ESPRESSO

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Echelle Spectrograph for Rocky Exoplanet- and Stable Spectroscopic Observations

Echelle Spectrograph for Rocky Exoplanet- and Stable Spectroscopic Observations
Image illustrative de l’article ESPRESSO
Structure d'ESPRESSO, au stade de la revue de définition préliminaire.
Spectrographe
Sigle ESPRESSO
Télescope Très Grand Télescope (VLT) de l'ESO (Cerro Paranal, Chili)
Domaine spectral 380 à 780 nm (tout le spectre visible)
Résolution spectrale 140 000
Contrôle et performances
Précision 10 cm/s (exigence)
quelques cm/s (objectif)
Schéma du fonctionnement du spectrographe.
Principe de fonctionnement d'ESPRESSO, au stade de la revue de définition préliminaire.

ESPRESSO, de son nom complet Echelle Spectrograph for Rocky Exoplanet- and Stable Spectroscopic Observations[1], soit en français « Spectrographe échelle pour l'observation de planètes rocheuses et des observations spectroscopiques stables », est un spectrographe échelle de troisième génération à dispersion croisée, à haute résolution (R = 140 000) et alimenté par fibres, couvrant le domaine visible du spectre (de 380 à 780 nanomètres), installé au Très Grand Télescope (VLT) de l'Observatoire européen austral (ESO).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Ses principales caractéristiques sont sa stabilité spectroscopique et sa précision extrême en vitesses radiales. Grâce à cette très grande précision spectroscopique, ESPRESSO devrait permettre de détecter des planètes de la masse de la Terre dans la zone habitable d'étoiles comme le Soleil. En effet, la Terre induit une variation de vitesse radiale du Soleil de 9 centimètres par seconde, alors que la précision visée pour ESPRESSO est de mieux que 10 centimètres par seconde[2]. ESPRESSO est construit sur les bases du High Accuracy Radial Velocity Planet Searcher (« Chercheur de planètes par vitesses radiales de grande précision », HARPS) installé sur le télescope de 3,6 mètres de l'ESO à l'observatoire de La Silla. ESPRESSO bénéficiera non seulement de la surface collectrice bien plus grande des quatre télescope de 8,2 mètres du VLT, mais aussi d'améliorations dans la stabilité et la précision de son étalonnage (par exemple, peigne de fréquences laser).

L'exigence est d'avoir une précision de 10 centimètres par seconde[3], mais l'objectif est d'atteindre quelques centimètres par seconde. Ceci correspond à un grand bond en comparaison des spectrographes actuels : HARPS, l'instrument le plus performant actuellement, atteint une précision de l'ordre du mètre par seconde[4] pour une précision effective de l'ordre de 30 centimètres par seconde[5]. ESPRESSO devrait largement dépasser cette capacité et rendre possible la détection de planètes analogues à la Terre depuis le sol. L'installation et le commissioning d'ESPRESSO au VLT ont lieu à l'automne 2017. La première lumière sur le ciel a eu lieu le [6].

L'instrument pourra fonctionner en mode 1 UT (c'est-à-dire en n'utilisant qu'un des quatre télescopes) et en mode 4 UT (en utilisant les quatre télescopes). En mode 4 UT, dans lequel les quatre télescopes de 8 mètres seront connectés de façon incohérente pour former l'équivalent d'un télescope ayant un miroir de 16 mètres, le spectrographe pourra observer des cibles très peu brillantes[2],[7],[8].

Le coût du spectrographe s'élève au total à 23 millions d'euros[9].

Historique[modifier | modifier le code]

Tout le travail de design fut terminé en avril 2013 et suivie par la phase de construction[1]. ESPRESSO fut testé le 3 juin 2016[10],[11],[12]. Le 25 septembre de la même année, la lumière d'un des télescopes unitaires du Très Grand Télescope (VLT) de l'ESO a été acheminée pour la première fois sur 60 mètres le long d'un tunnel menant à un nouveau foyer dans le laboratoire souterrain situé sous la plateforme du VLT où ESPRESSO résidera. Plusieurs objets furent alors observés, dont l'étoile 60 Sagittarii A (en)[13],[14]. ESPRESSO fut ensuite envoyé au Chili, installé et, finalement, il vit sa première lumière le [6].,[15]

Structure[modifier | modifier le code]

Réseau de diffraction[modifier | modifier le code]

Le réseau de diffraction au cœur d'ESPRESSO dans la salle blanche du quartier général de l'ESO à Garching bei München, en Allemagne.

Autre[modifier | modifier le code]

Pièce où les faisceaux lumineux en provenance des quatre télescopes unitaires du VLT sont brought together et introduits dans des fibres, qui a leur tour délivrent la lumière au spectrographe lui-même, ce dernier situé dans une autre pièce. Un des points où la lumière entre dans la pièce est visible à l'arrière de la photo.
Front-end structure où les faisceaux lumineux en provenance des quatre télescopes unitaires du VLT sont brought together et introduits dans des fibres, qui a leur tour délivrent la lumière au spectrographe lui-même, ce dernier situé dans une autre pièce.
Intérieur de l'un des front-ends d'ESPRESSO, où tous les composants actifs d'ESPRESSO sont situés.
Cuve à vide où se trouve ESPRESSO.
Intérieur de la cuve à vide. Sur la droite se trouve le réseau échelle et au centre en bleu est le dichroïque, qui sépare la lumière en une partie « rouge » et une partie « bleue » dans deux directions distinctes.

