Didier Thirion

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Didier Thirion
Fonction
Député français
Moselle
-
Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
Activité

Didier Thirion, né le à Thionville et mort le à Paris[1], est un homme politique français, député durant la Révolution française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

Après des études en droit, il est reçu bachelier en . Professeur chez les Oratoriens puis précepteur particulier chez le comte de Tréveneuc, il enseigne trois ans au collège de Béthune puis deux ans à celui de Metz (1791-1793)[2]. Il s'établit ensuite comme avocat à Metz.

Sous la Révolution[modifier | modifier le code]

En 1792, officier municipal de Metz, il préside l'assemblée électorale de la Moselle. Élu député de la Moselle le 7 septembre à la Convention, il prend place sur les bancs des Montagnards. Il vote la mort de Louis XVI (). Il prend parti pour Jean-Paul Marat quand les Girondins le dénoncent, réclame l'établissement du maximum et demande le la levée en masse. Il devient secrétaire de la Convention[3].

Envoyé le 27 août 1793 comme représentant en mission par la Convention pendant la Terreur, il reprend en main l'Eure-et-Loir, la Sarthe puis la Mayenne pour la levée en masse[4]. En septembre 1793, de passage à La Flèche, il fait brûler sur la place publique le cœur d'Henri IV qui était déposé dans la chapelle du Collège ainsi que celui de Marie de Médicis[5]. Accusé par Georges Couthon de s'immiscer dans les opérations militaires, il est rappelé une première fois à la Convention par décret le 30 octobre, sans succès, puis les 15 et 16 décembre 1793 après la Bataille du Mans, alors qu'on lui reproche d'avoir conservé des troupes de réserve à Dreux. Thirion proteste d'avoir voulu protéger Paris en attendant ses instructions. Il devient alors un des adversaires les plus déterminés de Maximilien de Robespierre au club des Jacobins qu'il préside en pluviôse an II (janvier-février 1794). Le 8 thermidor an II (), il est de ceux qui s'opposent au décret prévoyant l'impression du discours de Maximilien de Robespierre et son envoi aux départements.

Après le 9 thermidor an II (), celui qu'on appelle parfois Thirion de La Moselle continue à afficher avec ostentation ses convictions montagnardes et crêtoises. Il réclame la mise en application de la Constitution de 1793, alors jugée trop démocratique par la majorité de la Convention. Le 3 frimaire an III (décembre 1794), il vote la mise en accusation de Carrier tout en y voyant une réaction contre-révolutionnaire. Il tente ensuite de défendre Collot-d'Herbois, qui est déporté en Guyane le 12 germinal an III (1er avril 1795). Il regrettera en l'an VI d'avoir participé à la chute de Robespierre, prélude à la "sanglante, affamante et atroce réaction"[6]. Dénoncé par le conventionnel Joseph-Nicolas Pierret[4], il est décrété d'arrestation après l'insurrection du 1er prairial an III () et arrêté le 8 prairial[7], accusé d'avoir été le secrétaire de séance des insurgés. Il publie alors deux brochures pour se justifier et bénéficie de l'amnistie du 4 brumaire an IV () avec la dissolution de la Convention et les débuts du Directoire[8].

Après la Révolution[modifier | modifier le code]

Commissaire du Directoire près l'administration centrale de la Moselle en nivôse an IV, il doit démissionner à la suite de la loi du 14 frimaire an VI. Écarté définitivement par le coup d’État du 18 brumaire an VIII (), il obtient néanmoins en 1801 la chaire des Belles-Lettres à l'École centrale de Namur (Sambre-et-Meuse) [9]. Il passe ensuite au lycée de Mayence en 1803[10] et, en 1809, il est nommé professeur de littérature latine à la faculté de Douai, poste qu'il conserve jusqu'en 1814, date de son retour en Moselle après la Restauration[2],[11].

Revenu à Paris, il approuve les actes additionnels de l'empire du 22 avril 1815.

Il meurt quelques jours avant la promulgation de la Loi du 12 janvier 1816 qui exilait les conventionnels régicides ayant adhéré au Cent-jours. Certains dictionnaires parlent de son suicide par empoisonnement[12]. Selon l'historien Auguste Kuscinski, il serait mort naturellement le [13].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mort le 28 décembre 1815 à Paris selon le site de l'Assemblée nationale, ou le 18 janvier 1816 à Thionville selon le Dictionnaire des parlementaires français de A. Robert et G. Cougny.
  2. a et b « http://facultes19.ish-lyon.cnrs.fr/fiche.php?indice=1424 »
  3. « https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/%28num_dept%29/15334 »
  4. a et b « http://grhis.univ-rouen.fr/grhis/wp-content/uploads/2015/06/FICH_ALPHA_REM.pdf »
  5. Jules Clère, Histoire de l'École de La Flèche depuis sa fondation par Henri IV jusqu'à sa réorganisation en Prytanée impérial militaire, (lire en ligne), p. 281
  6. Didier Thirion, Mon dernier mot à mes anciens collègues, paris, Assemblée Nationale, an vi
  7. Françoise Brunel, « Les derniers montagnards et l'unité révolutionnaire »
  8. « https://www.thionville.fr/sites/default/files/public/Didier_Thirion_1.pdf »
  9. « https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb103785620 »
  10. « https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/%28num_dept%29/15334 »
  11. « https://data.bnf.fr/fr/10378562/didier_thirion/ »
  12. Françoise Chevalier, « Elus et administrateurs messins sous le Directoire »
  13. Archives municipales de Metz – cote 1E/b73 – vue 446/466

Liens externes[modifier | modifier le code]