Emmanuel Combe

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Emmanuel Combe
Photo récente d'Emmanuel Combe.jpg
Biographie
Naissance
(52 ans)
LyonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
française
Formation
Activité
Autres informations
A travaillé pour
IEP de Paris (1991-2005)
ESCP Europe (1998-2017)
IPESUP (depuis 2005)
SKEMA Business School (depuis 2017)
Directeur de thèse
Distinction

Emmanuel Combe, né le , est un économiste français.

Spécialiste des questions de concurrence et du modèle économique low cost, il est vice-président de l’Autorité de la concurrence depuis 2012.

Il est professeur à l'ESCP Europe de 1998 à 2017, puis à Skema Business School depuis 2017.

Chroniqueur au journal L’Opinion depuis 2015, il s’exprime régulièrement dans les médias et publie des études avec des think tanks parmi lesquels la Fondapol.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Il intègre l'École Normale Supérieure LSH en 1987, et y étudie jusqu'en 1991. Il étudie parallèlement à l'Institut d'études politiques de Paris entre 1989 et 1991, ainsi qu'à l' Université Paris I, où il obtient une maîtrise d'histoire en 1989.

Après avoir obtenu l'agrégation de sciences économiques et sociales en 1990, il obtient un DEA en économie internationale en 1991.

Il soutient un doctorat en sciences économiques (1994), dont le sujet est : « Alliances entre firmes et course technologique : éléments théoriques et application a l'industrie des circuits intégrés standards » sous la direction de Jean-Louis Mucchielli[1].

En 1998, il est reçu au concours de l'agrégation du supérieur de droit et sciences économiques[2] et devient professeur des universités.

Parcours universitaire[modifier | modifier le code]

À la sortie de l’École normale supérieure (LSH), Emmanuel Combe obtient une bourse de thèse et est nommé allocataire moniteur normalien à l’OFCE (1991-1994). Une fois son doctorat obtenu en 1994, il est nommé maître de conférences à l’Université Paris XI de 1995 à 1998, puis, après l’obtention de l’agrégation des facultés de droit et sciences économiques, professeur à l’Université du Havre (1998-2002) puis de Paris XII Créteil (2002-2005).

Depuis 2005, il est professeur à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne (UFR 06) et en détachement de son université depuis 2012. Il a dirigé de nombreuses thèses de doctorat à l’Université Paris I, notamment dans le domaine du secteur pharmaceutique et de la politique de la concurrence.

Emmanuel Combe est professeur affilié à l'ESCP Europe de 1998 à 2017 et Maître de conférences à l’IEP de Paris de 1991 à 2005. Depuis 2017, il est professeur à Skema Business School. Il enseigne également depuis 2005 à la préparation de l’ENA du groupe IPESUP. Il dispense des cours à l’étranger dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur, tels que l’ESA de Beyrouth, l’USAL (Buenos Aires) et le Collège d'Europe (Bruges). 

Depuis 1998, il est également concepteur du sujet d'Économie, Sociologie et Histoire du Monde Contemporain de la banque commune d'épreuves « BCE » aux concours d'entrée aux grandes écoles de commerce. Depuis 2018, ce sujet est rédigé conjointement par SKEMA et l'ESCP Europe.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

En février 2005, Emmanuel Combe est nommé membre externe du Collège du Conseil de la concurrence, au titre des personnalités qualifiées. Il est reconduit dans cette fonction en février 2009, à la naissance de l’Autorité de la concurrence. Emmanuel Combe a également siégé à la Commission Nationale d’Aménagement Commercial (CNAC) de 2009 à 2012.

À partir de juin 2007, Emmanuel  Combe est mis à disposition du cabinet du Secrétaire d’État à la Consommation et au Tourisme, Luc Chatel, comme chargé de mission. Dans ce cadre, il rédige, sous l’autorité de Charles Beigbeder, un rapport intitulé « Le low cost, un levier pour le pouvoir d’achat » (2007), qui prédit une forte montée en puissance du low cost dans le transport aérien et invite les pouvoirs publics à ne pas brider l’émergence d’un low cost sous pavillon français.

De juin 2009 à mai 2012, Emmanuel Combe devient chargé de mission auprès du Ministre de l’Éducation Nationale, Luc Chatel, et participe à la mise en place de l’enseignement obligatoire de l’économie en classe de seconde.

Emmanuel Combe à l'Autorité de la concurrence.

