François Midy

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François Midy
Biographie
Naissance
Décès

François Midy, né à Limoges le , mort en 1807, est un homme de loi et révolutionnaire français, avocat au Parlement[1], accusateur public du Tribunal révolutionnaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Léonard Midy et de Marie Laury. En 1765, il perd son père, receveur ancien et alternatif des tailles de l'Élection de Bourganeuf[2]. Cette époque marque le début de ses malheurs[3] jusqu'à son arrivée en Anjou.

Alors trop jeune encore pour être reçu dans ces charges, sa mère, pour les lui conserver, est obligée de donner un homme au Roi[4]. Ce dernier augmenta ses dépenses et parvint, aidé des receveurs généraux qu'il trompait, à faire un déficit dans la caisse de plus de 50.000 livres. Il est destitué. Pour remplir ce déficit, on s'attaqua aux charges qui sont vendues en 1775 par arrêt du Conseil[5]

La protection de Turgot et de Necker[modifier | modifier le code]

Sans fortune, Midy a recours à la protection de Anne Robert Jacques Turgot, alors contrôleur général. Ce dernier lui donne une place dans la Régie des messageries[6]. Clugny détruit cette Régie et Midy se retrouve sans emploi.

Michel François d'Ailly[7], qui avait connu ses malheurs, étant chez Henri Lefèvre d'Ormesson, Intendant des finances, parle de lui à Jacques Necker et lui fait donner la place de contrôleur des Vingtièmes. Il est nommé à cet emploi le 1er juin 1778[8]. Il est alors assigné l'Élection de Château-Gontier. Il y réalise plusieurs travaux, mais est atteint d'une grave maladie d'août 1781 à mai 1783[9]. Une fois guéri, il se marie avec une Anglaise, Louise-Stanislas-Adélaïde Dean[10], qui était alors pensionnaire au couvent des Ursulines d'Argenteuil.

Les conséquences de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Midy possède la charge de procureur du Roi au grenier à sel de Craon et est sénéchal de l'abbaye de Nyoiseau[11] près de Segré. Le ménage Midy vit honorablement jusqu'à la Révolution française, qui vient tarir la plupart de ces revenus. Les ressources sur lesquelles pouvait compter le ménage disparaissaient successivement[12].

Les opportunités de la Révolution[modifier | modifier le code]

Il commence son évolution quelques mois auparavant. C'est lui, probablement, qui rédigea le Cahier des doléances[13] de la paroisse de Saint-Aignan-sur-Roë[14]. Midy est l'un des deux députés choisis par la dite paroisse pour faire partie de l'Assemblée préliminaire du Tiers-État réunie à Angers le 9 mars 1789[15].

À la suite de la prise de la Bastille, Craon comme les villes voisines établit sa milice nationale et sa garde bourgeoise[16], dont Midy fait partie de l'état-major le 20 juillet 1789. On ne voit pas cette garde intervenir dans l'émeute qui se produit, au commencement du mois d'août, contre le seigneur de Craon, le marquis de la Forêt d'Armaillé.

Peu de temps après il se forma, parmi les gardes nationaux, une compagnie de volontaires[17] Ils choisirent pour officiers MM. Allard et Mercier, capitaines, et Midy pour commandant[18]. Ceux-ci avaient promis soumission à M. Doussault et aux officiers de l'état-major. Mais, le 15 novembre 1789, une patrouille, commandée par un de ces officiers, est insultée dans les rues de Craon et les volontaires refusèrent dès lors d'obéir à d'autres que leurs capitaines. L'affaire s'envenima[19]. L'affaire paraissait apaisée, quand une autre patrouille fut à son tour insultée, le 16 février 1790, par des gardes nationaux[20] Les volontaires, se voyant en butte aux insultes de la populace, préférèrent se dissoudre et rentrer dans les rangs de la garde nationale[21].

Une première municipalité avait été en effet nommée à Craon le 14 février 1790[22].

Midy, jusqu'en 1791, n'obtient aucune place. Il devient juge en fonction au Tribunal de District en avril 1791. Le 9 avril 1791, il accepte la présidence du Club dit les Amis de la Constitution formé par vingt citoyens réunis aux Jacobins de Craon[23]. En janvier 1792, il acquiert des biens nationaux[24]. Président du club de Craon, lié avec François-Joachim Esnue-Lavallée, il fait son chemin et sa place.

