Grotte de Kébara

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L'homme de Néandertal surnommé Moshe trouvé dans la grotte de Kébara

La Grotte de Kébara (de l'hébreu : מערת כבארה Me'arat Kebara ; en arabe : مغارة الكبارة Mugharet el-Kébara) est une grotte située en Israël dans le Wadi Kebara. Elle s'ouvre dans le calcaire à environ 60 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur le flanc occidental du Mont Carmel, à quelque 10 km au nord-est de Césarée. Elle a été occupée entre 60 000 et 48 000 ans BP. Elle a notamment été rendue célèbre par la découverte de restes d'hominidés à l'occasion des fouilles menées sous la direction de Ofer Bar-Yosef.

L'une des découvertes les plus importantes faites dans la Grotte de Kébara date de 1983. Il s'agit d'un squelette néandertalien parmi les plus complets trouvés jusqu'à ce jour. Surnommé Moshe en anglais (traduction : Moïse), il date d'environ 60 000 BP, et comprend la plus grande partie du torse (colonne vertébrale, côtes), le bassin et la mandibule d'un même individu. Le crâne et les membres inférieurs manquent. Les membres inférieurs ont probablement été endommagés par un sondage ancien. En revanche, le crâne semble avoir fait l'objet d'un prélèvement secondaire, peut-être dans le cadre d'un rituel funéraire : en effet, la troisième molaire supérieure gauche a été découverte lors de la fouille à côté de son homologue mandibulaire, ce qui indique que l'individu a été inhumé avec le crâne dans une fosse non comblée suffisamment longtemps pour qu'une dent puisse se déchausser et tomber lors du prélèvement ultérieur de celui-ci. La préservation exceptionnelle du squelette a permis notamment d'étudier l'os hyoïde et de montrer qu'il devait offrir aux néandertaliens les mêmes possibilités physiques que l'homme moderne concernant la production d'un langage articulé.

L'industrie moustérienne associée comporte une production de pointes selon une variante de la méthode de débitage Levallois caractérisée par des enlèvements unipolaires convergents. L'outillage retouché est dominé par les racloirs et les outils convergents.

Le reste de la séquence a également livré de l'Aurignacien, du Kébarien (faciès épipaléolithique dont c'est le site éponyme) et du Natoufien.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert, R. M., Weiner, S., Bar-Yosef, O. et Meignen, L. - « Phytoliths of the Middle Palaeolithic Deposits of Kebara Cave, Mt. Carmel, Israel: Study of the Plant Materials Used for Fuel and Other Purposes », Journal of Archaeological Science 27 (2000), p. 931-947.
  • Ofer Bar-Yosef, Bernard Vandermeersch et alii, « The Excavations in Kebara Cave, Mount Carmel », Current Anthropology 33.5 (1992), p. 497-546.
  • Ofer Bar-Yosef et Bernard Vandermeersch, (Éds.) (1991) - Le squelette moustérien de Kébara 2, Paris, CNRS, Cahiers de Paléoanthropologie, 197 p.
  • Goldberg, P. et Bar-Yosef, O., « Site formation processes in Kebara and Hayonim Caves and their significance in Levantine Prehistoric caves », in T. Akazawa, K. Aoki and O. Bar-Yosef (eds), Neandertals and Modern Humans in Western Asia, New York & London: Plenum Press, 1998, pp.?
  • Lev, Efraim, Kislev, Mordechai E. et Bar-Yosef, O., "Mousterian Vegetal Food in Kebara Cave, Mt Carmel", Journal of Archaeological Science 32 (2005), p. 475–484.
  • Meignen, L. et Bar-Yosef, O. (1988) - « Variabilité technologique au Proche-Orient : l'exemple de Kebara », in: L'Homme de Néandertal, vol. 4, La Technique, Binford, L. et Rigaud, J.-P., (Éds.), Liège, ERAUL 31, p. 81-95.
  • Schick, T. et Stekelis, M. « Mousterian Assemblages in Kebara Cave, Mount Carmel », Eretz-Israel 13 (1977), p. 97-150.