Crédit municipal de Paris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (décembre 2014).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ou cette section ne s'appuie pas, ou pas assez, sur des sources secondaires ou tertiaires (décembre 2014).

Pour améliorer la vérifiabilité de l'article, merci de citer les sources primaires à travers l'analyse qu'en ont faite des sources secondaires indiquées par des notes de bas de page (modifier l'article).

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Le ton de cet article ou de cette section est trop promotionnel ou publicitaire. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Modifiez l'article pour adopter un ton neutre (aide quant au style) ou discutez-en.

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
La mise en forme de cet article est à améliorer (avril 2016).

La mise en forme du texte ne suit pas les recommandations de Wikipédia : il faut le « wikifier ». Découvrez comment faire.

La typographie, les liens internes ou externes, les conventions de style, la présentation des sourcesetc. sont autant de points qui peuvent ne pas convenir voire être absents. Les raisons de la pose de ce bandeau sont peut-être précisées sur la page de discussion. Si seules certaines sections de l'article sont à wikifier, pensez à les indiquer en utilisant {{section à wikifier}}.

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir CMP.
Crédit municipal de Paris
Création 1637
Fondateurs Théophraste Renaudot (1586-1653)
Forme juridique Établissement public communal de crédit et d’aide sociale
Siège social Drapeau de France 55, rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris (France)
Direction Frédéric Mauget (directeur général)
Actionnaires Mairie de Paris
Activité Banque, ventes aux enchères et conservation d'objets précieux
Filiales CMP Banque
Site web http://www.creditmunicipal.fr
Code banque (BIC) CRMPFRP1
Code établissement (IBAN) 15208
Entrée principale, 55, rue des Francs-Bourgeois
Entrée historique, 16, rue des Blancs-Manteaux

Le Crédit municipal de Paris (CMP), anciennement Mont-de-piété, dit « Ma tante »[1], est la plus ancienne institution financière parisienne. Depuis 1637, l'établissement pratique le prêt sur gage, une forme de crédit qui consiste à déposer en gage un objet de valeur (bijou, argenterie, tableau, sculpture, tapisserie, verrerie, instrument de musique) contre un prêt immédiat représentant 50 à 70 % de la valeur de l’objet sur le marché des enchères publiques. Le Crédit municipal fait aussi office de banque et de salle de vente aux enchères.

Le Crédit municipal de Paris est situé au 55, rue des Francs-Bourgeois dans le 4e arrondissement de Paris, avec des succursales dans plusieurs arrondissements. Les locaux comprennent une salle de ventes et une salle de dépôt. On y trouve encore une étuveuse qui servait à désinfecter les matelas mis en gage aux XVIIIe et XIXe siècles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une institution sociale pour lutter contre l’usure[modifier | modifier le code]

Le Crédit municipal de Paris trouve son origine dans l’exemple italien du Monte di Pietà, institution caritative créée en 1462 par le moine Barnabé de Terni pour lutter contre l’usure.

Le premier Mont-de-Piété français voit le jour en 1577 à Avignon, alors domaine pontifical.

En 1637, sous l’impulsion de Théophraste Renaudot, fondateur du premier journal français La Gazette, le Mont-de-Piété ouvre ses portes à Paris, sur l'Ile de la Cité.

À la mort de Richelieu et de Louis XIII, Renaudot perd ses défenseurs. Un arrêté du Parlement du 1er mars 1644 met fin à l’institution qui ne reverra le jour qu’au XVIIIe siècle, pour lutter contre les usuriers devenus de plus en plus nombreux.

Le roi Louis XVI, sur la proposition du lieutenant général de police de Paris, Jean-Charles-Pierre Lenoir, rétablit le Mont-de-Piété par lettres patentes datées du 9 décembre 1777. L'institution s'installe dans le Marais, à l'adresse qu'elle occupe toujours aujourd'hui. Le Mont-de-Piété devient très vite un véritable soutien à une population qui recourt à l’emprunt pour assumer le quotidien.