En novembre 2012, il est nommé Vice-Président de l’Autorité de la concurrence. Dans le cadre de cette fonction, il a notamment présidé les séances sur l’entente dans les commodités chimiques (2013 ; 79 millions d’euros de sanction), les produits d’hygiène et d’entretien (2014 ; 951 millions d’euros de sanction), les messageries (2015, 672 millions d’euros de sanction), les agences de mannequins (2016, 2,4 millions d’euros). En matière d’abus de position dominante, il a présidé notamment les séances dans les affaires Subutex (2014, 15 millions d’euros) et revêtements de toiture en zinc (2016, 69 millions d’euros). En matière d’avis, Emmanuel Combe a présidé les séances sur les MVNO (2012), les VTC/taxis (2014, 2015, 2017), le foncier constructible (2016) et le permis de conduire (2016). En matière de contrôle des concentrations, Emmanuel Combe a présidé la séance Casino/Monoprix (2013) et a été référent dans le dossier FNAC/Darty (2016).

Emmanuel Combe a été reconduit en 2017 pour un second mandat de Vice-Président de l’Autorité de la concurrence, par décret du président de la République[3]. Depuis cette date, il a notamment présidé les séances sur les engagements de La Poste (collecte des déchets banaux, 2017), sur les engagements de Schneider Electric (maintenance des équipements de distribution électrique, 2017), sur le non-respect d’engagements de Randstad (travail temporaire, 2018, 4,5  millions d’euros de sanction), sur une entente dans la distribution de médicaments vétérinaires (2018, 16 millions d'euros), sur une entente dans le transport routier (2019, 3,8 millions d'euros), sur une entente dans la distribution en gros de produits pour la boulangerie (2019, 1,7 million d'euros), sur une entente du GIE et de la chambre interdépartementale des notaires de Franche-Comté (2019, 250 000 euros et 45 000 euros), sur une entente des huissiers de justice des Hauts-de-Seine (2019, 120 000 euros), sur une entente dans le cadre d'un GIE de radio taxi à Antibes (2019, 75 000 euros), sur le non-respect d'engagements de la Mutualité à la Réunion (2020, 200 000 euros).

En matière de concentration d'entreprises, il a été référent dans le dossier du rachat de William Saurin par le groupe Cofigeo (2018, autorisation avec engagements), dans le dossier du rachat des cliniques HSM par le groupe Elsan (2020; autorisation avec engagements).

Prises de positions[modifier | modifier le code]

Engagements politiques[modifier | modifier le code]

Se définissant comme un économiste social-libéral, Emmanuel Combe prend part à la campagne pour l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, en travaillant sur le programme économique du candidat, au sein de l’équipe dirigée par Emmanuelle Mignon.

Sans engagement politique de 2012 à 2016, il rejoint le mouvement En marche! en septembre 2016 et participe au groupe de travail « concurrence et numérique », dans le cadre de la campagne présidentielle du candidat Emmanuel Macron. Emmanuel Combe publie dès juin 2016 une tribune dans les Echos intitulée « Emmanuel Macron, disrupteur du marché politique »[4], dans laquelle il prédit la victoire possible du candidat à la présidentielle de 2017. Lors de la campagne présidentielle, plusieurs propositions de réforme, exposées dans l’Opinion, comme celle consistant à ouvrir en nocturne les bibliothèques[5] ou à monétiser les peines pour les petites infractions sans violence[6] sont reprises par le candidat Macron dans son programme.

En 2015, Emmanuel Combe prend publiquement position contre le programme économique du FN, en publiant deux notes pour le think tank Génération libre : « La grande illusion : le programme du FN sur le pouvoir d’achat » et « L’imposture du protectionnisme intelligent », qui dresse un constat sévère sur les effets indésirables du protectionnisme. La publication de la note sur l’imposture du protectionnisme intelligent conduit la présidente du FN, Marine Le Pen à réagir en publiant un communiqué de presse[7], appelant à un débat public sur le sujet. En juin 2018, dans un contexte marqué par le retour du protectionnisme aux États-Unis, Emmanuel Combe publie une étude intitulée « Résister à la tentation protectionniste » [8] pour le cabinet de conseil Altermind, qui met en évidence les nombreux effets pervers d’une politique protectionniste.

Engagements intellectuels[modifier | modifier le code]

Emmanuel Combe a publié plusieurs études à la Fondapol et chez Génération libre, où il défend les idées libérales-sociales en économie. Il met en avant la nécessité pour la France de mener des réformes pro-concurrentielles[9] ou de lutter contre la petite délinquance d’appropriation (vol, cambriolage) en usant des amendes[10]. En novembre 2019, dans une étude intitulée "L'Europe face aux nationalismes économiques américain et chinois", il défend l'idée selon laquelle la politique de la concurrence européenne n'est pas responsable du déclin industriel de l'Europe, et appelle au renforcement de la défense commerciale pour lutter contre les pratiques de concurrence déloyale, telles que le dumping ou les subventions publiques. En mars 2020, il publie dans World Competition une étude sur l'incitation des managers à former des cartels et les moyens publics et privés d'y remédier. En mai 2020, il publie (avec D. Bréchemier) une étude en deux volumes à la Fondapol sur la situation du transport aérien en Europe, avant et après la crise du Covid-19, mettant en évidence le déclin des compagnies historiques et la forte montée en puissance des low cost.

