserve cette charge jusqu'à son élévation à l'archevêché d'Embrun[11].

Le , il fait partie, avec Bérard de Got, alors archevêque de Lyon, Francesco Monaldeschi (it), alors évêque d'Orviéto, Pandolfo, évêque de Patti et Francesco Napoleone Orsini, des légats chargés de remettre à Pietro de Morrone, la lettre par laquelle le Sacré Collège lui annonce qu'il l'a élu pape[12].

Les envoyés quittent Pérouse le . Le même jour, Charles II d'Anjou quitte Melfi, accompagné de son fils Charles Martel. Le roi et les légats, qui ont probablement convenu ce rendez-vous, se retrouvent à l'abbaye du Saint-Esprit dont le prieur Onofrio da Comina a le plus grand mal à assurer l'accueil des visiteurs[13].

Robert de Salle (it) est chargé d'annoncer à l'élu, qui vit reclus à l'ermitage Sant'Onofrio al Morrone la nouvelle. Charles d'Anjou, fatigué par le voyage s'arrête à Santo Spirito, mais il envoie Charles Martel à Sant'Onofrio pour tenter de convaincre l'ermite d'accepter la tiare. Le cardinal Pietro Colonna qui a quitté Pérouse sans prévenir les autres cardinaux et qui tente d'éviter que le nouveau pape apprenne qu'il a été l'un des cardinaux les plus opposés à son élection conduit sa propre délégation[14].

Lors de la réception des délégations, Pietro de Morrone aurait résisté au discours de Bérard de Got, mais se serait finalement rendu aux arguments de Pietro Colonna. Il finit par accepter la charge. Il propose à Robert de Salle de l'accompagner, mais celui-ci refuse et préfère rester à l'ermitage. Pietro de Morrone rencontre Charles II qu'il accepte, le de suivre le roi à L'Aquila pendant que les légats rentrent à Pérouse, rendre compte aux cardinaux du succès de leur mission[15].

Archevêque d'Embrun[modifier | modifier le code]

À la mort de Raymond de Mévouillon, le chapitre de la cathédrale d'Embrun choisit, Lantelme de Saint-Marcel d'Avançon, alors évêque de Grasse, pour être son successeur. Mais le pape Boniface VIII refuse d'accéder aux vœux du chapitre et pressent, le , Guillaume de Mandagout pour occuper ce siège métropolitain.

Il est sacré évêque le par Boniface VIII en la basilique Saint-Jean-de-Latran, et revêtu du pallium, selon l'usage de l'époque, le mercredi suivant. C'est-à-dire le [16]. La bulle qui l'institue est enregistrée le [17]. Il nomme deux grands vicaires Bertrand Plantier et Raymond Séguin qu'il dépêche pour prendre position du siège en son nom le , et fait lui-même son entrée à Embrun, le [18].

Le , il tient la première assemblée du chapitre d'Embrun sous son épiscopat. Le chapitre est alors composé des ecclésiastiques suivants : le prévôt Guillaume Pellizon, l'archidiacre Jean Freyssinet, et les chanoines Otton de Vintimille, Boniface de Vernet, Durand Freyssinet, Guillaume Abrivat le jeune, Embrun Martin, Pierre Chalvet et Guillaume Abrivat, prieur de La Saulce. Il est surtout question, au cours de ce chapitre, des biens meubles du défunt archevêque Raymond de Mévouillon dont les dominicains de Sisteron se sont emparés parce qu'il est mort dans leur murs et qui doivent revenir de droit à l'église d'Embrun[19].

Le , il quitte Embrun pour rejoindre le roi de Naples Charles II d'Anjou, le cardinal Guillaume Ferrières et l'archevêque d'Arles Rostaing de la Capre qui se rendent en Catalogne négocier avec Jacques II d'Aragon et son frère le futur Frédéric II de Sicile, la remise de la Sicile à Charles II d'Anjou. Malgré le décès, le à Perpignan du cardinal, la mission diplomatique parait un succès[20]mais ses résultats ne sont pas appliqués car le parlement sicilien proclame le , Frédéric d'Aragon, roi de Sicile. À son retour d'Aragon, Guillaume de Mandagout séjourne à Nimes et à Uzès, auprès de son oncle l'évêque, puis rejoint Embrun[21],[6],[note 2].

