Gérard de Suresnes

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Gérard de Suresnes
Nom de naissance Gérard René Julien Cousin
Naissance
Puteaux (Hauts-de-Seine)
Décès (à 43 ans)
Montluçon (Allier)
Nationalité Drapeau : France française
Profession

Gérard Cousin, dit Gérard de Suresnes ou tout simplement Gérard, né le à Puteaux et mort le à Montluçon, était un auditeur radiophonique devenu animateur sur l'antenne de la station Fun Radio. Surnommé "l'alcoolique le plus célèbre de la bande FM" [1], il anima de 1997 à 2002 une émission de radio libre intitulée Les Débats de Gérard, caractérisée par son esprit décalé, voire parfois déjanté, une grande liberté de ton et la personnalité de l'animateur, mélange comique d'esprit franchouillard, de rustrerie et d'inculture. À l'époque, Gérard et son émission connurent un certain succès radiophonique. Aujourd'hui, une communauté de fans entretient la mémoire de cette époque révolue.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, études et famille[modifier | modifier le code]

Gérard Cousin naît le à Puteaux dans les Hauts-de-Seine de parents inconnus. Il est recueilli par la DDASS [2]et placé jusqu'à sa majorité dans différentes familles d'accueil. De son passé scolaire, Gérard ne garde pas de bons souvenirs : « On me mettait au fond d'une classe, c'est tout », confie-t-il[2]. Élève médiocre, il n'a qu'un rêve : conduire un camion[2]. Bien qu'évoquant peu son enfance, on apprend de lui qu'il arrête l'école en CM2, et quitte l'éducation nationale probablement vers l'âge de 16-17 ans, après avoir été orienté dans une filière technique qui ne l'intéressait pas. Après son service militaire[3] et quelques expériences professionnelles en manutention, il suit une formation pour devenir chauffeur-routier. À 28 ans, il rencontre Éliane, son premier grand amour, avec qui il se marie. De cette union naît une fille prénommée Roseline.

Le , trois ans après ses débuts de chauffeur-routier, Gérard est victime, au volant de son 19 tonnes, d'un accident de la route causé par la présence d'une plaque de verglas sur une route départementale entre Dourdan et Rouen. Après avoir perdu le contrôle de son camion, il est à son tour percuté par un autre semi-remorque de 38 tonnes qui le blesse grièvement. Il reste hospitalisé plus de six mois[2]. Il se fait poser une broche à la jambe droite. Après son accident, il est licencié.

Reconnu travailleur handicapé, il ne peut plus conduire de poids-lourds, porter des charges voire monter sur des échafaudages. Dépourvu de diplômes, l'accès à des postes non qualifiés de manutentionnaire lui est restreint du fait de son invalidité.

Peinant à trouver du travail, il commence à fréquenter les bistrots de son quartier et tombe petit à petit dans l'alcool. Sa femme finit par le quitter et part s'installer à Lyon avec leur petite fille. Elle obtient le divorce[4],[5]. Gérard saisit le tribunal pour obtenir le droit de visite de sa fille, mais celui-ci le lui est refusé.

Livré à lui-même, souffrant de cette rupture sentimentale, Gérard s'enfonce dans la marginalité. Il vit un temps dans la rue avant de pouvoir obtenir un logement social à Suresnes, dans le département des Hauts-de-Seine, dans le lotissement HLM "Cité Carnot", où il vit tant bien que mal de ses indemnités de santé et d'aides sociales.

Débuts à la radio[modifier | modifier le code]

En proie à l'oisiveté, Gérard se lance dans l'écriture de poèmes parlant d'Amour, de l'être aimé.

Auditeur assidu des libres antennes nocturnes de Fun Radio (Lovin'Fun, Max le Star System), il décide un soir d’appeler l'animateur Max[6] à qui il récite ses poèmes, depuis la cabine téléphonique de sa cité. Max cerne immédiatement le côté comique du personnage.

Lors de ses passages à l'antenne, Gérard livre des poèmes loufoques, aux titres aussi évocateurs que Mon papillon, Mon crouton ou encore Ma bibi, regroupés sous le terme générique des Poèmes de Gérard. Grâce à ces derniers, il acquiert une certaine notoriété.

