Flamme Kapaya

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Flamme Kapaya
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Flamme Kapaya, né à Kinshasa en 1977, est un guitariste, chanteur, arrangeur et compositeur de République démocratique du Congo (RDC). Longtemps accompagnateur et directeur artistique de Werrason, il a entamé ensuite une carrière solo.

Biographie[modifier | modifier le code]

De son vrai nom Mweni Kapaya, il est né en 1977[1], et a grandi à Kinshasa, au sein d’une famille ayant une tradition musicale. Son grand-père était originaire de la province de Bandudu, une région à l’ouest de la RDC, proche de Kinshasa. Adolescent, il chante dans des groupes folkloriques ou religieux[2]. Il apprend la guitare en autodidacte[2].

Malgré une formation de frigoriste, il est convaincu de sa vocation de musicien[1]. Quand on lui parle de son style atypique parmi les guitaristes zaïrois, il affirme qu'il joue « à la façon du Capitaine Flamme »[1]. Il est en effet doté de ce surnom, capitaine Flamme, issu du feuilleton d’animation des années 1980[2],[3].En 1997, il entre dans le groupe Wenge Musica Maison Mère fondé par Werrason et JB Mpiana. Ce groupe est bien connu pour ses morceaux de ndombolo[4]. Le ndombolo est, selon l’historien David Van Reybrouck, la danse la plus populaire au Congo dans les années 1990 et 2000, « une danse collective où les hommes pliaient les genoux et esquissaient des mouvements de boxe, tandis que les femmes ondulaient du bassin de façon franchement spectaculaire. Le ndombolo était provocateur, obscène, hilarant, [..] un peu excitant »[4]. Wenge Musica est le groupe qui fait sensation dans ces années 1990 auprès de la jeunesse de Kinshasa, et Flamme Kapaya s’y fait connaître par ses solos de guitare[4].

Il s’impose progressivement comme un des piliers du groupe, comme musicien, mais aussi comme arrangeur et compositeur sur de nombreux albums. Lorsque le groupe éclate, et que Werrason et JB Mpiana se séparent, il suit Werrason. Il devient un de ses guitaristes les plus connus et, de fait, son directeur artistique, durant une petite dizaine d’années. Il affirme même être le principal arrangeur et compositeur d’un album marquant comme Kibuisa Mpimpa même si la seule personne créditée sur ces compositions est Werrason [4].

Il quitte finalement le groupe de Werrason, et parcourt, avec son frère aîné, la province de Bandundu, d’où sa famille est issue. Sur place, les habitants sont démunis et respectent des usages traditionnels, qu’il redécouvre[2]. En 2007, il accompagne en tant que musicien le spectacle de Faustin Linyekula, Le Festival des mensonges au Festival d'Avignon 2007 et, en 2008, au Théâtre de la Faïencerie à Creil puis à Berlin. Pour ce faire, il travaille avec Linyekula, mélangeant des morceaux d'inspiration ndombolo à des reprises de John Cage et à du free jazz[3]. Il prolonge en 2009 la collaboration avec Linyekulla dans un autre opéra punk, more more more... future, présenté à Bruxelles, au Festival d'automne à Paris, à Montpellier, à Caen, à Maubeuge, à Strasbourg, à Limoges, mais aussi au Portugal, en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Amérique du Nord[5] et en Afrique[3]. Ce spectacle reçoit un Bessie Award pour la meilleure musique en 2012[6],[7].

Le journal congolais Le Populaire qualifie ainsi son évolution : c’est « le virtuose guitariste, qui a troqué le ndombolo contre la world music ». La collaboration avec Faustin Linyekula continue encore avec la création de la musique de Bérénice[8], mise en scène pour la Comédie-Française et le Théâtre de Gennevilliers en 2009[9]. Cette même année 2009, il réalise également son premier album en solo, Banningsville[2]. Puis, il reprend la collaboration avec Faustin Linyekula pour un autre spectacle, Pour en finir avec Bérénice, créé à Kinshasa le 12 juillet 2010[8], présenté au Festival d'Avignon la même année, puis à Paris et à Bruxelles en 2011[8]. Il réalise également des spectacles avec le saxophoniste belge Fabrizio Cassol, avec le groupe de jazz belge Aka Moon, joue dans la bande sonore du film congolais Viva Riva !, etc.[10]. Né dans une famille chrétienne, il se fait baptiser en 2015 dans une communauté évangélique et indique vouloir consacrer son art à sa foi[11],[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c RV 1996, Revue Noire.
  2. a, b, c, d et e Badou 2013, Radio France internationale.
  3. a, b et c Duplat 2009, La Libre Belgique.
  4. a, b, c et d Van Reybrouck 2012, p. 512-516.
  5. La Rocco 2011, The New York Times.
  6. Kwami 2012, Africa nouvelles.
  7. B.I. 2012, Le Potentiel.
  8. a, b et c Arvers 2010, Les Inrocks.
  9. Site Africultures : biographie de Flamme Kapaya
  10. Berthod, Télérama.
  11. Rédaction Voice of Congo 2015.
  12. JD 2015, Star du Congo.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rédaction RV, « Revue Noire à Kin : Musique », Revue Noire, no 21,‎ , p. 49.
  • Guy Duplat, « Avec Faustin, le futur du Congo sera Ndombolo-punk ! », La Libre Belgique ,‎ (lire en ligne).
  • Fabienne Arvers, « Festival d’Avignon : Congo, pour en finir avec l’amnésie », Les Inrocks,‎ (lire en ligne).
  • (en) Claudia La Rocco, « Messages From Prison to an Irresistible Beat », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  • David Van Reybrouck, Congo, Une histoire, Éditions Actes Sud, (lire en ligne), p. 512, 515-516.
  • Anne Berthod, « Viva Riva ! », Télérama,‎ (lire en ligne).
  • Milton Kwami, « Bessie Awards 2012: Le virtuose guitariste rd-congolais Flamme Kapaya récompensé », Africa nouvelles,‎ (lire en ligne)
  • B.I., « Congo-Kinshasa: Primé par le prix «Bessie Awards » 2012, Flamme Kapaya fait la fierté de la musique congolaise aux Etats-Unis », Le Potentiel,‎ (lire en ligne).
  • « Musique : Flamme Kapaya récompensé pour la composition musicale d’un spectacle », Radio Okapi,‎ (lire en ligne).
  • Ekia Badou, « Flamme Kapaya et le retour aux sources », Radio France international,‎ (lire en ligne).
  • Rédaction Voice of Congo, « Flamme Kapaya , ex-soliste de Werrason, se convertit à Christ et devient chanteur chrétien », voiceofcongo.net,‎ (lire en ligne).
  • JD, « Ancien soliste de Werrason : Flamme Kapaya abandonne la musique «mondaine» ! », Star du Congo,‎ (lire en ligne).

Le contexte.

Webographie[modifier | modifier le code]