Pour mémoire, le crédit municipal de Paris se trouve de nos jours dans un hôtel bâti sur un ancien couvent, lui-même érigé sur l'ancienne enceinte de Philippe-Auguste détruite à cet endroit vers 1535. Le tracé de cette ancienne enceinte ainsi que les vestiges d'une ancienne tour sont encore visibles dans des cours de cet établissement.

Quelques vestiges de l'hôtel de Nouvion retrouvés lors des travaux de 1883 ont été déplacés et sont désormais exposés dans l'enceinte même du Crédit municipal.

Le Marais, une position stratégique pour lutter contre l’usure

Le Crédit Municipal de Paris s’est installé dans le Marais au 18e siècle. L’objectif était alors de concurrencer les usuriers du quartier. La rue des Lombards, du nom que l’on donnait aux prêteurs sur gage en grande partie originaires de Lombardie, en garde d’ailleurs le souvenir. Le Marais est aujourd’hui une position stratégique pour l’établissement, dans la mesure où il est central par rapport aux arrondissements de domiciliations principaux de ses clients et facilement accessible en transport en commun.

Du Mont-de-Piété au Crédit municipal de Paris[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, le mont-de-piété se voit accorder par Napoléon le monopole des prêts sur gages et ouvre de nouvelles succursales pour faire face aux sollicitations de plus en plus nombreuses de la population parisienne.

Au XXe siècle, la société change. Les classes moyennes, mais aussi des personnes aisées, rencontrant des difficultés ponctuelles, se tournent vers le Mont-de-Piété, l’amenant peu à peu à devenir un établissement de crédit populaire. Par décret du 24 octobre 1918, le Mont-de-Piété devient Crédit municipal de Paris et amorce le développement de ses activités bancaires, parallèlement aux prêts sur gage. Le Crédit municipal de Paris est ainsi soumis à la loi bancaire de 1984. En 1992, il passe sous la responsabilité de la Ville de Paris, son unique actionnaire.

En janvier 2005, Crédit municipal de Paris se réorganise juridiquement en dissociant le secteur bancaire de l’activité traditionnelle de prêt sur gage. Ainsi, la filiale CMP Banque gère le département bancaire du groupe : prêts de restructuration, prêts de trésorerie, prêts sociaux, comptes bancaires, produits d’épargne et de placement. Tandis que la maison mère, le Crédit municipal de Paris, gère les activités traditionnelles autour des objets d’art : prêts sur gage, ventes aux enchères, expertise et conservation d’œuvres. Depuis octobre 2008, le Crédit Municipal de Paris propose un dispositif de microcrédit personnel sur l'Île-de-France, en partenariat avec les réseaux associatifs, les services sociaux et des banques agréées par le Fonds de cohésion social. En 2011, il lance un service d'accompagnement au surendettement et en 2012, le Crédit Municipal de Paris se lance dans l'épargne solidaire.

Les statuts[modifier | modifier le code]

Le Crédit Municipal de Paris est un établissement public de crédit et d’aide sociale (Article L514-1 du Code Monétaire et Financier). Les Caisses de Crédit Municipal sont définies par la loi comme des établissements publics communaux de crédit et d’aide sociale. Elles ont pour mission de « combattre l’usure », notamment par l’octroi de prêts sur gage corporels dont elles ont le monopole.

Le Crédit Municipal de Paris est un établissement de crédit (Loi bancaire de 1984). En tant qu’établissement de crédit, les Caisses de Crédit Municipal peuvent réaliser des opérations financières, recevoir des fonds de personnes physiques et de personnes morales, mettre à la disposition de ces personnes des moyens de paiement et réaliser avec elles des opérations connexes. Elles disposent d’un agrément de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) qui les supervise en tant que tel. Elles ont des dirigeants responsables agréés par la Direction des Agréments, des Autorisations et de la Réglementation (DAAR). Elles sont assujetties aux règles prudentielles bancaires (CRD IV), relatives à la réforme dite Bâle III.