Max le convainc de venir dans les studios. Leur rencontre a lieu le 16 octobre 1996 à 3 heures 15 du matin dans une ambiance survoltée devant les anciens locaux de la radio, avenue du Général de Gaulle à Neuilly-sur-Seine [7].

La notoriété radiophonique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Les Débats de Gérard.

Fin 1996, Max offre à Gérard sa propre émission de radio libre hebdomadaire dans laquelle il animera des débats sur les thèmes de son choix. Les Débats de Gérard sont nés. Les thèmes sont variés, certains loufoques (débat sur les slips jaunes, les ascenseurs, les aspirateurs), d'autres collant à l'actualité médiatique (le décès de Lady Di, les catastrophes naturelles, la Coupe du Monde de Football...). Ils abordent parfois aussi des vrais sujets de société, comme la prostitution, la politique ou le chômage, mais de façon très libre et décalée. Les thèmes chers à Gérard reviennent souvent, en particulier le monde de la route (routiers et CB).

Bien qu'officiellement animateur en chef des Débats, Gérard n'est contractuellement qu'assistant d'antenne, épaulé par une équipe d'animateurs confirmés. Celle-ci se structure progressivement autour de la "Dream tize", un trio composé de Manu, Phildar et Reego, les deux premiers se chargeant d'énerver Gérard, le dernier tentant de canaliser sa colère en le faisant réagir sur des questions ou remarques d'internautes de l'IRC. Cette période, allant approximativement de 1998 à mi-2000 est considérée par beaucoup de fans comme " l'âge d'or " des Débats. Que ce soit l'équipe ou les auditeurs intervenants dans les débats, les prétextes sont nombreux pour tourner Gérard en dérision, le faire sortir de ses gonds, « faire gueuler le moustachu »[8] : son passé routier, sa maîtrise approximative de la langue française, son manque d'hygiène[9], ses conquêtes amoureuses, son penchant pour l'alcool...

S'adressant à Gérard lors d'un débat, Tony, un intervenant habituel sut probablement le mieux résumer l'esprit de l'émission en lui disant : « Toi tu poses des questions débiles et nous on essaie d'y répondre encore plus débilement [10]». Nul doute que cette maîtrise du second degré et de l'absurde permit l'émergence des fameux "habituels", tant détestés par Gérard, et rendit l'émission si cocasse.

Lors de ses débuts radiophoniques en 1997, Gérard est en couple avec une jeune femme atteinte d'obésité (120 kilos), prénommée Christine. Leur brève relation (2 mois et 1/2), marque les esprits des auditeurs quelques mois après leur séparation lorsque l'ex de Gérard se laisse aller à dévoiler à l'antenne des détails intimes sur Gérard, notamment son absence de jouissance ou encore l'usage détourné qu'il faisait de cotons-tiges[11]. Elle brosse également un portrait peu élogieux de Gérard en avançant qu'il lui volait de l'argent dans son porte-monnaie ; allégation que l'intéressé a toujours démenti.

Le 1er janvier 1998, Gérard rencontre Sandy, auditrice des débats et de 10 ans sa cadette. Celle-ci a 27 ans à l'époque. Retrouvant une seconde jeunesse, Gérard retrouve un travail à temps partiel. De son côté, Sandy s'occupe d'enfants en bas âge comme nourrice agréée. Du fait de moyens limités, un projet de mariage avorte au printemps 1998. Le couple parvient à s'acheter une voiture, une Renault 14 d'occasion, objet de nombreuses moqueries des auditeurs. Mais du fait de l'accumulation de loyers impayés, le couple finit par se faire expulser de l'appartement de Suresnes. Après plusieurs hébergements dans des hôtels de fortune, ils obtiennent des services sociaux du département une place d'hébergement au foyer Sonacotra de Nanterre.

Leur relation amoureuse donne l'envie à Max de faire une rubrique où Sandy interviendrait aux côtés de son homme. Il invente le concept des « Conseils de Gérard et Sandy », qui deviendra une rubrique à part entière, diffusée le dimanche soir dans son émission. Le principe est d'apporter aux auditeurs appelant le standard des réponses pertinentes à leurs problèmes personnels. Mais ces auditeurs sont en fait les habituels des débats dont les supposés problèmes sont en réalité fabriqués de toutes pièces.