Accusateur public[modifier | modifier le code]

Il devient accusateur public au tribunal criminel de département par la protection d'Esnue-Lavallée. Homme modéré, il aura soin de ne pas se compromettre[25].

Il est au nombre des électeurs appelés, le 2 septembre 1792, à élire les députés à la Convention Nationale. Il est même nommé en second des députés suppléants à cette assemblée (scrutin du 7 septembre), mais ne fut pas appelé à y prendre place.

1793[modifier | modifier le code]

À la nouvelle des événements des Journées du 31 mai et du 2 juin 1793, les administrateurs du département de la Mayenne ordonnent la formation d'un bataillon de volontaires qui partit pour Caen se mettre aux ordres de Georges Félix de Wimpffen. Le district de Craon s'oppose à ce mouvement. À Craon, le 10 juin 1793, dans une séance du directoire, Midy, qui était membre du Conseil, exposa qu'il ne voyait dans cette démarche calquée sur celle du département d'Isle-et-Vilaine, que le germe de la guerre civile, les moyens d'établir le fédéralisme et les efforts des riches pour détruire l'effet des décrets de l'impôt progressif, de la taxe de guerre et de l'impôt forcé.[26]. L'arrêté du directoire de Craon fut moins violent que ne le demandait Midy[27]

La Virée de Galerne[modifier | modifier le code]

Après la bataille de Pacy-sur-Eure, les administrateurs de Mayenne, dès le 19 juillet, et ceux de Laval, le 23, s'empressèrent d'ordonner le retour des volontaires et de rétracter leurs précédents arrêtés. Il était déjà trop tard. En apprenant la prochaine arrivée à Laval des conventionnels Didier Thirion et Esnue-Lavallée, envoyés en mission dans la Mayenne, tous les fonctionnaires compromis crurent devoir adresser leurs démissions aux Représentants du Peuple qui refusèrent de les accepter. Les Conventionnels arrivèrent à Laval vers la fin de septembre et par divers arrêtés, datés du 3 au 8 octobre, procédérent au remplacement des fonctionnaires destitués. Thirion étant étranger au département, c'est Esnue-Lavallée qui sans doute se chargea de choisir les candidats à ces nombreuses places. Il désigna pour président du tribunal criminel son beau-frère Basile, notaire et défenseur officieux à Craon, et pour accusateur public, son ancien collègue au tribunal de la même ville, François Midy.

Quelques mois plus tard, la guerre de Vendée éclate, les royalistes passent la Loire, le 18 octobre 1793, et après avoir occupé Candé et Segré, menace Craon. Midy, qui venait d'être appelé comme accusateur public au Tribunal criminel du département de la Mayenne se trouve à Laval, quand les Vendéens, sont maîtres de Château-Gontier vinrent pour l'attaquer. Laval est évacuée à son tour.

Article détaillé : Bataille de Laval.

Mais les administrateurs du département, pour éviter que les détenus, prêtres réfractaires et suspects, parmi lesquels se trouvaient quelques patriotes, soient délivrés par les Vendéens, résolurent de les faire conduire loin du théâtre de la guerre. Le 23, au matin, ils sont dirigés sur Mayenne. Les prêtres sont emmenés à Lassay, pour être conduits à Rambouillet. Les autres sont dirigés sur le Ribay et Javron.

Article détaillé : Évacuation de Laval (1793).

Le convoi est rejoint par divers fonctionnaires, partis après eux de Laval, et parmi ceux-ci le citoyen Midy. Celui-ci s'intéresse aux prisonniers patriotes, presque tous anciens fonctionnaires destitués et arrêtés pour cause de fédéralisme[28]. Lorsque le convoi part, par Pré-en-Pail, pour Alençon, il fait preuve d'humanité[29] et intervient auprès des prisonniers en leur sauvant la vie : il les fait séparer des autres suspects et obtient du conventionnel Letourneur qu'ils soient maintenus dans les prisons d'Alençon tandis que les autres prisonniers étaient dirigés sur Chartres. Midy marque alors un certain courage pour oser s'intéresser à des prisonniers, au risque d'être lui-même considéré comme suspect[30].

