David Sagno

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

David Sagno
Meurtrier
Image illustrative de l’article David Sagno
Information
Nom de naissance David Sagno
Naissance (45 ans)
Dugny (Seine-Saint-Denis)
Nationalité Français
Condamnation
Sentence 30 ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté de 20 ans
Actions criminelles Assassinats
Victimes 2
Période -
Pays Drapeau de la France France
Régions Ile-de-France
Ville Neuilly-sur-Seine
Arrestation

David Sagno, né le à Dugny[1], est un criminel français.

Entre 2001 et 2002, Sagno a tué deux femmes, en inculpant Marc Machin dès le premier meurtre. Il se dénonce le , pour soulager sa conscience. Condamné le à 30 ans de réclusion criminelle dont 20 ans de sûreté, il disculpe Marc Machin, qui est acquitté le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Né prématurément à Dugny, David Sagno est un enfant timide, souvent considéré comme « attardé ». Il assiste à des scènes de violence conjugale, voit sa mère battue par son père et ne trouve pas sa place à l'école. Alcoolique dès l'âge de 16 ans, il perd tous ses emplois malgré l'entraide de ses frères et sœurs et devient un SDF. Il fait son service militaire en 1994[2].

En 1995 à Brest, Sagno menace une femme de 44 ans avec un couteau[1].

Au fil des années, Sagno ne supporte plus de dormir dans des parkings souterrains et décide de devenir un « serial killer » (comme il le dira en garde à vue)[1]. Son engrenage criminel commence en , alors qu'il a 27 ans.

Parcours criminel[modifier | modifier le code]

À l'aube du , David Sagno poignarde Marie-Agnès Bedot, 45 ans, par arme blanche. Elle est retrouvée morte le matin même, sur le pont de Neuilly vers 10h. Elle a été frappée deux fois à l'arme blanche dans le haut du thorax. Le lendemain, une infirmière, qui était passée sur les lieux du crime vers 7h35, affirme avoir vu « un jeune homme de type européen, les cheveux courts en arrière noirs ou bruns, portant notamment un blouson de cuir marron clair type aviateur avec un col en fourrure beige » d'après le signalement qu'elle donne aux policiers. Ce dernier lui aurait proposé de lui « sucer la chatte ». La diffusion de son témoignage dans tous les commissariats de la région parisienne donne vite des résultats : un policier de Suresnes se rappelle une phrase similaire prononcée dans une affaire d'agression sexuelle commise dans le hall d'un immeuble en par un jeune homme nommé Marc Machin, qui a « déjà un casier judiciaire chargé : vols en réunion, violences, dégradation de bien public et deux agressions sexuelles ». Les policiers se rendent au domicile de Marc Machin. Ils y découvrent un blouson de cuir marron avec un col doublé de fourrure synthétique. Marc Machin est conduit le [1] au 36 quai des Orfèvres pour interrogatoire.

Marc Machin affirme avoir deux témoins qui peuvent lui fournir un alibi pour la nuit du vendredi au samedi . Mais ses deux amis, marginaux comme lui, se montrent incapables de confirmer ses dires. Puis l'infirmière l'identifie de « façon quasi certaine » alors qu'il pose seul, revêtu du fameux blouson, placé derrière une vitre sans tain. Elle réitère sa déclaration lors d'une brève reconstitution sur le lieu où elle dit l'avoir croisé[source insuffisante]. Marc Machin commence à douter de lui-même, car il mène une vie dissolue, sans horaires fixes comme ses deux copains, embrumée par l'alcool et le cannabis : à la fin de la deuxième journée de garde à vue, il en vient à se demander s'il ne souffre pas d'un dédoublement de personnalité, comme Guy Georges, le tueur en série. Pour France info, son erreur est d'en faire part aux enquêteurs. Il se retrouve face à Jean-Claude Mulès, un policier très réputé, expert des aveux. Ce dernier parle avec Marc Machin de son enfance, devinant qu'il a été victime d’abus sexuels. Il lui promet aussi une détention ferme de seulement 5 années. Le jeune homme passe aux aveux, bien qu'il soit incapable de décrire directement le meurtre, se contentant de raconter ce qu'il est sûr d'avoir fait avant et après, sans pouvoir décrire l'acte lui-même. Il les renouvelle face au juge d’instruction, pressé qu'on arrête de lui poser des questions. Il déclarera par la suite qu'il a dit au policier ce que celui-ci voulait entendre sortir de sa bouche[source insuffisante]. Une fois placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Nanterre, Marc Machin se reprend et affirme être innocent. Il explique au juge d'instruction comment s'est déroulée sa garde à vue et les pressions exercées. David Sagno, lui, n'est pas inquiêté pour le moment. Il continue d'être un SDF, cherchant à être incarcéré pour avoir de quoi : manger, vivre, dormir...

Le , Sagno renouvelle son premier crime, en tuant une autre femme nommée Maria-Judith Araujo. Elle est retrouvée morte sur le pont de Neuilly, tuée à coups de tesson de bouteille et violée. Malgré des similitudes avec le précédent crime, le juge d'instruction refuse de joindre les deux dossiers. En , les résultats du test ADN tombent : l'ADN de Machin n'est présent ni sur le corps de la victime, ni sur les lieux du crime. Mais il est toujours le suspect numéro 1 et il n'est pas relâché.

