Gérald Antoine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Antoine.

Gérald Antoine, né le 5 juillet 1915 à Paris 9e et mort le à Paris[1], est un philologue et grammairien français, ancien recteur de l’académie d’Orléans-Tours, conseiller de plusieurs ministres de l’Éducation, dont Edgar Faure, ancien maire d’Allarmont (Vosges).

Biographie[modifier | modifier le code]

Professeur de lettres[modifier | modifier le code]

Gérald Antoine est le fils d’Alphonse Antoine (1890-1969), général de l’armée française et résistant.

Agrégé de grammaire en 1939, et docteur ès lettres, Gérald Antoine a été chargé de conférences aux écoles normales supérieures de Saint-Cloud et Fontenay-aux-Roses de 1935 à 1962. Aspirant d’artillerie, il est fait prisonnier en 1940 non loin de Metz et rapatrié sanitaire en 1942. Il est professeur de lettres au lycée Ronsard de Vendôme de 1943 à 1947.

En 1947, il est élu maître de conférences à la faculté des lettres de Clermont-Ferrand où il enseigne jusqu’en 1954. Après trois ans comme maître de conférences à la Sorbonne, il est élu professeur d’histoire de la langue française (époque moderne et contemporaine) dans cette même université (1957). De 1978 à 1983, il a été professeur de littérature française à l’Université Paris-III puis professeur émérite.

Ayant assuré la réédition de l’Histoire de la langue française des origines à nos jours de Ferdinand Brunot, il la complète de trois tomes correspondant aux périodes 1880-1914 (1985), 1914-1945 (1995) et 1945-2000 (2000).

Selon la biographie publiée par l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique, Gérald Antoine « démontre par la pratique l'impossibilité de traiter d'un phénomène linguistique sans prendre en compte les aspects synchronique et diachronique, ainsi que les dimensions psychologique, rythmique, logique et sémantique de chacune des phrases où apparaît ce type de mots. L'approche se réclame d'une stylistique où le fait de style est considéré comme l'expression la plus consciente, la plus subtilement révélatrice du fait psychologique. »

Il a particulièrement travaillé sur l’œuvre de Paul Claudel et sur celle de Sainte-Beuve.

Il a été directeur de l'importante revue de linguistique Le français moderne. Ami de Raymond Queneau, il a, en 1967, été l'invité d'honneur de l'Oulipo.

Il a présidé la Société d'études céliniennes jusqu'en 1987.

Collaborateurs de ministres de l’Éducation[modifier | modifier le code]

À partir de 1960, Gérald Antoine a été membre de nombreux cabinets auprès de plusieurs ministres successifs de l’éducation nationale : conseiller technique, chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, auprès de Louis Joxe, Pierre Guillaumat et Lucien Paye (1960-1961), chargé de mission (enseignements supérieurs, recherche, coopération universitaire européenne) auprès d’Edgar Faure (1968-1969), chargé de mission auprès de Joseph Fontanet puis René Haby (1973-1975).

C’est aux côtés d’Edgar Faure qu’il joue le rôle le plus important, mettant en chantier la loi d'orientation de l'enseignement supérieur. Celui-ci le rappellera d’ailleurs auprès de lui en tant chargé de mission lorsqu’il devient président de l’Assemblée nationale (1975-1978).

Ses conceptions ont été exprimées en 1968 dans La réforme de l'Université, publié en collaboration avec Jean-Claude Passeron.

Fondateur de l’académie d’Orléans–Tours[modifier | modifier le code]

Gérald Antoine a été recteur de l’académie d’Orléans-Tours dès sa création en 1961 et jusqu’en 1973. Il contribue à ce titre à la fondation des universités d’Orléans et de Tours.

Il est pendant dix ans membre de la commission permanente franco-allemande des recteurs.

Maire d’Allarmont[modifier | modifier le code]

Gérald Antoine a occupé les fonctions de conseiller municipal d’Allarmont (Vosges) de 1977 à 1983. Il a été réélu en 1983 puis élu maire, fonction qu’il exerce jusqu’en 1989.

En , il fait partie des membres fondateurs du Comité des intellectuels pour l'Europe des libertés[2].

Il fonde et préside l’association pour le développement de la vallée de la Plaine qui regroupe aujourd’hui dans un établissement public de coopération intercommunale 59 communes de Meurthe-et-Moselle et des Vosges. Il fonde l’association « Développement culturel Lorrain » à Metz.

Gérald Antoine a exprimé son attachement aux valeurs fondatrices de la République dans le recueil Liberté, égalité, fraternité paru en 1981.

Décédé dans sa 99e année, il est inhumé au cimetière communal d'Allarmont le .

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Vis-à-vis ou Le Double regard critique, Paris, Gallimard, 1952 (rééd. Paris, P. U. F., coll. «Écriture», 1982)
  • Les Cinq grandes Odes de Claudel ou La poésie de la répétition, Paris, Lettres modernes, 1959
  • La stylistique française, sa définition, ses buts, ses méthodes, Revue de l'enseignement supérieur, 1959, n° 1
  • La coordination en français, Paris, Éditions d'Artrey, 1959-1962, 2 volumes
  • Liberté, égalité, fraternité ou Les fluctuations d'une devise, Paris, UNESCO, 1981
  • Histoire de la langue française des origines à nos jours (1880-1914), Paris, CNRS, 1985
  • Paul Claudel ou L'enfer du génie, Paris, Robert Laffont, 1988
  • Histoire de la langue française des origines à nos jours (1914-1945), Paris, CNRS, 1995
  • Histoire de la langue française des origines à nos jours (1945-2000), Paris, CNRS, 2000

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]