L'installation de ce tribunal subit des retards causés par les événements. Les Vendéens avaient envahi Laval le 22 octobre. Ils en repartirent le 1er novembre. Ce n'est qu'après la bataille du Mans et le passage des royalistes en fuite que le tribunal put s'organiser. Les Conventionnels avaient attribué à des commissions révolutionnaires la compétence la plus étendue et il ne restait à juger par les tribunaux criminels que les crimes de droit commun ou les délits commis contre la loi du maximum, en somme peu de chose.

La Terreur[modifier | modifier le code]

Basile et Midy, réputés ardents révolutionnaires, n'étaient point des hommes sanguinaires. Ils réussissent à conserver leurs places. Ils n'eurent du reste ni l'un ni l'autre l'occasion, dans leurs nouvelles fonctions, de se compromettre. C'est seulement dans les premiers jours du mois de nivôse, à la suite de la troisième invasion de Laval par les Vendéens et d'une troisième évacuation de la ville par les autorités, réfugiées à Rennes cette fois, que le tribunal criminel put être installé.

Midy a conservé des notes sur ses opérations du 9 nivôse an II (27 décembre 1793) au 1er vendémiaire an III (22 septembre 1794)[31]. À ce moment, le conventionnel René François-Primaudière se trouvait à Laval où il avait été envoyé pour procéder à l'épuration des autorités constituées. Par arrêté du 15 germinal (4 avril), il confirma les pouvoirs des membres du tribunal criminel.

Il n'en fut pas de même de la Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne présidée par Clément. Une nouvelle commission continue l'œuvre de leurs prédécesseurs. Ce nouveau tribunal commença ses séances le 18 germinal. Il les interrompit de nouveau du 9 floréal (28 avril)au 10 prairial (29 mai), sur l'ordre du représentant Joseph François Laignelot, sans doute en exécution de la loi du 27 germinal (16 avril) qui ordonnait le renvoi devant le tribunal révolutionnaire de Paris de tous les prévenus de conspiration qui seraient saisis sur un point quelconque de la République, en même temps que leurs complices.Cette loi emportait la suppression de tous les tribunaux révolutionnaires existant dans les départements. À la même époque, Midy fait habilement preuve d'humanité[32].

La Commission révolutionnaire reprit ses séances le 11 prairial. Une nouvelle loi du 19 floréal (8 mai), avait autorisé le Comité de Salut public à maintenir ces tribunaux en fonctions là où il le jugerait utile. C'est ainsi que furent rétablis, après une suspension plus ou moins longue, ceux d'Arras, de Bordeaux, de Nîmes, de Noirmoutiers et enfin de Laval. Ce dernier devait continuer à siéger jusqu'au 18 vendémiaire an III (9 octobre 1794).

La Convention[modifier | modifier le code]

Après la mort de Robespierre, la Convention avait mis fin au régime de la Terreur, en envoyant dans les départements des commissaires avec mission d'amener l'apaisement par des mesures réparatrices. Leur premier soin devait être de faire disparaître ces commissions extraordinaires qui avaient fait coulertant de sang partout où elles avaient été maintenues. Le représentant du peuple Jean-François Boursault-Malherbe était désigné pourse rendre dans la Mayenne. Il fit mettre en liberté de nombreux prisonniers détenus comme suspects dans les prisons de Laval, mit fin aux poursuites dirigées contre les anciens fonctionnaires destitués pour cause de fédéralisme, ordonna au contraire l'arrestation des plus violents terroristes et enfin renouvela les autorités.

Néanmoins, Basile fut laissé à la tête du tribunal criminel et Midy conserva, au moins provisoirement, ses fonctions d'accusateur public près de ce tribunal[33].

Le procès de la Terreur[modifier | modifier le code]

L'amnistie[modifier | modifier le code]

Nouvelles fonctions[modifier | modifier le code]

Pendant que Midy poursuivait son instruction contre les terroristes, il s'était vu un instant sur le point de perdre sa place. Le 25 germinal (14 avril 1795) un arrêté de Mathieu Baudran, confirmé par Guezno et Guermeur le 3 floréal suivant, avait une fois encore renouvelé les autorités du département de la Mayenne. Les anciens fonctionnaires destitués pour adhésion au fédéralisme reprenaient les fonctions qu'ils avaient occupées autrefois[34] Midy resta donc en fonctions Mais il comprenait que sa situation n'était que provisoire. Aussi, en prévision d'une destitution qu'il sentait prochaine, songea-t-il à trouver une autre place qui lui permettrait de vivreà Laval, n'ayant pas envie de rentrer à Craon[35]. Il chercha donc à obtenir un emploi dans les bureaux de l'Administration du Département et, il s'adresse à Plaichard-Choltière pour le prier d'appuyer sa demande[36]. Il s'agissait de la place de chef du bureau de la liquidation des créances des émigrés au Département qui fut en effet accordée à Midy vers cette époque, aux appointements mensuels de 297 livres 10 sols, outre les indemnités fixées par le Comité des finances.

