Faire (livre)

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Faire
Auteur Maël Renouard, Alexandre Lemarié
Pays France
Genre Essai Politique
Éditeur Albin Michel
Date de parution
ISBN 978-2226318992

Faire est un livre au nom de François Fillon mais écrit par Maël Renouard et Alexandre Lemarié, publié le par les Éditions Albin Michel[1]. Dans ce livre, il dresse un bilan de la situation du pays, livre une analyse de son action lorsqu'il était au pouvoir et formule des propositions[2],[3],[4],[5].

Genèse de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

Écriture[modifier | modifier le code]

François Fillon se déclare candidat à la primaire « ouverte » de la droite et du centre le , au cours d'une visite au Japon[6].

Les Éditions Albin Michel signent avec François Fillon en 2013 lorsque celui était décidé à sortir un livre, mais « son contenu relevait encore du mystère le plus absolu »[7]. Le directeur éditorial d’Albin Michel mentionne que, « le moment venu », il a fallu « pousser un peu » l'auteur pour qu’il accepte d'évoquer son expérience personnelle à Matignon et ses passions[7].

Le , François Fillon confirme sa candidature à la primaire[8],[9].

Publication[modifier | modifier le code]

Avec près de 75 000 exemplaires écoulés en 2015, il s'agit du 2e livre de personnalité politique le plus vendu cette année-là[7],[10]. Fin 2016, plus de 100 000 exemplaires s'étaient écoulés depuis le lancement[11].

À partir de 2017, le Parquet national financier enquête sur les conditions dans lesquelles l'assistant parlementaire Maël Renouard a été embauché sur des fonds publics pour écrire ce livre qui a rapporté 550 000  à François Fillon[12].

Thèmes[modifier | modifier le code]

La dette[modifier | modifier le code]

François Fillon revient sur sa célèbre phrase « Je suis à la tête d’un État en faillite, sur le plan financier. Je suis à la tête d’un État qui est, depuis quinze ans, en déficit chronique. Je suis à la tête d’un État, qui n’a jamais voté un budget, en équilibre depuis vingt-cinq ans. Ça ne peut pas durer », prononcée le à Calvi en Corse, lors d’une rencontre avec des représentants du monde agricole[13], [14], [15]. Pour lui, les différents gouvernements ont occulté cette vérité, avec cette dette qui menace de « compromettre notre souveraineté »[16],[17] et notre « capacité à faire des choix libres »[18], fait « peser sur les générations futures un immense fardeau » et plombe l’activité de la France et sa croissance[18].

La liberté[modifier | modifier le code]

François Fillon défend « un projet de libération massive de l’économie »[19],[20] et souhaite que la France replace la liberté dans son cœur : « la liberté de travailler, la liberté de tirer profit de son travail, la liberté de chercher, d’innover, de s’exprimer »[21].

Dépense publique[modifier | modifier le code]

François Fillon chiffre à plus de cent milliards d’euros d’économies l’effort à fournir entre 2017 et 2022 pour redresser les finances publiques et lancer le « processus du désendettement »[2].

Équilibre des comptes sociaux[modifier | modifier le code]

En vue de garantir l'équilibre des comptes sociaux, François Fillon souhaite financer les retraites, qui représentent près de 14 % du PIB, par un départ à 65 ans comme dans la majeure partie des pays européens[2].

Accueil du livre[modifier | modifier le code]

Le Figaro décrit un livre-programme détaillant la stratégie de « la thérapie de choc » qu'il veut administrer à la France en 2017 et pour « redonner à la France sa « liberté » »[1]. Pour Les Échos, François Fillon évoque dans cet ouvrage une partie de son programme et se livre sur son histoire familiale, sa relation avec Nicolas Sarkozy durant le précédent quinquennat[22]. Valeurs actuelles évoque un « programme de rupture « radicale » et sur un travail de fond avec ses experts », abordant aussi bien « les questions politiques que personnelles »[23].