L’offre [modifier | modifier le code]

Le prêt sur gage[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Le ton de cet article ou de cette section est trop promotionnel ou publicitaire. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Modifiez l'article pour adopter un ton neutre (aide quant au style) ou discutez-en.

Le prêt sur gage est l’activité historique et principale du Crédit Municipal de Paris. Son principe est simple : un prêt est accordé immédiatement  contre le dépôt d'un objet de valeur.

Les objets pris en garantie : bijoux, montres, argenterie, mobilier ancien ou de collection, tableaux, sculptures, instruments de musique, timbres de collection, vêtements vintages, fourrures, vins, vélos…

La valeur estimée de l'objet sur le marché des enchères publiques détermine le montant du prêt. Les objets sont estimés par des commissaires-priseurs judiciaires indépendants retenus par appel d’offre pour une durée de 3 ans. Le prêt est accordé sur la base de 50 à 60 % de la valeur estimée. Les commissaires-priseurs apportent leur garantie sur 50 % de leur estimation.

Une fois la valeur de l’objet estimée, le prêt est accordé pour une durée d’un an. Il s’agit d’un prêt remboursable in fine en capital et intérêts. Il peut être remboursé par anticipation à tout instant sans pénalité. Le montant des prêts est compris entre 30 € et 1 000 0000 €.

A l’échéance du prêt, l’emprunteur peut procéder au remboursement de la créance, renouveler le prêt pour une nouvelle durée d’un an ou ne pas rembourser. Dans le cas du non remboursement du prêt, les objets sont vendus en ventes aux enchères publiques. Si le prix de vente est supérieur au montant de la créance due par l’emprunteur, l’excédent lui est reversé (boni). Si le prix de vente est inférieur aux sommes à recouvrer, la perte est supportée par l’établissement (et les commissaires-priseurs dans la limite de leur garantie).

93 % des objets déposés sont ainsi récupérés par leur propriétaire, les 7 % restant sont vendus aux enchères.

Les ventes aux enchères[modifier | modifier le code]

Près de 100 ventes par an sont organisées au Crédit Municipal de Paris. Les objets mis aux enchères ont tous préalablement été déposés en gage. Bijoux, montres, objets d’art, vin, instruments de musique…

Le Crédit Municipal de Paris en collaboration avec des Commissaires-priseurs et des experts de renom organise deux ventes aux enchères par semaine. Elles s’adressent à tous à travers des ventes dites « courantes », consacrées aux bijoux, aux montres ou à l’argenterie et propose également des ventes « cataloguées » prisées des amateurs de bijoux et de montres, ainsi que des collectionneurs d’œuvres d’art.

Les biens qui y sont mis aux enchères sont parfois de très grande valeur. En 1998, un samovar offert par le tsar Nicolas II de Russie au président Félix Faure en 1896 y est adjugé à plus de 2 millions de francs. En 2005, y sont vendus des tableaux de Modigliani. En octobre 2006, la Mairie de Paris met en vente des bouteilles de vin : Pétrus, châteaux Latour, châteaux Cheval Blanc des années 1980 à 1990.

L’accompagnement budgétaire[modifier | modifier le code]

L’accompagnement budgétaire est un service qui facilite la médiation entre les acteurs économiques, sociaux et bancaire et les individus confrontés à des difficultés budgétaires.

Le service a été créé par le Crédit Municipal de Paris en 2010.

L’accompagnement budgétaire est structuré autour de deux services :

  •  La plateforme régionale de microcrédit personnel, accompagne les personnes exclues du prêt bancaire classique pour l’obtention d’un prêt compris entre 300 et 5 000 euros, dans le cadre d’un projet lié à l’insertion sociale ou à l’aménagement de l’habitat ;
  • Le Point Solutions Surendettement, en partenariat avec la Banque de France, accompagne les personnes surendettées ou malendettées

L’épargne solidaire[modifier | modifier le code]

Afin de consolider le financement des activités sociales du Crédit Municipal de Paris, une offre d’épargne a été lancée auprès des particuliers en 2012. L’épargne solidaire du Crédit Municipal comporte une offre de compte sur livret avec un minimum de 15 € et un plafond de 300 000 €, et une offre de comptes à terme de 6 à 24 mois pour des montants par CAT compris entre 1 500 € et 500 000 €.