Ses embarras n'étaient pas terminés pourtant. La pension qu'il réclamait depuis 1790 lui avait bien été accordée, mais il ne pouvait en jouir, faute d'avoir produit utilement certaines pièces. Il avait encouru la déchéance et un long temps devait encore s'écouler avant qu'il fût admis à en toucher les termes[37]. Et voilà qu'il apprend qu'une dénonciation contre lui a été adressée au Comité de sûreté générale, sans doute par quelque compétiteur évincé ou par des partisans des Jacobins poursuivis[38].

Pendant les derniers mois de l'an III, il semble avoir cumulé ses fonctions d'accusateur avec celles de chef du bureau de liquidation au Département, en prévision sans doute du moment où les premières lui seraient retirées[39].

La Constitution de l'an III modifia la composition des départements, en créant des arrondissements judiciaires pour remplacer les districts. Celui de la Mayenne en comptait trois Laval, Mayenne et Château-Gontier. Il n'y avait plus qu'un seul tribunal civil siégeant au chef-lieu du département. Midy est juge au tribunal de département dans la nouvelle organisation judiciaire, tandis que Baguelin venait le remplacer au tribunal criminel.

Juge[modifier | modifier le code]

De l'an IV à l'an VII, il se consacre uniquement à ses fonctions de juge. Rejoint par sa femme qui avait attendu qu'il eût une position stable pour se réunir à lui, il vécut alors paisiblement, se bornant, en dehors des devoirs de sa charge, à fréquenter quelques amis qu'il avait su s'attacher par les liens de la reconnaissance.

Le 15 brumaire an VII (5 novembre 1798), il fut appelé à diriger le jury d'accusation de l'arrondissement de Laval pendant le semestre suivant et à présider les audiences de la police correctionnelle[40]

Quelques jours avant de quitter la présidence du jury d'accusation, Midy avait reçu une lettre de Baguelin, en date du 9 floréal (28 avril 1799), l'informant qu'il étaitappelé, pour un semestre, à siéger comme juge au Tribunal criminel de département. Mais Midy ne devait plus rester longtemps dans ses fonctions de juge. Il venait à peine de quitter le Tribunal criminel pour rentrer au Tribunal civil, lorsque se produisit le coup d'état du 18 brumaire qui renversa le Directoire.

Avoué[modifier | modifier le code]

Cette fois, le nom de Midy ne se rencontre plus sur la liste des magistrats nommés pour composer les tribunaux établis par la Constitution de l'an VIII dans chaque arrondissement. Il dut donc abandonner définitivement ses fonctions. Il ouvrit alors un cabinet d'avoué près le Tribunal civil de Laval. Sa connaissance parfaite des affaires et de la procédure, son honnêteté professionnelle, ses relations personnelles et aussi sans doute la reconnaissance de services rendus, lui attirèrent la clientèle. Il meurt le 3 avril 1807.