Il est membre de la Société d'Économie Politique depuis 2019[réf. nécessaire].

Distinction[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • 2020 : Économie et politique de la concurrence, Dalloz
  • 2019 : Le low cost, Repères[13]
  • 2018 : Petit manuel (irrévérencieux) d'économie, éditions Concurrences (préface de Xavier Niel, avant-propos de Bruno Lasserre), recueil de chroniques à L’Opinion
  • 2016 : La Politique de la concurrence, Repères
  • 2004 : Cartels et entente, PUF[14]
  • 2002 : L’Organisation Mondiale du Commerce, A. Colin[15]
  • 1996 : Précis d'économie, PUF, 15 rééditions

Autres publications récentes[modifier | modifier le code]

  • 2020 : "Why managers engage in price fixing" (en collaboration), World Competition, Mars
  • 2020 : "Le transport aérien en Europe avant et après le Covid-19" (en collaboration), Fondapol, Mai
  • 2019 : « L'Europe face aux nationalismes économiques américain et chinois », Fondapol, novembre
  • 2019 : « Vers des prix personnalisés à l'heure du numérique ? », Fondapol, octobre
  • 2019 : « Public opinion on cartels et competition policy in France », World Competition, septembre
  • 2018 : « La distribution sélective après l'arrêt Coty », revue Concurrences
  • 2018 : « Résister à la tentation protectionniste », Altermind Institute
  • 2017 : « Lutte contre les cartels et comportements des managers » (en collaboration), Concurrences, n°4
  • 2015 : « Lutter contre les vols et cambriolages : une approche économique », Fondapol
  • 2015 : « La grande illusion : le programme du Front National sur le pouvoir d’achat », Génération Libre
  • 2015 : « Le protectionnisme intelligent est une imposture », Génération Libre
  • 2014 : « La politique de concurrence, un atout pour notre industrie », Fondapol
  • 2014 : « Le low cost, une révolution économique et démocratique », Fondapol

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Combe, Emmanuel, « Alliances entre firmes et course technologique : elements theoriques et application a l'industrie des circuits integres standards (dram et risc) », http://www.theses.fr/,‎ (lire en ligne, consulté le 11 octobre 2017)
  2. « Biographie - Emmanuel Combe », Emmanuel Combe, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne, consulté le 11 octobre 2017)
  3. Décret du 10 novembre 2017 portant renouvellement d'un vice-président et nomination d'un membre du collège de l'Autorité de la concurrence (lire en ligne)
  4. « Emmanuel Macron, disrupteur du marché politique », lesechos.fr, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne, consulté le 5 décembre 2017)
  5. « Des livres et des hommes (L'Opinion) - Emmanuel Combe », Emmanuel Combe,‎ (lire en ligne, consulté le 5 décembre 2017)
  6. « Qui vole un iPhone… en prendra pour sa pomme (L'Opinion) - Emmanuel Combe », Emmanuel Combe,‎ (lire en ligne, consulté le 5 décembre 2017)
  7. « Oui, pour un débat entre économistes militants ! », FN - Front National, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne, consulté le 5 décembre 2017)
  8. « Résister à la tentation protectionniste », Altermind,‎ (lire en ligne, consulté le 31 juillet 2018)
  9. Emmanuel COMBE, « Pouvoir D’achat : une Politique », Fondation pour l'innovation politique,‎ (lire en ligne)
  10. Emmanuel COMBE et Sébastien DAZIANO, « LUTTER CONTRE LES VOLS ET CAMBRIOLAGES : UNE APPROCHE ÉCONOMIQUE », Fondation pour l'innovation politique,‎ (lire en ligne)
  11. Décret du 29 mai 2019 portant promotion et nomination (lire en ligne)
  12. Décret du 30 janvier 2008 portant promotion et nomination
  13. « Livres de Emmanuel Combe - Lgdj.fr », sur www.lgdj.fr (consulté le 11 octobre 2017)
  14. « Cartels et ententes », sur www.puf.com (consulté le 5 décembre 2017)
  15. « L'organisation mondiale du commerce (A. Colin) - Emmanuel Combe », Emmanuel Combe,‎ (lire en ligne, consulté le 5 décembre 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]