Gérard part en cure de désintoxication dans les Alpes à l'été 2000 dans le but de guérir de son addiction à l'alcool. Sandy supporte de moins en moins le caractère de Gérard et son manque de considération à son égard. Elle sort avec Henri, le meilleur ami de Gérard qui finit par l'apprendre. Quelques mois plus tard, durant une parodie du jeu de France 2, Les Z'amours, elle commet l'erreur de révéler son infidélité à l'antenne face à un Gérard pris au dépourvu[12].

En février 2001, Gérard décide d'arrêter toute intervention radiophonique, sans autre forme d'explication. Pendant plusieurs mois, il ne donne plus aucune nouvelle de lui. On n'apprendra que plus tard les raisons qui ont guidé sa décision : le harcèlement dont il faisait l'objet de la part de certains auditeurs et l'attitude fumiste de son équipe durant l'émission. Il fait une réapparition en juin 2001 à l'occasion de son quarantième anniversaire.

À la suite d'un accident de voiture survenu le lors duquel Gérard conduisait en état d'ébriété, le couple se sépare définitivement. Sandy lui reproche notamment de s'être servi de sa carte bancaire à son insu pendant son hospitalisation. Elle le quitte pour un dénommé François, emportant avec elle un certain nombre d'effets personnels de Gérard (ses CD, une grande partie de sa collection de T-shirts) qu'elle ne rendra jamais.

Après une longue absence, Gérard fait son retour à l'antenne le à la grande joie de Max[13]. Les débats redémarrent avec une nouvelle équipe, à l'exception de Manu seul rescapé de feu la "Dream Tize". Les habituels reprennent du service. Mais la reprise est de courte durée, la fin définitive intervenant quelques mois plus tard en plein milieu d'un débat.

L'éviction de l'antenne[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 30 au 31 octobre 2002, pendant le débat sur le bizutage, Gérard dit en riant « Aïe Hitler ! »[14] à la stupéfaction des membres de l'équipe technique qui était alors hilare. À la suite d'un quiproquo, le jeu de mots est interprété comme un salut hitlérien (« Heil Hitler ! »). D'après la version de Gérard, lors de ce débat, il s'était cogné le genou sur la table de la radio, d'où le jeu de mot : « Aïe Hitler ». Ceci est confirmé sur l'enregistrement de l'émission par un silence à l'antenne, quelques secondes avant l'incident, et le rire général de l'équipe car Gérard se fait mal en essayant de se lever de sa chaise[14]. L'équipe réprimande Gérard, puis le réalisateur et le producteur l'enjoignent à s'excuser, ce qu'il fait dans la seconde « Oui je m'excuse auprès des auditeurs de ce que je viens de dire, voilà je retire ma parole », à quoi il ajoute « à bon entendeur salut, pour celui qui n'a pas compris ce que cela voulait dire ». Considérant l'incident clos, il s'apprête à poursuivre le débat mais Manu, le réalisateur, coupe l'émission à l'instant même, alors qu'un autre débat devait se dérouler et que celui en cours touchait à sa fin.

La sanction est immédiate et sans appel : l'animateur est définitivement évincé de Fun Radio. Dans un communiqué publié quelques semaines plus tard, le CSA estime que les dirigeants de la station ont su gérer l'incident d'antenne de manière très efficace[15].

Dernières années et décès[modifier | modifier le code]

Sans emploi ni perspective de reconversion, Gérard décide de quitter la banlieue parisienne. En juillet 2003, il part s’installer à Montluçon dans l’Allier. Mais, isolé, il ne parvient pas à tourner la page. Le , il s'éteint au centre hospitalier de Montluçon, emporté par un cancer des poumons diagnostiqué seulement un mois auparavant[16]. Désargenté et sans famille connue au moment de son décès, son corps repose aujourd'hui dans un terrain commun du cimetière de Désertines, dans la banlieue de Montluçon. Un groupe de ses anciens auditeurs et fans, apprenant la nouvelle, se cotise cependant pour lui payer une plaque commémorative. Au lendemain de son décès, Max, l'animateur radio qui l'avait fait découvrir au grand public, lui rend un rapide hommage à l'antenne.