Louise-Stanislas-Adélaïde Déan, épouse de François Midy, restée d'abord à Craon, était venue rejoindre son mari à Laval en l'an IV. Elle meurt le 23 septembre 1819.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. II prend ce titre au bas dune lettre du 7 février 1790 adressée à M. Treilhard.
  2. Dans la généralité de Limoges.
  3. Dans une lettre du 29 janvier 1791, adressée au Comité des pensions de l'Assemblée Nationale, dans le but d'obtenir un secours, il raconte les malheurs de sa jeunesse jusqu'à son arrivée en Anjou
  4. Elle fait donc recevoir dans ces charges le sieur Rouchon, commis de son mari, pour les exercer jusqu'à la majorité de son fils. Il en coûta 10.000 livres.
  5. Où le sieur Midy avait été en instance pendant plus de cinq ans.
  6. Il a eu le malheur, à Valenciennes, de perdre le bout du doigt de la main droite par la maladresse d'un postillon de la Poste.
  7. Futur député de Chaumont-en-Vexin à l'Assemblée Nationale.
  8. Avec 1.200 livres pour appointements, frais de voyages, de tournées, de bureau et tous autre frais quelconques.
  9. Maladie occasionnée par l'assiduité du travail du cabinet, et qui, lui obstruant tous les viscères, l'obligea à interrompre ses travaux. Cette maladie, dont il ne s'est jamais remis complètement, étant depuis ce moment sujet à de fréquents accès de goutte.
  10. Elle est baptisée le 29 novembre 1772 à Argenteuil. Elle est la fille de Feu Edward Dean, capitaine des Blue Guards, officier général des armées du roi d'Angleterre, et de feue Elisabeth Sommer, âgée d'environ 18 ans. Filleule de Monsieur et de Madame Adélaïde
  11. Midy écrit à diverses reprises à Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, à Treilhard, membres du Comité ecclésiastique de l'Assemblée Nationale, etc., pour le règlement des affaires de cette abbaye.
  12. Midy ne cesse cependant de solliciter de tous côtés. Il écrit à Madame Adélaïde, à son intendant, l'abbé de Ruallin, à un parent, M. Midy de la Gréneraie, conseiller au Parlement de Rouen et collègue de l'abbé de Ruallin, à M. Dailly son protecteur, à Volney, au Comité des Pensions de l'Assemblée nationale, pour obtenir des secours ou une pension. Rien ne lui réussit.
  13. Ernest Laurain, Les doléances de Saint-Aignan-sur-Roë, dans la Revue du Maine, 1902, pages 73 et s., et « François Midy », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (lire en ligne), t. III, p. 46.
  14. Il renferme tout un programme de gouvernement, fait par un candidat à la députation, mais ne s'occupe pas des intérêts locaux.
  15. Il n'est pas conservé au nombre des électeurs réduits au quart appelés à nommer les députés aux Etats-Généraux de 1789.
  16. Composée de six compagnies et commandée par le président du grenier à sel, Doussault.
  17. Elle était composée de jeunes gens aisés qui, pouvant disposer de leur temps, s'étaient offerts pour faire le service des patrouilles de jour et de nuit, les jours de dimanches ou de fêtes et ceux de foires ou de marchés pour éviter aux artisans ce service fatigant qui les eût tenus éloignés de leur travail.
  18. Ce dernier charge sa sœur de broder un drapeau pour les volontaires.
  19. Midy, au nom des volontaires, adresse plusieurs lettres, tant à Volney qu'au général La Fayette, comme commandant des gardes nationales de France, en faisant valoir les services rendus par ces volontaires pour la libre circulation des grains et pour la répression d'une émeute qui menaçait de brûler le grenier à sel. Il demandait ce qu'il devait faire dans la circonstance. Tous les deux l'invitent à essayer de calmer les volontaires et de les maintenir, en attendant le vote de la loi portant organisation des gardes nationales de France.
  20. Les officiers de cette garde, réunis chez leur commandant, firent venir les insulteurs et les condamnèrent à 12 heures de prison. Mais la municipalité récemment créée intervint, contestant aux officiers le droit de condamner des citoyens à l'emprisonnement. Cette fois tout l'état-major était intéressé à défendre sa décision contre la municipalité qui finit par se calmer et une entente intervint.
  21. Midy fait modifier son drapeau et les broderies pour l'offrir à la garde nationale.
  22. Elle se composait de François-Joachim Esnue-Lavallée, avocat, maire Jamet, procureur de la commune; Douasne, bourgeois, Lenseigne, perruquier, Deniau, marchand, Nupied, tanneur, et Monnier, boulanger, officiers municipaux, et de douze notables.
