Franco Luambo

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Franco Luambo
Description de cette image, également commentée ci-après
Franco entre 1963 et 1968.
Informations générales
Surnom Franco de Mi Amor, Le Sorcier De La Guitare, Grand Maître Yorgho
Nom de naissance François Luambo Lua Ndjo Makiadi
Naissance
Sona-Bata, Flag of Congo Free State.svg Congo belge
Décès (à 51 ans)
Mont-Godinne, Drapeau de la Belgique Belgique
Activité principale Compositeur-chanteur-musicien
Genre musical Rumba congolaise, soukous
Instruments Guitare, Maracas
Années actives 1956 à 1989
Labels Loningisa, Choc Choc Choc, Edipop

François Luambo Lua Ndjo Makiadi, connu sous les noms de Luambo Makiadi Franco alias Grand Maître ou, plus simplement, de Franco, né le à Sona-Bata au Congo belge et mort le à Mont-Godinne en Belgique, est un compositeur, un chanteur et un musicien congolais. Il reste le plus prolifique des compositeurs congolais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Franco naît dans le village de Sona Bata, dans le Bas-Zaïre, au Sud-Ouest de la RDC. Son père, Joseph Emongo (d'origine Tetela descendant des soldats Batetela mutinés de Shinkankasa), est un cheminot, tandis que sa mère cuit du pain à la maison avant de le vendre sur un marché local. Alors qu'il est encore un bébé, ses parents déménagent à Léopoldville[1].

Il fabrique sa propre guitare à l'âge de sept ans. Son père meurt quatre ans plus tard et Franco abandonne l'école pour subvenir aux besoins de sa famille. Il fait ses débuts professionnels à 12 ans, dans un groupe nommé Watam (« Les délinquants »)[2]. Son frère Bavon Nsiongo fut aussi célèbre comme musicien et auteur-compositeur. En 1956, après la fondation du groupe TP OK Jazz, Franco commence a jouer dans les fêtes ou concerts[1].

Il chante souvent dans sa langue maternelle, le kikongo, plutôt qu'en lingala. En 1958, il écrit Mukoko pendant qu'il est en prison pour « conduite dangereuse ». La chanson est interdite par les autorités coloniales pour ses allusions à la décolonisation. Son album de 1966 Luvumbu Ndoki est interdit et la plupart de ses copies sont détruites. En 1979, Franco est emprisonné pendant plus d'un mois, accusé d'écrire des « paroles obscènes »[2].

Au milieu des années 1970, Franco se déclare musulman et modifie son nom en Abubakkar Sidikki avant de revenir vers la foi catholique. Toutefois, il n'observera jamais les préceptes de la foi islamique et continuera d'être connu sous le nom de Franco.

En 1974, TP OK Jazz et Franco participent au festival Zaïre 74, organisé à l'occasion du combat de boxe entre Mohamed Ali et George Foreman, à Kinshasa[3]. En 1977, Franco fait partie du FESTAC 77, un festival des cultures et arts noirs et africains qui se tient à Lagos, au Nigeria, et réunit près de 60 pays[4].

Proche au président Mobutu Sese Seko, il est nommé « Grand Maître » de la musique zaïroise[5].

En 1987, une rumeur court que Franco est sérieusement malade. Cette année, il sort un disque intitulé Attention na SIDA ( « Attention au SIDA » en lingala)[3]. Certains en déduisent qu'il est séropositif. Franco meurt le aux Cliniques de l'Université catholique de Louvain Mont-Godinne en Belgique. Son corps est rapatrié au Zaïre et un deuil national de quatre jours est tenu[5].

Une statue de Franco a été érigée à Kinshasa en 2015[2].

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

Franco est surtout connu pour avoir été un des « maîtres » de la rumba congolaise. Il fait partie du groupe OK Jazz (« Orchestre Kinshasa Jazz »)[6], devenu ensuite le TP OK Jazz Tout Puissant Orchestre Kinshasa Jazz »), accompagné par les chanteurs Josky Kiambukuta et Ntesa Dalienst, les guitaristes Simaro Lutumba et Papa Noel, ainsi que le saxophoniste Verckys Kiamuangana Mateta, d'entre autres musiciens. La devise du groupe était « On Entre OK, On Sort KO »[3].

C'est en 1985 que Franco sort son plus grand succès, Mario, l'histoire d'un gigolo qui vit chez une femme plus âgée (titre repris par Africando en 2006).

Il est considéré comme un des fondateurs de la musique congolaise contemporaine.

Il est parfois nommé le « Sorcier de la guitare »[6].

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Franco et L'OK Jazz - À Paris (1967)
  • Maître Franco De Mi Amor Et L'O.K. Jazz - Les Merveilles Du Passé N°1 (1969)
  • Franco et L'OK Jazz - Franco et L'OK Jazz (1972)
  • Franco et L'OK Jazz - Franco et L'OK Jazz (vol. 2) (1974)
  • 20e Anniversaire / 6 Juin 1956 - 6 Juin 1976 (1976)
  • Editions Populaires (1976)
  • Live Recording Of Afro European Tour (1977)
  • Live Recording Of Afro European Tour (vol. 2) (1977)
  • Editions Populaires (1977)
  • Gratest Hits (1978)
  • On Entre O.K. On Sort K.O. (vol. 1 - en colère) (1980)
  • 6 Juin 1956 - 6 Juin 1980 - 24 Ans D'Age (1980)
  • On Entre O.K. On Sort K.O. (vol. 2 - en colère) (1980)
  • On Entre O.K. On Sort K.O. (Á Bruxelles) (1980)
  • Keba Na Matraque (vol. 1) - Respect (2010)
  • Keba Na Matraque (vol. 2) - Bimansha (1981)
  • Keba Na Matraque (vol. 3) - Tailleur (1981)
  • Keba Na Matraque (vol. 4) - Mandola (1981)
  • Keba na Matraque (vol. 5) - Coupe du monde (1981)
  • Tokoma Ba Camarade Pamba (1981)
  • La vérité de Franco (2015 avec Tamasha)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b AboubacarSiddikh, « Bana O.K. Jazz (Franco) - L'O.K. Jazz July 1956 », (consulté le 3 juin 2018)
  2. a b et c (en) « The mixed legacy of DRC musician Franco », sur New African Magazine, (consulté le 22 avril 2021)
  3. a b et c (en) Tom Schnabel, « Spotlight on Congolese Superstar Franco », sur KCRW, (consulté le 22 avril 2021)
  4. (en) « The History of the World Festival of Black Arts & Culture / FESTAC », sur Afropop, (consulté le 24 juin 2019).
  5. a et b Benjamin Babunga, « Le 12 octobre 1989, François Luambo Luanzo Makiadi décède aux Cliniques de l’Université Catholique de Louvain (Mont-Godinne) en Belgique » (consulté le 22 avril 2021)
  6. a et b (en-US) Nicolas Niarchos, « The Death of Simaro Lutumba Closes a Chapter of Congolese Music », sur The New Yorker (consulté le 22 avril 2021)

Liens externes[modifier | modifier le code]