Doina Cornea

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Doina Cornea
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BrașovVoir et modifier les données sur Wikidata
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Doina Cornea, née le , à Brașov, en Roumanie, est une écrivaine et universitaire roumaine, militante des droits de l'homme et opposante au régime communiste roumain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Brașov, en Roumanie, Doina Cornea étudie le français et l'italien à l'université de Cluj. Après ses études, elle enseigne le français dans une école secondaire à Zalău, où elle épouse un avocat local[1]. Elle retourne à Cluj, en 1958, où elle est assistante de la chaire du français à l'université Babeș-Bolyai[1].

En 1980, elle réalise son premier « samizdat », Încercarea labirintului (en français : "L'épreuve du labyrinthe", de Mircea Eliade), suivi par quatre autres traductions-samizdat (du français), dans lesquelles elle a rédigée des notes et des préfaces : Petru Gherman, Ieremia Valahul (en français : "Jérémie le Valaque"[2]), Lao Tseu, Dao de jing, Gabriel Marcel, Dreptate și Adevăr (en français : "Justice et Vérité"), Stéphane Lupasco, - la partie du Trialogue de l'ouvrage Omul și cele trei etici ale sale (en français : "L'homme et ses trois éthiques").

Entre 1982 et 1989, elle diffuse 31 textes et protestations par l'intermédiaire de la Radio Free Europe. En 1983, elle est destituée de l'université et soumise à des enquêtes, interrogatoires, elle a été battue, menacée. Sa poursuite politique fut coordonnée par le colonel de Securitate Alexandru Pereș, le père du sénateur Alexandru Pereș (PDL)[3].

Avec son fils, Leontin Iuhas, elle a diffusé 160 tracts de solidarité avec les travailleurs de Brașov révoltés le 15 novembre 1987; en conséquence, tous les deux ont été arrêtés pour 5 semaines (novembre-décembre 1987). En septembre 1988, par une lettre adressée au pape Jean-Paul II, lettre qui fut diffusée par la Radio Free Europe, elle a sollicité, avec autres cinq intellectuels de Cluj, la remise en légalité de l’ Église roumaine unie à Rome, gréco-catholique[4]. Pratiquement, elle a été filée, en permanence, jusqu’au . Elle a pris part aux manifestations dans les rues de Cluj du , sous des balles.

Activité politique après 1989[modifier | modifier le code]

Le , Doina Cornea a été cooptée dans le Conseil du Front de salut national, dont elle a démissionné le , à la suite de la transformation du FSN en parti politique et des réminiscences communistes de ce dernier.

Elle a fondé (avec d’autres personnes, et elle en est devenue présidente) le Forum démocrate antitotalitaire de Roumanie, le , à Cluj, un premier mouvement d’unification de l’opposition démocrate, qui est devenu, plus tard, la Convention démocratique roumaine (CDR).

Doina Cornea a publié plus de cent articles dans des journaux et magazines (22, România liberă, Vatra, Memoria etc.). Elle a donné des conférences en Roumanie et à l’étranger, dont beaucoup ont été publiées dans des volumes collectifs (Une culture pour l'Europe de demain, Il nuovo Areopago, Mission, Quelle sécurité en Europe à l'aube du XXIe siècle ?, Europe: les chemins de la démocratie, Politique Internationale, Amicizia fra i popoli).

Volumes publiés[modifier | modifier le code]

Œuvres originales[modifier | modifier le code]

  • Liberté? Entretiens avec Michel Combes (Éditions Criterion, Paris, 1990); Libertate? (Ed. Humanitas, București, 1992)
  • Scrisori deschise și alte texte (Ed. Humanitas, București, 1991)
  • Fața nevăzută a lucrurilor (1990-1999). Dialoguri cu Rodica Palade (Ed. Dacia, Cluj, 1999); La face cachée des choses, 1990-1999 : Dialogue avec Rodica Palade (Éditions Du Felin, Paris, 2000, (ISBN 2-86645-386-7)
  • Puterea fragilității (Ed. Humanitas, București, 2006)
  • Jurnal. Ultimele caiete, Editura Fundației Academiei Civice, București, 2009, 288 pages[5].

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Mircea Eliade, Încercarea labirintului. Convorbiri cu Claude-Henri Rocquet (Ed. Dacia, Cluj, 1990; réédition, Ed. Humanitas, București, 2007)
  • Gânduri pentru zilele ce vin, în colaborare cu Viorica Lascu (Ed. Dacia, Cluj, 1995)
  • Vladimir Ghika, Ultimele mărturii (Ed. Dacia, Cluj, 1997, réédition, 2006)
  • Vladimir Ghika, Fragmente postume (Ed. Dacia, Cluj, 2003).

Récompenses[modifier | modifier le code]

Elle a reçu un grand nombre de distinctions et de prix, dont:

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Deletant, p. 261
  2. Jérémie le Valaque (1556-1525) est un moine capucin roumain, bienheureux depuis 1983.
  3. crji.org :: Lista cu cadrele Securitatii din perioada 1949-1989 (5)
  4. Cristian Vasile, Între Vatican și Kremlin. Biserica Greco-Catolică în timpul regimului comunist, București 2004, p. 310.
  5. „Pedagogia suferinței“, Silvia Dumitrache, Observator cultural - № 473, mai 2009, consulté le
  6. http://www.ziua.ro/news.php?data=2009-10-08&id=40935
  7. [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Dennis Deletant, Ceaușescu and the Securitate: Coercion and Dissent in Romania, 1965-1989, M.E. Sharpe, London, 1995, (ISBN 1-56324-633-3).

Liens externes[modifier | modifier le code]