  23. Avec Chartier et Le Sucq pour secrétaires et Deniau pour trésorier.
  24. Les closeries des Gaignardières.
  25. On le traitera peut-être plus tard de buveur de sang en raison de ses anciennes liaisons, mais sans pouvoir articuler contre lui un acte quelconque et précis.
  26. « La Convention, ajouta-t-il, a fait une proclamation sur les événements qui excite la sollicitude du département elle est libre. Les décrets qu'elle a rendus sont favorables au peuple, la force armée qu'on veut envoyer à Paris n'a d'autre objet que de protéger et défendre les ennemis du peuple, les complices de Dumouriés, de Pith et de Cobourg, et de faire rapporter ces décrets salutaires. La levée d'une force armée pour se porter à Paris et contre Paris est le comble de l'ingratitude lorsque cette ville a cent mille hommes aux frontières ou à la Vendée elle est levée sans réquisition légale dans le moment même ou la Convention déclare qu'elle est libre. Le département a donc fait un acte de souveraineté, il a empiété sur le pouvoir du corps législatif auquel appartient le droit d'ordonner une levée de force armée. Dans quels tems cette levée est-elle ordonnée ? Dans un temps de trouble où le département de la Mayenne voit ses limites menacées par l'armée contre-révolutionnaire Elle est levée, cette force armée, avec un prétexte qui fait le contraste le plus piquant avec la lenteur qu'on a mis à fournir un détachement pour aller s'opposer au passage de la Loire que faisoit craindre la déroute de Beaupréau. En conséquence, je demande qu'il soit arrêté que les mesures prises par le département et les autorités constituées de Laval seront désapprouvées qu'aucun commissaire pris dans cette administration ne seront nommés, qu'au contraire il sera fait une adresse à la Convention pour adhérer à toutes les mesures et aux décrets qu'elle a rendus depuis le 31 mai dernier, en lui demandant de renvoyer au tribunal révolutionnaire les auteurs et instigateurs de pareilles mesures que chaque membre de cette administration renouvellera dans cet instant le serment de vivre ou mourir, de maintenir de tout son pouvoir l'unité de la République française, de respecter les propriétés et les personnes, et d'être constamment attaché à la cause du peuple
  27. O se contenta de prier le département de désavouer son adresse du 7 juin comme surprise par un premier mouvement, et d'enjoindre aux municipalités une surveillance exacte pour empêcher toute levée illégale .
  28. Jérôme Frin-Cormeré, Lefèvre-Champorin, Guitet, Louis Corbineau (Il est l'oncle des frères Corbineau, les « Trois Horaces » de Napoléon Ier : Claude Corbineau (1772-1807), ; Jean-Baptiste Juvénal Corbineau (1777-1848) ; Hercule Corbineau (1780-1823).), etc. et parmi eux Enjubault-Bouessay, emprisonné uniquement parce qu'il était le frère de René Enjubault de la Roche, alors proscrit.
  29. Plus tard, lorsque les terroristes de Laval furent poursuivis à leur tour, Enjubault-Bouessay rédigea un mémoire, daté du 6 nivôse an III-27 décembre 1794, pour dénoncer les cruautés exercées contre sa famille, ses amis et lui-même, avec l'indication des noms des personnes qui pouvaient, par leurs témoignages, établir la réalité des faits énoncés par lui. Il rend justice dans cette pièce à l'humanité du citoyen Midy: « C'est à Javron qu'un homme sensible et bon prit sous sa garde treize détenus patriotes, pour les soustraire aux dangers qu'ils éprouvaient à chaque instant et les conduire avec sécurité à Alençon, où ils arrivèrent tous ensemble, vers les onze heures du soir. Les soins généreux, les attentions touchantes du citoyen Midy adoucirent le malheur de leur pénible situation. »
  30. Après le départ de Letourneur, ils obtinrent de Garnier de Saintes un nouvel arrêté, confirmatif du premier, ordonnant qu'ils fussent maintenus dans les prisons à Alençon. Aussi, malgré les réclamations répétées du Comité révolutionnaire de Laval qui eût voulu les livrer au tribunal, présidé par Clément, qui venait de condamner à mort Enjubault-la-Roche et Jourdain-Durocher comme fédéralistes et n'eût sans doute pas hésité à faire subir le même sort à ces détenus, les autorités du département de l'Orne refusèrent de les livrer en s'appuyant sur les arrêtés des représentants du peuple. De telle sorte que ces prisonniers purent attendre en sûreté la chute de Robespierre et leur mise en liberté.