France Culture souligne que François Hollande, qui avait gagné les primaires du Parti socialiste en 2011 en partant avec des intentions de vote très faibles, avait été, comme François Fillon, l’un des premiers candidats à développer un programme complet[2]. France Culture rappelle également que François Fillon maîtrise cet exercice d'écriture de livre-programmatique puisque « c’est lui qui avait en partie rédigé le programme de Jacques Chirac en 2002 et celui de Nicolas Sarkozy en 2007 »[2].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Au premier tour de la primaire de la droite et du centre, le , François Fillon obtient 1 890 266 voix, soit 44,1 % des suffrages exprimés, devant Alain Juppé, qui obtient la deuxième place avec 28,6 % des voix[24]. Il s'agit, pour Jean-Daniel Lévy, directeur du département Politique et Opinion de Harris Interactive, d'une dynamique d'une puissance inédite dans l'histoire électorale française ; selon lui, « jamais un candidat n’avait réussi à émerger d’une manière aussi nette et rapide aux yeux des Français »[25].

Le , à l'issue d'un second tour ayant mobilisé 4,4 millions d'électeurs, François Fillon l'emporte largement sur Alain Juppé, avec 66,5 % des voix[26]. Le conseil national des Républicains valide sa nomination le [27].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marc de Boni, « «Faire» de François Fillon, best-seller des livres politiques à droite », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  2. a b c d et e Philippe Meyer, « Les propositions de François Fillon dans son livre », France Culture,‎ (lire en ligne).
  3. « François Fillon présente son livre "Faire" », France 2,‎ (lire en ligne).
  4. Anne-Yasmine Machet, « François Fillon fait un carton en librairie », Closer,‎ (lire en ligne).
  5. « François Fillon. Son livre "Faire" devient un phénomène de librairie », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  6. « Candidature de Fillon : les réactions à droite », Le Monde,‎
  7. a b et c Gaëtane Morin, « La folie des livres politiques », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  8. Emmanuel Berretta et Etienne Gernelle, « François Fillon : "Moi, je ne tremblerai pas..." : L'ancien Premier ministre se déclare candidat à la primaire UMP. Il livre son programme économique et social choc et répond à Nicolas Sarkozy. », Le Point,‎ (lire en ligne)
  9. Tristan Quinault Maupoil, « Fillon confirme sa candidature à la primaire UMP de 2016 : «Je ne tremblerai pas» », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  10. Michaël Bloch, « Quels ont été les livres les plus vendus par les politiques en 2015? », JDD,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. Charles Knappek, « Livres politiques », non-stop-politique.fr,‎ (lire en ligne).
  12. « François Fillon visé par une nouvelle enquête dans l’affaire des assistants parlementaires », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. François Fillon "Je suis à la tête d'un État qui est en situation de faillite", Institut national de l'audiovisuel, 21 septembre 2007
  14. Jean-Marie Pottier, « François Fillon, candidat « à la tête d'un État en faillite » », Slate,‎ (lire en ligne)
  15. Faire - Page 20
  16. « La dette menace la souveraineté française, dit François Fillon », BFM TV,‎ (lire en ligne)
  17. Faire - Page 23
  18. a et b Faire - Page 24
  19. « François Fillon, Faire », seance-publique.com,‎ (lire en ligne)
  20. Faire - Page 41
  21. Faire - Page 46
  22. « Le livre de François Fillon fait un tabac en librairie », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  23. « François Fillon sur tous les fronts », Valeurs actuelles,‎ (lire en ligne)
  24. Résultats du premier tour de la Primaire ouverte de la droite et du centre
  25. « Primaire de la droite : « La dynamique Fillon est inédite dans l’histoire des sondages » », La Croix,‎ (lire en ligne)
  26. Résultats du second tour de la Primaire ouverte de la droite et du centre
  27. « François Fillon sera officiellement investi candidat de la droite samedi », Le point,‎ (lire en ligne)