Rachat de crédits[modifier | modifier le code]

Les crédits de toute nature (crédit à la consommation, immobilier, automobile…) ainsi que les dettes sont regroupés en un prêt unique qui permet de rééquilibrer le budget grâce à des mensualités réduites.

Le Crédit municipal de Paris assure également des services bancaires plus classiques : prêts jeunes fonctionnaires, prêts personnels, prêts hypothécaires, produits d’épargne...

Cette activité bancaire a toutefois cessé à compter de septembre 2015.

Emblème[modifier | modifier le code]

L'emblème du Crédit municipal de Paris est un griffon. Il prend son origine en Italie au XVe siècle. Cet animal mythologique, doté d’un corps de lion, d’ailes et d’un bec d’aigle, qui gardait les mines d’or d’Apollon dans le désert de Scythie, était déjà l’emblème du premier Monte di Pietà créé en 1462 par le moine Barnabé de Terni.

Mécénat[modifier | modifier le code]

Depuis 2011, le Crédit Municipal de Paris participe au rayonnement culturel parisien, notamment par une politique de soutien financier à des acteurs majeurs de la culture à Paris.

Grâce à des partenariats établis avec la Direction des Affaires Culturelles, poursuivis par Paris Musées, le Crédit Municipal de Paris encourage la politique culturelle de la Ville en mécénant des expositions temporaires et des projets culturels de musées.

Parallèlement, il est engagé depuis 2012 dans le soutien à la création contemporaine (musique, théâtre, danse...) via un partenariat avec le Festival d'Automne.

L’établissement  propose également de nombreuses manifestations culturelles telles que les Journées du Patrimoine, la Fête de la Musique ou Nuit Blanche et organise des expositions temporaires depuis 2011 dans sa galerie. Sa volonté est de s'inscrire dans le paysage culturel parisien en proposant une programmation de qualité accessible à tous.

Personnalités qui ont eu recours au prêt sur gage[modifier | modifier le code]

  • Victor Hugo y dégageait les objets déposés par Juliette Drouet.
  • Claude Monet écrivit une lettre émouvante à un médecin parisien, dans laquelle il lui demande de retirer le médaillon de sa femme du Mont-de-Piété afin que celle-ci, décédée le matin même, puisse être enterrée avec son bijou.
  • La comtesse de Castiglione, maîtresse de Napoléon III, y déposa discrètement des bijoux et fourrures. Le directeur de l’époque, un ami, lui permettait de disposer de ses accessoires lors de ses sorties et réceptions, à condition de les rendre avant l’ouverture du lendemain.
  • Sacha Guitry y a déposé La Rouge un tableau d’Henri de Toulouse-Lautrec.

Divers[modifier | modifier le code]

  • Une journée chez ma tante (1996), film documentaire de Christophe Otzenberger sur le Crédit municipal de Paris.
  • Mont de Piété, recueil de poèmes, André Breton
  • L'histoire de Ma Tante est épatante - les Parisiens au Mont-de-Piété 1637-1914" exposition, octobre 2011-janvier 2012 - Galerie du Crédit municipal de Paris
  • Le Mont-de-piété expose la collection de Clo Fleiss Bijoux d'Artistes chez ma Tante octobre 2012 - janvier 2013 - Galerie du Crédit municipal de Paris
  • Au Prêt sur gage de Pauline Peretz, raconter la vie au Seuil
    • LE MARAIS UN TRESOR A PARIS Doc 52' / 2015, film documentaire de Laurent Lefebvre / diffusé sur France 5 / produit par Elephant doc.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Prince de Joinville, fils du roi Louis-Philippe, était connu comme joueur invétéré. Ayant dû mettre sa montre en gage, et ne sachant comment expliquer sa disparition, il dit alors à sa mère qu'il avait oublié sa montre « chez sa tante ». L'expression est restée depuis lors.

Liens externes[modifier | modifier le code]