  31. Au mois de pluviôse, un sieur Chesneau est condamné à un mois de prison pour avoir donné du blé noir ou sarsazin à une oie pour l'engraisser. Quelques semaines plus tard, Midy apprend qu'un prêtre a été arrêté à Château-Gontier et que la femme qui l'avait recueilli avait été amenée, ainsi que sa domestique, dans les prisons de Laval. Pour les sauver peut-être, Midy réclame le dossier de cette affaire. Mais l'accusateur public près la Commission révolutionnaire lui fit remettre un extrait de l'arrêté des représentants du peuple, du 1" pluviôse précédent, qui attribuait la connaissance de ce genre d'affaires à son tribunal.
  32. Pendant cet intervalle, on avait amené dans les prisons de Laval une femme Granger, de la commune de Ménil, accusée d'avoir échangé du fil contre de la farine. Mais Midy avait ordonné son renvoi dans les prisons de Château-Gontier, attendu que la prison de Laval est pleine de Chouans et de gens suspects d'être de leur horde, au nombre de plus de trois cents que l'air en est très malsain, la Commission révolutionnaire ayant suspendu ses travaux par ordre du Comité de Salut public, les prisons s'encombrent et les maladies contagieuses en seront la suite.
  33. Dans une lettre du 17 brumaire an III, Chartier félicite Midy d'avoir été maintenu dans ses fonctions par une loi.
  34. Moulin était replacé à la tête du tribunal criminel et Basile reprenait la route de Craon, où il ouvrit une étude de notaire. Midy aurait dû le suivre. Mais Baguelin qui avait obtenu d'autres fonctions à Mayenne et ne tenait peut-être pas à revenir de suite à Laval pour s'occuper de la grosse affaire dite des terroristes, préféra attendre un moment plus propice pour reprendreson poste d'accusateur public et refusa les offres de Baudran.
  35. Quelques souvenirs auraient pu le gêner et où plusieurs de ses amis venaient d'être désarmés par ordre du représentant du peuple : Chartier, agent national du district, nommé juge au tribunal par Boursault, le 5 frimaire an III, venait d'être désarmé, sur l'ordre de Baudran, dans la nuit du 29 au 30 germinal en même temps que les deux Jamet, Vuillaume, Mériau, Le Secq, etc. anciens membres de la Société populaire. Lettre de Chartier du 30 germinal.
  36. Celui-ci lui répond le 25 floréal, en lui annonçant qu'il est compris dans le nombre des fonctionnaires de l'ancien régime auxquels la Convention vient d'accorder une pension et en même temps qu'il l'a recommandé à son collègue François Serveau-Touchevalier. « J'ai communiqué ta lettre à mon collègue Serveau qui m'a promis d'écrire à son frère René Jean Baptiste Serveau en ta faveur. Je ne crois pas qu'il soit difficile de l'intéresser pour toi. Il a l'âme bonne et sensible à la reconnaissance. »
  37. D'après une lettre. de Plaichard-Choltière du 1er brumaire an V (22 octobre 1796), Midy n'avait pas encore à cette époque touché sa pension, en raison de la déchéance encourue par lui.
  38. Cette fois encore il a recours à Plaichard-Choltière qui le rassure dans une lettre du 25 prairial. « Tu es informé vraisemblablement que l'on n'a point trouvé au Comité de sûreté générale la dénonciation faite contre toi. Je ne sais ce qu'elle est devenue. Serveau, Ducléré et moi nous avons fait la recherche à plusieurs reprises sans pouvoir la découvrir nulle part. » Cette dénonciation paraît n'avoir eu aucune suite et Midy resta en fonctions jusqu'au mois de brumaire an IV.
  39. Plaichard-Choltière dans une lettre du 24 fructidor se plaint de ne plus recevoir de ses nouvelles. « Je ne savais à quoi attribuer un si long silence, si ce n'est à l'immensité des affaires dont tu as dû être accablé, ayant deux postes aussi importants et embarrassants à remplir. » Midy était un laborieux, mais c'était malgré tout beaucoup de besogne pour un seul homme et l'on comprend qu'il ait négligé de tenir note des affaires dont il fut chargé à cette époque, sauf un petit cahier où il mentionne simplement le jugement de plusieurs voleurs ou faussaires.
  40. Son rôle paraît avoir été celui d'un juge d'instruction, assisté d'un jury spécial appelé à décider si les inculpés devaient être poursuivis et devant quel degré de uridiction ils devaientl'être. Comme toujours il apporta le plus grand zèle, autant du moins que sa santé le lui permettait, dans l'accomplissement de ses nouvelles fonctions et, suivant son habitude, il conserva les brouillons des ordonnances de renvoi rendues par lui et des lettres qu'il avait écrites au ministre ainsi qu'à divers fonctionnaires. Il garda aussi en originaux toutes les lettres qui lui avaient été adressées pendant cette présidence.