Sensibilité[modifier | modifier le code]

Par exemple, pour une étoile de type spectral G2V (comme le Soleil), ESPRESSO devrait permettre de détecter :

  • des planètes rocheuses autour d'étoiles aussi faibles que V ~ 9 en mode 1 UT ;
  • des planètes de la masse de Neptune autour d'étoiles aussi faibles que V ~ 12 en mode 4-UT ;

En comparaison, l'instrument CODEX, qui devrait être installé sur l'E-ELT vers 2025, devrait permettre de détecter des planètes comme la Terre autour d'étoiles aussi faibles que V ~ 9[16].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « ESO - Espresso » (consulté le 24 octobre 2012)
  2. a et b « ESPRESSO - Searching for other Worlds », Centro de Astrofísica da Universidade do Porto, (consulté le 16 octobre 2010)
  3. Pepe et al. 2014.
  4. « 32 planets discovered outside solar system - CNN.com », CNN,‎ (lire en ligne, consulté le 4 mai 2010)
  5. « ESPRESSO – Searching for other Worlds », Centro de Astrofísica da Universidade do Porto, (consulté le 16 octobre 2010)
  6. a et b ESO 2017.
  7. « ESPRESSO: the Echelle spectrograph for rocky exoplanets and stable spectroscopic observations », American Institute of Physics, (consulté le 12 mars 2013)
  8. « ESPRESSO: the Echelle spectrograph for rocky exoplanets and stable spectroscopic observations », ESO, (consulté le 12 mars 2013)
  9. https://m.tdg.ch/articles/5a8320d7ab5c37275b000001
  10. « ESPRESSO first laboratory light - espresso », sur obswww.unige.ch
  11. ESPRESSO Planet Hunter Heads for Chile. European Southern Observatory. 22 August 2017. Accessed on 12 October 2017
  12. Echelle SPectrograph for Rocky Exoplanet and Stable Spectroscopic Observations, ESO.
  13. http://www.eso.org/public/usa/announcements/ann16073/ ESPRESSO Sees Light at the End of the Tunnel
  14. http://www.media.inaf.it/2016/10/17/prima-luce-espresso-coude-lab/ ESPRESSO vede la luce in fondo al “tunnel”
  15. « First light for ESPRESSO—the next generation planet hunter »
  16. « ESPRESSO and CODEX the next generation of RV planet hunters at ESO », Chinese Academy of Sciences, (consulté le 16 octobre 2010)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Pages institutionnelles[modifier | modifier le code]

Articles scientifiques[modifier | modifier le code]

  • [Pepe et al. 2014] F. Pepe, P. Molaro, S. Cristiani, R. Rebolo, N. C. Santos, H. Dekker, D. Mégevand, F. M. Zerbi, A. Cabral, P. Di Marcantonio, M. Abreu, M. Affolter, M. Aliverti, C. Allende Prieto, M. Amate, G. Avila, V. Baldini, P. Bristow, C. Broeg, R. Cirami, J. Coelho, P. Conconi, I. Coretti, G. Cupani, V. D'Odorico, V. De Caprio, B. Delabre, R. Dorn, P. Figueira, A. Fragoso, S. Galeotta, L. Genolet, R. Gomes, J. I. González Hernández, I. Hughes, O. Iwert, F. Kerber, M. Landoni, J.-L. Lizon, C. Lovis, C. Maire, M. Mannetta, C. Martins, M. Monteiro, A. Oliveira, E. Poretti, J. L. Rasilla, M. Riva, S. Santana Tschudi, P. Santos, D. Sosnowska, S. Sousa, P. Spanó, F. Tenegi, G. Toso, E. Vanzella, M. Viel et M. R. Zapatero Osorio, « ESPRESSO: The next European exoplanet hunter », Astronomische Nachrichten, vol. 335, no 1,‎ , p. 8-20 (DOI 10.1002/asna.201312004, Bibcode 2014arXiv1401.5918P, arXiv 1401.5918, lire en ligne). 
  • [Cupani et al. 2018a] (en) Guido Cupani, Giorgio Calderone, Stefano Cristiani, Valentina D'Odorico et Giuliano Taffoni, « From ESPRESSO to the future -- Analysis of QSO spectra with the Astrocook package », arXiv,‎ (lire en ligne)
  • [Cupani et al. 2018b] (en) Guido Cupani, Valentina D'Odorico, Stefano Cristiani, Jonay I. González-Hernández, Christophe Lovis, Sérgio Sousa, Paolo Di Marcantonio et Denis Mégevand, « Field tests for the ESPRESSO data analysis software », arXiv,‎ (arXiv 1808.04249, lire en ligne)
  • [Cupani et al. 2018c] (en) Guido Cupani, Valentina D'Odorico, Stefano Cristiani, Jonay González-Hernández, Christophe Lovis, Sérgio Sousa, Eros Vanzella, Paolo Di Marcantonio et Denis Mégevand, « Data Analysis for Precision Spectroscopy: the ESPRESSO Case », arXiv,‎ (arXiv 1808.04214, lire en ligne)

Communiqués de prese institutionnels[modifier | modifier le code]

  • [ESO 2017] Observatoire européen austral (ESO), « Première lumière pour ESPRESSO – le chasseur d’exoplanètes de nouvelle génération », Communiqué de presse institutionnel, no eso1739fr,‎ (lire en ligne)

Vidéos[modifier | modifier le code]