Toujours en 2002, David Sagno viole une femme de 47 ans dans un parking, à l'aide de ses doigts. Incarcéré et condamné, son ADN sera prélevé, mais le premier meurtre ayant été "résolu" et le second inexploité[1], l'ADN ne pourra pas confondre pas David Sagno.

Libéré, David Sagno est hébergé en 2003[3]. Puis en 2005, Sagno est de nouveau incarcéré, pour avoir tenté d'étrangler une protituée de 62 ans. Bénéfifiant d'une peine clémente, il sort de prison peu après[1].

Marc Machin, lui, est condamné à 18 ans de réclusion criminelle le . Sa peine est confirmée en appel avec douze ans de sûreté en prime le .

David Sagno, quant à lui, redevient un SDF et reprend une vie de clochard, jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus.

Dénonciation[modifier | modifier le code]

Le , David Sagno, alors âgé de 33 ans, entre dans le commissariat de La Défense et vient se constituer prisonnier en s'accusant des deux meurtres pour soulager sa conscience. Il fait des aveux circonstanciés en donnant des détails précis aux policiers qui l'entendent, même si certains éléments de ses déclarations et son comportement froid et détaché par rapport à l'horreur de son récit questionnent un peu les enquêteurs sur son discernement et son état de santé mentale. Ils se demandent si Sagno n'a pas pu entendre tous les détails qu'il donne des meurtres par l'intermédiaire de la presse, ou s'il n'a pas pu parler avec Machin étant donné que les 2 hommes ont fréquenté le même établissement pénitentiaire. Mais après quelques hésitations, Sagno admet ne pas connaître Machin et ne jamais lui avoir parlé au cours d'une très brève confrontation entre les 2 suspects. Sagno ira même jusqu'à demander pardon à Marc Machin d'avoir écopé à sa place. L'enquête de personnalité va montrer qu'il est atteint d'une forme de dédoublement de personnalité (il s'est inventé un double), et qu'il s'intéresse de très près à l'ésotérisme et aux croyances rituelles (il dit avoir léché le sang des victimes par terre pour se sentir fort). Malgré son état de SDF et sa forte consommation d'alcool depuis l'adolescence, les policiers découvrent qu'il est néanmoins cultivé, s'exprime bien et fréquente assidûment les bibliothèques. Incarcéré pour les assassinats, il est examiné par des experts psychiatres pendant sa détention. Ceux-ci estiment que même si ses facultés ont pu être altérées pendant ces actes odieux, David Sagno est accessible à une sanction pénale.

Le , Rachida Dati, garde des sceaux, saisit la commission de révision des condamnations pénales et le , Marc Machin sort de prison.

Procès et condamnation[modifier | modifier le code]

Le , début le procès de David Sagno débute devant la cour d'assise des Hauts-de-Seine. Il est alors âgé de 37 ans et il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Le , David Sagno est condamné à 30 ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté de 20 ans. Son ADN a été retrouvé sur les corps des deux victimes[4].

Suite[modifier | modifier le code]

Le , Marc Machin est acquitté. La cour d'appel examine le sa demande de dommages de 2 millions d'euros faite à l’État pour les 2 126 jours passés derrière les barreaux. Il obtient, en 2014, 663 320 € d'indemnisation, l'une des plus fortes sommes jamais octroyée pour une erreur judiciaire[5]. Il dilapidera cet argent en quelques années[6].

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

  • « Marc Machin, les meurtres du pont de Neuilly » le dans Faites entrer l'accusé présenté par Frédérique Lantieri sur France 2.
  • « Psychose sur le pont de Neuilly » (premier reportage) dans « ... en Ile-de-France » le 14, 21 et , 3, 10 et dans Crimes sur NRJ 12.
  • « Affaire Marc Machin : les meurtres du pont de Neuilly » (premier reportage) le 15, 22 et , et et dans Chroniques criminelles sur NT1.
  • « Spéciale erreurs judiciaires » (premier reportage) dans l'émission Présumé Innocent sur D8

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Faites entrer l'accusé, « Marc Machin, les meurtres du pont de Neuilly », sur Fela 5v pl, (consulté le 1er août 2020)
  2. Le 21 février 2012 à 07h00, « La lente dérive criminelle de David Sagno », sur leparisien.fr, (consulté le 1er août 2020).
  3. Le 21 février 2012 à 07h00, « La lente dérive criminelle de David Sagno », sur leparisien.fr, (consulté le 1er août 2020)
  4. « Marc Machin acquitté à l'issue de son procès en révision », Franceinfo,‎ (lire en ligne, consulté le 1er juin 2018)
  5. « Marc Machin, victime d'une erreur judiciaire, obtient 663 320 euros », sur Le Monde.fr (consulté le 1er juin 2018)
  6. Valérie Mahaut, « Affaire Marc Machin : «Il n’a pas mûri», estime son avocat », sur leparisien.fr, (consulté le 23 décembre 2019)