Postérité[modifier | modifier le code]

Une communauté de fans très active sur les blogs et les réseaux sociaux continue à lui rendre hommage. Plusieurs sites internet de streaming audio mettent à disposition l'intégralité des interventions radiophoniques de Gérard. Deux émissions de radio lui ont par ailleurs été entièrement consacrées, la première sur Radio campus Paris en avril 2006 réunissant les principaux habituels et membres de l'équipe[17]. Une seconde en mai 2013 à l'occasion du huitième anniversaire de son décès sur la webradio Les Sales Gueules, à l'initiative de Manu et Reego, deux anciens de l'équipe des débats. Suite à une cagnotte Leetchi lancé par un groupe de fans (178 participations ont permis de collecter plus de 5.000 euros) ce qui a permis, l'exhumation et la réinhumation dans une tombe à son nom le 07/07/17 à Désertines.

Discographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jingle d'ouverture de l'émission hommage à Gérard de Suresnes en 2006 sur Radio Campus http://ggintegral.fr.nf/#!track=2006.04.20_Soiree%20Hommage%20a%20Gerard%20avec%20l%27equipe%20et%20les%20habituels%20%40%20Radio%20Campus%20%28%203H10%20%29
  2. a, b, c et d http://ggintegral.fr.nf/#!track=0000.00.00_Gerard%20Devoile%20Sa%20Vie%20Autours%20De%20La%20Table%20Ronde
  3. En Allemagne dans le 110e RI http://gerarddesuresnes.fr/19981105-debat-sur-l-armee/ Débat sur l'armée - 05/11/1998.
  4. http://gerarddesuresnes.fr/19971023-debat-sur-les-couples/ Débat sur les Couples - 23/10/1997.
  5. http://gerarddesuresnes.fr/19971120-debat-sur-les-celibataires/ Débat sur les Célibataires - 20/11/1997.
  6. Interview de Max à l’époque sur Radio-Phonic, évoquant le Star System et Gérard
  7. http://ggintegral.fr.nf/#!track=1996.10.16_1ere%20Rencontre%20Visuelle%20Entre%20Max%20%26%20Gerard
  8. Expression de Phildar - Débat du 24/02/2000 sur les ovnis et extraterrestres http://ggintegral.fr.nf/#!track=2000.02.24_Les%20OVNIs%20et%20ET%20%28%2B%20Reunion%20Pirate%29
  9. http://ggintegral.fr.nf/#!track=1999.03.00_GG%20Parle%20De%20Son%20Hygiene%20Avec%20Sandy%20-%20Part1
  10. http://gerarddesuresnes.fr/ - Débat du 12/10/2000 sur les catastrophes (26'58)
  11. http://ggintegral.fr.nf/#!track=1997.11.27_Christine%20Balance%20Sur%20Gerard%20-%20I%20Jouillait%20Pas
  12. http://ggintegral.fr.nf/#!track=0000.00.00_Les%20Zamour%20Avec%20Gerard%20%26%20Sandy%20%2B%20Sandy%20Annonce%20Qu%27elle%20A%20Trompe%20GG%20Avec%20Henry
  13. http://ggintegral.fr.nf/#!track=2002.02.04_Retour%20De%20GG%2C%20Apres%20Des%20Mois%20D%27absence%20%C3%80%20L%27antenne.%20Des%20Questions%20D%27auditeurs%20%28Dont%20Tony%2C%20Goldo%20Et%20Megane%29%2C%20Et%20Un%20Poeme%20Improvise ggintegral.fr.nf/#!track=1996.10.16 1re Rencontre Visuelle Entre Max & Gerard
  14. a et b Il prononce clairement « Aïe Hitler ! » à 39:08~39:09 sur l'enregistrement de l'émission.
  15. http://www.csa.fr/Espace-juridique/Decisions-du-CSA/Incident-sur-Fun-Radio-une-maitrise-efficace-de-l-antenne
  16. http://www.radioactu.com/actualites-radio/44173/radio-disparition-de-gerard-de-suresnes/#.Uq5RMyfY_Qk
  17. http://ggintegral.fr.nf/#!track=2006.04.20_Soiree%20Hommage%20a%20Gerard%20avec%20l%27equipe%20et%20les%20habituels%20%40%20Radio%20Campus%20%28%203H10%20%29

Liens externes[modifier | modifier le code]