Le , par la bulle Pastoralis præminentiæ, le pape Clément V ordonne à tous les souverains chrétiens d’arrêter les templiers qui se trouvent dans leurs États. L'opération policière est exécutée en Provence le et les jours qui suivent : les officiers du comte arrêtent les Templiers, dressent des inventaires et placent leurs biens sous séquestre jusqu’à ce que le siège apostolique ou le comte en décide autrement, et prennent des dispositions afin que leurs revenus récurrents et que le produit de leurs activités notamment agricoles ne soient pas affectés et continuent d'être collectés.

Le , le pape Clément V nomme Guillaume de Mandagout et Arnaud de Faugères, archevêque d'Arles, curateurs de biens de l'Ordre du Temple pour les comtés de Provence et de Forcalquier.

Le , le roi Robert ordonne au sénéchal Raynald de Lecto de remettre aux curateurs les biens et les revenus que les officiers du comte ont confisqué aux templiers. Le sénéchal délègue l'action à Michel Elion, notaire de la cour de justice d'Aix-en-Provence en le munissant d'instructions contradictoires qui émettent des réserves à propos des biens qui doivent être restitués. Celui-ci entreprend avec Bertrand Milon, un chanoine de Carpentras que les curateurs ont désigné pour recevoir les biens en leur nom, une tournée qui commence le , qui dure tout l'automne et une partie de l'hiver et à l'issue de laquelle il est difficile de savoir, localement, quels biens ont été réellement remis au chanoine. La remise des biens de l'Ordre du Temple à l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, dure, en Provence jusqu'en 1320 au moins[22].

Archevêque d'Aix-en-Provence[modifier | modifier le code]

Guillaume de Mandagout est nommé archevêque d'Aix-en-Provence le [23] et la bulle qui lui confère le Pallium au titre de ce nouveau siège est enregistrée le [23], mais il ne quitte Embrun que le [24]. Il s'adjoint les mêmes grands vicaires que son prédécesseur, Guillaume d’Étienne et Augéry du Pont-de-Sorgue[23]. Son pontificat à Aix-en-Provence ne dure pas car il est nommé cardinal le [23].

Autres faits de carrière[modifier | modifier le code]

Il est archidiacre à Nîmes et à Uzès, prévôt du chapitre de Toulouse. Il est nommé recteur du Comtat Venaissin en 1305.

Le cardinal De Mandagout est un juriste célèbre. Il est l'auteur de Libellus de episcoporum electionibus. Il participe au conclave de 1314-1316, lors duquel Jean XXII est élu.

Décès et sépulture[modifier | modifier le code]

Après 1315, sa santé s'altère et il s'attache les services d'un certain Jean Gasc qui fait office simultanément de chapelain et de médecin, pour lequel il obtient le , le poste de recteur de l'église Notre-Dame de la Gayolle au diocèse d'Aix-en-Provence[25].

Jean Gasc deviendra chapelain et médecin du cardinal Pierre des Prés qui succède à Guillaume de Mandagout en tant que cardinal-évêque de Palestrina. Il est élu, par le chapitre de la cathédrale Marseille pour succéder à l'évêque Jean Artaud. Le pape Benoît XII qui s'était réservé la nomination de l'évêque de Marseille, casse l'élection pour le principe, et le nomme à ce siège le [25].

Le , il obtient du pape Jean XXII une dernière bulle qui lui permet de faire un testament. Il meurt le à Avignon, et il est enterré dans l'église de l'abbaye Sainte-Catherine d'Avignon.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Guillaume de Mandagout est cité dans le roman historique La Loi des mâles, publié en 1957, par Maurice Druon. Cet ouvrage constitue le quatrième titre de la série Les Rois maudits décrit notamment l'élection du pape Jean XXII[26].

Guillaume de Mandagout apparaît dans plusieurs scènes du roman Le Huis clos des éminences publié en 2010 par Robert Azais[27].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages historiques[modifier | modifier le code]

  • Joseph Hyacinthe Albanès (auteur principal) et Ulysse Chevalier (continuateur, annotateur, éditeur scientifique), Gallia christiana novissima. Histoire des archevêchés, évêques et abbayes de France. Aix : Guillaume de Mandagot, t. 1, Montbéliard, P. Hoffmann, 1899-1920 (lire en ligne), p 76 à 77.
  • Joseph Hyacinthe Albanès (auteur principal) et Ulysse Chevalier (continuateur, annotateur, éditeur scientifique), Gallia christiana novissima. Histoire des archevêchés, évêques et abbayes de France. Marseille : Jean Gasqui, Valence, Imprimerie Valentinoise, (lire en ligne), p 299 à 317.
  • Benoît Beaucage, « La fin des templiers en Provence : l'exemple de la viguerie d'Aix », Provence historique, vol. 49, nos 195-196,‎ , p. 79-91. (ISSN 0033-1856, lire en ligne).
  • (it) Ottorino Gurgo, Celestino V e gli spirituali: dalle profezie di Gioacchino da Fiore alle dieci illuminazioni, Novara e Gugnano, Istituo Geografico De Agostini e Mamma Editori, (lire en ligne), « XVIII a XX », p 135 à 154.
  • Joseph Hyacinthe Albanès, Armorial et sigillographie des évêques de Marseille : avec des notices historiques sur chacun de ces prélats : Jean Gasqui, Marseille, Marius Olive, (lire en ligne), p 73 à 80.
  • François Duchesne, Histoire de tous les cardinaux françois de naissance ou qui ont esté promeus au cardinalat. : Guillaume de Mandagout, t. 1, Paris, François Duchesne, (lire en ligne), p 377 à 379.
  • Marcellin Fornier (auteur principal), Raymond Juvénis (continuateur), Antoine Albert (continuateur) et Paul Guillaume (éditeur scientifique), Histoire générale des Alpes Maritimes ou Cottiènes : et particulière de leur métropolitaine, Ambrun, chronographique, et meslée de la séculière avec l'ecclésiastique., Paris, H. Champion, 1890-1892 (lire en ligne).
  • Joseph Girard (auteur), « La construction de l'église Saint Didier d'Avignon », Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, Impr. nationale et Ernest Leroux, nos 1936-1937,‎ (lire en ligne).
  • Pierre Jugie (auteur), Armand Jamme (éditeur scientifique) et Olivier Poncet (éditeur scientifique), Offices, écrits et papauté (XIIIe-XVIIe siècles). Nouvelle édition en ligne. : Cardinaux et chancelleries pendant la papauté d’Avignon : une voie royale vers les honneurs ?, Rome, École française de Rome, coll. « Publications de l’École française de Rome », (ISBN 9782728310135, lire en ligne), pp.651-679.
  • Francis Moreau, « Armorial des évêques de Lodève 1066-1790 : Guillaume de Mandagot (1312-1318) », Présentation de travaux de recherches historiques et généalogiques, .
  • Adrien Sauret, Essai historique sur la ville d'Embrun : Pièces justificatives, n° IX, Extrait du cartulaire de l’Église d'Embrun sur l'archevêque Guillaume de Mandagot (texte en latin), Gap, Delaplace père et fils imprimeurs-libraires de l'évêché, (lire en ligne), pp.500-504.
  • Joseph Roman, Sigillographie du diocèse d'Embrun : Guillaume de Mandagot (1295-1311), Paris, Rollin et Feuardent, (lire en ligne), pp.40-41.
  • Paul Viollet (co-auteur), Charles-Victor Langlois, Henri Omont, Antoine Thomas (co-auteurs), Congrégation des bénédictins de Saint-Maur (éditeur scientifique) et Académie des inscriptions et belles-lettres (éditeur scientifique), Suite du quatorzième siècle. : Guillaume de Mandagout, canoniste, t. 34, Paris, Imprimerie nationale, coll. « Histoire littéraire de la France », (lire en ligne), p 1 à 60.

Romans et fictions[modifier | modifier le code]

  • Robert Azais, Le huis clos des Eminences, Montigny-le-Bretonneux, Éditions Zinedi, , 150 p. (lire en ligne).
  • Maurice Druon, Les rois maudits : La loi des mâles, Paris, EDI8, , 272 p. (lire en ligne).

Références et notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Énoncé des armoiries de Guillaume de Mandagout selon Johannes Baptista Rietstap « aux 1 et aux 4 d'azur au lion d'or armé et lampassé de gueules, au 2 et 3 d'argent à trois pals de gueules ».
  2. Ces détails proviennent de l’œuvre de Marcellin Fornier qui n'indique pas sa source. Paul Viollet et Paul Guillaume pensaient qu'elles provenaient d'une chronique de la vie de Guillaume de Mandagout à laquelle Gaspard-Moïse de Fontanieu et Jean-Pierre de Valbonnais avaient accès mais dont les copies avaient été perdues ou égarées depuis. Le texte de ce document a été partiellement publié dans « l'Essai historique sur la ville d'Embrun » d'Adrien Sauret et Marcellin Fornier en a effectivement assez fidèlement paraphrasé le texte.

Voir aussi[modifier | modifier le code]